Alors que la sécurité se détériore, les juntes sahéliennes répriment davantage les civils
Depuis le coup d’État militaire au Mali en 2020, le Sahel est devenu le théâtre le plus meurtrier de la violence perpétrée par des militants islamistes en Afrique. … La détérioration de la situation sécuritaire au Sahel soulève des questions de sécurité de plus en plus urgentes. L’expansion des groupes islamistes militants, les attaques répétées contre des infrastructures stratégiques et la pression croissante sur les centres de population exigent une réévaluation de la stratégie militaire, de la collecte de renseignements, de la protection des forces, de la coordination régionale et de l’efficacité des approches actuelles. Les arrestations, détentions, sanctions, déchéances de nationalité et restrictions recensées au Mali, au Burkina Faso et au Niger entravent encore davantage le dialogue public sur ces questions. Les dirigeants politiques, les journalistes, les personnalités religieuses, les magistrats, les acteurs de la société civile et d’autres voix indépendantes attirent souvent l’attention sur les problèmes émergents, remettent en cause les idées reçues et identifient les échecs politiques. Centre d’études stratégiques de l’Afrique
Trois ans après le coup d’État, le Niger toujours en proie à l’instabilité et au terrorisme
Le 26 juillet 2023, des militaires renversaient Mohamed Bazoum et prenaient le pouvoir au Niger. Trois ans plus tard, le président renversé et son épouse sont toujours détenus à la résidence présidentielle de Niamey. Mohamed Bazoum n’a toujours pas été jugé, et le général Abdourahamane Tiani et le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) dirigent le pays. Leur bilan est mitigé. La situation sécuritaire, l’un des arguments des auteurs du coup d’État du 26 juillet 2023, s’est dégradée au Niger ces dernières années selon différents observateurs, après la chute de Mohamed Bazoum et l’arrivée au pouvoir du général Abdourahamane Tiani. La région de Tillabéry, dans l’ouest, est particulièrement exposée à la menace djihadiste. Depuis le début de l’année, la zone de l’aéroport de Niamey a été la cible de deux attaques ; l’une revendiquée par le Jnim, l’autre par le groupe État islamique au Sahel. RFI
Mali: le journaliste Chahana Takiou aborde son procès «avec foi et sérénité»
Au Mali, le journaliste Chahana Takiou sera jugé ce lundi 27 juillet devant le pôle judiciaire spécialisé contre la cybercriminalité. Cette figure de la presse malienne, directeur du journal 22 Septembre, est en prison depuis presque deux mois. Il avait déclaré, lors d’un évènement officiel, que la justice malienne contournait le droit de la presse pour emprisonner les journalistes. Poursuivi pour « atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire », Chahana Takiou aborde son procès, selon ses proches, avec foi et sérénité. … Début juin, lors d’un évènement officiel consacré aux médias à Bamako, cette figure de la presse nationale avait déploré que les magistrats maliens « ignorent superbement la loi sur la presse » et « détournent la procédure », se servant de la loi sur la cybercriminalité pour emprisonner des journalistes. C’est précisément ce qui lui est arrivé : le procureur du pôle anticybercriminalité l’a emprisonné dans la foulée et inculpé pour « atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire ». Fin juin, ses avocats ont demandé la libération provisoire du journaliste, plaidant la clémence et invoquant son état de santé. Le procureur s’y est opposé. RFI
Guerre au Soudan: l’armée affirme avoir repris le contrôle d’un axe majeur dans le centre du pays
Au Soudan, l’armée gouvernementale annonce avoir repris le contrôle d’un axe routier majeur, dans l’État du Kordofan du Nord, dans le centre du pays. Une route qui lie la capitale du pays, Khartoum, à El-Obeid. La ville était encerclée depuis plus de 18 mois par les forces paramilitaires du général Hemedti qui y avait massé des troupes en vue d’une apparente attaque de grande envergure. Or, après deux jours de combats intenses, l’armée a annoncé dimanche avoir repris plusieurs localités au nord d’El-Obeid – Bara, Umm Garfa, Umm Sayala – ce qui lui permet de sécuriser plus de 350 kilomètres de la route appelée l’autoroute Al-Sadarat. Un axe qui était aux mains des paramilitaires depuis trois ans. … Cette prise permet donc à l’armée d’ouvrir une deuxième route d’approvisionnement vers El-Obeid, d’envoyer rapidement du matériel aux troupes de l’armée régulière qui tiennent la ville depuis des mois, et de ravitailler cette cité assiégée par des paramilitaires qui bombardent tous les convois transportant du ravitaillement. La ville se trouve à un carrefour stratégique : son axe Nord-Sud relie Khartoum au reste du Kordofan, tandis que son axe Est-Ouest relie les bastions des FSR dans la région du Darfour au centre et à l’est du pays, tenus par l’armée. RFI
Togo : l’opposition manifeste à nouveau contre la nouvelle Constitution
Des centaines de personnes se sont rassemblées dimanche 26 juillet dans le sud du Togo pour à nouveau dénoncer la nouvelle Constitution adoptée en 2024 qui a permis à Faure Gnassingbé de consolider son pouvoir. Organisé par un regroupement d’importants partis d’opposition togolais et de la société civile, le rassemblement s’est tenu à Vogan, à une soixantaine de kilomètres de Lomé. C’est le deuxième meeting tenu en trois mois par le Cadre national de concertation pour le changement au Togo (CNCC), après celui organisé début mai pour le même motif. … La Constitution adoptée en 2024 a toujours été vivement critiquée par l’opposition et la société civile, qui y voient un moyen pour Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, de se maintenir indéfiniment à la tête de l’État. Pour le camp présidentiel, cette réforme constitutionnelle assure plus de représentativité. … Le texte supprime l’élection du chef de l’État au suffrage universel direct et instaure un régime parlementaire. La plus haute fonction du pouvoir est désormais celle de président du Conseil, qu’occupe Faure Gnassingbé. Jeune Afrique avec AFP
Près de 2 500 personnes ont manifesté à Tunis contre le pouvoir et la dégradation des conditions de vie
Environ 2 500 personnes ont défilé ce 25 juillet à Tunis contre le président Kaïs Saïed, au cinquième anniversaire de son coup de force institutionnel. Les manifestants dénonçaient aussi la détérioration des conditions de vie alors que le pays subit une forte vague de chaleur. « Dégage! », « Ni eau, ni électricité, il n’y a que prison et hausse des prix », ont scandé les manifestants qui ont défilé dans les rues de Tunis lors du cinquième anniversaire du coup de force de Kaïs Saïed. … Le pays vit, en pleine vague de chaleur, au rythme des coupures d’électricité et parfois d’eau. Les coupures de courant sont programmées afin d’alléger la pression sur un réseau électrique dépassé par la demande, notamment due à la climatisation. Elles ont attisé la colère et l’inquiétude, notamment pour les hôpitaux. Jeune Afrique avec AFP
Sénégal : Bassirou Diomaye Faye lance Kiiraay – Les Patriotes républicains, son nouveau parti
Le président Faye a dévoilé son nouveau parti, baptisé « Kiiraay – Les Patriotes républicains », dont le nom signifie « protection » ou « bouclier » en langue wolof, lors d’une conférence dans un grand hôtel de Dakar. Plusieurs centaines de ses partisans, qui ne pouvaient pas tenir dans la salle de conférence, attendaient dehors sous une chaleur torride, brandissant des pancartes et portant des foulards décoratifs sur lesquels on pouvait lire « Vive Diomaye ». En annonçant la création de ce nouveau parti, dont le slogan est « Patriotes républicains », Bassirou Diomaye Faye a souligné qu’il reposait sur « la république, l’éthique, la transparence, la fraternité et le travail ». … Plusieurs responsables et militants du Pastef ont récemment annoncé leur démission pour rejoindre le camp présidentiel. Selon l’équipe de communication de Bassirou Diomaye Faye, le nouveau parti tiendra un congrès après la saison des pluies estivale du pays. Jeune Afrique avec AFP
Nigeria: les autorités saisissent plusieurs milliers de kilos de drogues à Lagos
L’Agence nationale anti-drogue a intercepté plusieurs milliers de kilos de substances illicites en une semaine. Il ne s’agit pas d’une opération inédite, mais elle démontre que le Nigeria a pris un rôle important dans le trafic de drogue international, qui met en péril le profil commercial du pays. Au fond de cartons de nourriture, dissimulés parmi des produits cosmétiques ou des voitures… L’agence anti-drogue nigériane a débusqué de la cocaïne, des médicaments et du cannabis la semaine dernière pour une valeur de 10 milliards de nairas, soit 6,4 millions d’euros. Grâce aux renseignements récoltés en collaboration avec les douanes, les agents de l’antidrogue au Nigeria ont mis la main sur un stock d’opioïdes en provenance d’Inde à l’aéroport de Lagos d’une valeur d’1,2 million d’euros. Le fret maritime est aussi touché par le trafic de stupéfiants. Les forces de police ont découvert plus de 2 300 kilos de cannabis dissimulés dans un conteneur chargé de véhicules au port d’Apapa, à Lagos. Rien qu’au premier trimestre de cette année, dans ce même port, plus de 71 000 kilos de stupéfiants ont été saisis, selon les chiffres de l’Agence nationale de lutte contre la drogue divulgués par la presse locale. Le Centre d’autonomisation et de recherche sur la mer s’est alarmé de l’augmentation de l’utilisation des ports nigérians comme zone de transit pour le trafic de drogue international, qui pourrait nuire à la réputation commerciale du pays et décourager les investisseurs. RFI
RDC: Les chefs coutumiers de Beni et Lubero dénoncent la persistance des massacres des civils par les ADF et les milices locales
Réunis ce dimanche 26 juillet 2026 à Beni, une dizaine de leaders membres de l’Alliance nationale des autorités traditionnelles du Congo (ANATC) ont tiré la sonnette d’alarme sur la dégradation continue du climat sécuritaire dans les territoires de Beni et Lubero, au Nord-Kivu. Mettant en cause les tueries des ADF, les dérives de certains groupes se réclamant des Wazalendo ainsi que le contentieux foncier avec le Parc national des Virunga, les coutumiers exigent une réaction militaire et politique d’urgence. … Pour enrayer cette spirale d’insécurité, l’ANATC formule un appel à trois niveaux : Aux Forces armées (FARDC) : Traquer sans relâche les ADF, sécuriser prioritairement les villages sous menace et encadrer strictement les groupes Wazalendo. Aux populations locales : Développer une vigilance citoyenne en dénonçant systématiquement auprès des services de sécurité tout collaborateur des groupes armés. Au gouvernement central : Inciter le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale, à accorder un soutien direct et une attention particulière aux autorités coutumières, premières victimes et témoins de ces crises. Radio Okapi
ONU: l’Ougandais Olara Otunnu, septième candidat au secrétariat général et ex-cadre de l’institution
La course pour devenir le prochain secrétaire général des Nations unies compte depuis le 25 juillet 2026 un septième candidat : l’Ougandais Olara Otunnu, 75 ans, un ancien haut responsable de l’organisation qui a également été candidat d’opposition à la présidentielle dans son pays. Sa candidature a été présentée par son pays d’origine et annoncée samedi par l’ONU à ses États membres. Le gouvernement ougandais le présente comme « un éminent homme d’État et haut fonctionnaire international ». Olara Otunnu a plus de 40 ans de carrière dans les cercles diplomatiques, de Kampala à New York. Ancien pensionnaire de la faculté de droit d’Harvard, il a exercé dans un grand cabinet new yorkais avant d’embrasser une carrière de professeur de droit dans une université de l’État de New York et à l’université américaine de Paris. De 1980 à 1985, Olara Otunnu a été représentant permanent de l’Ouganda auprès des Nations unies à New York. Pendant cette période, il a présidé, entre autres, le Conseil de sécurité en 1981 et a assuré la présidence de la Commission des droits de l’homme de 1982 à 1984. Sous le mandat du Ghanéen Kofi Annan (1997-2006), la carrière d’Olara Otunnu a culminé avec le poste de secrétaire général adjoint de l’ONU et de représentant spécial pour les enfants et les conflits armés. RFI
CAN 2025 et victoire du Maroc : le Tribunal arbitral du sport examinera l’appel du Sénégal ce 8 octobre
Le Tribunal arbitral du sport a indiqué ce vendredi 24 juillet qu’il allait examiner l’appel du Sénégal ce 8 octobre 2026. Les Sénégalais avaient fait appel suite à la décision de la CAF d’accorder la victoire de la CAN au Maroc. La finale de la CAN, le 18 janvier dernier à Rabat, entre le Maroc et le Sénégal a basculé dans le chaos lorsqu’un penalty a été accordé aux Marocains après visionnage vidéo dans le temps additionnel. Une grande partie des joueurs sénégalais, à la suite de leur sélectionneur Pape Thiaw, avaient quitté le terrain et n’y sont revenus qu’un quart d’heure plus tard tandis que des incidents se produisaient en tribune et sur une partie du terrain entre supporters sénégalais et forces de sécurité. Brahim Diaz avait raté le penalty, et le Sénégal s’était imposé (1-0) dans la prolongation sur un but de Pape Gueye. Mais, saisi par la fédération marocaine, le jury d’appel de la Confédération africaine a déclaré le 17 mars que le Sénégal avait perdu la finale par forfait et a attribué la victoire à la sélection marocaine sur le score de 3-0. … C’est cette décision que la fédération sénégalaise demande au TAS d’annuler. AFP
