Revue de presse du 30 juin 2026

En RDC, l’épidémie de maladie à virus Ebola s’étend dans tout le nord-est du pays avec une quatrième province affectée
L’épidémie de maladie à virus Ebola, qui a fait jusqu’ici 360 morts sur 1 274 personnes contaminées, s’est étendue à une quatrième province en République démocratique du Congo (RDC), toute la partie nord-est du pays qui rassemble environ 15 millions d’habitants étant désormais affectée. La RDC a déclaré la dix-septième épidémie de maladie à virus Ebola de son histoire le 15 mai. La maladie, qui provoque une fièvre hémorragique souvent mortelle, est causée par le virus Bundibugyo, pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement à ce jour. … Jusqu’à présent, trois provinces congolaises étaient touchées : l’Ituri (frontalier de l’Ouganda et du Soudan du Sud), le Nord-Kivu voisin et le Sud-Kivu. Vingt cas dont deux décès ont été recensés en Ouganda. Le Haut-Uélé est désormais la quatrième province congolaise à être touchée. La région, voisine de l’Ituri, est frontalière du Soudan du Sud mais aussi de la République centrafricaine. Selon une source à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) à l’Agence France-Presse (AFP), une personne infectée a voyagé depuis l’Ituri vers le Haut-Uélé, important le cas dans la région. Une source sanitaire a précisé à l’AFP que le malade était décédé. Le Monde avec AFP

L’opposant Delly Sesanga interdit de quitter la RDC
Un chef de file de l’opposition en République démocratique du Congo a déclaré lundi qu’il s’était vu interdire de quitter le pays et qu’on lui avait retiré son passeport. Delly Sesanga, qui dirige le parti Envol a qualifié cette mesure d’« intimidation » dans un contexte de tensions avec le gouvernement. Ancien ministre et ancien député, il est l’un des principaux membres d’une nouvelle coalition opposée aux initiatives, la C64 (Coalition Article 64), qui vise à modifier la Constitution afin de permettre au président Felix Tshisekedi de rester au pouvoir. À plus de deux ans de la prochaine élection présidentielle en RDC, un projet de loi portant sur l’organisation d’un référendum sur la réforme constitutionnelle a été adopté par le Parlement au début du mois. Ce projet de loi pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi, âgé de 63 ans, dont le deuxième – et, selon les règles actuelles très strictes, dernier – mandat de cinq ans prend fin en décembre 2028. Un rassemblement de l’opposition organisé le 12 juin dans la capitale, Kinshasa, pour dénoncer une tentative de « coup d’État constitutionnel », a été réprimé. Plusieurs figures de l’opposition, dont M. Sesanga, ont été blessées lors d’affrontements avec des militants pro-gouvernementaux et la police. Le bureau du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a condamné la mort d’au moins un manifestant. Un autre rassemblement est prévu le 8 juillet. Africanews avec AFP

Au Sénégal, l’Assemblée adopte un projet de réforme constitutionnelle controversé qui sera soumis à référendum
L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté, lundi 29 juin, dans un climat tendu – marqué par des échanges houleux, des échauffourées et un boycott de l’opposition –, un texte révisant l’équilibre des pouvoirs entre exécutif et Parlement, sur fond de discorde entre le président du pays et celui de l’Assemblée nationale. Le texte renforce les pouvoirs de l’Assemblée dirigée par Ousmane Sonko et du premier ministre, et restreint de fait les pouvoirs du président, Bassirou Diomaye Faye. « On utilise le Parlement pour affaiblir le président. [Les propositions faites] semblent viser à limiter l’influence du président de la République en augmentant les pouvoirs du président de l’Assemblée nationale », a dénoncé, dimanche, Aminata Touré, la haute-représentante du président de la République du Sénégal, lors d’un point de presse. Le texte a été soumis aux députés après la rupture devenue inévitable au bout de mois de vive tension entre les deux hommes, pourtant longtemps compagnons de route en politique, culminant avec le limogeage de M. Sonko du poste de premier ministre, le 22 mai. Mais M. Sonko a rebondi le 26 mai, avec son élection comme président de l’Assemblée nationale après que le Pastef a boudé le nouveau gouvernement nommé par Bassirou Diomaye Faye, en fonction depuis avril 2024. … Cette proposition de loi lancée par le parti Pastef de M. Sonko a été adoptée par une très large majorité. Elle est critiquée par l’opposition et plusieurs organisations de la société civile. Le Monde avec AFP

En Afrique du Sud, l’ultimatum anti-immigrés et la montée des violences poussent 25 000 personnes à quitter le pays
Les autorités sud-africaines ont annoncé, lundi 29 juin, que plus de 25 000 personnes avaient été rapatriées ces dernières semaines, à la veille de l’expiration d’un ultimatum officieux anti-immigrés, et beaucoup d’autres attendent encore de partir. Ces départs interviennent alors que des milliers de personnes cherchent à quitter le pays par crainte pour leur sécurité, après que des groupes de citoyens ont lancé un ultimatum exigeant que les étrangers sans papiers quittent le territoire avant le 30 juin. Plusieurs gouvernements, notamment le Nigeria, le Malawi, le Ghana, le Zimbabwe et le Mozambique, ont organisé des vols et des cars de rapatriement volontaire, après des semaines de manifestations, de pillages et d’attaques visant les étrangers, qui ont fait quatre morts. « A ce jour, plus de 25 000 ressortissants étrangers ont été rapatriés », a déclaré le National Joint Operational and Intelligence Structure (Natjoints), qui coordonne les opérations de la police, de l’armée et des services de renseignements. … De petits groupes, peu nombreux mais organisés, opposés à l’immigration illégale, se sont ralliés à l’ultimatum de mardi – qui n’a jamais été validé par le gouvernement – appelant les migrants sans papiers à partir ou à en subir les conséquences. Ils ont organisé une série de marches à travers le pays. … Les analystes estiment que les groupes organisés en milices s’en prennent aux étrangers comme boucs émissaires plutôt que de s’attaquer aux problèmes plus profonds, d’ordre économique et de gouvernance. Le Monde avec AFP

Madagascar: la SADC hausse le ton contre les autorités de transition
À l’issue d’un sommet organisé en visioconférence dans la soirée du lundi 29 juin, la Communauté de développement de l’Afrique australe a publié un communiqué dans lequel elle demande « la libération des prisonniers politiques », « la fin des arrestations arbitraires des dirigeants de l’opposition et des membres de la Génération Z », ainsi que le retour des « exilés politiques » dans le pays. Alors qu’elle s’était jusqu’à présent montrée conciliante avec les autorités de transition malgaches en ne suspendant pas la Grande Île de ses instances malgré la prise de pouvoir des militaires dans le pays en octobre dernier – contrairement à l’Union africaine -, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a décidé de hausser le ton contre Madagascar. Près de neuf mois après la chute d’Andry Rajoelina, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a en effet dirigé un sommet extraordinaire de l’organisation régionale consacré à la situation politique dans le pays, lundi 29 juin. Organisée en visioconférence, la réunion a débouché sur un communiqué final demandant « la libération des prisonniers politiques » et « la fin des arrestations arbitraires des dirigeants de l’opposition et des membres de la Génération Z ». Cet appel intervient alors qu’à Madagascar, au moins une vingtaine de proches de l’ancien régime sont poursuivis en justice et que trois leaders de la Gen Z ont été inculpés pour « atteinte à la sûreté de l’État » après avoir appelé à une marche pacifique à la mi-avril. Le sommet de la SADC, qui s’est déroulé en présence du président malgache, Michael Randrianirina, a aussi demandé le retour des « exilés politiques » et réitéré l’appel à un dialogue inclusif dans le pays. RFI

Zimbabwe: un homme accusé de recruter pour l’armée russe a été arrêté
Au Zimbabwe, la police antiterroriste a annoncé, lundi 29 juin, avoir arrêté et inculpé un homme accusé d’avoir procédé à des recrutements à destination du front ukrainien. Selon l’Agence France-Presse (AFP) qui cite des documents judiciaires, l’homme inculpé, âgé de 36 ans, a été interpellé alors qu’il accompagnait une potentielle recrue à une gare routière d’Harare en vue d’un voyage vers la Russie via l’Afrique du Sud. Le suspect était en possession de visas électroniques russes et de plusieurs confirmations de réservation d’hôtel. Il aurait recruté cinq personnes au total, dans le but de leur faire signer des contrats avec l’armée russe dans le cadre de l’invasion de l’Ukraine. Un ressortissant russe présenté comme son complice est toujours en fuite, selon la police zimbabwéenne citée par l’AFP. Cette arrestation n’est pas la première de ce type au Zimbabwe, par ailleurs très lié à Moscou. Au mois de mars dernier déjà, quatre personnes avaient ainsi été jugées pour trafic d’êtres humains dans le pays, là aussi en lien avec un intermédiaire russe. Selon des médias locaux, les victimes avaient été recrutées par messagerie en se voyant promettre des emplois de pompier, un gros salaire et des conditions de travail favorables en Russie. Mais à leur arrivée sur place, leurs papiers leur avaient été confisqués et celles-ci avaient été contraintes de s’engager dans l’armée russe. RFI

Zineb Kharroubi, figure du collectif GenZ 212 en France, condamnée à de la prison avec sursis au Maroc
Zineb Kharroubi, militante marocaine du collectif GenZ 212, a été condamnée, lundi 29 juin, à six mois de prison avec sursis pour « incitation à commettre des crimes ou délits par voie électronique », lors d’un mouvement de contestation s’étant déroulé à l’automne 2025 au Maroc, a annoncé son avocat à l’Agence France-Presse. Installée en France, Zineb Kharroubi, 29 ans, comparaissait libre après avoir été interpellée le 12 février à son arrivée à l’aéroport de Marrakech. Selon ses avocats, les accusations à son encontre sont fondées sur des publications, sur Instagram, relatives à un « appel à rassemblement » devant l’ambassade du Maroc à Paris, lancé par GenZ 212. Le collectif, dont le nom fait référence à l’indicatif téléphonique du pays, réunit une partie de la jeunesse marocaine et utilise les réseaux sociaux pour se coordonner. Celui-ci avait organisé à la fin de septembre 2025 des manifestations pacifiques dans plusieurs villes marocaines pour réclamer des réformes dans les secteurs de la santé et de l’éducation, ainsi que la « fin de la corruption ». Le Monde avec AFP

La Somalie et l’Éthiopie signent leur rapprochement avec la visite du président somalien à Addis-Abeba
Le président somalien Hassan Sheikh Mohamoud a conclu lundi 29 juin une visite de deux jours à Addis-Abeba où il s’est entretenu avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed. Cette rencontre confirme le rapprochement des deux pays, après des mois de tensions. C’est la quatrième fois, en six mois, que les deux dirigeants se rencontrent, signe du réchauffement des relations entre leurs deux pays. Pendant des mois pourtant, la Somalie et l’Éthiopie – les deux pays partagent plus de 1 600 km de frontières – étaient à couteaux tirés en raison de l’accord signé, en 2024, entre le Somaliland – région autoproclamée indépendante de la Somalie – et Addis-Abeba. Le texte lui octroyait un accès à la mer Rouge. Près d’un an plus tard, l’accord d’Ankara, conclu le 11 décembre 2024, entre Addis-Abeba et Mogadiscio, sous médiation turque, a finalement mis fin à la crise diplomatique. Cet accord a ouvert la voie à un accès à la mer directement négocié avec la Somalie, ce qui a permis la reprise progressive du dialogue entre les deux pays. À Addis-Abeba, d’après la présidence somalienne, il a été question de la stabilité régionale. Abiy Ahmed et Hassan Sheikh Mohamoud se sont notamment engagés à renforcer leur coopération dans la lutte contre le groupe terroriste al-Shabaab, sans plus de précisions. Depuis 2006, l’Éthiopie apporte un soutien militaire à la Somalie et participe aussi aux missions de l’Union africaine contre le groupe jihadiste. RFI

Gambie : Ousman Gomez confirmé chef d’état-major de la Défense
Un mois après avoir été désigné à titre intérimaire à la suite de la démission du lieutenant-général Mamat O. A. Cham, le Major General Ousman Gomez est confirmé à la tête des Forces armées gambiennes dans le cadre d’un remaniement du haut commandement militaire. Le président gambien Adama Barrow a confirmé lundi le Major General Ousman Gomez au poste de chef d’état-major de la Défense des Forces armées de Gambie (GAF), mettant fin à l’intérim qu’il assurait depuis la démission de son prédécesseur, le lieutenant-général Mamat O. A. Cham. Cette nomination, annoncée dans le cadre d’un remaniement du haut commandement militaire, intervient un mois après le départ de Mamat Cham, qui avait remis sa démission en invoquant de « nombreuses allégations d’inconduite et d’abus de fonction incompatibles avec les responsabilités du chef d’état-major de la Défense ». Dans sa lettre, il s’était déclaré disposé à coopérer à toute enquête éventuelle. À l’époque, le président Barrow avait accepté sa démission « sans réserve » et confié l’intérim au Major général Ousman Gomez, alors sous-chef d’état-major de la Défense. Le chef de l’État gambien a également nommé le général Sait Njie au poste de chef d’état-major adjoint de la Défense. Le général Yaya Drammeh devient commandant de l’Armée nationale, tandis que le Colonel Alhagie Sanneh est rappelé de son poste d’attaché de défense auprès de la Mission permanente de la Gambie aux Nations unies à New York pour prendre le commandement des Gardes nationaux républicains. APA

Ghana : au moins 3 morts dans des inondations à Accra
Des pluies torrentielles ont provoqué lundi des inondations dans toute la ville d’Accra, faisant au moins trois morts, selon les autorités et les médias locaux, et obligeant les secouristes ghanéens à sillonner la ville en bateau. Les inondations sont fréquentes pendant la saison des pluies au Ghana, mais les habitants affirment que les inondations dans la capitale se sont aggravées ces dernières années en raison d’une urbanisation rapide associée à un manque d’investissements dans les infrastructures de drainage. Dans la banlieue est de Tse Addo, les secours et des bénévoles locaux ont utilisé des bateaux pour secourir au moins 15 enfants et un nourrisson après que les pluies, qui ont commencé à s’abattre sur la ville à 3 h du matin, ont inondé le quartier. Les autorités locales ont indiqué que le corps d’un homme d’une soixantaine d’années avait été retrouvé dans le quartier d’Alajo, situé en contrebas, où les eaux de crue ont également endommagé des véhicules et des habitations. Par ailleurs, des journalistes présents dans le quartier ont signalé que deux autres personnes avaient trouvé la mort après que les eaux montantes ont été en contact avec des câbles électriques dans leur domicile. Le ministère de l’Intérieur a exhorté les habitants à éviter tout déplacement non indispensable, tandis que la police, l’armée et les pompiers ont été mobilisés pour participer aux opérations de sauvetage. Africanews avec AP

Guinée : fin des plaidoiries dans le procès du massacre du 28 septembre 2009
Au terme de six mois d’audiences devant le Tribunal criminel de Dixinn, le deuxième volet du procès des massacres du 28 septembre 2009 s’est achevé par les plaidoiries finales. Le colonel Bienvenu Lamah, poursuivi pour de multiples chefs d’accusation, connaîtra le 29 juillet 2026 la décision de la justice guinéenne. Après la clôture des débats, la justice guinéenne a mis en délibéré le sort du colonel Bienvenu Lamah, jugé dans le cadre du deuxième volet du procès des événements du Massacre du 28 septembre 2009. Ouvert en janvier 2026 devant le Tribunal criminel de Dixinn, relevant de Tribunal criminel de Dixinn, le procès s’est étendu sur six mois et a porté sur de lourdes charges : complicité d’abus d’autorité, meurtre, assassinat, viol, coups et blessures volontaires, vol à main armée, enlèvement et séquestration, entrave aux mesures d’assistance et omission de porter secours. Selon l’accusation, les faits s’inscrivent dans la chaîne de commandement de la répression sanglante attribuée à la junte de Moussa Dadis Camara, qui avait déjà été condamné lors du premier volet du procès pour crimes contre l’humanité. Le ministère public a requis dix ans de réclusion criminelle, dont cinq ans de sûreté, et a sollicité la requalification des faits en crimes contre l’humanité. Une position partagée par les parties civiles, qui réclament également des réparations financières individuelles et collectives en faveur des victimes. … L’affaire a été mise en délibéré. Le jugement est attendu le 29 juillet 2026, une échéance décisive pour ce procès emblématique des violences de 2009 en Guinée. Africanews avec AFP

Sierra Leone: après les tensions avec la Guinée, le gouvernement rouvre la route de Yenga
Après plusieurs mois de tensions avec Conakry, les autorités de Freetown ont annoncé dimanche la réouverture de la route de Yenga et du poste-frontière de Koindu, dans l’est du pays. Cette décision intervient après des discussions entre la Sierra Leone, la Guinée et le Liberia. La réouverture de la route de Yenga et du poste-frontière de survient après plusieurs mois de tensions à la frontière entre Freetown et Conakry. Les deux capitales avaient fait craindre une escalade, marquée notamment par l’arrestation de soldats sierra-léonais par les forces guinéennes sur un autre tronçon de la frontière, ainsi que par les revendications de Conakry sur le territoire disputé de Yenga. Cette réouverture marque le premier résultat concret du sommet tripartite organisé en mars dernier entre la Sierra Leone, la Guinée et le Liberia, un sommet convoqué alors que les tensions autour de Yenga avaient atteint un niveau inédit depuis plusieurs années. Depuis, les trois pays se sont engagés à privilégier la voie diplomatique. RFI