Revue de Presse du 3 juillet 2017

Réunie en sommet, l’Union africaine cherche la voie de l’émancipation
C’est le grand chantier de l’Union africaine. Depuis un an, les 55 chefs d’Etat de l’organisation panafricaine veulent s’affranchir de la tutelle financière des bailleurs de fonds chinois et occidentaux pour conquérir une nouvelle crédibilité. L’an dernier, ils ont trouvé une astuce pour s’autofinancer. Mais aujourd’hui, à l’ouverture du 29e sommet de l’UA à Addis-Abeba, c’est l’heure de vérité sur la question du financement. RFI

Union africaine : les présents et les absents du 29e sommet des chefs d’État
Les dirigeants du continent se retrouvent ce lundi à Addis-Abeba pour un sommet de transition. Alpha Condé, Alassane Ouattara ou encore Joseph Kabila sont là mais plusieurs poids lourds du continent sont absents. Le défilé des berlines présidentielles devant les palaces d’Addis-Abeba a débuté dimanche 2 juillet au soir. Pendant deux jours, la capitale éthiopienne abritera le 29e sommet des chefs d’État et de gouvernement africains. Principal sujet à l’ordre du jour : la réforme de l’Union africaine (UA). Certaines des crises qui secouent le continent, notamment celles au Mali, au Soudan du Sud et en Libye seront également au cœur des discussions entre dirigeants africains. Le président en exercice de l’UA, le Guinéen Alpha Condé, est arrivé à Addis-Abeba à la veille du sommet pour présider une série de réunions, dont une sur l’Initiative africaine pour les énergies renouvelables, un des mécanismes installés par la Conférence sur le Climat, la Cop 21, à Paris. Jeune Afrique

29e sommet de l’UA: présence remarquée et inhabituelle de Joseph Kabila
Après le 28e sommet de l’Union africaine de janvier 2017 qui avait été marqué par le retour du Maroc, on s’attendait ce lundi à Addis-Abeba à un 29e sommet sans grande influence. Mais finalement, quelques poids-lourds sont là et notamment le Congolais Joseph Kabila. Avec notre envoyé spécial à Addis-Abeba, Christophe Boisbouvier Il y a quelques absents de marque à ce 29e sommet de l’Union africaine. On pense notamment au Sud-Africain Jacob Zuma qui est retenu à Pretoria à cause de ses graves ennuis politiques. On pense aussi au Nigérian, Muhammadu Buhari, qui est toujours souffrant. Mais d’autres poids lourds sont là, l’Ivoirien Alassane Ouattara est arrivé dès samedi pour défendre, au côté du Guinéen Alpha Condé, et du Rwandais Paul Kagame, la grande réforme de l’Union africaine et son autofinancement. RFI

Macron invite la force du G5 à prouver son efficacité
Le président français Emmanuel Macron a promis dimanche à Bamako d’aider les pays du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Mauritanie, Tchad) à obtenir des financements pour leur force conjointe, mais les a exhortés à en démontrer l’efficacité face aux djihadistes. « Ce sera à vous et à vos armées de convaincre que le G5 peut être efficace, dans le respect des conventions humanitaires. Les résultats doivent être au rendez-vous pour convaincre nos partenaires », a déclaré M. Macron à l’ouverture du sommet du G5 Sahel dans la capitale malienne. BBC

Bilan du G5 Sahel: des annonces concrètes mais un manque de financement
Les chefs d’Etat du G5 Sahel se sont réunis dimanche 2 juillet à Bamako pour acter la création de leur force anti-terroriste conjointe. Principal soutien à sa mise en œuvre, la France a voulu envoyer un signal politique fort, incarné par la présence du président Macron qui souhaite qu’elle puisse mener ses premières actions dès l’automne. Des annonces concrètes ont été faites, côté français comme africain, mais le manque jusqu’à présent de moyens financiers risque de freiner considérablement sa mise sur pied effective. RFI

Vidéo des otages au Sahel: Iyad Ag Ghali montre son influence sur la région
En marge du sommet G5 Sahel qui s’est tenu ce dimanche à Bamako, au Mali, une nouvelle vidéo de propagande montrant des otages au Sahel a été rendue publique ce samedi soir. Le choix de cette veille de réunion de chefs d’Etat n’est pas un hasard. Ce film, d’une quinzaine de minutes, a été diffusé par le canal officiel du «Groupe de soutien à l’islam et au musulman», une coalition terroriste dirigée par Iyad Ag Ghali qui confirme ici son rôle prédominant. RFI

Violences en RCA: 15 morts à Kaga-Bandoro
« Il y a au moins 15 morts parmi les combattants », a indiqué le responsable d’une ONG internationale à Kaga-Bandoro, localité située à 400 km au nord de la capitale Bangui. Selon des sources sécuritaires, dont la Minusca, des membres du groupe armé ex-Séléka du Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) seraient à l’origine des violences. « Les forces de la Minusca ont fait leur travail en protégeant les populations civiles des éléments du MPC », a assuré le porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro. Les violences ont repris depuis la fin du mois de mai 2017 à Kaga-Bandoro, chef-lieu de la préfecture de Nana-Grébizi qui accueille depuis 2016 près de 20.000 déplacés et où les humanitaires ont de grandes difficultés à travailler. BBC

RDC: arrestations en série de membres de l’opposition
En RDC, le 30 juin, jour anniversaire de l’indépendance, la police a procédé à l’arrestation de membres de la société civile. A ceux-là, s’ajoutent des cadres et membres de l’UDPS, plus nombreux, qui sont en détention dans le pays. L’opposition radicale parle du harcèlement de ses membres. En RDC, plusieurs personnes ont été arrêtées le 30 juin, jour anniversaire de l’indépendance. Elles s’apprêtaient à participer à une conférence-débat sur la mobilisation pour l’application intégrale de l’accord du 31 décembre. Mais la police affirme avoir dispersé l’assistance pour des raisons de sécurité. Le docteur Denis Mukwege et le professeur Mbata étaient programmés pour cette réunion. RFI

20 peines de mort confirmées pour des pro-Morsi en Egypte
Un tribunal égyptien a confirmé dimanche la peine de mort prononcée à l’encontre de 20 personnes, condamnées pour le meurtre de 13 policiers lors des violences qui avaient suivi la destitution de l’ancien président Mohamed Morsi en 2013, ont indiqué des responsables judiciaires. En outre, 80 personnes ont écopé de la prison à vie –soit 25 années de détention– pour ces violences intervenues en août 2013 en représailles à la dispersion meurtrière de deux sit-in islamistes au Caire, ont précisé les sources. Ces personnes étaient de nouveau jugées en première instance, après l’annulation d’un premier procès où 183 peines de mort avaient été prononcées. Après l’éviction de M. Morsi en juillet 2013 par l’ex-chef de l’armée et actuel président Abdel Fattah al-Sissi, des centaines de ses partisans islamistes ont été condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs dénoncés par des ONG de défense des droits de l’Homme. VOA

Le vote de défiance contre Zuma reporté au 8 août en Afrique du Sud
Le président sud-africain Jacob Zuma, fragilisé par une série de scandales politico-financiers et ouvertement contesté dans les rangs de son propre parti, sera soumis à un vote de défiance au parlement le 8 août, a-t-on appris de source officielle dimanche. Ce vote sur une nouvelle motion de défiance déposée par l’opposition avait initialement été fixé au 3 août, mais il a été repoussé au 8 août en raison d’un conseil des ministres devant se tenir le même jour, a annoncé dans un communiqué la présidente du Parlement, Baleka Mbete. Les adversaires du président Zuma ont déposé contre lui une nouvelle motion de défiance pour dénoncer le remaniement ministériel controversé de la fin mars, marqué par l’entrée au gouvernement d’une dizaine de ses proches. VOA

Afrique du Sud : ANC, la bataille qui commence
Facebook Twitter Google + Linked In Viadéo Agandir le texte Réduire le texte Imprimer Commenter Envoyer par mail D’un côté se joue une course contre la montre entre le président Jacob Zuma et l’opposition. Et sur le court terme, l’agenda se bouscule pour Zuma, qui sera soumis à un vote de défiance au Parlement le 8 août. De l’autre côté se joue l’avenir de l’ANC. Certes, le parti a jusqu’à 2019 pour trancher, mais la ligne de fracture est nette entre deux camps opposés. Sur une nouvelle motion de défiance déposée par l’opposition initialement fixée au 3 août, un vote de défiance aura bien lieu le 8 août. Jacob Zuma gagne donc encore quelques jours, en raison d’un conseil des ministres devant se tenir le même jour, a annoncé dans un communiqué la présidente du Parlement, Baleka Mbete. Le Point

A Madagascar, les juges ne veulent plus recevoir des ordres du pouvoir
La guerre est déclarée : pour la deuxième fois en moins d’un mois, les magistrats malgaches ont voté la grève pour réclamer le respect de l’indépendance de la justice. Mercredi 29 juin, l’unique Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) a mis en demeure le chef de l’Etat de lui donner des assurances sous dix jours, faute de quoi le mot d’ordre de grève serait appliqué. Le 8 et 9 juin, les 42 tribunaux de l’île avaient tiré le rideau. « L’appareil d’Etat se rebelle, il est entré en résistance contre des violations de la justice qui ne sont plus tolérables », prédit le juriste Harotsilavo Rakotoson qui, en travaillant sur l’intarissable trafic de bois de rose, observe de près l’impunité dont jouissent les puissants sur la Grande île. Le Monde



Photo: Adam Jones