Revue de Presse du 3 avril 2017

RD Congo : bilan mitigé pour l’ONU, qui réduit le nombre de ses casques bleus
Le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé vendredi de revoir à la baisse les effectifs militaires de la mission de maintien de la paix en RD Congo, alors que son bilan, tant politique que militaire, est plutôt mitigé. La mission des Nations unies en République démocratique du Congo (Monusco), présente depuis bientôt 18 ans dans l’un des pays les plus instables du monde, a expiré le vendredi 31 mars. Sans surprise, son mandat a été renouvelé dans la foulée par le Conseil de sécurité. La RD Congo, qui est censée organiser d’ici décembre 2017 des élections présidentielles, est secouée par différents affrontements armés sur son territoire, des turbulences politiques, et une corruption endémique. Pourtant cette année, le nombre théorique de militaires de la mission onusienne sera réduit de 18 %, passant de 19 815 à 16 215. France 24

RDC: week-end de terreur dans le Kasaï à Luebo et Tshimbulu
En RDC, la situation est toujours très précaire dans le Kasaï. La région est en proie à des affrontements sanglants entre des miliciens se réclamant du chef traditionnel local Kamuina Nsapu et les forces armées. Ce week-end, de nouvelles violences ont éclaté dans différentes localités. Samedi, des attaques ont notamment été signalées à Luebo et Tshimbulu. RFI

Deux mois après. Etienne Tshisekedi : vers l’inhumation à Mbuji-Mayi !
Félix, son fils, l’a confirmé, ce samedi 1er avril à Top Congo-Fm, à Kinshasa. Au passage, il a fustigé, au cours de la même intervention, le vilain jeu auquel se seraient donnés quelques plaisantins, se faisant passer pour des hommes politiques, pour affirmer qu’Etienne Tshisekedi aurait déjà été inhumé à Bruxelles, en vertu de la loi Belge qui, semble-t-il, proscrit la consignation des corps à la morgue au-delà de soixante jours. ‘’Faux et archifaux’’, rétorque-t-il. ‘’Refusant de se rabaisser jusqu’au caniveau’’, Félix soutient qu’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, son père, sera enterré sur les terres bénies de ses ancêtres, en RD. Congo. La Prosperité

Gambie : corps de trois « comploteurs » de 2014 retrouvés
Les corps de trois des instigateurs d’une tentative de coup d’Etat en 2014 contre l’ex-président gambien Yahya Jammeh ont été mis au jour grâce aux informations d’anciens membres de sa garde rapprochée. Le colonel Lamin Sanneh, qui faisait partie de la garde présidentielle, et les militaires Alagie Nyass et Njaga Jagne , qui avaient combattu en Irak avec l’armée américaine ont été és lors de la tentative de coup d’Etat de décembre 2014. Jusqu’à ce jour, les circonstances de leur décès n’ont pas été clairement établies. Ces corps ont été retrouvés grâce aux informations fournies par d’anciens membres d’un corps d’opérations spéciales, connus localement comme les « Junglers » et accusés par les Nations unies d’avoir pratiqué tortures et exécutions sommaires.  BBC

Les militaires jugés pour « complot » affirment avoir été torturés au Burkina
Une vingtaine de soldats burkinabè jugés pour « complot militaire » ont dénoncé samedi devant le tribunal militaire de Ouagadougou des « traitements inhumains » et des « tortures » exercés pour leur extirper des aveux. La quasi-totalité des militaires ont affirmé à la barre avoir subi « bastonnade, ligotage, humiliation, insultes et privation de nourriture » au camp de la gendarmerie nationale après leur arrestation, suite à l’attaque d’un dépôt d’armes en janvier 2016 pour laquelle ils sont jugés depuis mardi. « Lors de mon arrestation le 25 janvier 2016, des éléments de la gendarmerie m’ont maltraité de 14h00 à 16h00. J’ai été battu avec une corde mouillée, menacé à l’aide d’un P.A (pistolet automatique), menotté et suspendu à une table pour me contraindre à parler », a relaté le sergent Ollo Stanislas Poda. VOA

Le président nigérien Mahamadou Issoufou assure ne pas vouloir briguer un troisième mandat
Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, a assuré samedi soir à la télévision, qu’il ne modifierait pas la Constitution pour briguer un troisième mandat à l’issue de son deuxième et dernier quinquennat légal en 2021. « Une de mes plus grandes ambitions, c’est d’organiser en 2021 des élections libres et transparentes et de passer le témoin à un autre Nigérien que les Nigériens auront choisi », a affirmé le président Issoufou dans un entretien à la télévision d’Etat, à l’occasion du premier anniversaire de son investiture pour un second mandat le 2 avril 2016. La Constitution nigérienne limite le mandat présidentiel à deux quinquennats. M. Issoufou, âgé de 65 ans, a été réélu en mars 2016 pour cinq ans, à l’issue d’un premier mandat. VOA

Sénégal: l’appel de Wade pour une union de l’opposition aux législatives
L’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade appelle l’opposition à s’unir en vue des législatives du 30 juillet prochain. Actuellement, 118 des 150 députés de l’Assemblée nationale appartiennent au groupe présidentiel Benno Bokk Yakaar. Les démarches de l’ancien chef d’Etat interviennent dans un contexte où certaines forces de l’opposition envisagent aussi une union avec le camp de Khalifa Sall, le maire de Dakar actuellement emprisonné. RFI

Mali : l’attaque contre un poste de sécurité à Bolikessi revendiquée par l’organisation jihadiste d’Iyad Ag Ghali
Le « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans », organisation jihadiste née de la récente fusion de plusieurs groupes du Sahel, a revendiqué ce samedi 1er avril une attaque menée le 29 mars contre l’armée malienne, selon le centre américain de surveillance des sites jihadistes SITE. Des hommes armés avaient attaqué le 29 mars un poste de sécurité dans la localité de Boulikessi, frontalière du Burkina, tuant deux gendarmes et un civil maliens, selon des sources maliennes de sécurité. « Mercredi dernier, une brigade de moudjahidine a réussi à attaquer un poste de gendarmerie à Boulikessi », indique le groupe jihadiste, lié à Al-Qaïda, dans un communiqué cité par SITE. « L’attaque a permis de tuer trois gendarmes et d’emporter un butin d’armes et de munitions », selon ce communiqué. Jeune Afrique

Mali : une conférence pour la paix à la peine
Les tensions meurtrières n’ont pas disparu au Mali. Une attaque armée a encore fait trois victimes mercredi dans le centre du pays, après la mort de onze soldats au même endroit le 5 mars, tandis qu’une « conférence d’entente nationale » s’est ouverte lundi à Bamako. Celle-ci était prévue par l’accord d’Alger, une paix fragile signée en juin 2015 entre le gouvernement et les rebelles armés touaregs du nord du pays, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). BBC Afrique, Le ReporterL’accord exigeait au préalable une plus grande décentralisation, dans cinq régions rebelles du nord et du centre du Mali. Des pouvoirs locaux ont été installés récemment à Kidal, Menaka et Gao. Mais la sécurité reste précaire dans certaines villes, et la décentralisation se fait toujours attendre à Taoudenni et Tombouctou. Le Monde

Le dialogue politique au Gabon: pourquoi faire et avec qui?
Sept mois après les élections contestées au Gabon, le dialogue politique national, voulu par Ali Bongo, s’est ouvert ce mardi 28 mars 2017, et ce pour plusieurs semaines. Si Jean Ping, candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2016, n’y prendra pas part, ce n’est pas le cas de plusieurs membres de l’opposition (Union Nationale). Qui alors y participera ? Quels sont les objectifs de ce dialogue ? RFI

Libye: les tribus du Sud signent un accord de paix à Rome
Des tribus du sud de la Libye ont signé vendredi à Rome un accord de paix, qui prévoit un contrôle des 5.000 kilomètres de frontières du Sud, où agissent notamment des passeurs de migrants, a confirmé dimanche le ministère italien de l’Intérieur. Le ministère, qui hébergeait cette rencontre, a confirmé à l’AFP des informations parues dimanche dans plusieurs journaux italiens, évoquant un accord en douze points conclu à l’issue d’un marathon secret de négociation de 72 heures à Rome. « Une garde frontalière libyenne sera opérationnelle pour surveiller les frontières du sud de la Libye sur 5.000 kilomètres », a précisé le ministre italien de l’Intérieur Marco Minniti au journal La Stampa. « Sécuriser la frontière au sud de la Libye signifie sécuriser la frontière au sud de l’Europe », a-t-il ajouté. TV5

« Biens mal acquis »: l’étau se resserre autour du clan Sassou Nguesso
La justice française resserre son étau sur l’entourage de Denis Sassou Nguesso: l’enquête sur le patrimoine en France de la famille du président congolais laisse entrevoir la possibilité d’un deuxième procès à Paris des « biens mal acquis ». Depuis 2010, des juges d’instruction français tentent de déterminer si les fortunes de trois familles présidentielles, celles de feu Omar Bongo (Gabon), de Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et de Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale), ont pu être bâties grâce à des deniers publics détournés de ces pays. Le fils du président équato-guinéen, Teodorin Obiang, doit répondre en juin notamment de blanchiment de détournement de fonds publics devant le tribunal correctionnel à Paris. Des membres de la famille de Denis Sassou Nguesso, 73 ans, dont 32 à la tête du petit Etat forestier et pétrolier du Congo-Brazzaville, pourraient le suivre un jour. TV5

Le prix Nobel Wole Soyinka quitte les Etats-Unis pour l’Afrique du Sud
Il l’avait annoncé, il le fait. Le prix Nobel de littérature nigérian, Wole Soyinka, avait annoncé qu’il quitterait les Etats-Unis si Donald Trump était élu. Après avoir jeté sa green card, cette figure intellectuelle du continent africain s’installe finalement en Afrique du Sud pour rejoindre l’Université de Johannesburg. Agé de 83 ans, Wole Soyinka vivait depuis plus de vingt ans aux Etats-Unis. Il était attaché à l’institut des affaires africaines-américaines de New York University quand M. Trump a été élu. Le premier Africain nobélisé, en 1986, est toujours aujourd’hui l’unique lauréat noir du prix Nobel de littérature de toute l’Afrique. Il prendra un poste de professeur invité et va participer au débat sur la « décolonisation et l’africanisation du savoir » dans le système éducatif sud-africain. Fin 2016, il avait donné une conférence dans cette même université de Johannesburg, dans laquelle il avait évoqué sa vision de l’éducation en Afrique. Le Monde

Abidjan underground : la face obscure de la Côte d’Ivoire
Il y a le miracle ivoirien – ou du moins un début d’émergence économique… et l’envers du décor. Avec une croissance moyenne de 9 % par an depuis 2012, la Côte d’Ivoire attire des investisseurs du monde entier, venus redécouvrir son potentiel après une décennie de conflits et d’instabilité politique. Mais derrière ces chiffres porteurs d’espoirs, le pays, que certains voudraient déjà appeler « le tigre africain », connaît une pauvreté alarmante. Près de la moitié de la population vit avec moins de 450 francs CFA (69 centimes d’euro) par jour. A Abidjan, le rebond spectaculaire et la politique de grands travaux menées par les nouvelles autorités voudraient faire oublier les perturbations passées. Mais toutes les plaies n’ont pas cicatrisé. Une partie de la population, marquée par la guerre civile, vit dans les bas-fonds de la capitale économique, où prospèrent trafiquants de drogues, maquereaux et prostituées. Des orphelins, des enfants des rues, des hommes et des femmes rejetés par leurs familles ou stigmatisés par la société ont sombré dans la drogue et l’amour tarifé. Le Monde



Photo: Adam Jones