Le stratagème trompeur de la Russie pour recruter des soldats piège des milliers de jeunes Africains
Grâce à un réseau obscur de recruteurs en ligne, la Russie a discrètement mis en place un dispositif permettant d’acheminer des milliers d’Africains provenant de presque tous les pays du continent vers les lignes de front et les usines soutenant l’effort de guerre de Moscou en Ukraine. Ce n’étaient pas les destinations auxquelles les jeunes Africains s’attendaient lorsqu’ils se sont engagés. Beaucoup cherchaient un emploi, une formation ou des opportunités à l’étranger. Attirés par des promesses de salaires mirobolants, ils se sont retrouvés piégés dans une guerre loin de leur pays d’origine. … Ce stratagème vise à pallier la pénurie croissante de soldats en Russie. … On estime que plus de 1 700 Africains originaires de 36 pays combattent actuellement pour la Russie. Ce chiffre ne représente toutefois qu’une fraction du nombre total d’Africains recrutés par la Russie. Un rapport des services de renseignement kenyans présenté au Parlement a révélé que plus de 1 000 Kenyans avaient été recrutés — soit 2 100 % de plus que le nombre de Kenyans figurant dans la base de données divulguée. … Les recrues africaines semblent être affectées à des rôles particulièrement exposés sur le champ de bataille. … Ils sont poussés vers les positions de première ligne avec peu d’entraînement, un équipement médiocre et des ravitaillements limités sans que leur survie ne semble préoccuper grand monde. Centre d’études stratégiques de l’Afrique
Mali: l’ancien ministre Hamma Ag Mahmoud rallie la coalition de l’imam Dicko
L’ancien ministre Hamma Ag Mahmoud annonce son adhésion à la Coalition des forces pour la république (CFR), mouvement d’opposition aux actuelles autorités de transition, lancé en décembre dernier, avec pour figure de proue l’imam Mahmoud Dicko. La CFR appelle à la résistance pacifique contre les militaires qui se maintiennent au pouvoir sans élection depuis près de six ans. La CFR appelle également au dialogue avec les jihadistes du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (Jnim, selon son acronyme arabe) et avec les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA), afin de faire taire les armes. Hamma Ag Mahmoud a été ministre au Mali sous le régime militaire de Moussa Traoré. Il fut également cadre du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) lors de la rébellion de 2012. … Hamma Ag Mahmoud a été ministre du Travail et de la fonction publique entre 1986 et 1988, sous le régime militaire du général Moussa Traoré, puis préfet de différentes régions maliennes (Sikasso, Koulikouro, Ségou, Gao, Tombouctou), avant de rallier le mouvement indépendantiste du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) lors de la rébellion de 2012, au sein duquel il a œuvré pour la signature de l’accord de paix conclu en 2015 avec le gouvernement malien. Installé en Mauritanie depuis 2011, Hamma Ag Mahmoud officialise aujourd’hui son ralliement à la Coalition des forces pour la République (CFR). RFI
Frappes au Mali : les preuves visuelles de l’utilisation d’armes à sous-munitions russe
Ce matin du 17mai, les habitants de Tadjmart, dans la région de Kidal au nord du Mali, ont découvert d’étranges fruits dans leurs cours et leurs champs. Des centaines de sphères métalliques de la taille d’une mandarine avaient été larguées lors d’un bombardement nocturne, éclatant au contact du sol et des maisons, blessant et tuant plusieurs personnes. Certains ont pris le risque de les manipuler et de les photographier. Dans le cadre d’une enquête collaborative, Jeune Afrique et Bellingcat ont pu se procurer plus d’une dizaine de photos et de vidéos issues de ce bombardement. Leur analyse permet d’attester l’utilisation d’une arme à sous-munitions dans une zone où l’armée malienne a revendiqué des frappes menées par son allié russe, l’Africa Corps. Il s’agit de la première utilisation documentée d’une telle arme depuis le début du conflit en 2012. L’emploi d’une bombe aérienne de ce type, qui détonne au-dessus de la cible en dispersant des centaines de petits explosifs sur une surface, viole la convention d’Oslo de 2008 ratifiée par le Mali. Cette dernière interdit la production, l’emploi, le stockage ou le transfert de telles armes. Les preuves récoltées permettent ainsi de retracer l’origine de cette munition, depuis son lieu de fabrication dans une usine de la région de Nijni Novgorod, en Russie, jusqu’au lieu précis de l’impact sur le village de Tadjmart, situé à 55 kilomètres au sud d’Aguelhok, dans le nord du Mali. … Les experts estiment qu’environ 10% des sous-munitions n’explosent pas lors de l’impact. Dans le cas où le lot est ancien, comme celui-ci datant de 1981, ce taux peut concerner 20% des projectiles qui, de facto, deviennent des mines antipersonnel improvisées, sensibles au moindre choc et qui restent dangereuses pendant des décennies. C’est pour cette raison que 123 États ont signé en 2008 la convention d’Oslo, interdisant l’emploi de ces armes. Parmi eux, le Mali mais pas la Russie. Jeune Afrique
Bénin: quatre militaires tués dans des attaques à la frontière avec le Burkina Faso
Deux positions de l’armée béninoise ont été attaquées dans la nuit du lundi 25 au mardi 26 mai 2026 dans la zone de Kourou Koualou, à la frontière avec le Burkina Faso, à plus de 700 km au nord de Cotonou. Selon plusieurs sources concordantes, quatre soldats des forces de défense et de sécurité ont perdu la vie dans ces attaques survenues au lendemain de la nomination du nouveau président Romuald Wadagni. L’armée béninoise a riposté, mais ne communique pas sur les pertes infligées aux assaillants. Les attaques sont survenues dans la nuit du lundi 25 au mardi 26 mai 2026. Plusieurs centaines d’hommes armés, arrivés à moto, ont ciblé deux positions militaires établies dans le secteur de Kourou Koualou. Les soldats de l’opération Mirador ont riposté. … Kourou Koualou est une zone frontalière entre le Burkina Faso et le Bénin, vaste de plus de 70 kilomètres carrés. Selon les spécialistes, ce territoire est considéré comme un point chaud de la menace terroriste. RFI
Le Bénin veut renforcer son rôle au sein de la Cédéao
Le président béninois Romuald Wadagni a réaffirmé son engagement en faveur du renforcement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), tout en tendant la main aux pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), dans un contexte marqué par les tensions diplomatiques entre Cotonou et Niamey. Au lendemain de son investiture, le nouveau chef de l’État béninois a reçu en audience le président de la Commission de la Cédéao, Omar Alieu Touray, pour des discussions axées sur la stabilité régionale, l’intégration économique et les défis sécuritaires en Afrique de l’Ouest. La Cédéao avait apporté son appui aux autorités béninoises lors de la tentative de coup d’État de décembre 2025 sous la présidence de Patrice Talon. L’organisation avait activé son mécanisme régional de gestion des crises et mobilisé sa force en attente en soutien au maintien de l’ordre constitutionnel au Bénin. Cette rencontre intervient alors que le Président Wadagni a profité de son discours d’investiture pour appeler à une reprise du dialogue entre les États membres de la Cédéao et les pays de l’AES – le Mali, le Burkina Faso et le Niger – qui ont assisté à la cérémonie à travers des délégations de haut niveau. … En relançant l’appel au dialogue avec les États sahéliens tout en réaffirmant l’attachement du Bénin à la Cédéao, Romuald Wadagni semble vouloir repositionner son pays comme un trait d’union entre l’organisation ouest-africaine et les régimes de l’AES. APA
Sahel : échange entre Faye et Tangara sur la situation régionale
Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a reçu mardi, au Palais de la République, le Représentant spécial du Président de la Commission de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, Mamadou Tangara. Les échanges ont porté sur la situation sécuritaire et politique dans la région du Sahel, ainsi que sur les initiatives en cours en faveur de la stabilité, de la paix et du renforcement de la coopération régionale, a rapporté la présidence. Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par plusieurs initiatives diplomatiques dans la sous-région ouest-africaine, visant à relancer les mécanismes de dialogue entre la Cédéao et la AES. … À Dakar, les autorités sénégalaises ont indiqué leur position en faveur d’un renforcement de l’intégration régionale et de la continuité des échanges avec les États de la sous-région, dans un contexte de renouvellement des instances de la Cédéao. APA
Ebola : les ministres de la RDC réclament « un couloir humanitaire »
Les ministres de la RDC ont réclamé un « couloir humanitaire » lors d’une conférence de presse consacrée à l’épidémie d’Ebola qui frappe ce pays africain. Le 15 mai, la RDC a déclaré une épidémie causée par le virus Bundibugyo, pour lequel il n’existe actuellement ni vaccin ni traitement spécifique, et dont le taux de létalité peut atteindre 50 %. L’OMS a lancé une alerte sanitaire internationale. « Nous avions, pendant la période de la variole du singe, déjà appelé à la création d’un couloir humanitaire. Nous avions demandé que la réponse — que ce soit pour la variole du singe ou maintenant — ne soit pas une réponse séquentielle, c’est-à-dire qu’il ne devrait pas y avoir une réponse pour le pays puis une micro-réponse pour Goma, car cela ne serait pas efficace. Vous pouvez constater que le cas de Goma est un cas qui vient de Bunia. », a délaré Samuel Roger Kamba Mulamba, ministre de la Santé publique de la RD Congo. Au moins 220 personnes seraient décédées des suites de l’épidémie d’Ebola en cours, a déclaré le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé. L’agence des Nations Unies a indiqué qu’en raison d’un retard dans la détection des cas, les professionnels de santé devaient désormais « rattraper leur retard ». Africanews
RDC: L’Ituri réclame des renforts médicaux d’urgence contre Ebola
Face à une augmentation continue des cas et des décès liés à l’épidémie de virus Ebola, le gouverneur de l’Ituri, le général Johnny Luboya Nkashama, a plaidé lundi 25 mai, pour le déploiement immédiat d’un renfort de personnel qualifié et de matériel médical. Cette assistance doit cibler en urgence près d’un million de déplacés de guerre menacés par une catastrophe humanitaire. L’épidémie actuelle frappe une province déjà meurtrie par l’insécurité. Pour l’autorité provinciale, la vulnérabilité des civils face aux exactions des groupes armés accélère la propagation du virus. De plus, la prolifération de fausses informations sur la maladie alourdit ce tableau sanitaire. « L’Ituri subit des violences avec la présence des groupes armés, avec comme conséquence environ 61 sites de déplacés qui abritent 970 000 personnes. Parce qu’ils sont vulnérables, ces déplacés le deviennent davantage à cause de cette épidémie et de cette infodémie », alerte le général Johnny Luboya Nkashama. Pour contrer la propagation, le gouverneur assimile la riposte sanitaire à une campagne militaire. L’urgence réside dans l’acheminement des intrants médicaux et le positionnement des équipes spécialisées dans les sept zones de santé touchées. Radio Okapi
Soudan du Sud: les autorités se préparent face au risque d’une propagation de l’épidémie d‘Ebola
Une réunion a eu lieu à Juba à l’initiative du ministère de la Santé mardi 26 mai, afin de faire le point sur la préparation et la coordination des différents acteurs de la santé face à l’arrivée très probable du virus sur le territoire. Le gouvernement a présenté un plan sur trois mois, chiffré à 7,3 millions de dollars, pour mettre à niveau les capacités du pays à faire face à l’épidémie. Mais le déploiement de moyens concrets sur le terrain ne fait en réalité que commencer. Face à une potentielle épidémie d’Ebola, dont le nombre de cas croit en RDC voisine, le niveau de préparation du Soudan du Sud n’est estimé qu’à 29 % par les autorités. Le pays ne part certes pas de zéro : un laboratoire national capable d’effectuer les tests, ainsi qu’un centre d’isolement, existent à Juba. Mais les autorités sont bien conscientes de l’ampleur des préparatifs nécessaires pour éviter une catastrophe. « Jusqu’à présent, il n’y a eu aucun cas confirmé au Soudan du Sud, mais nous sommes très inquiets car nos frontières sont poreuses avec la RDC comme avec l’Ouganda », a alerté Luke Thomson Thoan, ministre de la Santé, « nous souhaitons être prêts si un pic épidémique devait apparaître ». … Les autorités misent également sur une sensibilisation des communautés aux mesures de protection, et notamment aux enterrements sécurisés. Et ce afin de couper court à toute hostilité de la population, comme cela a pu être le cas en RDC. RFI
Les cartels mexicains étendent leur production de drogue en Afrique
Les autorités africaines observent une présence croissante des cartels mexicains dans plusieurs pays du continent, notamment en Afrique du Sud, au Nigeria et au Mozambique. Ces organisations criminelles sont de plus en plus impliquées dans la production locale de méthamphétamine, aussi appelée « crystal meth ». Début mai, la police sud-africaine a démantelé un important laboratoire clandestin dans la province du Nord-Ouest. Plus de 480 kilos de méthamphétamine y ont été saisis, ainsi que des équipements estimés à plus de 50 millions d’euros. Parmi les onze suspects arrêtés figuraient cinq ressortissants mexicains. Selon plusieurs médias spécialisés dans les questions de sécurité, il s’agit du quatrième démantèlement de laboratoire lié à des citoyens mexicains en Afrique du Sud en moins de deux ans. Les experts estiment que les cartels déplacent progressivement une partie de leur production vers l’Afrique afin de se rapprocher des marchés de consommation et d’échapper à la surveillance renforcée des autorités américaines et mexicaines. Le phénomène ne concerne plus uniquement l’Afrique du Sud. Ces dernières années, des opérations similaires ont été menées au Nigeria, au Mozambique, au Malawi, au Botswana ou encore au Kenya. L’Afrique de l’Ouest, longtemps utilisée comme zone de transit entre l’Amérique latine et l’Europe, devient désormais un espace de fabrication de drogue. Africanews
Tunisie : grâce présidentielle pour un député qui avait critiqué le chef de l’Etat
Un député tunisien, Ahmed Saïdani, condamné en février à huit mois de prison pour avoir critiqué sur les réseaux sociaux le président Kaïs Saïed, a été libéré mardi 26 mai, en vertu d’une grâce présidentielle, a déclaré son avocat, Me Houssem Eddine Ben Attia, à l’Agence France-Presse (AFP). Peu connu du grand public, Ahmed Saïdani est sorti de prison, faisant partie des détenus graciés par le président de la République à l’occasion de la fête musulmane de l’Aïd el-Adha, a précisé l’avocat. L’Aïd sera célébré mercredi en Tunisie. Il avait été arrêté en février puis condamné à huit mois de prison pour avoir « porté atteinte à autrui via les réseaux sociaux », rappelle son avocat. Membre du bloc parlementaire de la « Ligne nationale souveraine », il avait commenté sur Facebook les déplacements du président Saïed dans des villes sinistrées par des pluies inédites depuis soixante-dix ans. Il avait alors qualifié le président de « commandant suprême de l’assainissement et de l’évacuation des eaux pluviales ». M. Saïdani avait soutenu le coup de force de Kaïs Saïed pendant l’été 2021 et approuvé la condamnation et la mise en détention des principales figures de l’opposition. Le Monde avec AFP
