Revue de Presse du 27 mars 2019

Le chef de l’armée algérienne demande de déclarer le président Bouteflika inapte
En Algérie, le chef de l’armée, Ahmed Gaïd Salah, a suggéré mardi de mettre en application l’article 102 de la Constitution. Celui-ci permet notamment de révoquer le Président pour raisons médicales. Le chef d’état-major de l’armée algérienne, Ahmed Gaïd Salah, a demandé mardi 26 mars que soit engagée la procédure prévue par l’article 102 de la Constitution, quand le président de la République, « pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions ».  France 24

Algérie: le parti RND, principal allié de Bouteflika, réclame sa démission
Le Rassemblement national démocratique (RND), principal allié du parti (FLN) d’Abdelaziz Bouteflika, a demandé mardi la démission du président algérien, affaibli par la maladie et contesté par la rue, au lendemain de l’appel du plus haut-gradé de l’armée à son départ. Dans un communiqué reçu par l’AFP et signé par son secrétaire général, l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, récemment limogé, le RND « recommande la démission du président de la République (…) dans le but de faciliter la période de transition ». M. Ouyahia est un fidèle de M. Bouteflika, dont il a été trois fois le Premier ministre depuis 2003. Très impopulaire, il a été sacrifié le 11 mars pour tenter -vainement- de calmer la rue dont il était l’une des têtes de turc favorites. TV5

Algérie: les déclarations d’Ahmed Gaïd Salah n’ont pas convaincu les Algériens
En Algérie, le chef d’état-major des armées a recommandé, ce mardi, d’engager la procédure qui permettrait de destituer le président Bouteflika. En proposant la mise en œuvre l’article 102 de la Constitution, Ahmed Gaïd Salah confirme que le chef de l’Etat actuel perd l’un des soutiens les plus importants. Une annonce surprenante, mais qui n’a pas convaincu dans le pays. RFI

Présidentielle.L’armée cherche-t-elle vraiment à sauver l’Algérie ?
Le chef d’état-major de l’armée a demandé le 26 mars à ce que le président Bouteflika soit déclaré “inapte” à l’exercice de ses fonctions. La question désormais, écrit El-Watan, est de savoir si cette même armée se contentera d’arbitrer la transition à venir sans s’emparer du pouvoir. Sourd à toutes les demandes émanant tant de la population que de la société civile et de l’opposition, le Conseil constitutionnel n’a pas eu le courage de s’autosaisir pour appliquer l’article 102 de la Constitution, qui déclare le président de la République incapable d’assumer ses charges pour des raisons de santé. Son président, Tayeb Belaïz, a fait le choix de sa fidélité à Bouteflika – ou de sa peur – pour aller à contresens de l’histoire, qui, pourtant, s’écrivait en lettres d’or sous les fenêtres de son bureau.  El Watan

RDC : Félix Tshisekedi se rendra aux États-Unis du 3 au 5 avril
Le président congolais Félix Tshisekedi se rendra du 3 au 5 avril aux États-Unis, où il sera notamment reçu par le chef de la diplomatie, Mike Pompeo. Une rencontre avec Donald Trump n’est pour l’heure pas prévue. Contrairement à la coutume pour un chef d’État, ce n’est pas la Maison Blanche mais le département d’État américain qui a rendu publique, mardi 26 mars, cette visite. Une procédure qui semble suggérer qu’aucune rencontre n’est à ce stade prévue avec le président américain, Donald Trump. Prié de dire si le président congolais serait reçu par son homologue américain ou d’autres responsables de la Maison Blanche, le porte-parole de la diplomatie américaine, Robert Palladino, a répondu n’avoir « rien à annoncer » à ce sujet pour l’instant. Jeune Afrique

RDC : les proches de Kabila sous sanctions déboutés par le tribunal européen
Le tribunal de l’Union européenne a rejeté le premier recours introduit par huit officiels congolais et proches de l’ancien président Joseph Kabila, sanctionnés pour « graves violations des droits de l’homme » et « entraves à l’organisation des élections ». Deux autres recours sont en cours d’examen. Les huit officiels congolais proches de Joseph Kabila resteront sous sanctions européennes. Le tribunal de l’Union européenne (UE) a rejeté le 26 mars le premier recours introduit par ces personnalités. Il s’agit d’Emmanuel Ramazani Shadary, ancien vice-Premier ministre et ex-ministre en charge de l’Intérieur, de Lambert Mende, ancien porte-parole du gouvernement, Évariste Boshab, ancien ministre de l’Intérieur, Kalev Mutond, ancien administrateur général de l’Agence nationale de renseignements (ANR), Jean-Claude Kazembe, ancien gouverneur du Haut-Katanga, Alex Kande, ancien gouverneur du Kasaï-Central, et des généraux Akili Muhindo Mundos et Éric Ruhorimbere. Jeune Afrique

Comores: le président Azali Assoumani réélu haut la main, l’opposition dénonce « un coup d’Etat »
Le chef de l’Etat comorien sortant, Azali Assoumani, l’a emporté sans surprise dès le premier tour de la présidentielle, avec 60,77% des suffrages, selon des résultats officiels annoncés mardi mais rejetés par l’opposition qui a crié à « un coup d’Etat à travers une élection » entachée de fraudes. Le colonel Azali Assoumani, au pouvoir depuis 2016, a écrasé son principal adversaire, Mahamoudou Ahamada, du parti Juwa, arrivé en deuxième position avec 14,62% des suffrages, selon les chiffres communiqués par le président de la Commission électorale, Djaza Ahmed Mohamed. Le camp présidentiel s’est félicité de cette victoire, qui n’a suscité aucun réaction immédiate dans les rues de la capitale, Moroni. « Nous sommes heureux d’avoir gagné au premier tour comme on l’avait annoncé », a réagi Ali Houmed Msaidié, directeur de campagne du président-candidat.  TV5

L’insatiable soif de pouvoir du président-colonel Azali
Son bagout de boutiquier roublard lui a longtemps valu le dédain de ses rivaux. Mais en rempilant mardi à la tête de l’archipel des Comores, le colonel Azali Assoumani s’est imposé comme un redoutable stratège politique, prêt à tout pour garder le pouvoir. Le chef de l’Etat sortant, 60 ans, l’a emporté au premier tour avec 60,77% des suffrages, selon les résultats provisoires annoncés mardi. L’opposition a hurlé au « hold-up » électoral mais qu’importe. Azali Assoumani a rempli sa mission. Il s’est offert un, peut-être deux nouveaux mandats de cinq ans, à Beït Salam, le palais présidentiel de Moroni. Alors chef d’état-major de l’armée, le colonel Azali Assoumani a surgi sur la scène politique en 1999 à la faveur d’un des nombreux coups d’Etat qui ont agité l’archipel depuis son indépendance en 1975.  Slate

Togo: déception et colère après la dislocation de la coalition d’opposition
Au Togo, l’opposition a affiché un semblant d’unité jusqu’au bout, mais l’après 20 décembre a été difficile à gérer. La coalition des quatorze partis de l’opposition a volé en éclat peu de temps après les élections législatives. Sept partis ont claqué la porte. Les militants et sympathisants n’en reviennent pas. Jusqu’au 26 janvier 2019, jour de la dernière manifestation, la coalition des quatorze partis affichait sa sérénité et son unité. Les militants n’attendaient que le mot d’ordre de la grande mobilisation citoyenne. Et depuis, dans les rangs, c’est la débandade. « Je suis tellement déçu. Mais finalement, c’est une bande des partis bien organisée pour faire de la pagaille et bluffer encore une fois le peuple togolais ». RFI

Mali: 6 Dogons tués après 160 Peuls, l’ONU appelle au calme
Six habitants de villages dogons du centre du Mali ont été tués lors d’attaques distinctes, a-t-on appris mardi auprès d’élus locaux, d’une source de sécurité et de la Mission de l’ONU (Minusma). Ces dernières attaques font suite à la tuerie commise dans la même région samedi par des chasseurs présumés dogons, dans laquelle quelque 160 habitants du village peul d’Ogassogou avaient péri. « Cette spirale de la violence doit cesser immédiatement » a affirmé la Minusma dans un communiqué, réagissant à cet enchaînement d’attaques.  TV5

Les convois de la débrouille entre l’Afrique du Sud et le Zimbabwe asphyxié par la crise
Dans le sous-sol d’un immeuble de Johannesburg à l’odeur de moisi et à la lumière blafarde, des pick-up cabossés se succèdent pour charger des bidons d’huile à frire, des kilos de biscuits, des pneus ou des micro-ondes. Sur chaque paquet, une adresse au Zimbabwe. D’ici 48 heures, chaque colis sera livré à domicile après avoir passé, illégalement pour la plupart, la frontière entre l’Afrique du Sud et le Zimbabwe. Débuté à la fin des années 90, ce commerce parallèle est en plein essor avec la détérioration de la situation économique au Zimbabwe, en proie à des pénuries et une inflation galopante (plus de 50% l’an dernier).  TV5

Libération des filles qui ont griffonné la photo de Nkurunziza
Les trois écolières dont la détention pour avoir griffonné la photo du président Pierre Nkurunziza dans des manuels scolaires avait provoqué un tollé international sont sorties de prison. Les trois filles étaient les dernières encore détenues d’un groupe de sept enfants arrêtés au début du mois dans la province de Kirundo, dans le nord-est du Burundi, à quelque 200 kilomètres de la capitale Bujumbura. Tous ont été accusés d’avoir insulté le président Pierre Nkurunziza en défigurant son image. Mercredi dernier, un tribunal régional de Kirundo a décidé d’ouvrir un procès contre ces trois enfants.  BBC

Un Africain sur trois est prêt à émigrer, selon une étude
Malgré une croissance économique importante dans de nombreux pays africains au cours des deux dernières décennies, beaucoup d’Africains considèrent encore le départ de leur pays comme la meilleure option pour un avenir meilleur. Selon une nouvelle étude réalisée par Afrobaromètre, un réseau de recherche panafricain, les jeunes adultes et les citoyens très instruits du continent sont les plus prompts à quitter leur pays. Les nouvelles données d’Afrobaromètre concernent 34 pays et explorent les perceptions, ainsi que les préférences des Africains ordinaires, lorsqu’il s’agit de migration internationale. Les résultats montrent qu’un Africain sur trois envisage d’émigrer. Parmi eux, environ 10 % se préparent actuellement à quitter leur pays. BBC



Photo: Adam Jones