« Maintenant ou jamais »: des influenceurs éthiopiens plaident pour une invasion de l’Erythrée
Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed martèle depuis des années que son pays de quelque 130 millions d’habitants, enclavé depuis l’indépendance de l’Erythrée en 1993, doit disposer d’un accès à la mer. Le climat est de plus en plus tendu entre les deux pays voisins de la Corne de l’Afrique, qui s’accusent mutuellement d’agression. Et pour certains influenceurs, la récente avancée dans le nord est l’occasion parfaite. … Eliyas Kebede, 25 ans, un habitant d’Addis Abeba suivi par près de 140.000 personnes sur Facebook, passe plusieurs heures par jour en ligne à publier du contenu et à créer des images générées par l’IA en faveur d’une invasion de l’Érythrée. Il diffuse notamment des cartes modifiées montrant le port érythréen d’Assab comme faisant partie de l’Éthiopie. Le jeune homme affirme vouloir que « l’armée éthiopienne avance jusqu’à Asmara, renverse le gouvernement érythréen et négocie un accès à Assab ». Mais ce point de vue n’est pas unanime, dans un pays grandement divisé où cohabitent près de 80 ethnies. « Vous êtes un va-t-en-guerre qui ouvre imprudemment la voie à des morts en masse », s’insurge un internaute sur Facebook sous une image créée par M. Eliyas montrant une foule d’Érythréens accueillant chaleureusement l’armée éthiopienne à Assab. AFP
Ethiopie : 36 000 personnes ont fui au Kenya, en raison des affrontements dans le sud du pays
Quelque 36 000 personnes ont fui les récents affrontements qui opposent, depuis plusieurs jours dans le sud de l’Ethiopie, des forces armées des régions Somali et Oromia, pour se réfugier au Kenya, a déclaré l’Organisation des Nations unies (ONU), mardi 27 octobre. « Le HCR, l’agence de l’ONU pour les réfugiés, suit de près la situation le long de la frontière entre l’Ethiopie et le Kenya, où environ 36 000 personnes » ont traversé la frontière pour se réfugier au Kenya, « fuyant les violences qui sévissent à Moyale », a précisé l’organisation. Les premiers combats remontent à mardi dernier, après qu’un drapeau de la région Somali a été hissé à Moyale, ville située près de la frontière avec le Kenya. « Depuis le 22 octobre, il y a eu une augmentation significative du nombre de personnes franchissant la frontière entre l’Ethiopie et le Kenya via la zone frontalière de Moyale », a affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) une porte-parole du HCR, Eujin Byun. Le Monde avec AFP
Mali: quatre militants pro-démocratie présentés à la justice après presque six mois de détention
Au Mali, quatre militants pro-démocratie détenus par la Sécurité d’Etat depuis près de six mois dans des lieux inconnus et en dehors de tout cadre judiciaire ont réapparu le mardi 20 octobre. …Toujours aucune nouvelle en revanche de l’avocat et ancien ministre Mountaga Tall, qui avait été le premier à être enlevé par la Sécurité d’Etat en mai dernier. … Youssouf Daba Diawara est un collaborateur de l’imam Dicko au sein de la CMAS, Aboubacar Soumaré est le président du mouvement Mali debout (Wuli Ki Jo Mali Ye) et Moussa « Abba » Djiré celui de Yiriwa 223, également membre du Collectif des jeunes pour la démocratie, des organisations aujourd’hui dissoutes, comme tous les partis et associations politiques du Mali. Ils avaient été enlevés début mai en pleine rue, à Bamako, par des hommes encagoulés de la Sécurité d’État. Ibrahima Tamega, membre du parti la Convergence et du Collectif des jeunes pour la démocratie, avait quant à lui été officiellement arrêté et placé en garde à vue au commissariat du troisième arrondissement de Bamako, également en mai dernier. … Les quatre hommes ont pour point commun de se montrer critiques vis-à-vis du régime de transition en place, de réclamer des élections et le respect de la Constitution, et de ne pas avoir fui le Mali en dépit des risques pesant sur les défenseurs de la démocratie. RFI
Au Niger, l’Algérie tente de reprendre pied dans un Sahel en recomposition
En décidant d’envoyer des troupes au Niger, une première en plus d’un demi-siècle, l’Algérie cherche à reprendre pied dans un Sahel en pleine recomposition sécuritaire et diplomatique, où l’influence considérable qu’elle exerçait autrefois s’est progressivement érodée. … Les relations entre l’Algérie et les pays de l’AES s’étaient fortement dégradées après la destruction par l’armée algérienne d’un drone malien en avril 2025, entraînant une crise diplomatique marquée par des rappels d’ambassadeurs. … Mais depuis le début de l’année, Alger a multiplié les initiatives pour un dégel, en passant par le canal nigérien: livraison d’une centrale électrique, investissements dans le secteur pétrolier, dons d’hélicoptères militaires et relance du projet de gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l’Europe. Son rapprochement avec le Niger a un double objectif, commercial et géopolitique, selon plusieurs observateurs. « Le Niger est crucial pour l’Algérie en raison du gazoduc transsaharien, destiné à contrer le gazoduc atlantique Nigeria–Maroc », explique Rida Lyammouri, chercheur au think-tank marocain Policy Center for the New South (PCNS). Le gazoduc atlantique du Maroc, censé longer la côte ouest-africaine pour atteindre l’Europe, est soutenu par un « financement » des « Émirats arabes unis », précise Michael Ayari, chercheur à l’International Crisis Group (ICG). Alger cherche ainsi à contrer l’influence des Émirats, qu’elle accuse « d’ingérence » et avec qui elle a rompu en septembre ses relations diplomatiques, souligne Geoff Porter, analyste au cabinet North Africa Risk Consulting. TV5 Monde
Rwanda: l’Agence africaine des médicaments ouvre deux pôles pour «renforcer les capacités de production locales»
Après l’instauration de sept comités techniques lundi 26 octobre, l’Agence africaine des médicaments (AMA) poursuit le déploiement de ses structures. La toute nouvelle agence de l’Union africaine, opérationnelle depuis fin 2025, a ouvert mardi 27 octobre à Kigali, au Rwanda, deux pôles qui serviront de plateforme de coordination pour les régulateurs et les industriels. L’objectif est d’harmoniser les normes, pour favoriser le développement des productions locales de produits médicaux. Le premier pôle doit servir de porte d’entrée aux fabricants qui veulent s’implanter sur le continent. Le second doit permettre, à travers un travail de coopération et de formations, de renforcer les capacités et les régulations. … L’Union africaine s’est fixé pour objectif de produire d’ici à 2040 au moins 60 % de ses besoins en produits médicaux. … Parmi les premières missions poursuivies avant même l’inauguration des pôles figurent l’engagement de discussions avec des industriels et la rédaction conjointe d’un protocole pour les essais cliniques de potentiels vaccins contre la souche Bundibugyo du virus Ebola. RFI
France: menacé en Centrafrique, le journaliste Ephrem Yalike défend sa demande d’asile
Le journaliste et lanceur d’alerte centrafricain Ephrem Yalike s’est rendu mardi 27 octobre à une audience de la Cour nationale du droit d’asile à Montreuil dans l’est parisien. Arrivé en France en 2024 car menacé dans son pays pour avoir révélé les ressorts de la machine de propagande russe, notamment en Centrafrique, il a vu sa demande d’asile refusée par l’administration française en juillet dernier. Les avocats du journaliste avaient décidé de saisir la CNDA pour un recours. La décision finale sera rendue dans les prochaines semaines, mais l’audience a permis pendant plusieurs heures à Ephrem Yalike et ses avocats de mettre en avant leur dossier. À la sortie de la petite salle, quelques sourires, des étreintes et des mots d’encouragement : la première étape est franchie avant la décision finale qui sera communiquée le 17 novembre prochain. … En qualité de témoin, Henri Thullez, directeur de stratégie au PPLAAF, la plateforme pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique, qui accompagne Ephrem Yalike et sa famille ne doutait pas un instant de la solidité du dossier. « Monsieur Ephrem Yalike est sûr de ce qu’il dit, ce n’est pas quelqu’un qui ment. Son histoire est particulièrement cohérente. C’est pour ça aussi qu’il était un témoin si privilégié de journalistes d’investigation qui s’intéressaient aux activités de Wagner dans la désinformation en Afrique », assure-t-il. RFI
À Moscou, le sommet Russie-Afrique sous le signe de la coopération militaire
Après Sotchi en 2019 et Saint-Pétersbourg en 2023, le troisième sommet Russie-Afrique s’est ouvert mercredi 28 octobre à Moscou. Pendant deux jours, une vingtaine de chefs d’État sont attendus autour de Vladimir Poutine. Au programme : la coopération militaire, mais aussi économique et culturelle. Une question reste en suspens, à savoir celle des combattants africains enrôlés, parfois de force ou trompés par de fausses offres d’emploi, dans l’armée russe. Le casting est sans grande surprise. Les fidèles sont là : le Centrafricain Faustin-Archange Touadéra et le Congolais Denis Sassou-Nguesso, parmi d’autres, participeront pour la troisième fois. Le Malien Assimi Goïta revient, lui aussi, au contraire du Burkinabè Ibrahim Traoré, représenté par son Premier ministre (la raison de l’absence du leader du Faso n’a pas été précisée à l’heure où nous écrivons ces lignes). Parmi les nouveaux venus, le Nigérien Abdourahamane Tiani et le Malgache Michaël Randrianirina – déjà vu à Moscou peu après son arrivée au pouvoir – ont annoncé leur présence. RFI
Tunisie : un journaliste indépendant, critique virulent du président, condamné à quatre ans de prison
Un tribunal tunisien a condamné, mardi 27 octobre, le journaliste indépendant Zied El-Heni à quatre ans de prison pour des charges liées au terrorisme, a déclaré son avocat à l’Agence France-Presse (AFP). Zied El-Heni, critique virulent du président Kaïs Saïed, avait été condamné à un an de prison dans une autre affaire en mai pour des propos qu’il avait tenus sur la liberté de la presse en Tunisie. Les charges retenues contre lui dans cette dernière affaire incluaient la « constitution d’un groupe terroriste », selon l’avocate de la défense, Yasmine Ben Brahim. L’affaire actuelle découle d’enregistrements audio qui avaient fuité, attribués à Mondher Ounissi – un ancien président par intérim du mouvement d’opposition Ennahda, d’inspiration islamiste – et à propos desquels M. El-Heni avait un jour fait un reportage, a expliqué son avocate. Mondher Ounissi a été condamné à neuf ans de prison dans la même affaire, a affirmé Mᵉ Ben Brahim, même si le contenu des enregistrements reste inconnu. … M. El-Heni est très connu depuis sa participation active à la révolution qui a fait chuter le dictateur Zine El-Abidine Ben Ali en janvier 2011 et donné le coup d’envoi du « printemps arabe » dans toute la région. Le Monde avec AFP
Egypte : la journaliste Lina Attalah, directrice du média indépendant « Mada Masr », libérée après le paiement d’une amende
La journaliste égyptienne Lina Attalah, directrice du principal média indépendant du pays, Mada Masr, a été libérée, mardi 27 octobre, après un procès éclair et le paiement d’une lourde amende. A l’issue d’une unique audience, un tribunal du Caire a ordonné la fermeture du site Internet et imposé une amende de 3 millions de livres égyptiennes, soit près de 49 000 euros, pour l’avoir exploité « sans licence », a précisé Mada Masr. Des membres des services de sécurité l’ont ensuite « encerclée et fait sortir de la salle d’audience », a ajouté le média. Hossam Bahgat, directeur de l’organisation Initiative égyptienne pour les droits de la personne (EIPR), présent sur les lieux, a décrit une interpellation « au milieu des cris et des protestations des avocats de la défense ». Lina Attalah a finalement été relâchée dans la soirée une fois l’amende acquittée, a rapporté, à l’Agence France-Presse, son avocat, Hassan Al-Azhari. Il a néanmoins précisé avoir découvert, lors des formalités de libération, qu’un autre jugement avait été rendu par contumace en 2024, la condamnant à un an de prison pour diffusion de « fausses informations et gestion d’un site internet sans licence ». « Nous avons fait appel de cette condamnation et une audience est prévue le 11 novembre », a-t-il dit. Le Monde avec AFP
Afrique du Sud: l’armée déployée face aux violences xénophobes avant les élections locales
L’Afrique du Sud se prépare pour ses élections locales prévues le mercredi 4 novembre. À leur approche, les tensions xénophobes ne faiblissent pas. La semaine dernière, un ressortissant étranger a été battu à mort par une foule dans la ville de Durban, épicentre de ces violences. Face aux incidents qui se multiplient depuis le début du mois, le président Cyril Ramaphosa a donné quelques précisions supplémentaires, mardi 27 octobre, autour du déploiement de l’armée dans la région du KwaZulu-Natal. L’opération devrait coûter au pays près de 34 millions de rands, soit environ 1,8 million d’euros, comme l’a détaillé la présidence sud-africaine au Parlement. Le déploiement a déjà commencé depuis le 9 octobre, lorsque le gouvernement a dû appliquer une réforme sur les demandes d’asile suite à une décision de la Cour constitutionnelle. D’importantes manifestations anti-migrants avaient alors été organisées, dans la région de Johannesburg, mais surtout de Durban, avec des commerces pillés et des voitures incendiées, forçant les pouvoirs publics à rétropédaler et retirer la circulaire. Au total, 510 soldats se trouvent désormais sur le terrain jusqu’au 30 novembre, « prêts à appuyer la police en cas de toute éventualité » selon le porte-parole de la présidence. RFI
