Éthiopie: les combats s’intensifient entre l’armée fédérale et les rebelles du Tigré dans le nord du pays
En Éthiopie, une semaine après l’annonce d’une nouvelle coalition de groupes armés opposés aux autorités fédérales du Premier ministre Abiy Ahmed, les combats se poursuivent dans le nord du pays entre l’armée fédérale et les rebelles du Tigré, les forces du TPLF et leurs alliés. Ces combats se sont même intensifiés ce week-end du 26-27 septembre sur plusieurs fronts. L’évolution des combats reste difficile à suivre, car les télécommunications sont en grande partie coupées dans le nord du pays. Ce week-end, d’importants combats ont eu lieu dans le sud du Tigré, autour d’Alamata, une ville située sur l’axe routier qui descend de Mekele, la capitale du Tigré, vers Addis-Abeba. L’armée fédérale a pris le contrôle de cet axe, juste en dessous d’Alamata. Il y a également eu d’intenses affrontements dans l’Afar, une région située à l’est du Tigré, où les forces tigréennes et leurs alliés se sont emparés de plusieurs localités, dont Erebti. Selon plusieurs chercheurs, l’objectif des rebelles est de couper la route reliant Djibouti à Addis-Abeba, par laquelle passe notamment l’approvisionnement de la capitale. RFI
En Ethiopie, la télévision publique du Tigré frappée par un drone
Un drone a frappé, dimanche 27 septembre, un immeuble hébergeant la télévision officielle du Tigré, à Makalé, capitale de cet Etat régional du nord de l’Ethiopie dont les autorités rebelles se disent en « guerre totale » contre le gouvernement fédéral, ont affirmé plusieurs journalistes de la chaîne à l’Agence France-Presse (AFP). Les combats ont repris mercredi dans le nord du pays, où le Front populaire de libération du Tigré (TPLF), formation politique qui gouverne de fait l’Etat régional, illégalement selon le gouvernement fédéral, ont déclaré répondre à une « invasion » des forces fédérales éthiopiennes. Une guerre meurtrière a déjà opposé les deux camps entre 2020 et 2022. Des combats ont depuis été signalés dans les Etats régionaux voisins de l’Amhara et de l’Afar, dans des zones frontalières du Tigré. Mais les communications étant en grande partie coupées au Tigré et ses environs depuis vendredi, l’évolution des combats est difficile à déterminer. … A Makalé, l’immeuble de Tigrai TV a été touché par une frappe de drone vers 9 heures (8 heures, à Paris) dimanche, ont déclaré à l’AFP des journalistes de cette chaîne, organe officiel des autorités dissidentes du Tigré. Le Monde avec AFP
Bab el-Mandeb, nouveau défi pour l’Afrique
Dans la Corne de l’Afrique, les craintes grandissent quant aux conséquences économiques et sécuritaires qu’une éventuelle perturbation du détroit de Bab el-Mandeb, l’une des voies maritimes les plus importantes du monde, pourrait entraîner. À peine vingt kilomètres séparent la côte nord de Djibouti de l’île yéménite de Périm, qui contrôle le passage le plus étroit du détroit de Bab el-Mandeb. En prenant le contrôle de cette île, les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, renforcent potentiellement leur influence sur une route maritime essentielle au commerce mondial. Les conséquences seraient particulièrement lourdes pour l’Afrique. De nombreux pays du continent subissent déjà la hausse des prix des carburants et des engrais en raison des perturbations dans le détroit d’Ormuz. Si Bab el-Mandeb devenait lui aussi difficilement praticable, les chaînes d’approvisionnement mondiales pourraient être davantage perturbées. Les compagnies maritimes seraient alors contraintes d’emprunter la longue route contournant le cap de Bonne-Espérance, ce qui augmenterait les coûts de transport. Ces surcoûts seraient finalement répercutés sur les entreprises et les consommateurs. … Situé directement sur le détroit, Djibouti ressent déjà les effets de l’escalade. Selon les Nations unies, plus de 2.500 personnes ont fui le Yémen en quelques jours et trouvé refuge dans le nord du pays. DW
Soudan : Un dépôt stratégique de carburant ciblé par une attaque de drone
Une installation majeure de stockage de carburant près de Wad Madani, dans l’Etat d’Al-Jazira, a été visée dimanche 27 septembre 2026 par une attaque de drone attribuée aux Forces de soutien rapide (FSR), selon des sources sécuritaires et des témoins. La frappe a ciblé le dépôt d’Oum Aleila, situé près d’Abou Haraz, à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Wad Madani. Plusieurs explosions ont été entendues aux premières heures de la matinée par des habitants des villages voisins, qui ont ensuite aperçu une épaisse colonne de fumée noire s’échapper des réservoirs du site. Les FSR n’avaient pas réagi dans l’immédiat à ces informations. Oum Aleila figure parmi les principales infrastructures de stockage pétrolier du Soudan. Le site assure notamment l’approvisionnement et la distribution d’essence et de diesel pour l’Etat d’Al-Jazira ainsi que pour plusieurs régions voisines. L’installation avait déjà subi d’importants dégâts après la prise de Wad Madani par les FSR en décembre 2023. Les salles de contrôle, les conduites d’approvisionnement et plusieurs équipements avaient alors été endommagés ou pillés. Cette attaque intervient dans un contexte de poursuite du conflit opposant depuis avril 2023 les Forces armées soudanaises aux FSR. Les combats ont ravagé une grande partie du pays, provoqué le déplacement de millions de personnes et accentué les risques de famine. Sahel Intelligence
São Tomé-et-Principe: le dépouillement a commencé après les élections législatives, municipales et régionales
À Sao Tomé-et-Principe, ce dimanche d’élection a été une journée extrêmement calme. Peu de circulation dans les rues de São Tomé, la capitale. Juste un peu plus de mouvement près de quelques bureaux de vote, où l’affluence était un peu plus élevée cet après-midi qu’au début de la journée. Selon la Commission électorale nationale, les opérations de vote se sont déroulées sans incidents, mais aucun chiffre sur la participation n’a filtré. Dans la course aux législatives, sept formations étaient représentées, dont quatre forces politiques siégeant au parlement, notamment l’Action indépendante démocratique (ADI, centre-droit) au pouvoir. Ce scrutin a été marqué tout au long de la journée par des appels au vote du président de la commission électorale, du chef de l’État, des candidats et même de la mission d’observation de l’Union européenne. Tous ont encore à l’esprit les 59 % d’abstention des élections présidentielles du 19 juillet. Le mécontentement des Santoméens est de plus en plus palpable. Les difficultés d’accès à l’eau potable, à l’énergie, à la santé et à l’emploi sont quelques-uns des problèmes récurrents qui affectent cet archipel du golfe de Guinée, dont 25% de la population vit dans une pauvreté extrême. Ces sujets ont fait l’objet de promesses lors d’une campagne sans enthousiasme. RFI
Nigeria : Plus de 80 personnes enlevées en deux jours dans le nord
Plus de 80 personnes, en majorité des femmes, ont été enlevées lors de deux attaques distinctes perpétrées samedi et dimanche dans le nord du Nigeria, où les enlèvements contre rançon restent un fléau majeur. Samedi, au moins 47 agriculteurs, principalement des femmes, ont été kidnappés alors qu’ils travaillaient dans leurs champs à Rimi, une localité agricole de la zone de gouvernement local de Mariga, dans l’Etat du Niger. Selon une source locale, les victimes seraient retenues dans la forêt de Ma’undu. Leurs familles n’auraient, à ce stade, reçu aucune demande de rançon. L’attaque a également été signalée dans un rapport sécuritaire destiné à des organisations humanitaires. Le document indique que des hommes armés venus de la frontière avec l’Etat de Zamfara ont pénétré dans la région à bord d’une cinquantaine de motos, avant de se disperser vers plusieurs localités. Le lendemain, 40 femmes ont à leur tour été enlevées à Yargada, dans la circonscription de Gusau, dans l’Etat de Zamfara, selon un rapport sécuritaire préparé pour l’ONU. L’attaque a également fait un mort et plusieurs blessés. Six véhicules ont été incendiés et plusieurs commerces pillés. Sahel Intelligence
« C’est invivable » : dans le nord du Niger, les multiples pénuries d’eau et d’électricité exaspèrent les habitants
Dans les trois grandes villes de la région du nord du Niger, à Agadez, Arlit, ou encore Tchirozérine, le constat est le même : l’eau et l’électricité manquent. À cela s’ajoutent des difficultés d’accès au carburant et au gaz. Les coupures de courant peuvent durer de 24 à 72 heures, selon Barka Alhassane, président du Collectif des organisations de la société civile de la région d’Agadez. « Pendant cette période pluvieuse, il y a beaucoup de moustiques, et quand il n’y a pas d’électricité et qu’il n’y a pas de ventilateurs qui sont en train de brasser l’air, c’est invivable », témoigne-t-il. « C’est plus dramatique pour le petit commerce : les produits sont avariés. Certains qui utilisent l’électricité pour produire ne peuvent plus produire. Et même s’ils produisent, c’est en quantité très infime. » Barka Alhassane appelle à résoudre définitivement ces problèmes, d’autant que la population augmente. RFI
Madagascar : un an après les manifestations, la Gen Z se sent « trahie »
Des commémorations ont été organisées pour marquer le premier anniversaire des manifestations menées par des militants de la génération Z à Madagascar, qui ont contraint le président à quitter le pouvoir et fait 22 morts. Un an après avoir déclenché les manifestations, les militants de la génération Z malgaches se disent trahis par un nouveau gouvernement qu’ils accusent de recourir aux mêmes vieilles tactiques. « Quels changements pouvons-nous constater aujourd’hui ? Peut-être pouvons-nous déjà constater ensemble que les coupures d’électricité et d’eau sont devenues moins fréquentes. Le changement ne se fait pas du jour au lendemain. Cela dépend d’abord de chacun d’entre nous. Ensuite, nous espérons une transformation complète, notamment sur le plan social. », a déclaré Association des victimes d’Andranoro ayant perdu quatre proches lors des manifestations. En octobre dernier, les jeunes manifestants avaient été rejoints par des soldats de l’unité militaire Capsat, ce qui avait marqué un tournant dans ces semaines de manifestations antigouvernementales. Le président Andry Rajoelina avait alors fui l’île de l’océan Indien et l’armée a pris le pouvoir, investissant le colonel Michael Randrianirina, commandant du Capsat, comme chef par intérim le 17 octobre. Africanews avec AFP
Ebola en RDC: en Ituri, la dispersion de milliers de déplacés inquiète l’ONU
En République démocratique du Congo (RDC), l’ONU alerte sur la situation du site de déplacés de Kigonze, à Bunia, dans l’Ituri. Le 20 septembre 2026, des militaires ont investi le site à la recherche d’armes et de présumés membres d’un groupe armé. Des coups de feu ont été entendus. Quelques jours plus tard, un incendie a également frappé le site. Depuis, de nombreuses familles ont fui et l’accès reste difficile pour les humanitaires. Une situation d’autant plus préoccupante que le site est également concerné par la riposte contre Ebola. Le coordonnateur humanitaire de l’ONU en RDC, Damien Mama, s’inquiète des possibles conséquences. « La situation sécuritaire sur le site de déplacés de Kigonze s’est détériorée et de nombreuses familles ont quitté le site pour se réfugier auprès de familles d’accueil », explique-t-il. L’accès humanitaire ayant été difficile ces derniers jours, « nous n’avons pas encore pu établir de façon indépendante l’ensemble des faits, ni mesurer précisément l’ampleur des dégâts et des besoins ». « Notre priorité est donc d’avoir accès au site le plus rapidement possible, afin d’assister les personnes qui sont dans le besoin ». La deuxième préoccupation est d’ordre sanitaire d’après le coordinateur humanitaire puisque le site « est couvert par des activités de riposte contre Ebola ». RFI
Guinée : décès à 81 ans de l’opposant Sidya Touré
Sidya Touré, ancien Premier ministre et grande figure de l’opposition en Guinée, où les voix dissidentes et les partis politiques ont été muselés, est décédé en France à l’âge de 81 ans, ont indiqué à l’AFP des sources proches de sa famille. Il dirigeait depuis son exil en Côte d’Ivoire l’un des principaux partis d’opposition du pays, l’Union des forces républicaines (UFR) – un des 40 partis politiques dissous en mars lors d’une vaste offensive contre les libertés publiques menée par l’homme fort de longue date du pays, Mamady Doumbouya. … M. Touré vivait à Abidjan depuis son départ de Guinée, à la suite du coup d’État militaire de septembre 2021 qui a porté Mamady Doumbouya au pouvoir. Ce dernier a ensuite été élu président du pays d’Afrique de l’Ouest en décembre dernier, lors d’un scrutin auquel ne participaient ni l’UFR ni les deux autres principaux partis d’opposition, l’UFDG et le RPG. … Le président guinéen Lansana Conté, au pouvoir entre 1984 et 2008, avait nommé Sidya Touré Premier ministre en juillet 1996, poste qu’il avait occupé jusqu’en mars 1999. Son mandat avait été marqué par des réformes administratives et économiques, ainsi que par des efforts visant à renforcer les relations de la Guinée avec les institutions financières internationales. AFP
