Centrafrique : l’opposition surveillée à l’aide de l’IA
Dans son dernier rapport sur les utilisations abusives de l’intelligence artificielle, l’entreprise américaine Anthropic affirme avoir découvert à Bangui, la capitale centrafricaine, un opérateur russophone utilisant son assistant IA, Claude, pour soutenir une opération d’influence pro-russe. Selon l’entreprise américaine, Claude servait notamment à produire des contenus diffusés par Radio Lengo Songo, une radio financée par la Russie, selon All Eyes on Wagner. Ces contenus étaient pro-russes, favorables au gouvernement centrafricain et aux mercenaires de l’Africa Corps, anciennement Wagner, mais critiques à l’égard de la France et de l’opposition. Plusieurs personnalités politiques de l’opposition auraient été suivies régulièrement, et des informations les concernant étaient mises à jour à l’aide de l’assistant d’IA Claude. … Pour l’opposition centrafricaine, les révélations d’Anthropic témoignent d’une volonté du pouvoir de Bangui et de ses alliés russes de se débarrasser des opposants. DW
Le président renversé Embalo annonce son retour en Guinée-Bissau comme candidat à la présidentielle
Dix mois après avoir été renversé par un putsch, l’ex-président bissau-guinéen en exil, Umaro Sissoco Embalo, a annoncé lundi à l’AFP son retour prochain dans son pays comme « candidat à la présidentielle » du 6 décembre censée rétablir l’ordre constitutionnel. La Guinée-Bissau est dirigée depuis le 26 novembre, veille de l’annonce prévue des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives, par des militaires qui ont renversé M. Embalo et suspendu le processus électoral. De nombreux observateurs ont soupçonné à l’époque M. Embalo d’avoir orchestré le coup d’État pour arrêter le processus électoral qu’il semblait perdre. … Juste avant l’annonce du résultat des élections de novembre 2025, les militaires avaient justifié leur putsch en affirmant vouloir garantir la « sécurité au niveau national et rétablir l’ordre », évoquant la découverte par les « renseignements généraux » d’un « plan visant à déstabiliser le pays avec l’implication des barons nationaux de la drogue ». TV5 Monde
Ethiopie : les forces fédérales annoncent la prise d’Alamata, ville importante à l’intérieur du territoire du Tigré
Alamata, située à une quinzaine de kilomètres à l’intérieur du territoire du Tigré, est sous contrôle des forces fédérales éthiopiennes, ont annoncé les Forces de défense tigréennes (TDF), milice tigréenne alliée au gouvernement fédéral, et les autorités municipales sur les réseaux sociaux, lundi 28 septembre. Après plusieurs mois de tensions, les combats ont repris le 23 septembre entre les autorités fédérales et le Front populaire de libération du Tigré (TPLF), formation politique qui dirige illégalement l’Etat régional du Tigré, selon le gouvernement fédéral du premier ministre, Abiy Ahmed. Les combats jusqu’ici avaient été signalés à l’extérieur du Tigré, près de ses frontières, dans les Etats voisins de l’Amhara, dans le Sud, et de l’Afar, dans l’Est. En Amhara, les milices populaires Fano, qui ont pris les armes contre le gouvernement fédéral en 2023, participent aux combats, notamment près de la ville sainte de Lalibela dont les églises creusées dans la roche sont inscrites au Patrimoine mondial de l’Unesco. En Afar, le TPLF a pris dimanche, après d’intenses combats, notamment des tirs d’artillerie lourde, la localité d’Erebti, située dans une zone montagneuse à une soixantaine de kilomètres de la frontière du Tigré. Le Monde avec AFP
RDC: un responsable du parti présidentiel tué à Butembo, le mobile encore inconnu
À Butembo, dans l’est de la RDC, un responsable du parti présidentiel UDPS a été frappé à mort dimanche 27 septembre. Marie-Célestin Karondwa venait de participer à une émission de radio où il avait notamment parlé d’Ebola. Dans la zone de santé de Butembo, 256 cas confirmés et 165 décès étaient recensés au 26 septembre. Mais son meurtre est-il lié à ses propos sur l’épidémie ? Les éléments recueillis invitent à la prudence. L’émission de dimanche, sur la radio Mwangaza, ne portait pas uniquement sur Ebola. Marie-Célestin Karondwa y a également abordé plusieurs sujets politiques. À son retour, ce responsable local de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) est agressé. Il meurt des suites des coups reçus. Sa maison est ensuite incendiée. Sa femme et ses enfants étaient absents, selon plusieurs sources. La fédération de l’UDPS à Butembo affirme que le quartier de Marie-Célestin Karondwa connaît des résistances à la lutte contre Ebola. Mais l’un de ses représentants, Pascal Saghasa, joint par RFI, reconnaît que le mobile de l’agression reste inconnu. RFI
Mali: l’ONG Amnesty documente des cas d’assassinats et de tortures commis par l’armée et le groupe Wagner
« Nul n’est épargné ». C’est le titre du rapport publié mardi 29 septembre 2026 par Amnesty International, qui a enquêté sur des cas de meurtres, de tortures et de disparitions forcées attribués à l’armée malienne et à ses supplétifs russes du groupe Wagner, devenu Africa Corps. L’ONG de défense des droits humains a interrogé des victimes et des témoins d’opérations militaires menées entre juin 2023 et décembre 2025 dans sept localités des régions de Tombouctou, Ségou et Mopti. Plusieurs de ces cas avaient été révélés par RFI. Amnesty dénonce des « crimes de guerre ». Ils ont été tués par balles, égorgés, brûlés vifs ou après leur mort. Au moins 34 civils, « ne participant pas directement aux hostilités » et issus « pour la très grande majorité des populations pastorales », précise Amnesty International, ont été exécutés par l’armée malienne et ses supplétifs russes au cours des sept opérations documentées par l’ONG. … L’ONG a également recueilli les témoignages de quinze hommes torturés par « des éléments de Wagner », lors d’opérations ou dans les camps militaires maliens de Nampala et Léré. RFI
Zambie: l’archevêque de Lusaka, nouvelle voix critique convoquée par les autorités
En Zambie, les voix critiques semblent toujours dans le viseur des autorités, un mois et demi après les élections présidentielle et législatives contestées du 13 août. Ce lundi 28 septembre, après les arrestations récentes de plusieurs membres de l’opposition, l’archevêque catholique de Lusaka, Alick Banda, voix critique du président Hakainde Hichilema, a été à son tour convoqué par la police anti-corruption. Cette fois-ci, la Commission zambienne de lutte contre la drogue, également compétente en matière de blanchiment d’argent et de crimes financiers, accuse l’archevêque Alick Banda d’avoir « obtenu illégalement un véhicule auprès de l’Autorité fiscale zambienne ». Le religieux aurait été, entre avril 2021 et décembre 2023, en possession d’un Toyota Hilux donné par l’ancien président Edgar Lungu. Ce rival de l’actuel chef de l’État, Hakainde Hichilema, est décédé depuis. Selon la presse zambienne, cette affaire s’inscrit dans le cadre d’une enquête plus vaste portant sur une vingtaine de véhicules de l’administration fiscale qui auraient été cédés illégalement. L’archevêque Alick Banda a plaidé non coupable et a été libéré en échange d’une caution s’élevant à plus de 3 500 euros. Ses documents ont été saisis pour l’empêcher de quitter le pays d’ici son procès, fixé au mois de novembre. En pleine période électorale, le religieux catholique s’était inquiété publiquement des violences politiques, qui risquaient selon lui de mettre en péril les fondements mêmes de la démocratie en Zambie. RFI
Nigeria: plus de 80 personnes disparaissent lors d’une nouvelle vague d’enlèvements de masse
Au nord du Nigeria, plus de 80 personnes ont fait l’objet d’une nouvelle vague d’enlèvements de masse au cours du week-end, du 26 et 27 septembre. Des femmes et des enfants de communautés rurales ont été visés lors de deux attaques de groupes criminels, appelés « bandits », dans les États de Niger et de Zamfara. Ces villages isolés sont régulièrement pris pour cible malgré les opérations de sécurité mises en place par les autorités nigérianes. Samedi 26 septembre, des agriculteurs étaient en pleine récolte d’arachides lorsqu’une cinquantaine d’hommes armés ont débarqué à bord de motos dans la communauté rurale de Rimi, dans l’État de Niger, pour y semer la terreur, indiquent des rapports sécuritaires consultés par l’AFP. Selon une source locale, plusieurs dizaines de personnes ont été enlevées et conduites dans la forêt voisine de Ma’undu. La majorité d’entre elles sont des femmes. Des femmes, mais également des enfants, ont aussi été pris pour cible dans une autre attaque survenue le lendemain, cette fois-ci dans l’État de Zamfara, à Maigama Maraike et dans d’autres villages voisins. RFI
Éthiopie: la reprise des combats sous le feu de la désinformation
En Éthiopie, une coalition regroupant sept groupes armés, dont le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et le Mouvement national amhara des Fano, a lancé une offensive sur plusieurs fronts contre l’armée fédérale. Quatre ans après la guerre au Tigré, cette nouvelle flambée de violence s’accompagne d’un regain de désinformation sur les réseaux sociaux. La cellule Info Vérif de RFI a repéré plusieurs images mensongères, sorties de leur contexte ou générées par intelligence artificielle. Ces derniers jours, des combats ont été signalés dans plusieurs régions de l’Éthiopie, notamment dans le nord du pays. Un drone a notamment frappé un immeuble hébergeant la télévision officielle du Tigré, à Mekelle. Dans ce contexte, certains affirment que les combattants du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) auraient « capturé un bataillon de l’armée éthiopienne dans une débâcle militaire majeure ». Ce narratif repose sur une vidéo d’une minute et dix-neuf secondes montrant des milliers d’hommes, en tenue militaire, marchant sur une route. Ils sont escortés par plusieurs soldats armés de kalachnikovs. L’un d’eux brandit le drapeau étoilé rouge et jaune de la région du Tigré. Vérification faite, cette vidéo est sortie de son contexte. Une recherche par image inversée montre qu’elle circule en ligne depuis au moins cinq ans. À en croire une image diffusée sur Facebook ces derniers jours, un drone de l’armée éthiopienne aurait été abattu par des combattants de la Coalition des forces populaires éthiopiennes pour la survie. On y voit un appareil endommagé, au sol, ressemblant fortement à un Reaper MQ-9 de fabrication américaine. Dans les faits, cette image a été entièrement générée par intelligence artificielle. RFI
Sénégal : le Parlement panafricain échange sur l’intégration
Le ministre sénégalais de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, Cheikh Niang, a reçu lundi une délégation du Groupe régional Afrique de l’Ouest du Parlement panafricain (PAP), en visite de travail au Sénégal. Une rencontre s’est tenue à Dakar le 28 septembre 2026 autour de l’intégration africaine, avec le chef de la diplomatie sénégalaise, Cheikh Niang, en présence de membres de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale et du Secrétaire général adjoint du Parlement panafricain. Les échanges ont porté sur les missions du Parlement panafricain et son rôle dans la consolidation de l’intégration africaine, ainsi que sur la participation du Sénégal aux travaux de cette institution de l’Union africaine. Les discussions ont également permis d’aborder l’état d’avancement du processus de ratification des instruments juridiques adoptés dans le cadre du Parlement panafricain. APA
L’Afrique de l’Ouest se prépare mieux aux urgences sanitaires
Un atelier d’Africa CDC, en partenariat avec la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI) réunit des experts en droit de la santé, en Règlement sanitaire international (RSI) et en préparation et réponse aux urgences (EPR) issus des États membres de la région Cédéao, avec pour objectif d’identifier les principales lacunes juridiques et institutionnelles et de renforcer les mécanismes nationaux et régionaux nécessaires à une réponse efficace aux crises sanitaires. Les travaux portent notamment sur la mise en œuvre du Règlement sanitaire international (2005), tel qu’amendé, ainsi que sur les préparatifs liés à l’Accord de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les pandémies. Les participants examinent également les aspects juridiques associés à l’utilisation, en situation d’urgence, de contre-mesures médicales, notamment les questions relatives à l’indemnisation, à la responsabilité et aux mécanismes permettant de faciliter un accès rapide aux produits et interventions de santé publique. À travers le partage d’expériences nationales, l’apprentissage entre pairs et des exercices de cartographie des dispositifs existants, l’atelier doit contribuer à l’élaboration d’un cadre juridique régional et d’un plan d’action. APA
