Revue de Presse du 3 juin 2016

Un bateau avec 700 migrants fait naufrage en Grèce
Une importante opération de sauvetage est en cours dans le sud de la Crète où un bateau en provenance d’Afrique a fait naufrage avec au moins 700 personnes à son bord. Des centaines de migrants pourraient avoir disparu dans le naufrage. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le bateau en provenance d’Afrique transportait au moins 700 personnes. La police portuaire grecque a fait état d’un premier bilan d’au moins quatre morts et 340 rescapés. Selon une porte-parole, une « importante » opération de sauvetage a été lancée dans la zone située entre les eaux grecques et égyptiennes, à 75 milles au sud de la Crète. Les conditions météorologiques y sont correctes avec un temps beau mais un vent vif. VOA

Daech à l’assaut de l’Europe via les côtes libyennes
Le groupe terroriste Etat islamique, qui étend son influence sur le littoral libyen, tente d’envoyer dans les pays européens des combattants infiltrés parmi les migrants en provenance de Libye. Le reportage de CNN international. Après avoir traversé des rues parsemées de détritus, au-delà des carcasses de voitures brûlées, dans une cour où s’amoncellent des bouteilles en plastique vides, on pénètre soudain dans leur chambre sombre et insalubre. Environ 30 migrants africains, plein d’espoir, sont assis, les genoux serrés les uns contre les autres, confrontés à leur nouveau statut de prisonniers de la police de l’immigration libyenne. Eugene est le premier à s’exprimer. C’est avec des sanglots dans la voix qu’il évoque son frère et son père tués au Nigeria par une bombe déposée par Boko Haram, le groupe ayant fait allégeance à l’Etat islamique.

Nigeria : six morts dans l’attaque d’un navire d’une compagnie pétrolière
Une attaque mercredi 1er juin contre un navire de la compagnie nationale de pétrole nigériane (NNPC) a fait six morts, quatre civils et deux soldats. Le bilan a été annoncé jeudi 2 juin par l’armée. Le nouveau groupe rebelle séparatiste, les Vengeurs du delta du Niger, qui cherche à faire cesser la production de pétrole dans la région et a revendiqué plusieurs attaques contre des oléoducs et d’autres infrastructures du pays, a démenti son implication. L’attaque a eu lieu dans la zone de Warri au sud du Nigeria. « Deux soldats ont été tués, un autre blessé, un soldat est porté disparu, et quatre civils travaillant à bord ont été tués par balles », a déclaré le capitaine Jonah Unuakhalu, porte-parole de l’armée, dans un communiqué. Les assaillants auraient été « déguisés en simples passagers » sur cinq bateaux à moteur. Le Monde

Bénin : débat autour du projet d’un mandat présidentiel unique
Alors que de nombreux chefs d’Etat africains modifient les Constitutions pour se maintenir au pouvoir, le Bénin va peut-être passer au mandat unique pour le chef de l’Etat. La commission sur les réformes politiques et institutionnelles est sur le point de terminer son travail. Elle doit remettre ces prochains jours son rapport au président Patrice Talon avant de le rendre public. Installée de 6 mai, cette commission de 35 membres a reçu les partis politiques, la société civile, des experts. Les travaux ont donné lieu à des débats passionnés, selon plusieurs membres de la commission. Principal sujet de débat : la question du mandat unique pour le chef de l’Etat. Celui qui aura été président ne pourra plus jamais se représenter. Si certains commissaires y sont favorables, d’autres se sont prononcés pour le statu quo : le mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Libre au chef de l’Etat de n’en faire qu’un seul. RFI

Maroc : Démantèlement d’une cellule terroriste de six membres partisans de Daech
Le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ) relevant de la Direction générale de surveillance du territoire national, a démantelé jeudi une cellule terroriste composée de six membres, partisans de l’Organisation dite « Etat islamique », s’activant à Tétouan, Martil et Casablanca. Selon les données préliminaires sur cette opération qui s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la menace terroriste, les membres de cette cellule entretiennent des liens étroits avec des combattants de sections de Daesch qui cherchent à implanter ce groupe terroriste dans le Royaume, conformément à sa stratégie expansionniste en dehors de la scène syro-irakienne, indique un communiqué du ministère de l’Intérieur. MAP

Mauritanie : le président Ould Abdel Aziz dément convoiter un troisième mandat
Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a démenti cette semaine vouloir réviser la constitution pour s’ouvrir la voie vers un troisième mandat. Une mise au point susceptible de calmer le jeu à quelques jours de la tenue d’un dialogue national entre le pouvoir et l’opposition. Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a tenté cette semaine de mettre fin à la polémique autour de son hypothétique troisième mandat. « Je n’ai jamais dit, à aucun moment, que j’allai modifier la Constitution pour me représenter. J’ai fait deux serments pour la respecter. Ils sont plus forts que ce que je dirai à l’avenir », a-t-il démenti dans une interview à des médias internationaux. RFI

Ultimatum du président burundais: un discours «va-t-en guerre» pour l’opposition
L’opposition dénonce un discours va-t-en guerre après l’avertissement lancé par le président burundais, ce mardi 31 mai. En déplacement à Mugamba, à 90 kms au sud de la capitale, Pierre Nkurunziza a donné 15 jours aux rebelles pour rendre les armes. Mugamba est l’une des communes où l’on signale le plus de violences. Depuis des mois, les habitants de Mugamba dénoncent l’insécurité qui règne dans la commune et dans les environs. Officiellement, aucun groupe rebelle n’a été identifié. Les autorités parlent plutôt de bandits armés, de délinquants. Mais plusieurs groupes rebelles sont présents dans la région, notamment les Forebu et le mouvement Red Tabara qui contestent la réélection du président Nkurunziza. Mugamba se trouve à un emplacement stratégique, dans une zone difficile d’accès, montagneuse et entourée de provinces où l’on a aussi enregistré des attaques depuis le début de l’année. Bref, une zone où les groupes rebelles peuvent plus facilement échapper aux forces de l’ordre. RFI

Tunisie : le président favorable à un gouvernement d’union nationale
Le président tunisien Béji Caïd Essebsi s’est dit favorable jeudi à l’idée d’un gouvernement d’union nationale, face aux critiques persistantes, à condition qu’il inclue le syndicat UGTT et le patronat Utica, Prix Nobel en 2015.Dans cette hypothèse, M. Essebsi n’a par ailleurs pas écarté l’idée d’un changement de Premier ministre, un an et demi après l’entrée en fonctions de Habib Essid, un indépendant dont le départ a été évoqué par des médias ces dernières semaines. Le chef d’État a accepté l’idée d’examiner la proposition pour la formation d’un gouvernement d’union nationale, a-t-il déclaré lors d’un entretien à la télévision. Mais un tel gouvernement devra enregistrer la participation de l’UGTT et de l’Union tunisienne de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica, patronat), faute de quoi « il ne va pas réussir », a-t-il ajouté. RTBF

Deux fils de l’ex-président Haidalla condamnés pour trafic de drogue en Mauritanie
La cour criminelle de Nouakchott a condamné deux fils de l’ex-président Ould Haidalla, Sidi Mohamed et Ely Cheikh, respectivement à 15 ans fermes et quatre ans avec sursis. Ould Haidalla a dirigé la Mauritanie de 1980 à 1984. Ses deux fils sont parmi les quatre personnes condamnées vendredi à des peines allant de quatre ans de prison avec sursis à 15 ans fermes pour trafic de drogue selon les sources judiciaires. Un autre prévenu, Ely Hamdi Ould Abou Bekrine, a été condamné à onze ans de prison, et un quatrième, Elmaaloum Ould Ahmed Bilal, à dix ans de prison. Neuf autres prévenus ont été acquittés pour « manque de preuves » par la cour criminelle de Nouakchott qui a rendu son verdict mercredi, a-t-on ajouté de même source. Les 13 hommes faisaient partie d’un groupe recherché après la saisie de 1,3 tonne de chanvre indien le 30 janvier sur le littoral mauritanien. VOA

Aide aux déplacés au Nord-Kivu: des ONG dénoncent l’inaction de la Monusco
En République démocratique du Congo (RDC), depuis deux mois, des ONG se plaignent d’un problème d’accès à la zone de Mpati, au Nord-Kivu, où quelques 50 000 déplacés selon l’ONU ont été touchés par la fermeture des camps ordonnée par le gouvernement dans la région. L’armée congolaise y menait des opérations militaires contre les FDLR, les rebelles hutus rwandais. Mais pour ces ONG, il y a eu violation du caractère civil des camps, la Monusco aurait dû protéger les déplacés et permettre l’accès aux humanitaires. Au lieu de ça, les casques bleus n’ont pas bougé, n’ayant pas été invités par le gouvernement. Quand les ONG dénoncent depuis des semaines un problème de sécurité après des attaques répétées, le refus des autorités de les voir assister ces déplacés accusés d’être proches des groupes armés, pour un officiel onusien à New York, ce problème d’accès est essentiellement dû « au mauvais état des routes ». RFI

« Suspendre la Gambie de la Cédéao »
L’ONG Amnesty International souhaite que la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) suspende la Gambie de cette organisation régionale de 15 Etats membres, si ce pays ne fait pas d’efforts en matière de respect des droits de l’homme. Amnesty International accuse le gouvernement gambien d’être de plus en plus répressif envers les opposants politiques, au fur et à mesure qu’approche l’élection présidentielle de décembre prochain. Plus de 50 militants de l’opposition gambienne sont actuellement arrêtés et attendent d’être jugés, selon cette ONG. Elle déclare que 36 membres de partis politiques de l’opposition sont arrêtés sans raison valable. BBC

Guinée: fin de l’épisode d’Ebola, mais possibilité d’une « résurgence »
L’épisode d’Ebola en Guinée est terminé, ont annoncé mercredi des responsables guinéen et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui préviennent cependant de la possibilité d’une « résurgence » de la maladie. L’épisode d’Ebola a pris fin en Guinée mais une « résurgence de la maladie n’est pas à exclure. C’est possible encore qu’il y ait » de nouveaux cas, a affirmé le représentant de l’OMS en Guinée, Dr Abou Beckr Gaye, lors d’une cérémonie à Conakry pour marquer la fin de cet épisode d’Ebola en Guinée. Dans un communiqué publié le même jour à partir de son siège à Genève, l’OMS a déclaré « la fin de la transmission du virus Ebola » en Guinée, alors que le pays a passé 42 jours – deux fois la durée maximale d’incubation – sans nouveau cas depuis le second test négatif sur le dernier patient. La source exacte de l’infection de ce dernier épisode n’a pas été déterminée mais, d’après l’OMS, elle semble « vraisemblablement » liée à une exposition aux liquides corporels infectés d’un survivant. RTBF

Attaques au Mali: l’ONU réclame des renforts, dénonce l’impasse du processus de paix
Le chef de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma), Mahamat Saleh Annadif, a lié jeudi la recrudescence des attaques dans ce pays, frappant notamment les Casques bleus, au piétinement du processus de paix, tout en réclamant davantage de moyens militaires. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a demandé au Conseil de sécurité quelque 2.049 militaires et 480 policiers supplémentaires pour la Minusma, dont les effectifs actuels sont d’environ 12.000, a annoncé son porte-parole, Stéphane Dujarric. « Nous parlons de forces de réaction rapide, de moyens aériens, de soldats supplémentaires spécialisés dans les convois hautement sécurisés », a-t-il précisé. De son côté, M. Annadif a réaffirmé sa conviction que « la meilleure façon de combattre les terroristes, de les isoler, c’est la mise en œuvre effective de l’accord de paix » entre le camp gouvernemental et l’ex-rébellion à dominante touareg, signé en mai-juin 2015. TV5

Niger: nouvelle attaque meurtrière de Boko Haram dans la région de Diffa
La zone de Bosso, dans la région de Diffa, au Niger, a de nouveau été prise pour cible par Boko Haram, ce mardi 31 mai au soir. Les insurgés ont lancé un raid sur le village de Yébi, où vivent des milliers de déplacés et de réfugiés. Au moins 6 civils ont été tués et plusieurs blessés. Après celle du 19 mai dernier, c’est la deuxième attaque contre ce village situé sur la frontière avec le Nigeria. Une quarantaine d’assaillants ont attaqué Yébi vers 22h, mardi 31 mai, selon une source officielle. L’armée nigérienne est ensuite intervenue et les combats ont duré jusqu’à 4h du matin. Vendredi 27 mai, des affrontements se sont déroulés non loin de là, dans la ville garnison de Bosso, entre soldats nigériens et insurgés. RFI

Kenya: annonce de la fermeture du plus grand camp de réfugiés du monde
Le Kenya a réaffirmé mardi sa volonté de fermer d’ici novembre le camp de réfugiés de Dadaab. Qualifié de plus grand camp du monde, il accueille 350 000 personnes, essentiellement des Somaliens fuyant, depuis 20 ans, leur pays en guerre. Le Kenya avait déjà affirmé à plusieurs reprises au mois de mai qu’il comptait bien fermer ce camp et a mis en place une équipe chargée d’étudier la faisabilité de ce projet. « Je veux dire au monde que cette décision de fermer le camp de Dadaab est définitive, et nous espérons que cette fermeture interviendra au plus tard au mois de novembre », a déclaré le ministre kényan de l’Intérieur Joseph Ole Nkaissery, après que l’équipe lui eut remis son rapport. RTBF

Angola : la fille du président nommée à la tête de la société pétrolière d’Etat
Le chef de l’Etat angolais José Eduardo dos Santos a nommé sa fille Isabel, la femme la plus riche d’Afrique, à la tête de la compagnie pétrolière publique Sonangol, selon un communiqué présidentiel publié jeudi soir. Après le renvoi du conseil d’administration, le président a renouvelé l’ensemble de ses membres, selon ce document. « Les nouvelles personnes nommées sont (notamment) Isabel dos Santos, au poste de présidente du conseil d’administration », selon le décret. Dans un communiqué, Isabel dos Santos a expliqué que la nouvelle équipe allait « diminuer le coût de production et optimiser les ressources en vue d’augmenter la compétitivité internationale du secteur pétrolier angolais ». Elle compte aussi « veiller à la transparence » dans le management de l’entreprise, responsable de la gestion des réserves de pétrole et de gaz de l’Angola. VOA

Madagascar — Impasse politique : Où est passée l’Opposition officielle ?
Gouverner le pays à sens unique n’est plus la bonne voie pour Madagascar, car cela ne fait qu’entraîner le pays dans une impasse politique coutumière. C’est sans doute le principe des pays qui ont opté pour le multipartisme comme Madagascar. En effet, avec les 187 partis politiques légalement constitués (d’après une source auprès du Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation), le pays devrait être riche en idées, en innovations et en échanges. Actuellement, à défaut d’une Opposition solide qui devrait jouer le rôle de contrepouvoir, Madagascar se trouve dans une impasse politique. Pourtant, la Constitution – en son article 14 – et la loi n °2011-013 du 18 août 2011 portant statut de l’opposition et des partis de l’opposition, prévoit l’existence d’une Opposition qui peut « jouer le rôle de contre-pouvoir et d’équilibre du pouvoir ». Midi Madagasikara



Photo: Adam Jones