Revue de presse du 3 août 2026

Au Nigeria, au moins 52 personnes kidnappées par des hommes armés dans le nord-ouest du pays
Au moins 52 personnes, parmi lesquelles des enfants, ont été enlevées par des hommes armés ce week-end lors de l’attaque d’un village de l’Etat de Zamfara, dans le nord-ouest du Nigeria, ont annoncé des sources locales à l’Agence France-Presse (AFP), lundi 3 août. Les enlèvements sont devenus une source majeure de revenus pour les groupes armés au Nigeria, qu’il s’agisse de djihadistes, dans le Nord-Est, ou de gangs criminels surnommés localement « bandits », qui contrôlent une grande partie du Nord-Ouest. … Des hommes armés à moto ont fait irruption au cours de la nuit de samedi à dimanche dans le village de Kasuwar Daji, dans la zone de gouvernement local de Kaura Namoda, attaquant d’abord une base militaire située à la périphérie de la localité, ont raconté des habitants à l’AFP. Les assaillants se sont emparés de fusils et ont incendié un véhicule de patrouille militaire, avant de prendre le village pour cible et d’y enlever des dizaines de personnes. … Des gangs de « bandits » opèrent dans de vastes zones rurales du nord-ouest et du centre du Nigeria, où la présence de l’Etat est faible. Ils sont connus pour prélever des « taxes » aux agriculteurs, voler du bétail, piller des villages et être impliqués dans des activités minières illégales. Le Monde avec AFP

Soudan : une ONG accuse l’armée d’avoir tué 35 personnes dans une frappe de drone sur un tribunal du Darfour
Une frappe de drone sur un tribunal coutumier de l’Etat du Darfour du Nord, au Soudan, a tué 35 personnes dimanche 2 août, a rapporté, dans un communiqué, un groupe de défense des droits humains, Emergency Lawyers. L’ONG accuse l’armée régulière soudanaise d’être responsable de cette attaque. Selon l’ONG, qui documente le conflit ayant éclaté en avril 2023 entre l’armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), la frappe a visé le tribunal du village de Garra Al-Zawaya à la mi-journée, alors que des civils « s’étaient réunis pour assister à des audiences portant sur un certain nombre d’affaires et de litiges locaux ». La frappe a également endommagé le bâtiment du tribunal, une institution traditionnelle servant à régler les différends locaux et tribaux, a affirmé le groupe. Parmi les personnes tuées figuraient « quatre chefs tribaux et deux commandants des FSR », a déclaré à l’Agence France-Presse un témoin, qui a souhaité s’exprimer sous couvert de l’anonymat pour des raisons de sécurité. … Garra Al-Zawaya se trouve près de la ville de Kabkabiya, dans le Darfour du Nord, à environ 150 kilomètres à l’ouest d’El-Fasher, dernier bastion de l’armée au Darfour avant sa prise par les Forces de soutien rapide lors d’une offensive sanglante en octobre dernier. Après s’être emparées de la ville, les FSR, issues des milices Janjawid, accusées d’atrocités au Darfour au début des années 2000, ont consolidé leur contrôle sur une grande partie de la région. Le Monde avec AFP

Mali: l’ancien Premier ministre Moussa Mara appelle à l’unité nationale
Au Mali, l’ancien Premier ministre Moussa Mara a été libéré samedi 1er août après avoir purgé un an de prison pour avoir fait part sur les réseaux sociaux de son soutien pour d’autres hommes politiques maliens détenus. Dimanche, alors que les réactions se poursuivaient après sa libération, il a posté une vidéo sur sa page Facebook pour appeler à l’unité nationale. … Sur la vidéo, on le voit assis dans son salon. Derrière lui, une bibliothèque et on aperçoit le drapeau national. Moussa Mara a plutôt le port altier, malgré son année de détention. Il s’adresse à ses compatriotes en ces termes : « Je prie le Seigneur de nous accorder plus d’humanité, plus d’empathie les uns envers les autres, pour que nous ayons une vraie unité et que nous ayons une vraie réconciliation. » … Il a eu une pensée pour Me Mountaga Tall, son avocat et homme politique du Mali, dont on est sans nouvelles. Dans la nuit du 2 au 3 mai dernier, Me Tall a été enlevé à son domicile par des hommes cagoulés et armés. Après sa sortie de prison, ni Moussa Mara, ni ses partisans n’ont officiellement évoqué son avenir politique. Au Mali, la junte au pouvoir a prononcé la dissolution de tous les partis politiques et organisations à caractère politique depuis le 13 mai 2025. RFI

Centrafrique: un ressortissant suisse et un soldat tués dans une attaque au nord de Bangui
En Centrafrique, un ressortissant suisse et un militaire des Forces armées centrafricaines ont été tués ce samedi après-midi suite à une attaque armée au village d’Imohoro, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Bangui. Cette attaque, aux portes de la capitale, a effrayé les habitants de la localité, déjà confrontés à une insécurité récurrente. À ce stade, aucune revendication n’a été formulée et l’identité des assaillants reste inconnue. Les Forces armées centrafricaines ont renforcé les patrouilles et poursuivent des opérations de ratissage afin de retrouver les assaillants. … D’après les premières informations, ils s’étaient rendus dans cette localité dans le cadre d’une mission liée à la recherche d’or. L’une des victimes, un ressortissant suisse, était escorté par un sergent des Forces armées centrafricaines (FACA) lorsque leur convoi a été pris pour cible par des hommes armés non identifiés. Alertée par les habitants, une unité des FACA, basée à Damara, à une dizaine de kilomètres du village d’Imohoro, est rapidement intervenue. Selon une source militaire, les soldats ont échangé des tirs avec les assaillants pendant quelques minutes, avant que ces derniers ne prennent la fuite. … Cette zone, située à une cinquantaine de kilomètres au nord de Bangui, est régulièrement confrontée à des attaques armées, des actes de banditisme et des braquages. Les habitants vivent dans un climat d’insécurité qui limite leurs déplacements et leurs activités quotidiennes. RFI

Maurice: le mari d’une ministre poursuivi dans une affaire de trafic de drogue
À Maurice, l’enquête sur un présumé trafic de cannabis entre l’île de la Réunion et Maurice prend une tournure politique. Deux hommes ont été arrêtés ce vendredi 31 juillet, dont Gulshan Govind, époux de la ministre déléguée à la Culture, Véronique Leu-Govind. Les autorités soupçonnent l’existence d’une filière de drogue destinée au marché mauricien. Si la ministre déléguée est maintenue à son poste, pour le moment le Premier ministre assure que l’enquête se déroulera sans aucune intervention politique. L’affaire trouve son origine dans une saisie de 100 kilos de cannabis à la Réunion le 26 juillet. Selon les autorités réunionnaises, cette saisie pourrait s’inscrire dans une filière présumée de trafic de stupéfiants entre la Réunion et Maurice. À la suite de cette opération, les enquêteurs de la brigade anti-drogue mauricienne ont arrêté Gulshan Govind, époux de la ministre déléguée Véronique Leu-Govind, ainsi qu’un second suspect, soupçonnés d’être impliqués dans l’affaire. Une perquisition au domicile familial a permis la découverte de quatre plants de cannabis. Ils restent en détention policière. RFI

Ouganda: les élections locales fragilisées par des accusations d’irrégularités
En Ouganda, les candidatures sont déposées, ce lundi 3 août, pour les élections des conseils de paroisse. Ces instances de proximité jouent un rôle important dans la résolution des conflits locaux et la vie quotidienne des habitants. Mais le processus débute dans un climat de défiance, après les violences et les irrégularités qui ont marqué la première étape des élections locales, la semaine dernière, et conduit à l’organisation d’un nouveau vote dans plus de 1 100 villages. Après les violences et irrégularités qui ont marqué mardi dernier une première étape des élections locales, un nouveau vote doit être organisé dans 1 135 villages. « Les élections des conseils de paroisse reposent sur celles organisées au niveau des villages. Dès lors que ce premier scrutin est entaché d’irrégularités et de contestations autour des listes électorales, c’est toute la base des élections suivantes qui est fragilisée », explique Sarah Bireete, directrice du Center for Constitutional Governance (CCG), une organisation non gouvernementale ougandaise de surveillance constitutionnelle. Cette année, une nouveauté marque le scrutin : les partis politiques qui s’y impliquent beaucoup plus. Jusqu’à présent, les candidats se présentaient en leur nom propre, sans étiquette de parti. Les habitants votaient surtout pour une personne qu’ils connaissaient dans le village. Cette fois, les partis politiques s’impliquent ouvertement. Les candidats sont identifiés au NRM, au NUP ou à d’autres partis. Les campagnes deviennent plus politiques, avec davantage de ressources, de rivalités et de pressions. RFI

« La frontière espagnole est ouverte et on peut passer sans papiers »: la fausse rumeur qui a motivé 60.000 personnes à se rendre à Ceuta
Tout est parti d’une décision de la Cour suprême espagnole largement déformée sur les réseaux sociaux, provoquant la ruée de milliers de jeunes Marocains vers l’enclave de Ceuta, ce jeudi 30 juillet. Les comptes qui ont relayé l’appel ont depuis disparu et leur origine reste introuvable, selon le quotidien espagnol El País. « La frontière espagnole est ouverte et on peut passer sans papiers ». La consigne s’est répandue sur les réseaux sociaux marocains jeudi 30 juillet. Une marée de jeunes a pris les routes du nord du pays vers Ceuta, enclave espagnole en territoire marocain que Rabat revendique. Plus de 60.000 personnes y ont répondu, selon les derniers chiffres. Les vidéos ont fait le reste. Elles montrent des centaines de candidats au départ, familles comprises, traverser sans que personne ne les arrête. Presque rien n’était laissé au hasard: les adresses où se procurer néoprène et sacs étanches circulaient, révèle le média espagnol El País. Des captures d’écran de Google Maps menaient même à la plage du Tarajal. Le mot d’ordre porte un nom: hrig, « brûler » ses papiers en darija, le dialecte marocain qui était devenu un hashtag dominant sur les réseaux, selon le quotidien. Ceux qui partent sans visa ni permis de travail sont les harragas, les « brûlés ». Trois semaines plus tôt, la Cour suprême espagnole avait resserré le champ des renvois sommaires, ces retours décidés sur-le-champ, sans procédure d’expulsion. Ces renvois ne visent plus que les migrants entrés « en franchissant les éléments de confinement frontalier tels que les clôtures ». Ceux qui arrivent par la mer y échappent. Mais la nuance juridique n’a pas survécu à son passage sur les réseaux. Les publications se sont multipliées, « laissant croire qu’il suffisait d’atteindre Ceuta pour pouvoir rester », explique une journaliste marocaine dans le Journal Afrique de TV5MONDE. « Le Maroc vit un trouble dans l’information avec un fort affaiblissement des canaux médiatiques », ajoute-t-elle.TV5 Monde

Niger: une « dizaine » de soldats tués dans une attaque de Boko Haram
« Une dizaine » de soldats nigériens ont été tués ce vendredi, selon des sources locales. Ces décès ont été causés par une attaque du groupe djihadiste Boko Haram, très actif dans la région, contre une position militaire près de N’Guimi, dans le sud-est du Niger. L’agence nigérienne de presse (ANP) ne donne pas de décompte des soldats morts. Elle confirme cependant l’information: ils « ont perdu la vie à la suite d’une attaque des éléments de la secte Boko Haram dans la périphérie de la ville de N’Guigmi. » Le bilan a été estimé par un habitant de la ville qui a requis l’anonymat pour des raisons de sécurité. « Il y a eu une dizaine de soldats tués dans cette attaque menée vendredi matin par BH (Boko Haram) dans les environs de N’Guigmi », a-t-il déclaré. « Il y a eu des morts parmi les assaillants » et « l’armée mène des opérations de ratissage », a-t-il assuré. Des ressortissants de N’Guigmi ont confirmé l’attaque sur les réseaux sociaux, précisant que « dix militaires et quatre éléments de la garde nationale ont été tués ». N’Guigmi est une ville garnison située dans la région de Diffa, riveraine du lac Tchad, vaste étendue d’eau et de marécages entre le Nigeria, le Cameroun, le Niger et le Tchad. Elle s’est transformée depuis 2009 en bastion djihadiste abritant à la fois des combattants de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). TV5 Monde avec AFP

« Une violation des droits numériques »: Facebook et Tik Tok restreints en Guinée
[Vidéo] L’accès à Facebook, TikTok et YouTube est perturbé en Guinée depuis le 27 juillet. Pour L’Association des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI), après une analyse minutieuse du trafic, il s’agit d’une restriction numérique opaque. Pour l’heure, aucune explication officielle n’a été donnée par le gouvernement. TV5 Monde

À l’ONU, un premier « vote indicatif » décevant pour Macky Sall
Après le premier « straw poll » tenu à New York, ce 30 juillet, dans le cadre du processus de désignation du prochain secrétaire général de l’ONU, les résultats du « vote indicatif » à huis clos au sein du Conseil de sécurité ont aussitôt fuité, comme il est de coutume. Lors de cette partie de poker élective en plusieurs manches successives, dont Jeune Afrique a déjà détaillé le fonctionnement atypique, les quinze États représentés ont dessiné les premières tendances au bénéfice ou au préjudice de chacun des sept candidats en lice. Ce premier tour de scrutin s’est révélé favorable à la candidate costaricienne Rebeca Grynspan Mayufis, qui a engrangé dix bulletins « encourage », un seul bulletin « décourage » et un bulletin « sans opinion ». Elle devance de peu la Guyanienne Carolyn Rodrigues Birkett (respectivement neuf, deux et quatre) et l’Argentin Rafael Grossi (sept, deux et six). L’avenir s’annonce nettement moins radieux pour l’ex-président sénégalais Macky Sall, qui doit se contenter d’un solde négatif : six bulletins « encourage », sept bulletins « décourage » et deux « sans opinion ». Candidat de dernière minute, l’Ougandais Olara Otunnu est le moins bien loti du groupe avec seulement deux encouragements et cinq découragements. Jeune Afrique