Revue de Presse du 29 novembre 2018

«Congo Files»: le compromis d’Antonio Guterres
C’est une fuite sans précédent. Des milliers de pages de documents confidentiels des Nations unies relatifs à l’assassinat de deux experts mandatés par le Conseil de sécurité. Michael Sharp et Zaida Catalan avaient été chargés d’enquêter sur les violences en République démocratique du Congo. Les « Congo Files » documentent les pistes et options levées par les enquêteurs ainsi que les multiples entraves qu’ils ont rencontrées entre mars 2017 et septembre 2018. Leur exploitation a fait l’objet d’une collaboration entre plusieurs médias internationaux : RFI, Le Monde, Foreign Policy, Süddeutsche Zeitung et la télévision suédoise SVT. Ces documents révèlent l’existence d’un tiraillement au sein du système onusien entre sa recherche de la vérité et une certaine realpolitik. Les deux premiers volets de cette enquête sont cosignés par Sonia Rolley (RFI) et Joan Tilouine (Le Monde). RFI

Malgré les sanctions, les armes ont continué à affluer au Soudan du Sud, selon une ONG
Même s’il est soumis à des embargos sur les armes, le Soudan du Sud, en guerre civile depuis décembre 2013, a continué à recevoir de l’armement, qui a transité le plus souvent par des pays voisins, selon un rapport de l’ONG britannique Conflict Armament Research (CAR) publié jeudi. Au terme d’une enquête de quatre années, CAR a établi comment des pays de la région, en particulier l’Ouganda, avaient contourné les embargos pour alimenter en armes les protagonistes de la guerre au Soudan du Sud, qui a fait plus de 380.000 morts selon une étude récente. Si le Conseil de sécurité des Nations unies a attendu juillet 2018 pour imposer un embargo sur les armes au Soudan du Sud, l’Union européenne (UE) avait interdit dès 1994 à ses États membres de vendre directement des armes au Soudan. Elle avait amendé cet embargo pour inclure le Soudan du Sud à son indépendance du Soudan en 2011.  VOA

Nigeria: trois soldats tués, un détachement mis en déroute par Boko Haram
Les jihadistes de Boko Haram ont tué trois soldats dans l’attaque d’une base militaire près du lac Tchad, dans le nord-est du Nigeria, où les militaires ont été mis en déroute par les insurgés qui multiplient les opérations, selon des sources civiles et militaires jeudi. Des combattants du groupe de l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), une faction de Boko Haram affiliée à l’organisation de l’Etat islamique, sont arrivés mardi à bord de plusieurs camions et ont attaqué la base militaire du village de Cross-Kauwa, dans l’Etat du Borno. « Nous avons perdu trois soldats dans les combats », a déclaré un officier nigérian sous couvert d’anonymat. « Les soldats ont combattu les terroristes mais ils ont été écrasés et ont du battre en retraite », a-t-il ajouté, sans préciser si les insurgés avaient pu s’emparer d’équipement militaires. TV5

Au Tchad, des conflits à chaque frontière
Immense pays s’étendant de l’Afrique centrale à la bande sahélo-saharienne, le Tchad, allié des pays occidentaux dans la lutte anti-jihadiste, est confronté à des défis militaires à chacune de ses frontières. Depuis plus de trois mois, N’Djamena a ouvert un nouveau front dans le massif du Tibesti (nord), avec une opération contre des rebelles tchadiens venus de Libye et des insurgés toubou, ethnie majoritaire dans le nord. L’armée a fortement renforcé ses effectifs dans la zone et se déploie depuis les bases de Faya Largeau, Tanoua ou encore Dowor, selon des sources militaires. Dans l’ouest du pays, dans la région du lac Tchad, N’Djamena lutte depuis 2015 contre la fraction de Boko Haram affiliée à l’organisation de l’Etat islamique. TV5

Procès du putsch au Burkina : Gilbert Diendéré met en cause les chefs de l’armée
Au troisième jour de sa comparution dans le procès du putsch manqué de 2015 au Burkina Faso, le général Gilbert Diendéré a mis en cause les chefs de l’armée qui ont témoigné contre lui le 28 novembre devant le tribunal militaire de Ouagadougou. « Ils ne devaient pas venir en tant que témoins mais avec une autre qualité (…). Leur place est à côté de nous, dans le box des accusés », a lancé à la barre le général Gilbert Diendéré, présenté comme le cerveau du coup d’État, mais qui le nie farouchement. Ancien chef du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’unité d’élite de l’armée qui a perpétré le coup d’État, Diendéré est accusé d’atteinte à la sûreté de l’État, trahison et meurtres, lors du putsch manqué qui a fait 14 morts et 270 blessés en septembre 2015. Jeune Afrique

Est de la RDC: au moins un mort dans le parc des Virunga
Au moins un garde a été tué mercredi dans des affrontements dans le parc des Virunga, réserve naturelle située en zone de conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, ont indiqué jeudi des sources concordantes. Deux civils ont également été tués, affirment des sources locales. A l’origine de la violence, l’organisme gestionnaire du parc, l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), parle d’une attaque menée par des miliciens d’un groupe armé, nombreux dans cette province du Nord-Kivu. Les sources locales affirment au contraire que des habitants manifestaient devant le siège de l’ICCN contre une mesure prise à leur encontre. TV5

La Gécamines s’en prend aux ONG anti-corruption
La Fondation Carter a estimé que 750 millions de dollars ont disparu de la comptabilité de la Gécamines entre 2011 et 2014, tandis que Global Witness a qualifié l’entreprise publique de « Distributeur automatique du régime » de Kabila. Le patron de la Générale des Carrières et des Mines (Gécamines), Albert Yuma, a menacé mercredi d’attaquer en justice les ONG anti-corruption qui dénoncent régulièrement des détournements de fonds en République Démocratique du Congo. Proche du président Joseph Kabila, M. Yuma a accusé ces ONG de considérer que les « Noirs » sont « congénitalement corrompus », au cours d’une conférence de presse à Kinshasa. « Oui, ces ONG sont des ennemies de la RDC et il faut les considérer comme telles », a-t-il lancé en citant les rapports de la Fondation Carter, d’Enough project et de Global Witness. VOA

Égypte : Sissi, africain mais pas trop
Désigné à la tête de l’institution panafricaine pour un an, le pays des pharaons, souvent qualifié de « trop arabe », veut profiter de cette présidence pour avancer ses pions sur le continent. Sans proposer une véritable vision pour l’Afrique. Dans les coulisses du dernier sommet de l’Union africaine (UA), l’absence d’Abdel Fattah al-Sissi a fait grincer des dents. « Il n’était pas à Nouakchott en juin et n’est pas à Addis aujourd’hui… Ça montre un certain mépris pour l’institution, s’agace un responsable à la Commission de l’UA. Lorsqu’il a besoin de nous, il sait où nous trouver. Mais lorsqu’il faut contribuer à notre action, on ne le voit plus. »  Jeune Afrique

Madagascar – Présidentielle : l’affiche finale confirme la défaite du président sortant
Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana qualifiés, les requêtes pour fraudes rejetées, la Haute Cour constitutionnelle a confirmé, mercredi, l’affiche du second tour de la présidentielle à Madagascar en décembre et a exhorté les ex-chefs d’État ennemis depuis la crise sanglante de 2009 à « éviter les provocations ». L’annonce a été faite par le président de la Haute Cour constitutionnelle (HCC), Jean Éric Rakotoarisoa, lors de la cérémonie de proclamation des résultats définitifs du premier tour de la présidentielle, organisée le 7 novembre. Andry Rajoelina est arrivé en tête du premier tour avec 39,23 % des suffrages, devant Marc Ravalomanana (35,35 %), selon les chiffres publiés par la HCC. Pas assez donc pour s’imposer dès le premier tour, où 50 % des suffrages étaient requis. Le président sortant Hery Rajaonarimampianina est, lui, éliminé de la course. Il est arrivé en troisième position, très loin derrière les qualifiés, avec seulement 8,82 % des voix. Le Point

Buhari appelle à l’élimination totale de Boko Haram
Le président nigérian Muhammadu Buhari, en campagne pour sa réélection, a déclaré mercredi que le groupe jihadiste devait être « éliminé de la surface de la terre. » « Des progrès remarquables ont été faits pour rétablir la sécurité dans le nord-est depuis 2015 », a-t-il lancé lors d’un sommet de l’armée nigériane. Cette réunion annuelle de hauts gradés militaires devait se tenir dans le sud du pays, mais elle a finalement été organisée à Maiduguri, capitale de l’Etat du Borno, après une attaque contre une base militaire la semaine dernière qui a fait une centaine de morts parmi les soldats. « Nos troupes ne doivent pas perdre de vue leur tâche: éliminer Boko Haram de la surface de la terre. C’est une guerre que nous devons gagner absolument », a-t-il ajouté, sans oublier de partager « pensées » et « prières » avec les familles des soldats tués au combat. VOA

Maroc: le président gabonais Ali Bongo est arrivé à Rabat
Le président gabonais est au Maroc. Plus d’un mois après son hospitalisation à Riyad, Ali bongo est arrivé ce jeudi 29 novembre 2018, dans la matinée, à Rabat où il va passer sa convalescence. Ali Bongo est arrivé à Rabat pour un séjour de convalescence et de rééducation dans l’un des hôpitaux de la ville. Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères marocain rapporté dans la presse, cette décision du président a été prise « en accord avec les institutions constitutionnelles du Gabon et en suivant l’avis des médecins ». Les médias gabonais et marocains évoquent la venue d’officiels gabonais au Maroc pour rencontrer le chef de l’Etat. RFI

La Commission vérité et réconciliation ne rassure pas en Gambie
A peine créée il y a un mois, la Commission vérité et réconciliation de Gambie peine à inspirer confiance auprès des victimes qu’elle est pourtant censée auditionner. Il y a dans un premier temps, une menace de boycott des rescapés du massacre des étudiants d’avril 2000 à Banjul et ce mercredi, un témoin clé dans l’assassinat du journaliste Deyda Hyadara a annoncé son choix pour une plainte contre l’Etat gambien au lieu d’attendre le processus de vérité et réconciliation. NyanSarang Jobe sort du rang et décide de porter plainte contre l’Etat de Gambie auprès de la Haute Cour de Justice de Banjul.  RFI

La Côte d’Ivoire va demander à Paris la restitution d’une centaine d’œuvres d’art
Alors que Paris a annoncé son intention de restituer des œuvres d’art aux pays africains pillés durant la colonisation, la Côte d’Ivoire a fait savoir qu’elle allait transmettre à Paris « une liste d’une centaine de chefs-d’œuvre ». La Côte d’Ivoire va demander à la France la restitution d’une centaine d’œuvres d’art, a annoncé, mercredi 28 novembre, le porte-parole du gouvernement Sidi Touré, à l’issue du conseil des ministres. « La Côte d’Ivoire a dressé une liste d’une centaine de chefs-d’œuvre », qui sera transmise « aux experts désignés par l’État français en vue de leur restitution », a indiqué Sidi Touré, également ministre de la Communication.  France 24

CAN-2019 au Cameroun : la CAF examine la question vendredi à Accra
La Confédération africaine de football (CAF) va examiner vendredi à Accra la question de la tenue de la Coupe d’Afrique des nations 2019 au Cameroun, qui fait débat depuis plusieurs mois, selon l’organisation africaine. Le comité exécutif de la CAF se réunira vendredi dans la capitale ghanéenne en marge de la Coupe d’Afrique des Nations féminine, a indiqué jeudi à l’AFP un responsable de la CAF. Un compte rendu des deux dernières visites d’inspection sera exposé au comité exécutif de l’organisation africaine au cours de la réunion. Les inspecteurs de la CAF ont effectué récemment une inspection sécuritaire et une inspection des infrastructures, stades et hébergements.  Après la réunion des dirigeants, une décision sera rendue sur le maintien ou non de la CAN-2019 au Cameroun, a indiqué à l’AFP le responsable de la CAF sans préciser quand exactement cette décision serait rendue. Africa News



Photo: Adam Jones