RDC: la Monusco va déployer une mission de surveillance du cessez-le-feu à Uvira
Après des mois de tensions, le gouvernement congolais et les rebelles de l’AFC/M23 ont signé, sous l’égide du Qatar, un mandat autorisant le déploiement d’une mission de la MONUSCO à Uvira, dans l’est du pays. Objectif : surveiller le respect du cessez-le-feu, conformément à l’Accord-cadre de Doha pour la paix, signé en novembre 2025. Cette mission, qui devrait être déployée dans les prochains jours, marque une avancée symbolique dans un conflit qui dure depuis des années. Les deux parties ont réaffirmé leur engagement en faveur du cessez-le-feu et promis de mettre en œuvre de bonne foi les obligations de l’accord. Mais sur le terrain, la méfiance persiste. Pour de nombreux observateurs ce déploiement est un test : saura-t-il apaiser les violences dans une région où les trêves ont souvent été fragiles ? La MONUSCO, déjà présente en RDC, aura pour mission de vérifier le respect des engagements pris. Un défi de taille, alors que les populations locales attendent des actes concrets après des années de souffrance. » Africanews
Soudan : le chef de l’armée annonce la reprise de la ville-clé de Kadougli
Le chef de l’armée soudanaise et dirigeant de facto du pays, le général Abdel Fattah Abdelrahman Al-Bourhane, a annoncé mardi la levée du siège longtemps imposé par les paramilitaires à la ville de Kadougli, ville-clé du Kordofan, à la télévision soudanaise. … Des médias soudanais locaux ont diffusé des images montrant des combattants célébrant l’arrivée des troupes dans la ville. Située près de la frontière avec le Soudan du Sud, Kadougli a été encerclée durant la majeure partie du conflit, déclenché en avril 2023, entre l’armée et les FSR. En novembre, l’Organisation des Nations unies (ONU) a déclaré cette ville en état de famine. Depuis le début du conflit, environ 80 % de la population, soit quelque 147 000 personnes, ont fui la ville, a annoncé l’ONU la semaine dernière. … Le Kordofan, vaste région fertile et riche en pétrole, est aujourd’hui l’un des fronts les plus disputés du pays. Lundi, le secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), Jan Egeland, a qualifié le Kordofan du Sud de « frontière la plus dangereuse et la plus négligée du Soudan ». Le Monde avec AFP
Le chef de guerre tchadien Ousmane Dillo de retour au combat au Soudan
Ousmane Dillo est de retour au Soudan. Évacué blessé d’El-Fasher, au Darfour, il y a quelques mois, le chef de guerre et frère de l’opposant tchadien décédé, Yaya Dillo, a remis l’uniforme et repris la route des combats aux côtés de l’armée soudanaise. Il se trouverait actuellement dans le Kordofan, foyer actif du conflit civil qui déchire le pays depuis près de trois ans. … Début novembre, alors que les Forces de soutien rapide (FSR) du général Hemedti finissaient par faire tomber El-Fasher, Ousmane Dillo, blessé, était rapatrié au Tchad, à Ndjamena. Parti en soins en Inde, il a ensuite, selon des proches, transité plusieurs semaines par l’Arabie saoudite, puis par l’Égypte – deux pays alliés de l’armée soudanaise – avant de gagner Port-Soudan, puis de prendre la route du sud. Selon une bonne source, il se trouverait actuellement au Kordofan, à l’Est de Babanusa, dans une zone disputée. Ousmane Dillo est une figure de la communauté zaghawa, en conflit de longue date avec les milices d’Hemedti, les Janjaweed devenus FSR. Ses relations sont également difficiles avec son cousin, le président tchadien Mahamat Idriss Déby. Il a saisi l’ONU et déposé plainte, en France, après la mort de son frère, Yaya Dillo, dans l’assaut contre le siège du parti PSF, le 28 février 2024 à Ndjamena. RFI
Guinée-Bissau: les opposants Fernando Dias et Domingos Simões Pereira refusent d’entrer au gouvernement
Voilà trois jours que les principaux opposants politiques bissau-guinéens sont rentrés chez eux après les épreuves qu’ils ont respectivement traversées à la suite du coup d’État du 26 novembre. Mais pour Domingos Simões Pereira, qui a passé plus de deux mois en détention, et pour Fernando Dias, qui s’était réfugié à l’ambassade du Nigeria, la libération n’est pas totale : alors que le premier reste assigné à résidence, le second est soumis à des instructions formelles comme l’interdiction de parler publiquement. … Mais pour les deux opposants, il n’en est pas question : l’un comme l’autre refusent catégoriquement de blanchir l’image des militaires en acceptant ces postes. « Nous ne salirons pas nos noms », assure ainsi Fernando Dias joint par RFI, avant de préciser que, de toute façon, le nombre de postes proposés à leurs formations est totalement « inégalitaire » et qu’il ne leur permettrait pas de peser politiquement. RFI
Burkina Faso: le musicologue Sosthène Yaméogo à son tour victime d’une arrestation arbitraire
Réputé pour ses connaissances musicales, cet ex-enseignant à l’université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou qui n’affiche pas vraiment le profil de farouche opposant politique a pourtant été enlevé à son domicile de Ouaga 2000 à l’aube du samedi 31 janvier. Quelques semaines plus tôt, celui-ci avait publié un message sur les réseaux sociaux dans lequel il s’en prenait à la junte au pouvoir en des termes véhéments. Pour avoir eu le malheur de se montrer trop virulent avec le régime en place à Ouagadougou sur les réseaux sociaux, le musicologue Sosthène Yaméogo a à son tour disparu depuis le week-end dernier au Burkina Faso. Âgé de 62 ans, cet ex-enseignant à l’université Joseph Ki-Zerbo réputé pour ses connaissances musicales et pour avoir été l’un des principaux animateurs de l’orchestre de l’université de la capitale burkinabè n’affiche pourtant pas vraiment le profil d’un farouche opposant politique. À ce stade, son seul fait d’arme connu est un contentieux survenu ces derniers mois avec l’administration burkinabè pour faire valoir ses droits à la retraite : à la suite d’une assignation de son employeur devant la justice qui n’a rien donné, Sosthène Yaméogo a alors déversé sa colère sur les réseaux sociaux, s’en prenant à la junte au pouvoir en des termes véhéments. RFI
Un émissaire américain se rend à Bamako pour relancer les relations entre le Mali et les États-Unis
Nick Checker, le tout nouveau patron du bureau des affaires africaines du département d’État américain, s’est rendu en visite officielle à Bamako, ce lundi 2 février, où il a été reçu par le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop. Deux sujets ont été au coeur des échanges entre les deux dirigeants : une possible relance de la coopération bilatérale – notamment en matière de lutte contre le terrorisme – d’une part, le développement des échanges économiques et commerciaux entre le Mali et les États-Unis de l’autre. Si les deux parties voit dans la réactivation de leurs relations un partenariat « gagnant-gagnant », selon le compte-rendu officiel fait par les autorités maliennes, Nick Checker a tenu, lui, à rappeler le respect de son pays pour la souveraineté du Mali. Et celui-ci d’ajouter que la volonté américaine de redynamiser la coopération bilatérale avec Bamako était fondée sur des bases nouvelles, dans le respect mutuel et sans aucune forme d’ingérence. … Dans l’annonce de cette visite faite en amont par la diplomatie américaine sur sa page Facebook, le bureau des affaires africaines du département d’État se réjouissait par avance des discussions à venir sur le renforcement de la coopération entre les deux pays, ainsi que des échanges possibles avec d’autres pays de la région – en particulier le Burkina Faso et le Niger – sur la sécurité et l’économie. RFI
En Libye, trois soldats de Khalifa Haftar tués dans des combats à la frontière avec le Niger
Trois soldats libyens des forces armées du maréchal Khalifa Haftar (LNA) ont été tués samedi 31 janvier et plusieurs autres capturés lors d’affrontements avec des groupes armés dans le sud de la Libye, près de la frontière avec le Niger, ont-elles annoncé lundi dans un communiqué. La LNA a décrété une « attaque lâche dirigée par des groupes de mercenaires et des gangs terroristes hors-la-loi ». Le communiqué évoque « trois attaques simultanées » lancées contre autant de postes : celui de Ouadi al-Toum (Toummo) à la frontière avec le Niger, le point de contrôle de Ouadi Aboughrara et un autre situé près de la passe de Salvador, une zone stratégique entre la Libye, le Niger et l’Algérie. Ce genre d’attaques sont récurrentes dans les zones frontales et régulièrement repoussées par les forces de Haftar. … Depuis la chute du régime du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye peine à retrouver sa stabilité et son unité. Deux exécutifs s’y disputent le pouvoir : le gouvernement d’unité nationale (GNU) installé à Tripoli, dirigé par Abdelhamid Dbeibah et reconnu par l’ONU et un autre à Benghazi (Est), contrôlé par le maréchal Haftar et ses fils, qui ont étendu leur présence militaire au sud du pays. Jeune Afrique avec AFP
Tunisie : déjà incarcéré, Rached Ghannouchi condamné à vingt ans de prison supplémentaires pour « complot contre la sécurité intérieure de l’Etat »
La cour d’appel de Tunis a alourdi à vingt ans la peine de prison prononcée contre le chef du mouvement islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi, emprisonné depuis 2023 dans l’affaire dite du « complot 2 » contre le président tunisien, a fait savoir mardi 3 février à l’Agence France-Presse (AFP) l’un de ses avocats. La Cour a « décidé [d’une peine de] vingt ans de réclusion contre Rached Ghannouchi » notamment pour « complot contre la sécurité intérieure de l’Etat », a précisé Me Samir Dilou à l’AFP. M. Ghannouchi, 84 ans, avait été condamné en première instance à quatorze ans de réclusion. Ce verdict porte à plus de quarante ans sa durée d’emprisonnement après différentes condamnations, les peines étant cumulables en Tunisie. … Une vingtaine de personnes dont l’ancienne cheffe de cabinet du président Kaïs Saïed Nadia Akacha et l’ancien premier ministre Youssef Chahed (2016-2020), en fuite à l’étranger, étaient jugés pour « complot contre la sûreté intérieure de l’Etat » et « formation d’une organisation et d’une entente en lien avec des crimes terroristes », selon le dossier d’instruction. Depuis 2021, les défenseurs des droits tunisiens et étrangers ont déploré une régression des droits et libertés en Tunisie, avec des poursuites et condamnations de dizaines d’opposants, avocats ou journalistes. Le Monde avec AFP
Tchad: le président du Syndicat indépendant des enseignants condamné à un an de prison
Lundi 2 février, Djimoudouel Faustin a été condamné à un an de prison ferme. Le président du Syndicat indépendant des enseignants du Tchad (SIET) était jugé pour quatre chefs d’inculpation : usurpation de titre, incitation à la révolte, rébellion et trouble à l’ordre public. Le syndicat avait appelé à une grève des enseignants du 5 janvier au 4 février. Il réclamait notamment que les promesses d’amélioration des conditions de travail et de rémunération des enseignants se concrétisent. Le procureur avait requis 24 mois de prison ferme. Djimoudouel Faustin a finalement été condamné à un an d’emprisonnement, pour deux des quatre chefs d’inculpation : rébellion et trouble à l’ordre public. Son avocat, Me Amos, a dénoncé « une parodie de justice, car son seul pêché, c’est d’être le président d’un syndicat ». « Or, la liberté syndicale est l’une des libertés fondamentales de ce pays qui ne devrait pas être sujet à caution ni à autorisation », a-t-il ajouté. Incarcéré depuis le 6 janvier à la maison d’arrêt de Klessoum, Djimoudouel Faustin, à travers le SIET, est l’un des principaux meneurs de la grève des enseignants au Tchad. Ces derniers réclament, depuis plusieurs mois, l’amélioration de leurs conditions de travail et de rémunération. RFI
Génocide des Tutsis au Rwanda: le procès en appel de Claude Muhayimana s’ouvre à Paris
Claude Muhayimana est de retour devant la justice française. Son procès en appel pour complicité de génocide et crimes contre l’humanité s’ouvre ce mardi 3 février 2026 devant la cour d’assises de Paris. En première instance, ce Franco-Rwandais, ancien chauffeur à Kibuye, dans l’ouest du pays, avait été reconnu coupable de ces deux chefs d’accusation et condamné à 14 ans de prison. Il est accusé d’avoir volontairement transporté des miliciens Interahamwe, bras armés du régime génocidaire hutu, sur des lieux de massacres de Tutsis. Ce qu’il conteste. Ni homme politique, ni religieux, ni militaire. Claude Muhayimana a été le premier « homme ordinaire », selon les mots de son avocat, jugé en France pour sa participation présumée au génocide des Tutsis au Rwanda. À l’issue de ce premier procès fin 2021, l’ancien chauffeur de maison d’hôte a été reconnu coupable de complicité de génocide et complicité de crimes contre l’humanité pour avoir transporté des gendarmes et des miliciens Interahamwe à Kibuye, en bordure du lac Kivu, et dans les collines de Karongi, Gitwa et Bisesero, où des dizaines de milliers de Tutsis ont été tués. Il a en revanche été relaxé concernant d’autres lieux. RFI
