Guerre au Soudan: armée et paramilitaires se renforcent dans l’État du Nil Bleu, au sud-est du pays
L’escalade militaire se poursuit au Soudan. Des affrontements violents opposent depuis deux semaines l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR) dans les trois États du Kordofan et dans le Nil Bleu, région qui, avec la percée réalisée par les FSR, concentre l’attention de l’armée. En réaction, celle-ci a annoncé qu’un premier groupe de ses forces conjointes est arrivé dans l’État du Nil Bleu, au sud-est du pays. Objectif : participer aux opérations militaires et y freiner la percée de paramilitaires qui ont repris le contrôle des localités stratégiques. Suite aux attaques intensives lancées par les Forces de soutien rapide (FSR) et le Mouvement populaire/Nord, dans plusieurs zones du Nil Bleu, les FSR ont annoncé jeudi dernier avoir pris le contrôle des bases militaires de Bakouri et Sirkom, au sud-est de Damazin, capitale de cet État du sud-est du Soudan. Selon l’armée, la brigade d’élite du Service de sécurité et de renseignements est désormais déployée sur l’axe menant à Bakouri. Durant la semaine précédente, l’armée affirme avoir abattu trois drones qualifiés d’« hostiles » et qui avaient franchi la frontière de l’Éthiopie vers l’État du Nil Bleu. Une analyse du 28 août du Laboratoire de recherche humanitaire de l’université américaine de Yale montre que la partie éthiopienne de la frontière a connu une activité militaire remarquée, 100 véhicules armés étant arrivés à la base éthiopienne d’Asosa en seulement cinq jours. Des véhicules de transports de troupes, des remorques, des camions et des conteneurs, figurent également parmi le lot, transporté vers l’aéroport d’Asosa en provenance d’Abou Dhabi. Ces équipements militaires sont, selon Khartoum, destinés aux FSR au Nil Bleu. RFI
Zambie : Gina Romero, rapporteuse spéciale de l’ONU, appelle à « mettre fin immédiatement à la criminalisation de la dissidence politique »
La rapporteuse spéciale sur les droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’association des Nations unies, Gina Romero, a appelé, mercredi 2 septembre, la Zambie à « mettre fin immédiatement à la criminalisation de la dissidence politique » après l’arrestation du principal opposant juste avant l’investiture du président sortant. Hakainde Hichilema a prêté serment pour un deuxième mandat, mardi, à l’issue d’un scrutin contesté qui a essuyé des critiques d’observateurs électoraux quant à son équité et à sa crédibilité. A la suite du scrutin, plusieurs figures de l’opposition ont été arrêtées dans le cadre d’une vaste répression liée à un complot supposé contre la sécurité nationale, dont Brian Mundubile, arrivé deuxième de la présidentielle et crédité de 38 % des voix. Issu de l’appareil de l’ex-président Edgar Lungu (2015-2021) – dont le lieu de l’inhumation est au cœur d’une féroce bataille judiciaire entre sa famille et les autorités zambiennes –, Brian Mundubile est poursuivi pour « trahison » depuis samedi mais n’avait toujours pas été présenté devant un tribunal mercredi. Gina Romero a affirmé que des rapports faisaient état de « violations systémiques alarmantes faisant suite à de graves allégations de fraudes électorales ». Cela incluait des accusations d’intimidation généralisée et l’arrestation de centaines de partisans de l’opposition, dont certains auraient été détenus au-delà des délais de garde à vue légalement prévus, sans poursuite judiciaire. Le Monde avec AFP
Somalie : de violents affrontements à Baidoa font au moins un mort et 24 blessés
De violents combats ont éclaté jeudi matin aux abords de Baidoa, capitale de l’État du Sud-Ouest somalien, faisant au moins un mort et 24 blessés pris en charge par l’hôpital régional, selon des sources médicales citées par l’Associated Press. Les affrontements ont débuté vers 5 heures, heure locale, dans un contexte de fortes tensions entre le gouvernement fédéral et les partisans de l’ancien président de l’État du Sud-Ouest, Abdiaziz Hassan Mohamed Laftagareen. De lourds tirs d’armes à feu ont été entendus dans plusieurs secteurs de la ville, tandis que des habitants ont quitté leurs domiciles par crainte d’une extension des combats aux quartiers résidentiels. Abdullahi Haji, un résident de Baidoa, a indiqué avoir fui son domicile après le début des affrontements, affirmant avoir entendu des tirs nourris et constaté que des balles perdues étaient tombées dans des zones habitées. Le ministère somalien de la Défense a affirmé que les forces gouvernementales répondaient à une attaque menée contre leurs positions par des miliciens favorables à Laftagareen, auxquels se seraient joints des combattants du groupe islamiste radical Al-Shabab. … La confrontation constitue une nouvelle escalade dans le bras de fer politique et sécuritaire opposant les autorités fédérales somaliennes au camp de Laftagareen autour du contrôle de l’État du Sud-Ouest. Africanews avec AP
La piraterie somalienne profite-t-elle de la guerre entre l’Iran et les États-Unis?
Alors que l’Iran et les États-Unis s’affrontent, depuis plusieurs mois, pour le contrôle du détroit d’Ormuz et que les Houthis, alliés de Téhéran au Yémen, imposent un blocus ciblé dans le détroit de Bab el-Mandeb, les pirates des côtes somaliennes profitent du chaos pour multiplier les cibles. Selon des analyses de sécurité maritime, plus de navires commerciaux se rapprochent des côtes somaliennes pour éviter les zones de conflit. Au moins 13 navires ont été arraisonnés entre janvier et fin août 2026, dont six étaient encore retenus contre rançon à la fin du mois. « La piraterie est toujours un crime d’opportunité, et là, les pirates voient une opportunité », résume Omar Mahmood, analyste de la Somalie à l’International Crisis Group (ICG), cité par la radio britannique, la BBC. Avec cette guerre entre les États-Unis et l’Iran, les pirates « pensent que les forces internationales seront accaparées par Ormuz et Bab al-Mandab, et ne surveilleront plus la piraterie », explique à la BBC le vice-amiral Ignacio Villanueva Serrano, commandant des opérations de la force navale de l’Union européenne au large de la Somalie. Selon des analyses de sécurité maritime, une baisse de patrouilles anti-piraterie a bien été recensée depuis le début du conflit. TV5 Monde
À Jérusalem, les autorités congolaises et israéliennes renforcent leur coopération
Le président congolais Félix Tshisekedi a quitté Israël, mercredi 2 septembre, au terme d’une visite de travail de trois jours lors de laquelle il a rencontré, à Jérusalem, le président Isaac Herzog et le Premier ministre Benyamin Netanyahu. Kinshasa et les autorités israéliennes affichent leur volonté d’approfondir une relation déjà ancienne, avec un accent particulier sur la sécurité, l’agriculture et les technologies. C’est à l’invitation du président Isaac Herzog que Félix Tshisekedi a effectué ce deuxième déplacement en Israël depuis son arrivée au pouvoir. Au-delà des déclarations d’amitié, Israël et la République démocratique du Congo (RDC) souhaitent désormais passer à des projets concrets. Une visite de réciprocité : le chef de l’État israélien s’était lui-même rendu à Kinshasa en novembre 2025. … Avec Isaac Herzog, puis avec le Premier ministre Benyamin Netanyahu, Félix Tshisekedi a discuté de sécurité et de défense, mais aussi d’agriculture, d’énergie, d’infrastructures et de hautes technologies. RFI
Ebola en RDC: en Ituri, des dizaines de morts non testés par refus des populations
Les résistances communautaires continuent de laisser une partie d’Ebola hors de portée des équipes sanitaires en RDC. En Ituri, un rapport daté du 1er septembre fait état de 42 corps qui n’ont pas pu être testés. Or, sans ces prélèvements, impossible de savoir si ces personnes étaient porteuses du virus et plus difficile d’identifier celles qui ont pu être exposées. Le problème est d’autant plus préoccupant que, sur les sept jours précédents, plus de sept décès sur dix sont survenus dans les communautés. Tout commence parfois par un décès à domicile. Une équipe sanitaire arrive pour effectuer un prélèvement dans la bouche du défunt. Le geste ne dure que quelques instants. Mais la famille ou les habitants s’y opposent. Le corps est alors enterré sans que l’on sache s’il était porteur du virus Ebola. Dans son rapport daté du 1er septembre, la coordination de la riposte contre cette 17e épidémie en RDC signale jusqu’à 42 corps non-prélevés en Ituri en raison des résistances communautaires. Derrière chacun de ces corps, il faut ensuite retrouver toutes les personnes qui ont pu être exposées : celles qui ont soigné le malade, transporté sa dépouille, lavé ou habillé son corps avant les funérailles. Sans test positif, cette recherche devient plus difficile. Certains contacts peuvent ne jamais être identifiés, alors qu’une personne morte d’Ebola demeure très contagieuse. RFI
RSF s’inquiète après la disparition du journaliste Moussa Kaka au Niger
L’ONG Reporters sans frontières (RSF) se dit préoccupée, mercredi 2 septembre 2026, par la disparition de Moussa Kaka au Niger. Le journaliste, directeur de Radio Télévision Saraounia et par ailleurs ancien correspondant de RFI dans le pays jusqu’en 2023, n’a plus donné de ses nouvelles depuis le 31 août. Selon RSF, il a quitté son bureau en fin de journée pour regagner son domicile, mais n’y est jamais arrivé. RSF demande aux autorités nigériennes d’ouvrir une enquête pour le retrouver au plus vite. « La disparition de Moussa Kaka, journaliste de renom, est particulièrement préoccupante, alors que le Niger traverse une nouvelle période de fortes tensions politiques et sécuritaires après la tentative de coup d’État du 29 août dernier. RSF suit la situation avec attention et appelle les autorités nigériennes à ouvrir immédiatement une enquête afin de le retrouver et d’établir sans délai les circonstances de sa disparition », confie Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF, dans le communiqué de l’ONG. RFI
Kenya: un rédacteur en chef du «Standard» retrouvé après son enlèvement
Au Kenya, un des rédacteurs en chef du Standard, journal quotidien de référence, a été retrouvé sain et sauf mercredi 2 septembre dans la matinée, après avoir fait l’objet d’un enlèvement la veille au soir. Alex Kiprotich a été emmené par des hommes armés aux alentours de 21h30, vers la ville de Nakuru, dans le centre du pays. Le Standard et les professionnels de la presse kényane dénoncent une campagne d’intimidation de la part des autorités. La scène a été filmée par la caméra embarquée de la voiture d’Alex Kiprotich. Sur la route entre Nakuru et Gilgil, un véhicule civil contraint le journaliste à s’arrêter. Quatre hommes, cagoulés et armés de fusils, en sortent et emmènent de force le rédacteur en chef. C’est vers 3 heures du matin, près du barrage de Masinga, 200 kilomètres plus au sud, qu’Alex Kiprotich est retrouvé, à l’endroit où il a été abandonné. … Pour le groupe de travail sur les médias kényans, qui rassemble les professionnels du secteur, cet évènement n’est que la suite d’une longue série d’attaques que subit la presse depuis des semaines. « On refuse de considérer cet évènement comme un simple fait divers, il s’agit d’une attaque calculée, un avertissement pour instiller la peur au sein de la fraternité des médias. Ces tactiques d’intimidation représentent un effort coordonné pour pousser à l’autocensure et empêcher les voix critiques à un moment où le public a un besoin critique d’information véritable », affirme Eric Oduor, président du Syndicat des journalistes du Kenya. Selon le Conseil des médias du Kenya, 18 journalistes ont été agressés ou blessés entre les mois de juin et août. RFI
El Niño : l’ONU prévoit un phénomène « de très forte intensité » jusqu’en février 2027
Le phénomène El Niño est désormais « solidement installé » et devrait encore se renforcer dans les prochains mois, pour atteindre une intensité « très forte », a alerté, jeudi 3 septembre, l’Organisation météorologique mondiale (OMM), laquelle ajoute qu’il est quasi certain qu’il se prolonge jusqu’en février 2027. Cet épisode « pourrait être plus puissant que tout ce que nous avons observé depuis le début de nos relevés, au point de littéralement dépasser les limites des graphiques que nous utilisons depuis quatre décennies », a alerté devant la presse à Genève la secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo. Dans une nouvelle mise à jour de ses prévisions, l’OMM expose qu’« El Niño s’est solidement installé et va s’intensifier, pour devenir un phénomène de très forte intensité dans les mois à venir, avec des répercussions importantes sur les régimes de température et de précipitations, ainsi que sur les risques associés d’inondations, de sécheresses et de chaleurs extrêmes ». L’épisode « devrait se renforcer encore au cours des prochains mois, pour atteindre une très forte intensité avant de parvenir à son apogée vers la fin de l’année 2026 », prévient encore l’OMM. En outre, souligne l’organisation, les dernières prévisions saisonnières des centres mondiaux de production de l’OMM annoncent « une probabilité exceptionnellement élevée » de près de 100 % qu’El Niño se maintienne jusqu’en février 2027. Le Monde avec AFP
