Au Niger, des tirs nourris autour de l’aéroport de Niamey
Des tirs nourris et de fortes détonations ont été entendus dans la nuit du 28 au 29 janvier dans la zone de l’aéroport international de Niamey, avant un retour au calme, ont rapporté des riverains. Les tirs ont commencé à se faire entendre peu « après minuit », selon des habitants d’un quartier proche de l’aéroport. Deux heures plus tard le calme était revenu, selon ces mêmes sources. Situé à une dizaine de kilomètres de la présidence nigérienne, l’aéroport international Diori Hamani de Niamey abrite une base de l’armée de l’air nigérienne, une base de drones récemment construite ainsi que le QG de la Force unifiée créée par le Niger, le Burkina Faso et le Mali pour combattre les groupes jihadistes qui endeuillent les trois pays. … Si le calme semblait revenu vers 2 heures du matin, des soutiens au régime militaire ont appelé à sortir dans la capitale pour « défendre le pays ». … Le Niger, avec ses voisins le Mali et le Burkina Faso eux aussi dirigés par des militaires, est miné par des violences jihadistes dans sa partie ouest notamment, parfois à quelques dizaines de kilomètres de la capitale. Les attaques ne faiblissent pas, selon Acled, une ONG qui recense les victimes de conflits dans le monde, les violences jihadistes ont fait près de 2 000 morts en 2025 au Niger. Le Monde avec AFP
Au Tchad, les feux menaçants de la guerre soudanaise
S’il vit depuis 2023 dans la crainte d’un débordement du conflit soudanais, le [Tchad] joue en parallèle un rôle complexe dans la poursuite de cette guerre. « Le Tchad constitue la principale ligne de vie des FSR, c’est leur principal corridor de ravitaillement », assure un haut responsable onusien, non habilité à s’exprimer dans les médias. Le territoire sert de point de transit essentiel dans l’approvisionnement des forces de « Hemetti », elles-mêmes entièrement financées par les Émirats arabes unis. Abou Dhabi est devenu, par ricochet, le premier partenaire financier du gouvernement du président tchadien, Mahamat Idriss Déby. Originaire de l’est du pays, le chef de l’État n’ignore pas qu’au-delà de leur frontière le Soudan et le Tchad partagent une histoire commune d’ingérences et de déstabilisations, ainsi que les mêmes divisions communautaires, entre ethnies arabes et non arabes qui s’entre-déchirent au Darfour aujourd’hui. Autrement dit, à tout moment, les maux du Soudan peuvent devenir ceux du Tchad. Cette menace s’est matérialisée avec fracas par deux fois en un mois : le 26 décembre 2025, des frappes de drones venues du Soudan sur une garnison de la ville frontalière de Tiné ont tué deux soldats tchadiens ; le 15 janvier, une incursion des FSR sur le territoire a coûté la vie à sept militaires dans la même zone. Le gouvernement tchadien a réagi de façon minimale, se contentant d’appeler les belligérants soudanais à la retenue et réaffirmant sa « position de stricte neutralité » du Tchad dans le conflit. Ces deux incidents relèvent du casse-tête pour le chef de l’État, puisqu’il collabore discrètement avec ces mêmes paramilitaires. Le Monde
Or, terres agricoles, ports maritimes… Comment les Émirats arabes unis investissent l’Afrique
Depuis quinze ans, les Émirats arabes unis sont de plus en plus investis sur le continent africain. L’or, les terres agricoles fertiles ou encore les nombreux ports maritimes font la convoitise de cet État pétrolier. Selon l’ONG Swissaide, la quasi-totalité de l’or extrait du sol soudanais est exporté vers Dubaï. … Les Émirats arabes unis jouent un rôle grandissant en Afrique. Au delà de l’aspect économique, Abou Dhabi est aussi accusé d’avoir apporté de l’aide logistique aux paramilitaires des Forces de soutien rapides (FSR) accusés de crimes de masse dans le conflit au Soudan. … Mais les ambitions d’Abu Dhabi ne se limitent pas au Soudan, comme en témoigne l’impressionnant réseau de ports détenus par le pétro-État sur tout le continent africain. Pas moins de huit: en Algérie, en Égypte, au Somaliland, au Rwanda, en Tanzanie, au Mozambique, en Angola ou encore au Sénégal, à travers sa firme DP World. La Corne de l’Afrique constitue l’avant-poste de cette expansion. TV5Monde
Le Nigeria multiplie les contacts en matière de sécurité et de lutte anti-terroriste
Ces derniers jours, des représentants militaires américains et français (Africom et CPA) ont fait le déplacement à Abuja, notamment auprès de la direction du NCTC – le Centre National nigérian de lutte contre le terrorisme, alors que le président Bola Tinubu a signé en ce début de semaine neuf accords bilatéraux en Turquie, dont l’un portait justement sur les questions de défense. Le président turc Recep Tayyip Erdogan affirme que son pays est « prêt à partager (son) expérience en matière de lutte contre le terrorisme » avec le Nigeria. Durant leur déplacement à Ankara, les officiels nigérians ont notamment pu rencontrer les représentants de certaines compagnies d’armement locales. Cette visite a eu lieu moins d’une semaine après la venue d’une délégation américaine de haut niveau à Abuja et alors que les États-Unis et le Nigeria affichent leur volonté de renforcer leur coopération sécuritaire. RFI
Mali: le maintien en prison de Clément Dembélé suscite des échanges tendus entre Bamako et l’ONU
Accusé d’avoir menacé de mort Assimi Goïta dans un enregistrement ayant circulé sur les réseaux sociaux, Clément Dembélé, connu au Mali pour son combat contre la corruption et les coupures d’électricité, a rapidement été blanchi par une expertise technique. Sollicitée par la justice malienne, cette expertise a conclu que la voix que l’on entendait dans l’enregistrement n’était pas celle de Clément Dembélé. Dès avril 2024, le juge d’instruction ordonnait donc la mise en liberté provisoire de Clément Dembélé, dans l’attente de son procès. Mais le procureur du pôle judiciaire anticybercriminalité s’y est opposé, suivi par le procureur de la cour d’appel. Un an plus tard, en avril 2025, le juge d’instruction ordonne le classement sans suite de l’affaire pour manque de preuve. Là encore, sans effet. Dans leur réponse aux experts onusiens, les autorités maliennes de transition rappellent que les conclusions de l’expertise « ont été contestées par le ministère public » – sans expliquer pourquoi – et que le procureur du pôle anticybercriminalité a fait appel contre l’ordonnance de mise en liberté du juge d’instruction, là encore, sans expliquer ses motivations. Et sans même faire allusion à la dernière ordonnance du juge, qui classe le dossier sans suite. Clément Dembele est toujours en prison, depuis plus de deux ans. De nombreuses figures politiques ou de la société civile ayant tenu des propos critiques des autorités de transition sont dans le même cas, comme l’ancien Premier ministre Moussa Mara, le chroniqueur radio Ras Batch, ou l’influenceuse Rose vie chère. RFI
La CEDEAO annonce la levée des dernières sanctions contre la Guinée
En février 2024, la CEDEAO avait déjà assoupli les sanctions : les restrictions sur les transactions financières avec ses institutions membres avaient ainsi été levées. Le tenue du référendum constitutionnel en septembre et de l’élection présidentielle en décembre, qui ont eu lieu dans un climat apaisé, ont conduit l’institution à finalement lever toutes les sanctions restantes avec effet immédiat. Âgé de 41 ans, le général Doumbouya a remporté l’élection présidentielle avec un score écrasant de plus de 86 pour cent des voix. Il installe donc un pouvoir élu, après quatre années de transition militaire. L’ancien commandant du groupement des forces spéciales de l’armée guinéenne avait pourtant affirmé que ni lui ni aucun membre de la junte ne se présenterait et que le pouvoir serait rendu aux civils. Depuis, les emprisonnements, suspensions de partis, disparitions et enlèvements des voix critiques se sont multipliés. La Cédéao a exhorté le gouvernement à intensifier ses efforts visant à consolider la démocratie, la bonne gouvernance et l’État de droit, ainsi que le développement économique et social. Le pays peut ainsi regagner sa place au sein des instances de l’organisation sous-régionale. Africanews avec AP
RDC : Un an après l’occupation Goma par l’AFC/M23 : des centaines de défenseurs des droits humains toujours en exil
Une année après la prise de Goma par la rébellion de l’AFC/M23, le 27 janvier 2025, des centaines de défenseurs des droits humains vivent en déplacement, tandis que l’économie locale est asphyxiée par un système de taxation parallèle. Dans une interview accordée mercredi 28 janvier à Radio Okapi, Marion Ngavo, président de la coordination urbaine de la société civile de Goma et lui-même contraint à l’exil, a indiqué que cette année (NDLR : 2025) a été celle de la « désolation » pour les habitants restés sur place et pour ceux qui ont dû fuir pour leur sécurité. Dès les premières heures de l’occupation, une vague de départs a vidé la ville de ses forces vives. Défenseurs des droits de l’homme, acteurs de la société civile, journalistes, membres du clergé et agents de l’État ont été les premiers à prendre le chemin de l’exil pour échapper aux représailles. « Nous avons fui, ceux qui en avaient les moyens, car nous ne pouvions pas rester. Aujourd’hui, après une année, c’est la désolation », témoigne Marion Ngavo. A l’intérieur de la ville, la situation socio-économique est devenue critique. Le tissu entrepreneurial local s’est effondré sous le poids des pillages et d’un système de double taxation imposé par les rebelles. Radio Okapi
Le Ghana révise son code minier pour augmenter sa part des revenus de l’or
Le Ghana, premier producteur d’or d’Afrique et sixième mondial, s’apprête à réformer son code minier afin d’augmenter sa part des revenus générés par la flambée des prix du précieux métal, suscitant l’inquiétude des sociétés minières étrangères présentes dans le pays. En révisant son code minier, qui offre actuellement aux sociétés minières étrangères des conditions fiscales et de redevances avantageuses, laissant à l’État une part limitée des revenus, le gouvernement ghanéen emboîte le pas à d’autres pays du continent, Mali, Tanzanie ou encore RDC, qui ont déjà modifié leurs règlementations afin de mieux profiter de l’augmentation de la demande mondiale en or et en terres rares. … Dans le cadre des réformes proposées qui devraient être présentées au Parlement d’ici mars, les redevances minières passeraient de 3 à 5% actuellement à 9 à 12%, en fonction des cours mondiaux de l’or, a détaillé [Isaac Andrews Tandoh, directeur général par intérim de la Commission des minéraux]. … Parallèlement aux réformes fiscales, le Ghana tente de reprendre la main sur le secteur minier artisanal et informel, qui assure entre un tiers et la moitié de la production aurifère. AFP
Un mégaprojet gazier relancé au Mozambique, après une pause de cinq ans
Le géant de l’énergie français TotalEnergies a officiellement annoncé, jeudi 29 janvier, la reprise de son vaste projet gazier controversé au Mozambique, près de cinq ans après une attaque djihadiste meurtrière qui avait conduit à sa suspension. Ce projet de 20 milliards de dollars, situé dans la province septentrionale du Cabo Delgado, à la frontière avec la Tanzanie, avait été suspendu après une attaque djihadiste sanglante en mars 2021 qui aurait fait quelque 800 morts, selon l’ONG Acled, qui collecte des données sur les zones de conflit. « Je suis ravi d’annoncer la reprise complète du projet Mozambique LNG (…). La force majeure est levée », a déclaré le président-directeur général de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, lors d’une cérémonie en présence du président du Mozambique Daniel Chapo, à Afungi. TotalEnergies avait déjà annoncé fin octobre 2025 la décision du consortium Mozambique LNG de lever la force majeure décrétée en avril 2021. Mais la reprise était conditionnée à l’approbation par le gouvernement de Maputo d’une compensation de 4,5 milliards de dollars liée aux surcoûts dus au retard et d’une extension de la concession de dix ans, en plus d’un rattrapage des quatre ans et demi perdus. … Le nord du Mozambique n’a pas connu d’attaque d’une ampleur comparable à celle de 2021, mais des attaques régulières contre des civils et militaires sont toujours attribuées à des insurgés djihadistes. L’insurrection dans le nord mozambicain a fait plus de 6 200 morts depuis 2017, selon l’ONG Acled. Le Monde avec AFP
Inondations au Mozambique : le bilan s’alourdit à au moins 122 morts
Le Mozambique traverse une crise humanitaire majeure après plusieurs semaines de pluies torrentielles et de crues dévastatrices. Le bilan officiel fait état de 122 morts, environ 80 000 personnes déplacées et près de 680 000 personnes sinistrées. Des centaines de villages ont été submergés, transformant le sud du pays en zones de catastrophe. … Dans le district de Manhica, un centre d’hébergement temporaire accueille les populations déplacées par les inondations. Les conditions y restent précaires, car les routes endommagées par les crues ne permettent pas d’acheminer suffisamment d’aide humanitaire. De nombreuses familles ont dû se résigner à partir. Africanews avec AFP
