Revue de Presse du 27 février 2019

Nigeria : Muhammadu Buhari réélu pour un second mandat
Le scrutin s’annonçait serré, mais Buhari a réussi à maintenir une large avance sur son adversaire. Le président sortant « est déclaré vainqueur et est réélu », a ainsi officialisé le président de l’INEC, Mahmood Yakubu à l’aube mercredi 27 février, alors que la compilation des résultats avait mis fin au suspense dès mardi soir. Avec les résultats des 36 États du pays ainsi que de la capitale fédérale Abuja, Muhammadu Buhari a gagné en comptant une avance de près de 4 millions de voix par rapport à son principal rival, Atiku Abubakar. Le candidat du Parti Populaire Démocratique (PDP) est quant à lui crédité de 41% de suffrages. Quelques centaines de personnes s’étaient rassemblées dans le quartier général du parti au pouvoir, le Congrès des Progressistes (APC) à Abuja, pour sabrer le champagne au son de l’afropop. Toutefois, en raison de l’heure tardive de l’annonce, il y avait peu de ferveur ou célébration populaire dans le pays. Y compris à Kano, l’un de ses fiefs, où ses partisans étaient sortis en masse en 2015 pour célébrer sa première victoire.  Jeune Afrique

L’opposition nigériane dénonce « une parodie d’élection » et va en justice
L’opposant nigérian Atiku Abubakar a dénoncé mercredi une « parodie d’élection » après l’annonce de la victoire du président sortant Muhammadu Buhari et annoncé qu’il allait saisir la justice pour contester le résultat. « Si j’avais perdu dans des élections libres et justes, j’aurais appelé le vainqueur dans la seconde », a déclaré le candidat du Parti populaire démocratique (PDP) dans un communiqué. « Non seulement je lui aurais adressé mes félicitations mais j’aurais aussi proposé mes services pour contribuer à unir le Nigeria. » Mais « je rejette les résultats de la parodie d’élection du 23 février 2019 et contesterai ses résultats en justice », a ajouté l’ancien vice-président.  VOA

Soudan: des pays occidentaux déplorent le « retour à un régime militaire »
Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada et la Norvège ont déploré mardi le « retour à un régime militaire » au Soudan après une série de mesures prises par le président Omar el-Béchir face au mouvement de contestation qui réclame son départ. Face à la persistance des manifestations déclenchées le 19 décembre, à l’origine motivées par le triplement du prix du pain, le président soudanais a décrété vendredi l’état d’urgence dans tout le pays. Il a aussi annoncé la dissolution du gouvernement aux niveaux fédéral et provincial et la nomination à la tête des 18 régions du pays de 16 officiers de l’armée et deux responsables de la sécurité. « Autoriser les forces de sécurité à agir dans l’impunité est de nature à davantage porter atteinte aux droits humains, à la bonne gouvernance et à la gestion économique », ont indiqué les quatre pays dans un communiqué commun publié à Khartoum. TV5

Sénégal: Macky Sall bien placé pour l’emporter, selon des résultats provisoires
Le président sénégalais Macky Sall était mardi bien placé pour remporter un second mandat dès le premier tour de l’élection présidentielle, selon des résultats encore provisoires publiés par les médias sénégalais et portant sur près de 90% des suffrages. Les chiffres officiels provisoires relevés dans les 45 départements du pays et dans la diaspora sont scrutés depuis la mi-journée par la Commission nationale de recensement des votes (CNRV), qui doit les publier jeudi ou vendredi au plus tard au niveau national. Ils seront ensuite rendus définitifs par le Conseil constitutionnel, après l’examen d’éventuels recours. Mais selon les données des commissions départementales affichées devant les tribunaux départementaux et compilées par les médias locaux, dont l’agence de presse publique APS, Macky Sall a récolté lors du scrutin de dimanche plus de 2,2 millions de voix, contre environ 1,7 million au total pour ses quatre adversaires. TV5

RDC : Félix Tshisekedi promet la libération prochaine de « tous les prisonniers politiques »
Le président de la RDC a annoncé, en marge d’une visite d’État en Namibie, que « tous les prisonniers politiques seront libérés » dans les prochains jours. « Le pouvoir de Kabila a fait son temps. C’est maintenant le mien qui commence, et j’ai ma méthode. » C’est par ces mots que Félix Tshisekedi a entamé une ébauche de bilan de ses trente premiers jours à la tête de la RDC. Arrivé à Windhoek ce mardi pour une visite d’État de deux jours, il a profité d’une conférence de presse commune avec son homologue namibien, Hage Geingob, pour se livrer à un plaidoyer pro domo et faire plusieurs annonces. Respect des droits de l’homme, autorisation des manifestations, accès de l’opposition aux médias publics… Félix Tshisekedi a voulu marquer sa différence avec l’ancien président. « Ma méthode produit déjà ses effets », a-t-il affirmé. « Depuis que j’ai été élu, j’ai commencé à sévir contre les agents des forces de l’ordre qui violent le droit des citoyens. Au niveau de la télévision nationale, la parole est donnée à l’opposition. Les activités de Martin Fayulu passent sans censure et [il] continue à tenir des manifestations en toute liberté », a-t-il déclaré. Jeune Afrique

Félix Tshisekedi sollicite l’appui de la SADC pour la stabilité de la RDC, à Windhoek
Le président Félix Tshisekedi a, lors de sa visite à Windoek, en Namibie, indiqué qu’il sollicitait l’appui de la SADC (Communauté de développement et des Etats de l’Afrique australe) pour la stabilité de la RDC. Le nouveau Chef de l’Etat congolais et son homologue namibien Hage Geingob ont animé une conférence conjointe après leurs entretiens.  » Pour parler de développement, il faut d’abord parler de paix. Vous savez que mon pays, la RDC, est en proie à des troubles menés par des groupes armés. Ils s’adonnent à des meurtres, à des exactions, mais également à un trafic illégal de nos matières précieuses, et dans ces conditions-là, c’est bien entendu très difficile de développer le pays. Voilà pourquoi nous venons solliciter le soutien de nos frères de la SADC à travers le président Hage Geingob pour éradiquer évidemment toutes formes de violences dans notre pays et apporter finalement la paix, » a expliqué M. Tshisekedi. VOA

Des pro-Katumbi demandent à Tshisekedi une réponse à la « question de légitimité »
« Ensemble pour le changement », la coalition politique de l’opposant Moïse Katumbi, demande au président Félix Tshisekedi, « des initiatives fortes susceptibles de régler la question de la légitimité des institutions et de leurs animateurs » après la présidentielle contestée. Cette coalition a soutenu la candidature de Martin Fayulu face à, entre autres, Félix Tshisekedi, vainqueur de la présidentielle du 30 décembre 2018. Dans un texte publié mardi, mais également lors d’une conférence de presse tenue à Kinshasa, les membres de ce regroupement politique ont accusé l’ancien président Joseph Kabila d’avoir une « responsabilité personnelle » dans « l’orchestration du chaos électoral infligé au pays ». VOA

70 ex-rebelles du M23 rapatriés en RDC
70 anciens membres de la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) sont rentrés mardi en République démocratique du Congo (RDC). Cette opération s’inscrit dans le cadre d’un accord de rapatriement signé en 2013 indique le ministère ougandais des Affaires étrangères. Le rapatriement mardi de 70 ex-rebelles fait suite à une réunion d’avril 2018 lors de laquelle l’Ouganda, le Rwanda et la RDC se sont accordés sur une « campagne de sensibilisation » auprès des anciens du M23 afin d’intensifier leur retour. Le transfert de mardi porte à 316 seulement le nombre total d’ex-rebelles M23 rapatriés depuis l’Ouganda dans le cadre de ce programme, sur un total d’environ 1.500. BBC

La grogne des policiers s’étend en RDC
En République démocratique du Congo, après Beni, Uvira, Tshikapa, lundi 25 février, c’est à Mbuji-Mayi que des policiers ont commencé à tirer en l’air pour réclamer, pour certains, le paiement de deux mois d’arriérés de salaire et, pour d’autres, le paiement de leurs frais de mission, quand ces ils ont été déployés pour sécuriser le processus électoral. A Mbuji-Mayi comme dans les autres villes où ces manifestations ont eu lieu, les tirs des policiers ont provoqué des mouvements de panique. « Pour nous, c’est une surprise que la revendication se passe de cette manière-là pour un service où règne la discipline, explique Charles Doux Mbuyi, ministre de l’Intérieur du Kasaï-Oriental. Il s’agit peut-être d’emboîter le pas à d’autres provinces qui l’avaient déjà fait. Ils se sont dit : « Si on l’a fait de l’autre côté et qu’il y a eu des solutions, on peut aussi le faire ici ». » RFI

Les médias sociaux restaurés au Soudan après 10 semaines
L’accès aux médias sociaux a été rétabli dans tout le Soudan après 10 semaines d’interruption ordonnée par le gouvernement. Depuis décembre, le Soudan a été secoué par des manifestations quasi quotidiennes et les autorités soudanaises ont bloqué l’accès aux principaux réseaux sociaux à savoir Facebook, Twitter et Instagram qui ont été utilisés pour organiser les manifestations antigouvernementales. La restauration des médias sociaux intervient quelques jours seulement après que le président soudanais Omar el-Béchir ait déclaré l’état d’urgence pour un an et interdit les rassemblements non autorisés et les manifestations publiques. Au Soudan, l’État contrôle étroitement les médias traditionnels et Internet est devenu un élément clé pour les populations qui l’utilise lors de leur fronde pour se mobiliser. BBC

De nouvelles manifestations anti-Bouteflika en Algérie
Des étudiants algériens sont descendus dans la rue, mardi, pour protester contre la candidature du président Abdelaziz Boutefika à un cinquième mandat. Des photos publiées sur les médias sociaux montrent des rassemblements dans plusieurs universités d’Algérie. On entend les étudiants chanter des slogans contre M. Bouteflika, qui a annoncé début février sa décision de se présenter à l’élection présidentielle du 18 avril prochain. Les rassemblements ont démarré vendredi 22 février, à Alger et d’autres villes du pays. Les avocats algériens ont organisé un sit-in, lundi, dans le centre d’Alger, pour exprimer leur soutien aux manifestations du 22 février.  BBC

Gabon: premier Conseil des ministres d’Ali Bongo depuis son AVC
Le chef de l’Etat gabonais Ali Bongo Ondimba a présidé mardi à Libreville son premier Conseil des ministres depuis qu’il a été victime le 24 octobre d’un accident vasculaire cérébral (AVC) alors qu’il se trouvait à Ryad. Les services de la communication présidentielle ont publié des photos d’Ali Bongo assis à la table du Conseil, qui s’est tenu au « Palais du bord de mer », nom donné à la présidence gabonaise. Aucune précision sur la tenue du Conseil des ministres n’avait filtré à 18h15 (17h15 GMT). C’était le premier Conseil du nouveau chef du gouvernement, Julien Nkoghe Bekalé, nommé en janvier, ainsi que de ses ministres. En l’absence d’Ali Bongo, le dernier Conseil des ministres du précédent gouvernement s’était tenu mi-novembre sous la présidence du vice-président Pierre-Claver Maganga Moussavou, à la suite d’une modification de la Constitution lui permettant de le faire.  Slate

Tunisie : le numérique, dernière arme d’Ennahdha et de Tahya Tounes pour faire baisser l’abstention
Face à la défiance vis-à-vis de la classe politique, les partis tunisiens sont en quête d’attention, et d’adhérents. Quoi de mieux que le web pour se refaire une image et partir à la conquête des cœurs ? Aux deux extrémités du spectre idéologique, Ennahdha et Tahya Tounes peaufinent ainsi leur stratégie numérique. La politique, un choix de raison ? À l’heure de l’hyper-communication, c’est souvent la visibilité qui compte. Les partis tunisiens affûtent donc leur stratégie pour sortir du lot. Face à plus de 200 concurrents, mieux vaut être branché, ou plutôt connecté, pour se démarquer à tout prix. Après avoir conquis le terrain tunisien, de porte en porte, de route en route, de manifestation en manifestation… et fait les preuves de sa discipline à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), où elle est majoritaire, Ennahdha annonçait mi-février le lancement de son service d’adhésion « à distance ». En guise de publicité (au goût quelque peu décalé) : la photo de la découpe d’un gros gâteau surmonté de crème fouettée par ses dirigeants, tout sourire, dont leur chef Rached Ghannouchi.  Jeune Afrique

Sommet UE – Ligue Arabe : Abdel al-Sissi défend la peine de mort
Pas d’abolition de la peine de mort en Égypte. Déclaration du président Abdel Fattah Al Sissi lors du sommet UE – Ligue Arabe, à Charm el-Cheikh en Égypte. L‘Égypte n’est pas prête à abandonner la peine de mort. Abdel Fattah Al Sisi s’est voulu clair et l’a dit haut et fort lundi devant les dirigeants de l’Union européenne lors du Sommet UE-Ligue Arabe à Charm el-Cheikh en Egypte. Le président égyptien répondait ainsi aux critiques et aux appels occidentaux réclamant l’abolition de la peine capitale. « Vous parlez de la peine de mort, que nous reconnaissons et avec laquelle nous sommes d’accord. Cependant, je vous demande de ne pas nous l’imposer », a exhorté le président égyptien avant de justifier sa position face à cette question. « Nous sommes deux cultures et deux régions différentes. Chaque région a ses propres réalités. Permettez-moi de dire aux journalistes qui parlent de cette question que la priorité en Europe est de garantir la prospérité de son peuple, puis de la maintenir. La nôtre est de préserver nos pays et les empêcher de s’effondrer comme vous le voyez dans de nombreux États voisins », a martelé Abdel Fattah al-Sissi. Africa News



Photo: Adam Jones