Revue de presse du 27 février 2026

Burkina Faso : le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans revendique des attaques dans le nord et l’est du pays, faisant plus de 130 morts
Depuis la mi-février, les combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) enchaînent des offensives d’envergure au Burkina Faso, selon des informations transmises par des organisations non gouvernementales à l’Agence France-Presse (AFP), vendredi 27 février. Ces attaques ont fait plus d’une centaine de morts, touchant des militaires comme des civils. … Les plus meurtrières de ces attaques ont visé, le 15 février, la caserne militaire de Titao, ville située dans le nord du pays, où le groupe affirme avoir tué des dizaines de soldats et une dizaine de civils, dont sept commerçants ghanéens. Le même jour, il revendiquait la mort d’une cinquantaine d’agents des Eaux et Forêts à Tandjari, dans l’est. … Les récentes attaques se concentrent dans le nord et l’est du pays, des régions importantes pour le groupe. « Ce sont des zones qui regroupent de nombreux sites d’or, et d’importants axes qui alimentent la contrebande du groupe », explique à l’AFP un analyste sécuritaire burkinabé, sous couvert d’anonymat. Le Monde avec AFP

Nigeria : deux attaques djihadistes, imputées au groupe Boko Haram, font plusieurs morts
Selon des informations transmises par des responsables locaux à l’Agence France-Presse (AFP), deux attaques de djihadistes ont eu lieu, mardi 24 février au soir, dans le nord-est du Nigeria, dans le village de Shiwari, ainsi que dans la localité de Hong. Si l’armée n’a pour le moment pas dressé de bilan exact du nombre de victimes, les sources sur place font état de plusieurs morts. … Les assaillants ont pillé le marché, emportant des denrées, du bétail et des motos. … Une autre attaque a été signalée dans le gouvernement de Hong, situé à proximité de Shiwari : « Boko Haram nous a attaqués, témoigne Ezekiel Musa, un habitant. Après leur départ, nous avons découvert les corps de trois soldats, et une femme a également été tuée. La ville est désormais sécurisée par des forces de sécurité, mais certains d’entre nous ont déjà commencé à la quitter, par crainte de ce qui s’est passé », se désole-t-il. Le Monde avec AFP

Mali : deux localités de Mopti empêchées de se ravitailler
Au Mali, les convois de ravitaillement des populations de Nouh Bozo et de Diafarabé sont bloqués en pleine période de ramadan. En cause : le blocus terroriste qui pèse sur ces deux localités de la région de Mopti, dans le centre du pays. De sources locales, le tarissement de l’eau du fleuve serait l’autre raison de cet arrêt des livraisons. Les habitants des deux localités manquent désormais de vivres, mais aussi de médicaments. Les derniers convois de ravitaillement sont bloqués depuis bientôt trois semaines par des éléments du Jnim, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans. L’essentiel des besoins indispensables à la survie des populations de Nouh Bozo et de Diafarabé se trouve dans ces camions. Un chasseur traditionnel dozo, s’exprimant sous couvert de l’anonymat, explique à la DW que la situation sécuritaire dans la zone a atteint un niveau sans précédent. « Nous manquons de médicaments, mais aussi de denrées de base, comme les denrées alimentaires. Que ce soit à Diafarabé ou à Nouh Bozo, nous vivons la même situation » assure t-il. « Nous sommes pourchassés par les djihadistes, simplement parce que nous avons décidé de soutenir l’armée nationale. Nous, les dozos, nous avons fait le serment de défendre nos terres. Nous payons ainsi au quotidien le prix de ce choix, car les djihadistes nous attaquent à tout moment et de tous les côtés » se plaint par ailleurs le chasseur traditionnel. DW

Cocaïne, tramadol… Saisie record de drogues au Cameroun, pays de transit mais aussi de consommation de stupéfiants
Au Cameroun, deux tonnes et demie de stupéfiants ont été interceptées à l’aéroport de Douala, le 20 février. La cocaïne et le tramadol retrouvés venaient d’Inde, du Soudan du Sud mais aussi d’Allemagne. « L’Afrique centrale n’est plus considérée comme une zone de transit, mais comme une base de consommation qui ne cesse de s’accroître » affirme auprès de TV5MONDE l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime. À la découverte de la cargaison à l’aéroport international de Douala, la capitale économique du Cameroun, les autorités camerounaises n’ont pas caché leur inquiétude. … L’usage non médical d’opioïdes tels que le tramadol reste élevé en Afrique centrale, en Afrique du Nord, ainsi qu’en Afrique de l’Ouest. Plus de 90% des saisies mondiales de tramadol ont eu lieu en Afrique sur les cinq dernières années, selon le Rapport mondial sur la drogue de l’ONU de 2024. … Pour acheminer la drogue, les cartels utilisent des navires de pêche, mais aussi des semi-submersibles artisanaux naviguant « à ras de surface », rapporte Akram Boubakri. Ces embarcations sont ainsi difficilement détectables par les radars de navigation et de surveillance. L’axe aérien est aussi employé pour transporter d’importantes quantités de cocaïne en Afrique de l’Ouest, à l’instar des saisies récentes au Cameroun. Une fois déchargé dans les ports maritimes d’Afrique de l’Ouest, une grande partie de la drogue est ensuite acheminée vers les pays du Sahel par bus, direction notamment l’Europe. TV5Monde

Cameroun : enquête sur les reseaux russes dans les médias panafricanistes
Disposant d’un site internet et d’une chaîne YouTube suivie par près de 40000 abonnés, [Panafrican Media TV (PM-TV)] a été fondée en 2023 par le Camerounais Mohamed Bachir Ladan. Décrit comme journaliste et panafricaniste, il a surtout été, à cette même date, nommé directeur de la communication de l’Alliance internationale des Brics pour la zone d’Afrique centrale et de l’Ouest. Une «alliance» fondée par la Russie et fortement imprégnée des idées du Kremlin, lequel cherche à se placer en leader d’un «grand Sud» opposé à l’Occident. … La plateforme diffuse ainsi des contenus produits par Globus Expert Council (Globus), une organisation cofondée par une Russe, Yulia Berg. … Selon de récents documents obtenus par le collectif All Eyes on Wagner, elle fait partie des consultants qui travaillent pour Africa Politology, organisation liée aux renseignements extérieurs russes (SVR). … PM-TV n’est pas la seule plateforme à entretenir des liens étroits avec Globus. C’est aussi le cas de For You Media (FYM), fondée par l’ancien candidat à la présidentielle au Cameroun, Serge Espoir Matomba, et dirigée par Diane Manuela Sike Doumbe. … PM-TV et FYM bénéficient aussi de l’expérience d’une autre entité proche des anciens de Wagner, Afrique Media TV (AM-TV). Fondée vers 2010 par le Camerounais Justin Blaise Tagouh et le Centrafricain Martin Ngningaye, celle-ci a pourtant connu un coup d’arrêt en janvier 2025, lorsque sa chaîne YouTube − qui comptait près de 1million d’abonnés − a été fermée. Justin Blaise Tagouh a par ailleurs été sanctionné par l’Union européenne en mai 2025 pour son implication présumée dans des activités de soutien à l’influence russe. Jeune Afrique

Ukraine: 272 Ghanéens « attirés » sur le front dont 55 tués, selon Accra
Le ministre ghanéen des Affaires étrangères a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi sur X estimer que 272 Ghanéens ont été « attirés » dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine, « dont environ 55 auraient été tués ». Ces derniers mois, plusieurs pays africains, notamment le Kenya et l’Ouganda, ont commencé à découvrir le sort de leurs ressortissants enrôlés dans l’armée russe, qui souvent finissent tués ou capturés en Ukraine. Samuel Okudzeto Ablakwa a effectué cette semaine une visite à Kiev notamment pour discuter avec les autorités ukrainiennes du sort de deux Ghanéens prisonniers de guerre après avoir été capturés sur le front alors qu’ils combattaient dans les rangs russes. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriï Sybiga a affirmé lors d’une rencontre avec son homologue ghanéen mercredi que plus de 1.780 Africains – ressortissants de 36 pays du continent – combattaient contre l’Ukraine au sein de forces russes. Les Ghanéens partis combattre dans cette guerre « sont victimes de manipulation, de désinformation » de la part « de réseaux criminels de trafiquants » qui leur promettent « un travail décent » en Russie, a assuré M. Ablakwa mercredi. AFP

Ghana: des pêcheurs attaqués par des pirates et abandonnés en pleine mer
Des pêcheurs ghanéens ont été attaqués jeudi matin au large du Ghana par des pirates qui ont volé les moteurs de leurs bateaux, les abandonnant en pleine mer, a expliqué une élue ghanéenne à l’AFP. Le golfe de Guinée – qui s’étend dans sa définition la plus vaste du Liberia à l’Angola – est au cœur de flux commerciaux en provenance ou en direction d’Europe, des Etats-Unis et d’Asie. Carrefour majeur des échanges d’hydrocarbures et de gaz, il jouxte tous les grands pays producteurs de l’Ouest de l’Afrique. Longtemps épicentre de l’insécurité maritime, cet espace maritime a enregistré une chute des actes de piraterie grâce aux efforts conjoints des pays côtiers et d’Etats européens. Le nombre de pêcheurs concernés par l’attaque de jeudi n’a pas été communiqué mais Gizella Tetteh-Agbotui, membre du Parlement de la constitution d’Awutu Senya West, au large de laquelle a eu lieu l’attaque, a déclaré à l’AFP que sept pirogues, chacune transportant environ 20 pêcheurs, ont été ciblées. « L’attaque s’est produite ce matin, alors que les pêcheurs rentraient d’une expédition de pêche nocturne. Des hommes armés ont ouvert le feu et ont volé les moteurs hors-bord et les groupes électrogènes de sept pirogues, laissant les pêcheurs bloqués en mer », a-t-elle décrit en précisant que les assaillants, dont la nationalité est inconnue, avaient agi à bord « d’un bateau noir ». AFP

Soudan du Sud: des chancelleries occidentales dénoncent des «atrocités insensées» dans le Nord-Est
Dans un communiqué commun publié jeudi 26 février, plusieurs chancelleries occidentales, dont les États-Unis et l’Union européenne, ont dénoncé « les informations faisant état d’atrocités insensées perpétrées, semble-t-il, par des forces liées » à l’armée du Soudan du Sud, « contre des villageois de Pankor », dans le nord-est du pays, le 21 février dernier. Le bilan humain communiqué est de 16 morts, dont 8 enfants et 5 femmes, mais plusieurs médias annoncent plutôt 22 morts. Au Soudan du Sud, un massacre de civils perpétré le 21 février 2026 par des soldats affiliés à l’armée sud-soudanaise continue de faire réagir. Les ambassades des États-Unis, de l’Union européenne, de la France, du Canada, du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de l’Irlande, des Pays-Bas, de la Norvège et du Japon ont dénoncé dans un communiqué commun cette tuerie qui a eu lieu à Pankor, un village du comté d’Ayod, dans le Jonglei, au nord-est du pays. Cette région est en proie depuis décembre à un conflit qui s’aggrave, qui a fait près de 300 000 déplacés, et qui est marqué par des violations graves des droits humains. C’est un véritable piège qu’ont tendu des soldats de l’armée sud-soudanaise à des habitants de Pankor dans le Jonglei. Selon les récits publiés dans la presse locale, un groupe de soldats a appelé les habitants à venir s’enregistrer pour recevoir de l’aide humanitaire. Rassemblés dans une hutte, ils auraient ensuite été exécutés, certains avec les bras attachés dans le dos, comme en attestent les images qui ont circulé dès dimanche. RFI

Le rapatriement forcé de réfugiés burundais depuis la Tanzanie inquiète le HCR
Fin novembre 2025, on comptait plus de 140 000 réfugiés burundais en Tanzanie. Jusqu’à 17 000 personnes déclarent ne pas pouvoir rentrer chez elles par crainte pour leur sécurité ou en raison du risque de persécution politique. Parmi elles figurent des membres de l’opposition et d’anciens militaires. « Les réfugiés expriment de plus en plus d’inquiétudes face aux retours forcés et aux mesures coercitives », a déclaré Bahia Egeh, de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en Tanzanie. « Nous continuons de plaider contre toute mesure coercitive à l’encontre des réfugiés dans les camps ». À ces préoccupations s’ajoutent des informations selon lesquelles, lors du processus de rapatriement en Tanzanie, des camps de réfugiés sont « démolis » et certains réfugiés burundais sont victimes de « mauvais traitements », a révélé le HCR cette semaine. … En 2017, le retour des réfugiés burundais dans leur pays d’origine a été jugé sûr. Le HCR a conclu un accord tripartite avec les gouvernements du Burundi et de la Tanzanie en vue de rapatriements volontaires. Les progrès ont été initialement encourageants, mais la pandémie de coronavirus a entraîné une baisse des rapatriements pendant quelques années. … Un élément essentiel de l’accord tripartite est que les personnes doivent être traitées avec respect ; les retours doivent reposer sur un choix libre et éclairé et non sur la coercition. ONU Info

Le Kenya administre les premières injections d’un traitement préventif contre le VIH
Le Kenya a officiellement lancé, jeudi 26 février 2026, l’utilisation d’un nouveau traitement préventif contre le VIH, le lénacapavir, injectable deux fois par an, et considéré comme un progrès immense par rapport aux traitements nécessitant la prise quotidienne d’une pilule. Dans ce pays, la prévalence du VIH est d’environ 3,7% à l’échelle nationale mais atteint 10% dans certaines régions. Ce traitement, recommandé par l’OMS en option supplémentaire de PrEP, était donc très attendu sur place. Quinze comtés ont été sélectionnés en priorité pour la première phase. … Le traitement est disponible gratuitement dans certains établissements de santé publics. Le Kenya a reçu un premier lot de 21 000 doses de lénacapavir la semaine précédente, dans le cadre d’un accord conclu avec son fabricant américain, Gilead Sciences, et le Fonds mondial de lutte contre le sida. D’autres doses sont attendues dans les prochains mois. L’Afrique du Sud, la Zambie, l’Eswatini et le Zimbabwe ont aussi déjà lancé l’utilisation de ce nouveau traitement. RFI