Revue de Presse du 30 janvier 2019

Progrès et revers dans la lutte contre les groupes islamistes militants en Afrique en 2018
La baisse du nombre d’incidents violents liés à Boko Haram et à al Shabaab est contrebalancée par une augmentation des attaques au Sahel, générant une image contrastée du défi posé par les groupes islamistes militants en Afrique. Centre d’études stratégiques de l’Afrique

Djibouti: le bilan du naufrage de migrants s’alourdit à 30 morts
Les recherches se poursuivaient mercredi au large de Djibouti au lendemain du naufrage de deux embarcations de migrants surchargées, qui a fait au moins 30 morts alors que des dizaines d’autres personnes seraient encore portées disparues. Aux cinq corps déjà retrouvés mardi soir viennent s’ajouter 25 personnes découvertes mortes mercredi, a annoncé à la mi-journée, dans un communiqué, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Au total, 16 survivants ont été retrouvés, a précisé l’OIM, qui a souligné dans ce même communiqué « apporter son soutien aux autorités djiboutiennes, qui continuent à patrouiller le littoral en quête d’autres survivants ».  TV5

Contestation au Soudan : les autorités annoncent la libération des personnes détenues
Khartoum annonce la libération de toutes les personnes détenues depuis le début du mouvement de contestation contre le président el-Béchir. les manifestations, débuté le 19 décembre, ont violemment été réprimées par les autorités. Toutes les personnes détenues depuis le début en décembre du mouvement de contestation contre le président el-Béchir vont être libérées, a annoncé mardi 29 janvier le ministère soudanais de l’Information dans un communiqué. Selon des ONG de défense des droits humains, plus de 1 000 manifestants, leaders de l’opposition, militants et journalistes ont été détenus par le puissant Service national du renseignement et de la sécurité (NISS), organe qui mène la répression depuis le début des manifestations le 19 décembre. Trente personnes sont mortes depuis le début des protestations selon un bilan officiel. Des ONG évoquent toutefois plus de 40 morts. France 24

Les autorités soudanaises ont ordonné la libération des personnes arrêtées lors des manifestations
Au Soudan, les autorités ont ordonné la libération de toutes les personnes détenues lors des manifestations qui ont débuté en décembre dans le pays. Le ministère de l’Information a déclaré que l’ordre de libération des détenus vient du chef des renseignements et de la sécurité du Soudan, Salah Ghosh. Cette mesure est perçue comme un geste d’apaisement face aux manifestants qui réclament le départ du président Omar El Bechir. BBC

Les pourparlers de paix en RCA se poursuivent, les divergences demeurent
Les pourparlers de paix commencés la semaine dernière entre les quatorze groupes armés opérant sur le territoire centrafricain et les autorités de Bangui se poursuivent à Khartoum mais achoppent sur de nombreux points, dont celui d’une amnistie, ont rapporté mercredi des sources proches des discussions. Débutées jeudi dernier dans la capitale soudanaise, les négociations se sont concentrées à partir de lundi sur « les revendications des groupes armés, et notamment l’épineuse question d’amnistie et de la formation d’un gouvernement d’union nationale », a rapporté la télévision nationale centrafricaine, la TVCA. Mercredi, ces revendications n’avaient pas trouvé de réponse du côté des autorités. Celles-ci ont a toujours refusé l’amnistie des chefs de guerre dont plusieurs sont sous sanctions onusiennes ou cités pour violations des droits de l’homme dans des rapports d’ONG.  TV5

Une manifestation pour réclamer la levée de l’embargo sur les armes en Centrafrique
Des milliers de Centrafricains sont descendus dans la rue lundi à Bangui pour exiger la levée de l’embargo sur les armes qui frappe le pays. Cet embargo en vigueur depuis 2013 a été imposé à la Centrafrique par de l’Organisation des Nations Unies. Le Premier ministre centrafricain Mathieu Simplice Sarandji s’est joint aux manifestants qui lui ont remis le mémorandum exigeant la levée de l’embargo. Parmi les manifestants il y’avait plusieurs élus locaux dont Brigitte Andara, maire du 4eme arrondissement de Bangui. BBC

Le Comité laïc de coordination (CLC) n’organisera pas de marche anti-Tshisekedi en RDC
Le Comité laïc de coordination (CLC) a décidé de renoncer aux protestations contre les résultats de la présidentielle en RDC. Le collectif apolitique a été notamment l’organisateur des manifestations anti-Kabila et avait dénoncé le caractère frauduleux de l’élection présidentielle de décembre. Le CLC a déclaré à la BBC qu’elle ne soutiendra pas de manifestations contre Félix Tshisekedi après sa prestation de serment la semaine dernière. Ce collectif a joué un rôle déterminant dans l’organisation des manifestations de masse contre l’ancien président Joseph Kabila, qui a démissionné après 18 ans au pouvoir. BBC

RDC: les premières mesures sociales de Félix Tshisekedi
A peine proclamé cinquième président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi est confronté à une grogne sociale à laquelle il essaie de répondre avec son ancien colistier, qui est actuellement son directeur cabinet. L’enjeu pour Tshisekedi est non seulement d’agir rapidement mais aussi de marquer les esprits avec des décisions qui rencontrent directement les besoins de la population. RFI

RDC : des partisans de Moïse Katumbi prennent acte de l’élection de Félix Tshisekedi
En prenant acte de l’élection de Félix Tshisekedi, ce regroupement de partisans de l’opposant en exil Moïse Katumbi s’est démarqué de la position de la coalition électorale Lamuka, qui avait soutenu le candidat malheureux Martin Fayulu. « L’Alternance pour la République (AR) a décidé de prendre acte de l’investiture par la Cour constitutionnelle de M. Félix Tshisekedi Tshilombo en qualité de président de la République, chef de l’État, de la République démocratique du Congo », selon un communiqué publié mardi 29 janvier. Il s’agit du premier regroupement des partis proches de l’ex-gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, à se démarquer de la position officielle de la coalition électorale Lamuka (« Réveille-toi », en lingala), dont Moïse Katumbi fait partie. Cette plateforme avait été mise en place en novembre à Genève pour soutenir la candidature de l’opposant Martin Fayulu, arrivé deuxième avec 34% à la présidentielle du 30 décembre, selon les chiffres officiels que ce dernier conteste toujours. Jeune Afrique

Niger: nouvelle attaque de Boko Haram dans la région de Bosso
Des agriculteurs ont été tués lundi soir par des éléments du groupe jihadiste nigérian, Boko Haram, non loin de Bosso dans la partie nigérienne du lac Tchad. Après leur forfait, les assaillants sont retournés se cacher dans les îles du lac Tchad en crue. C’est le sud agricole du village de Bagara, tout près de Bosso, qui a été la cible d’attaques d’éléments de Boko Haram. Cette attaque, perpétrée nuitamment, s’est soldée par la mort de quatre agriculteurs. Elle a aussi fait trois blessés. Les dégâts matériels sont importants. Trois véhicules chargés de près de 500 sacs de poivrons et les entrepôts ont été incendiés, selon le ministre d’Etat à l’Intérieur, Bazoum Mohamed, en mission dans la zone. RFI

Le président de la Sierra Leone lance les activités de la commission anticorruption
Le président sierra-léonais Julius Maada Bio a lancé mardi à Freetown les activités de la commission d’enquête destinée à faire la lumière sur les cas de corruption dans le pays sous le régime de son prédécesseur, Ernest Bai Koroma, une initiative dénoncée par l’ex-parti au pouvoir. « Tous ceux qui sont appelés par la commission doivent obtempérer, quiconque refusera d’obtempérer, je le répète, fera face à la loi », a déclaré le président Bio, en fonctions depuis dix mois, lors d’une cérémonie de lancement. Il s’était engagé lors de sa campagne à mener une lutte vigoureuse contre la corruption et le gaspillage des fonds publics. Les auditions de la commission, créée en octobre, doivent débuter le 4 février, pour une durée de six mois. Elles seront menées par trois juges, Biobele Georgewill (Nigeria), William Annan Atuguba (Ghana) et Bankole Thompson (Sierra Leone). VOA

Le Parlement du Mozambique donne son feu vert à l’arrestion d’un ex-ministre
Le Parlement mozambicain a autorisé mardi l’arrestation du député et ex-ministre des Finances Manuel Chang, actuellement détenu en Afrique du Sud dans le cadre d’un vaste scandale de corruption. Manuel Chang, 63 ans, a été arrêté le 29 décembre à l’aéroport de Johannesburg sur requête de la justice américaine. Il est sous le coup d’une double demande d’extradition vers les Etats-Unis et le Mozambique. Selon un document de la Cour suprême mozambicaine dont l’AFP a obtenu une copie, l’ancien grand argentier du pays est poursuivi dans son pays pour fraude, corruption, blanchiment d’argent et détournement de fonds publics. Manuel Chang étant député, il ne peut être formellement arrêté au Mozambique qu’après autorisation du Parlement. VOA

Accord entre sept pays européens : les migrants du Sea-Watch vont débarquer
Le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a annoncé mercredi qu’un accord de répartition avec six autres pays européens allait permettre de faire débarquer en Italie « dans les prochaines heures » les 47 migrants bloqués depuis 12 jours sur le Sea-Watch 3. « Le Luxembourg est venu se rajouter à la liste des pays amis qui ont répondu à notre invitation (de prendre des migrants, ndlr). Maintenant nous sommes sept pays. Dans les prochaines heures, les opérations de débarquements vont commencer », a déclaré M. Conte devant la presse à Milan (nord). Les sept pays concernés sont l’Italie, la France, l’Allemagne, le Portugal, Malte, la Roumanie et le Luxembourg, selon les médias italiens. Le Sea-Watch 3, affrété par l’ONG allemande Sea-Watch et battant pavillon néerlandais, se trouve actuellement au large de Syracuse, dans le sud-est de la Sicile, où il a été autorisé à venir s’abriter du mauvais temps. Une réunion a eu lieu à la préfecture de Syracuse mercredi matin probablement pour organiser le débarquement, selon les médias. La Libre

Au Cameroun, l’arrestation du principal opposant à Paul Biya ne passe pas
Quelques heures après l’arrestation de Maurice Kamto et de quelques cadres du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), la classe politique camerounaise est montée au créneau pour réagir. Et ils sont nombreux à condamner l’arrestation du leader du MRC, arrivé deuxième à la dernière élection présidentielle avec 14 % des voix, derrière Paul Biya le président du pays, selon les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel. « Les libertés fondamentales et les droits fondamentaux sont à rude épreuve. Et cela n’est pas nouveau au Cameroun. (…) Afin d’éviter qu’apparaissent au grand jour son illégitimité et son impopularité criardes, le gouvernement a toujours usé de tous les moyens, y compris de violences physiques pour réprimer l’élan citoyen. Le Point

Sahara occidental: nouvelle table ronde attendue en mars
L’émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental, Horst Kohler, va rencontrer en février les quatre parties au conflit et convoquer en mars une nouvelle table ronde, après la reprise d’un dialogue multilatéral en décembre jugé encourageant par tous comme par le Conseil de sécurité. La première rencontre quadripartite – Maroc, Polisario, Algérie, Mauritanie – a été « très positive » et « l’environnement est bon », ont commenté mardi les ambassadeurs sud-africain, Jerry Matthews Matjila, et français, François Delattre, après une session à huis clos de la plus haute instance de l’ONU au cours de laquelle l’émissaire onusien a rendu compte de ses travaux. Nouveau membre non-permanent depuis le 1er janvier, l’Afrique du Sud soutient les revendications de référendum et d’indépendance du Front Polisario, avec lequel elle entretient des relations diplomatiques. TV5

Le Nigeria, bombe à retardement démographique
Son grand-père a eu trois femmes et 22 enfants. Son père, deux épouses et neuf enfants. A 19 ans, Modupe Adegbite a déjà fait ses calculs, elle n’en veut pas plus de quatre : « Pourquoi faire tant d’enfants quand on ne peut pas les nourrir ? » Modupe est née à Bada, un des quartiers les plus pauvres de Lagos, au Nigeria. Dans sa ruelle en terre cabossée, les enfants jouent avec des pneus usés ou font la manche devant les voitures arrêtées au feu rouge pour quémander quelques nairas. L’éducation des femmes et les mariages précoces restent un défi majeur pour le pays le plus peuplé d’Afrique. La démographie galopante, combinée avec la pauvreté, un taux de chômage record et des tensions interethniques persistantes, laisse imaginer le pire des scénarios et constitue, pour les plus alarmistes, une « bombe à retardement ». TV5

Plus de 14 % des Nigérians sont des consommateurs de drogues
Le nombre de consommateurs de drogues au Nigeria est estimé à 14,4 % de la population du pays, soit plus de deux fois la moyenne mondiale, qui est de 5,6 %, selon les résultats de la première grande enquête officielle sur le sujet. L’Etat de Lagos détient un record encore plus élevé, avec un taux de prévalence de 33%, indique l’enquête menée avec la collaboration de l’Union européenne et de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC). Au Nigeria comme dans le reste du monde, la drogue la plus consommée reste toutefois le cannabis. BBC



Photo: Adam Jones