Tanzanie : un an après les violences électorales, « toujours pas de réponses claires sur ce qui s’est passé »
Le 29 octobre 2025, la présidentielle a basculé dans des violences meurtrières. … Ce jour-là, les Tanzaniens étaient appelés aux urnes. Mais à Dar es Salaam et dans plusieurs autres villes, des manifestants sont descendus dans la rue pour dénoncer l’exclusion des principaux candidats de l’opposition et la répression politique. Des affrontements éclatent, des bâtiments et des véhicules sont incendiés. Les forces de sécurité interviennent. Le pays est alors plongé dans un black-out numérique de plus de cinq jours, qui entrave la circulation des informations et le travail des journalistes. Durant cette période, des centaines de personnes perdent la vie. … Le principal parti d’opposition, Chadema, a annoncé sept jours de commémoration, du 29 octobre au 4 novembre. Réuni en comité central le 27 octobre, le parti a adopté plusieurs résolutions. Il réclame notamment une enquête indépendante associant différentes parties prenantes, afin d’établir les responsabilités dans les violences électorales, ainsi qu’un mécanisme d’indemnisation pour les victimes et leurs familles. RFI
Soudan : la crise humanitaire s’aggrave dans le camp d’Al-Karama 3
Alors que la guerre se poursuit dans leur pays, les conditions humanitaires se dégradent pour de nombreux Soudanais dans le camp d’Al-Karama 3, dans la ville d’El-Damazin, dans l’État du Nil Bleu au Soudan. Ces déplacés qui ont laissé presque tout derrière eux dépendent de l’aide alimentaire pour vivre. Problème, depuis quatre mois, elle n’a pas été distribuée dans les camps. Ces civils tirent la sonnette d’alarme face à cette pénurie. « On ne nous fournit pas de nourriture dans le camp, nous ne mangeons que du maïs, même si je ne devrais pas en manger, mais nous n’avons pas d’autres choix. Nous avons besoin de soins particuliers et d’une alimentation équilibrée », raconte Adam Ahmed, déplacé du camp d’Al-Karama. Les responsables du camp d’Al-Karama 3 abondent dans le même sens. Ils affirment que les déplacés sont confrontés à une crise humanitaire qui s’aggrave en raison d’une pénurie d’aide alimentaire.Africanews avec AFP
27 Ougandais tués ou présumés morts au combat en Ukraine
Vingt-sept Ougandais qui avaient été enrôlés pour combattre aux côtés de l’armée russe en Ukraine auraient été tués ou seraient présumés morts, a révélé l’ambassade de l’Ouganda à Moscou dans une lettre adressée à son ministère des Affaires étrangères. Cette lettre, consultée jeudi par Reuters, énumère les noms de 11 Ougandais dont le décès a été confirmé et de 16 autres dont les corps n’ont pu être localisés, y compris parmi les prisonniers de guerre. L’ambassade de l’Ouganda a indiqué avoir reçu ces informations dans une correspondance du ministère russe des Affaires étrangères. Un responsable du ministère ougandais des Affaires étrangères a confirmé l’authenticité du document. De son côté, l’ambassade de Russie à Kampala n’a pas immédiatement répondu aux demandes de commentaire. Les informations faisant état d’hommes africains attirés en Russie par des promesses d’emploi et se retrouvant ensuite sur la ligne de front en Ukraine se multiplient, suscitant l’indignation dans plusieurs pays du continent, notamment au Kenya, au Ghana et en Afrique du Sud. L’année dernière, l’Ukraine a déclaré que plus de 1 400 citoyens issus de divers pays africains combattaient aux côtés des forces russes sur son territoire, certains ayant été recrutés par la ruse. Les autorités russes, quant à elles, ont toujours nié avoir recruté illégalement des ressortissants africains pour les envoyer au front. APA
Le Ghana affirme avoir le soutien de la Russie pour intégrer les BRICS
Le ministère des affaires étrangères ghanéen a annoncé que le pays a obtenu le soutien de la Russie pour intégrer les BRICS. Le chef de la diplomatie du Ghana , Samuel Okudweto Ablakwa a précisé que son homologue russe Sergei Lavrov avait promis de rassembler tous les membres fondateurs de l’organisation pour garantir un soutien consensuel pour la Ghana. La Russie n’a pour le moment pas encore confirmé son soutien officiel. Le Ghana a annoncé son intention de rejoindre les BRICS au début du mois d’octobre. L’annonce a été faite par le ministre Ablakwa à l’occasion de la visite officielle au Ghana du ministre indien des affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar. Il a précisé que son pays voulait diversifier ses partenaires internationaux, accroître ses opportunités économiques et renforcer sa coopération avec les pays du Sud global. Les BRICS, formés initialement par le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, ont augmenté leur nombre de membres ces dernières années avec l’ adhésion de l’Egypte, de l’Ethiopie, ainsi que des Emirats arabes unis. Africanews
Au Tchad, le contrôle des mines d’or de Miski provoque de nouveaux affrontement
Depuis le 14 octobre, la région du Tibesti, dans le nord-ouest du pays, est le théâtre de violents affrontements entre l’armée et une milice locale, qui « déplore toute perte de vie humaine et demande la démilitarisation de la zone ». … La localité de Miski, située à environ 200 kilomètres de Bardaï, le chef-lieu de la province, est contrôlée depuis plusieurs années par cette milice qui empêche l’État d’y accéder aux fins d’exploitation des ressources du sous-sol. Le 14 octobre, deux membres de la Brigade minière, des forces de sécurité dépendantes du ministère des Mines, ont été tués et neuf autres blessés dans une attaque perpétrée par le Comité d’autodéfense de Miski. Le Comité d’autodéfense accuse la Brigade minière d’avoir « introduit des activités d’exploitation aurifère et des prélèvements auprès des orpailleurs, en contradiction » avec l’accord de paix signé en 2025 avec les autorités tchadiennes. … L’accord de 2025 prévoit une amnistie générale pour les membres des forces tchadiennes de défense et de sécurité et pour ceux du Comité d’autodéfense de Miski qui ont participé aux affrontements survenus en 2019 et 2020. Jeune Afrique avec AFP
Les États-Unis sanctionnent le ministère rwandais de la Défense pour son soutien au M23 en RDC
Quelques mois après les sanctions imposées à l’armée rwandaise, le Trésor américain a annoncé, mercredi 28 octobre, sanctionner le ministère rwandais de la Défense et Zigama Credit and Savings Society, une institution financière destinée aux membres des forces de sécurité du pays. « Le Rwanda doit mettre un terme à son soutien au M23 et retirer ses troupes de l’est de la République démocratique du Congo », a affirmé dans un communiqué le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent. … Selon Washington, plusieurs milliers de soldats rwandais combattent aux côtés du M23 dans l’est de la RDC. Des missiles sol-air ainsi que des équipements de brouillage aériens seraient également déployés, en violation donc des engagements pris l’an dernier à Washington, mais qui, sur le terrain, n’ont eu que peu d’impact. … Aux côtés du ministère rwandais, la banque Zigama est accusée d’avoir facilité des transactions financières pour le M23 d’une valeur de plusieurs millions de dollars, mais aussi d’avoir participé au transport d’or provenant de sites miniers contrôlés par le M23, dans l’est de la RDC. RFI
C64 : la Conférence des présidents recadre le Présidium et rejette une médiation entre Tshisekedi et Kabila
La Conférence des présidents de la Coalition Article 64 (C64) a réaffirmé, mercredi 28 octobre 2026 à Kinshasa, son rôle d’organe décisionnel de la plateforme. Dans une déclaration rendue publique à l’issue du conclave de Rome tenu par le Présidium de la plateforme, la Conférence des présidents appelle le Présidium au respect des textes fondateurs de la coalition, rejette toute initiative de médiation entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila et exige la libération de trois de ses membres arrêtés. Pour la Conférence des présidents, les décisions engageant la coalition doivent être prises dans le strict respect des mécanismes de gouvernance prévus par le Pacte de confiance de la C64. Elle insiste sur le fait que la Conférence des présidents demeure l’instance habilitée à définir les orientations stratégiques de la plateforme et rappelle que le principe de collégialité doit guider toute initiative politique. La structure s’oppose par ailleurs à toute démarche visant à faire du Présidium un médiateur entre le président Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila. Selon elle, la mission première de la C64 consiste à défendre l’ordre constitutionnel ainsi que les acquis démocratiques du pays. Toute éventuelle médiation politique ne pourrait être envisagée que dans le cadre d’un dialogue national inclusif impliquant des acteurs reconnus tels que la CENCO, l’ECC, l’Union africaine ou d’autres partenaires internationaux, souligne la déclaration. Radio Okapi
Ebola : réunion « urgente » des ministres africains de la Santé, plus de 10 000 cas confirmés
L’Africa CDC a convoqué ce mercredi 28 octobre après-midi une réunion virtuelle « urgente » de plusieurs ministres africains de la Santé. Annoncée la semaine dernière, juste après la découverte d’un cas au Nigeria, elle intervient alors que le virus Ebola Bundibugyo a été détecté dans trois régions du continent, avec des patients dépistés en RDC, en Ouganda, au Kenya et au Nigeria. Cinq mois après le début de l’épidémie, la barre des 10 000 cas confirmés a été dépassée. Cette réunion doit leur permettre, selon l’organisation, « d’évaluer la situation, de renforcer la coordination transfrontalière, d’accélérer le soutien aux pays touchés et de consolider la préparation à l’échelle du continent ». Cette « mobilisation collective » ne va pas forcément de soi, alors que la propagation du virus menace de créer des frictions diplomatiques. Le cas de la patiente dépistée positive au Nigeria l’a montré : beaucoup de questions subsistent sur l’origine de sa contamination. RFI
Mali: chasseurs dozos et jihadistes s’affrontent pour un village près de Djenné
Le village de Sounga est sous blocus du Jnim depuis mai dernier. Cela fait six mois. Et pour cause, des 29 villages qui composent la commune de Mougna, dans le cercle de Djenné, Sounga est le dernier à ne pas s’être plié aux injonctions des jihadistes et le seul à ne pas avoir conclu d’accord local avec le Jnim. Dans des centaines de villages à travers le pays avec ces accords locaux, les jihadistes imposent leurs règles vestimentaires, religieuses, sociales et prélèvent leur impôt. En échange, les habitants peuvent circuler et travailler sans être attaqués. À Sounga, les habitants ne se sont pas soumis. Le 21 octobre dernier dans l’après-midi, les jihadistes venus en nombre ont attaqué le village, protégé par des chasseurs dozos, une confrérie traditionnelle muée en groupe d’autodéfense. L’armée malienne est présente à Djenné, à une quarantaine de kilomètres, mais pas à Mougna où ce sont donc les dozos qui ont combattu les jihadistes. … Ces derniers jours, le village a encore essuyé des tirs et des attaques de drone de la part du Jnim. Les habitants, sommés par les jihadistes de se soumettre ou de partir, sollicitent l’aide des autorités. RFI
Cameroun: des partis d’opposition dénoncent la suspension pour trois mois du FSNC d’Issa Tchiroma
La classe politique de l’opposition et la société civile camerounaises dénoncent en chœur la suspension annoncée le 27 octobre du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), le parti d’Issa Tchiroma, ancien candidat à la présidentielle, aujourd’hui en exil en Gambie. Une suspension de trois mois que le gouvernement a justifiée par cinq griefs, dont des appels à l’insurrection, l’incitation à la violence et de graves troubles à l’ordre public liés à la présidentielle du 12 octobre 2025 dont Paul Biya avait été déclaré vainqueur. Le principal point de la controverse, c’est le timing de cette décision prise à l’approche des législatives et municipales : certains acteurs y voient une volonté de l’administration d’empêcher les éventuels candidats du FSNC de préparer sereinement ces prochaines échéances électorales. RFI
