Revue de presse du 3 avril 2026

Burkina Faso : « La démocratie, c’est pas pour nous », martèle le chef de la junte
La junte au pouvoir au Burkina Faso a pris l’habitude de ne pas cacher ses ambitions. Le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé à la tête du pays en septembre 2022 par un coup d’Etat – le deuxième en huit mois –, a de nouveau asséné, jeudi 2 avril, un coup très dur aux illusions d’une transition politique, au cours d’un entretien diffusé en soirée sur la radiotélévision du Burkina (RTB), un média d’Etat. « On ne parle même pas d’élections d’abord (…), il faut que les gens oublient la question de la démocratie. La démocratie, c’est pas pour nous », a affirmé le capitaine Traoré lors de cette interview de plus de deux heures réalisée par des journalistes de médias burkinabés et étrangers – dont la télévision publique italienne RAI et la chaîne britannique privée Sky News –, un fait rare. La transition politique, enclenchée après le premier putsch en janvier 2022, devait s’achever en juillet 2024 par des élections. Mais la junte actuelle a adopté une charte qui lui permet de rester au pouvoir cinq ans de plus à compter de juillet 2024, et autorise le capitaine Traoré à se présenter aux « élections présidentielle, législatives et municipales », prévues en principe au terme de ces cinq années. Le Monde avec AFP

Malgré les progrès, le Sahel reste l’épicentre des mouvements djihadistes
L’Indice mondial du terrorisme 2026 fait état d’une baisse de la violence liée au terrorisme dans plusieurs pays du Sahel en 2025, même si la région reste la plus touchée au monde. Des pays comme le Burkina Faso et le Mali ont enregistré une baisse significative du nombre de morts, tandis que le Niger a également connu moins d’attaques, ce qui reflète une amélioration fragile mais notable de la sécurité. Toutefois, le rapport souligne que le Sahel reste responsable de plus de la moitié des décès liés au terrorisme dans le monde, en raison de l’activité persistante de groupes tels que le JNIM et l’État islamique. Il met en évidence les défis persistants, tels que la faiblesse du contrôle de l’État, les menaces transfrontalières et les facteurs socio-économiques alimentant le recrutement, malgré une coopération militaire accrue entre les États du Sahel dans le cadre d’initiatives menées par Assimi Goïta et d’alliances régionales. Africanews

Nigeria: le président Bola Ahmed Tinubu en visite à Jos après l’attaque meurtrière de dimanche
Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu s’est rendu jeudi 2 avril pour une brève visite à Jos, dans l’État du Plateau, au centre du pays. Une attaque meurtrière contre un bar dimanche dernier, jour des Rameaux, suivie d’émeutes, qui a fait plus d’une trentaine de victimes. Pour le président Tinubu, il s’agissait de témoigner sa sympathie envers les victimes et leurs familles. Il a également annoncé des mesures supplémentaires pour la sécurisation de la région avec notamment un réseau de près de 5000 caméras de surveillance, rapporte notre correspondante à Lagos, Harmony Pondy Nyaga. … L’État du Plateau est régulièrement le théâtre de tensions ethniques et religieuses même si beaucoup de chrétiens et de musulmans y vivent en paix. Nombre des conflits dans la région trouvent leur origine dans un contexte de différends fonciers entre éleveurs musulmans et agriculteurs majoritairement chrétiens, aggravés par les effets du changement climatique. RFI

En RDC, 43 morts dans une attaque de rebelles des rebelles des Forces démocratiques alliées
Au moins 43 personnes ont été tuées par des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) liés à l’organisation Etat islamique dans une localité du nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a affirmé l’armée congolaise dans un communiqué publié jeudi 2 avril. L’est de la RDC est en proie à des violences depuis plus de trente ans, une multitude de milices et de groupes armés étant présents dans la région. Les Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe armé formé par d’anciens rebelles ougandais qui a prêté allégeance l’organisation Etat islamique (EI), commettent des massacres et des pillages à répétition dans les provinces orientales du Nord-Kivu et de l’Ituri. Mercredi soir, des membres ADF ont mené une attaque sur la localité de Bafwakoa, située dans la province de l’Ituri, à environ 300 kilomètres à l’ouest de la capitale provinciale, Bunia, selon des sources locales. Le Monde avec AFP

Vives tensions Mauritanie-Mali après la multiplication d’incidents à la frontière
Alors que le Mali combat sur son sol des groupes jihadistes et des indépendantistes touareg, le conflit déborde régulièrement chez son voisin qui se démarque par sa stabilité et accueille des réfugiés fuyant le conflit. Si ces incidents entachent depuis des années les relations entre les deux pays, qui partagent plus de 2.000 km de frontière souvent poreuse, les récents événements les ont crispées à un niveau inédit. Mi-mars, l’armée malienne a affirmé que deux de ses militaires « détenus par des groupes armés terroristes ont réussi à s’exfiltrer d’un camp de réfugiés en Mauritanie ». Pour les autorités mauritaniennes, suggérer que des « terroristes » agissent sur leur territoire est « totalement infondé » et « profondément offensant »: dès le lendemain, elles convoquent l’ambassadeur malien en poste à Nouakchott et expriment leur « indignation » dans un communiqué. … Située en plein désert du Sahara, l’immense frontière séparant les deux pays n’est pas toujours lisible pour les populations qui vivent, commercent et font paître leurs troupeaux de part et d’autre. … Pour Bakary Sambe, du groupe de réflexion Timbuktu Institute, basé à Dakar (Sénégal), ces tensions sont « conjoncturelles » et ne peuvent pas durer: « Les deux pays n’ont qu’un seul choix: c’est la bonne coopération transfrontalière ». Les deux voisins ont « besoin de travailler de manière conjointe pour la sécurisation des frontières et la gestion de la menace terroriste », conclut-il. AFP

Soudan : Remaniement militaire et nouveau chef d’état-major en pleine guerre
En pleine guerre contre les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdan Dagolo, l’armée soudanaise a annoncé jeudi la nomination d’un nouveau chef d’état-major, dans un contexte marqué par des efforts pour restructurer et consolider ses rangs. Le général Yasser al-Atta, proche du dirigeant de facto Abdel Fattah al-Burhane, prend ainsi la tête de l’état-major en remplacement d’Othman al-Hussein, en poste depuis 2019. Figure influente du Conseil de souveraineté mis en place après la chute d’Omar el-Béchir, il sera épaulé par une équipe renouvelée, chargée notamment des opérations, de l’administration, du renseignement et de la formation militaire. Cette réorganisation intervient trois ans après le déclenchement du conflit opposant, depuis avril 2023, le général al-Burhane à son ancien allié Mohamed Hamdan Daglo, chef des FSR. La guerre a déjà causé des dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 11 millions de personnes. Connu pour ses positions tranchées, Yasser al-Atta accuse régulièrement les Emirats arabes unis de soutenir les paramilitaires, des allégations fermement rejetées par Abou Dhabi. Il a récemment affirmé que l’armée poursuivrait l’intégration de groupes armés alliés afin de constituer une force nationale unifiée. Cette stratégie suscite toutefois des inquiétudes, notamment en raison de l’éventuelle intégration de factions proches des milieux islamistes. Sahel Intelligence

MSF : Crise à la frontière Tchad–Soudan
L’ONG Médecins sans frontières (MSF) tire la sonnette d’alarme. Elle a exprimé jeudi sa vive inquiétude face à la dégradation de la situation humanitaire à la frontière entre le Tchad et le Soudan, où civils et travailleurs humanitaires se retrouvent exposés à une insécurité croissante. Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre opposant l’armée régulière aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Ce conflit a causé des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de plus de 12 millions de personnes, dont près d’un million ont trouvé refuge au Tchad, selon les Nations unies. Ces dernières semaines, la situation s’est aggravée avec des incursions répétées en territoire tchadien. En réponse, les autorités de N’Djamena ont décidé, le 23 février, de fermer la frontière. Malgré cela, des attaques, notamment par drones en mars, ont encore visé le pays. Dans ce contexte, MSF souligne que la population civile paie un lourd tribut. L’organisation évoque des réfugiés, majoritairement originaires du Darfour, qui ont déjà fui des violences extrêmes, bombardements, exécutions massives et attaques ciblées contre certaines communautés, et qui se retrouvent désormais pris dans de nouveaux affrontements. Sahel Intelligence

Pourquoi la révision du Code de la nationalité suscite la polémique au Gabon
La refonte du code de la nationalité gabonaise est désormais effective. Annoncée en août 2025, lors du Conseil des ministres, le nouveau texte récemment rendu public est au cœur d’une vive polémique. Certaines dispositions sont vivement critiquées par l’opposition qui accuse le gouvernement d’avoir introduit des dispositions controversées dans la nouvelle loi sans débats et sans passer par le Parlement. Après la suspension controversée des réseaux sociaux, l’espace public gabonais est secoué par le débat relatif à l’adoption d’une ordonnance du président de la République modifiant le code la nationalité gabonaise sans passer par l’Assemblée nationale. Une vive controverse s’est installée dans le pays depuis la publication récente de nouvelles dispositions du code désormais modifié de la nationalité gabonaise. … Le nouveau code la nationalité révisé instaure désormais trois formes de citoyens en distinguant les citoyens entre  »Gabonais d’origine »,  »Gabonais d’adoption » et  »Gabonais d’affiliation ». … Ces nouvelles dispositions du code de la nationalité ont suscité le courroux de l’opposition. Au cours d’une conférence de presse mercredi à Libreville, Alain-Claude Bilie-by-Nze, principal opposant entouré par d’autres figures de l’opposition a dénoncé l’adoption par  »ordonnance, sans débat ni vote, d’une réforme du code de la nationalité qui introduit notamment la déchéance de nationalité pour « activités subversives et déstabilisatrices ». BBC

Guinée-Bissau : manifestation après la mort de l’activiste Vigario Balanta
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées jeudi à Bissau pour rendre hommage à Vigario Luis Balanta, un activiste connu pour ses critiques envers la junte militaire au pouvoir. Son corps, retrouvé mutilé mardi dans les rizières de Ndam Lero (à 30 km de la capitale), a provoqué une vague d’indignation dans le pays. Les manifestants, réunis après les funérailles de Balanta, scandaient « Justice ! » pour dénoncer un crime qu’ils attribuent au régime. « Mon frère Vigario n’était pas malade. Il n’est pas mort dans son lit, il a été assassiné parce qu’il se battait pour la vérité et la justice pour son peuple », a témoigné Ivanildo Gomes, un manifestant. « Ils l’ont tué comme un voleur et abandonné dans la rue. Vigario ne méritait pas ça. » Nielson Antonio Mache a ajouté : « Vigario a été assassiné, c’est clair pour tout le monde. Aujourd’hui, nous manifestons pacifiquement pour réclamer justice. » … Les Nations unies ont qualifié ce meurtre de « brutal » et appelé les autorités à mener une « enquête approfondie et impartiale ». La mort de Balanta intervient dans un contexte de « réduction progressive de l’espace civique et démocratique » en Guinée-Bissau. Africanews avec AFP et AP

Deux ans après, la RDC déclare la fin de l’epidemie de Mpox
La République démocratique du Congo (RDC) a déclaré jeudi la fin d’une épidémie de variole du singe qui a duré deux ans et qui aurait causé plus de 2 200 décès dans le pays. Le ministre de la Santé, Roger Kamba, a déclaré aux journalistes que le gouvernement avait conclu que l’épidémie était terminée et ne constituait plus une urgence nationale. La RDC, vaste pays d’Afrique centrale, a été au cœur d’une épidémie de cette maladie virale contagieuse qui s’est propagée aux pays voisins en 2024 et a conduit l’Organisation mondiale de la Santé à la déclarer urgence de santé publique de portée internationale alors qu’elle dépassait les frontières. L’OMS a levé cette déclaration d’urgence en septembre. Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies a indiqué qu’il y avait eu plus de 161 000 cas suspects de mpox au Congo pendant l’épidémie entre 2024 et cette année, dont environ 37 000 ont été confirmés par des tests. Africanews avec AP