Revue de presse du 27 avril 2026

Mali : la junte vacille après des attaques djihadistes d’une ampleur et d’une coordination inédites
Le Mali tient désormais à un fil très mince. Dimanche 26 avril, au lendemain du lancement d’attaques d’une ampleur et d’une coordination inédites sur plusieurs villes du pays, la junte au pouvoir ne semblait pas s’être relevée du coup sans précédent qui lui a été porté par les djihadistes du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), alliés aux indépendantistes touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA). … Cela fait des mois que la pression des djihadistes sur le pouvoir central s’accentue. Déjà puissants dans les campagnes, ils se sont peu à peu rapprochés des villes et ont imposé, depuis septembre 2025, un blocus sur les routes pour empêcher le carburant de parvenir à la capitale et attiser le mécontentement. Mais jamais les militaires au pouvoir depuis 2021 n’avaient eu affaire à d’aussi nombreuses offensives, aussi bien coordonnées, sur des cibles stratégiques. … La mort de Sadio Camara, le puissant ministre de la défense, considéré comme le numéro deux du régime, a été confirmée, dans la soirée, sur le plateau de la télévision publique, par Issa Ousmane Coulibaly, le porte-parole du gouvernement, qui a annoncé un deuil national de deux jours. La mort de Sadio Camara est un coup dur pour le régime militaire, alors que cet homme de 47 ans, formé en Russie et considéré comme un« faucon», a été l’artisan de l’éviction des forces onusiennes et françaises du pays entre 2022 et 2023, au profit du déploiement des paramilitaires russes du Groupe Wagner – transformé en Africa Corps. Le Monde

Soudan : une frappe de drone de l’armée sur un camp du Darfour fait six morts et des dizaines de blessés
Une frappe de drone de l’armée soudanaise sur un camp de déplacés du Darfour, dans l’ouest du pays, a fait, lundi 27 avril, au moins six morts et des dizaines de blessés, selon une organisation soudanaise de défense des droits humains. La frappe a touché à l’aube le camp d’Al-Hamidiyah, près de Zalingei, la capitale de l’Etat du Darfour central, a affirmé Emergency Lawyers, un groupe de défense juridique qui documente les exactions commises au cours de la guerre opposant l’armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Le groupe a rapporté que plusieurs habitations avaient été détruites à l’intérieur du camp, qui abrite des milliers de déplacés, pour la plupart des femmes et des enfants ayant fui les violences au Darfour. Une source médicale a précisé à l’Agence France-Presse qu’au moins 15 blessés avaient été transportés à l’hôpital de Zalingei, certains dans un état critique. … Selon l’Organisation des Nations unies (ONU), près de 700 civils ont été tués depuis janvier dans des frappes de drones des deux camps. Le Monde avec AFP

Soudan: six mois après la prise d’El-Fasher, le bilan des violences des FSR reste inconnu
Le 26 octobre 2025, les paramilitaires soudanais du général Hemedti saisissaient la ville d’El-Fasher, capitale du Darfour Nord, permettant aux FSR de contrôler toute la région du Darfour. Mais ce moment-clé de la guerre au Soudan a également été marquante à cause de sa violence : exécutions sommaires, viols, tortures et d’autres exactions poussant l’ONU à évoquer des actes de génocide. Six mois plus tard, le bilan humain n’est toujours pas connu. En six mois, seules quelques ONG et une mission d’évaluation des Nations unies ont eu accès à El-Fasher. Dans une visite encadrée par les forces paramilitaires, tous décrivent la même chose : une ville fantôme complètement détruite et quasiment vide. Selon les paramilitaires, 30 000 personnes seraient revenues s’installer à El-Fasher. Ce chiffre est remis en cause par la société civile. Les habitants craignent de rentrer, peur d’être pris en otage, explique Altahir Hashim du Darfur Emergency Committee : « Tous ceux à qui nous avons parlé nous décrivent une ville vide, avec très peu de gens. L’accès à certains quartiers est interdit – peut-être parce que les FSR ont des choses à cacher. Tous nous disent aussi que les commandants FSR se sont installés dans la ville, notamment dans le quartier Daraja Oula. Ils occupent les maisons avec leur famille et ont fait venir des gens de tribus arabes du Darfour. » RFI

Tchad : avant une marche de protestation interdite, coup de filet dans les rangs de l’opposition
Neuf dirigeants du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), principale coalition d’opposition au régime du président Mahamat Idriss Déby Itno au Tchad, ont été arrêtés le 25 avril et placés en garde à vue, à moins d’une semaine d’une marche de protestation déjà interdite par les autorités. … Les arrestations interviennent alors que la coalition avait lancé un appel à une « marche de protestation et d’indignation » le 2 mai, une mobilisation interdite par le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration. Dans un communiqué publié mi-avril sur ses réseaux sociaux, le GCAP appelait la population à manifester contre « l’injustice, l’exclusion et pour le rétablissement de nos droits, de nos libertés et de la justice ». … Cette coalition, qui fédère 13 partis politiques et des représentants de la société civile, est la seule plateforme à avoir systématiquement contesté les élections et appelé au boycott. … Dans un communiqué, le parti d’opposition « Les Transformateurs » a fermement dénoncé l’arrestation des dirigeants du GCAP, affirmant que « l’arbitraire ne doit pas devenir la règle dans notre pays ». Dans ce texte, le parti exprime son inquiétude face à ces interpellations, soulignant que « ces faits rappellent de manière préoccupante l’arrestation arbitraire du président Succès Masra depuis le 16 mai 2025″. Jeune Afrique avec AFP

Tchad : au moins 42 morts dans un affrontement intercommunautaire dans l’est du pays
« Au moins 42 personnes ont été tuées », samedi, dans un affrontement intercommunautaire dans l’est du Tchad, a annoncé, dimanche 26 avril, le délégué du gouvernement sur place, à l’Agence France-Presse (AFP). « Le conflit a éclaté à la suite d’une dispute autour d’un puits entre deux familles vivant » sur ce territoire, a déclaré Brahim Issa Galmaye, délégué du gouvernement auprès de la province du Wadi Fira, dans la sous-préfecture de Guéréda. Plusieurs ministres, hauts responsables locaux ainsi que le chef d’état-major des armées ont été dépêchés sur place dimanche. « La situation est maîtrisée et reste sous contrôle », a affirmé, dans la soirée à la télévision publique, Limane Mahamat, vice-premier ministre chargé de l’administration du territoire et de la décentralisation. Depuis plusieurs années, l’Est tchadien, zone de transhumance et région stratégique à la frontière avec le Soudan, en guerre, est en proie à des conflits entre différentes communautés, principalement entre cultivateurs autochtones sédentaires, et éleveurs nomades arabes. Le Monde avec AFP

RDC: le chef de la Monusco cherche à sécuriser les airs du Sud-Kivu pour reprendre les vols humanitaires
Le nouveau chef de la mission de l’ONU (Monusco) James Swan est en poste depuis le 7 avril. Il est en ce moment à Goma, la capitale du Nord-Kivu contrôlée par l’AFC/M23, pour une visite de trois jours entamée vendredi. Après avoir eu des discussions avec des dirigeants du groupe armé, le responsable onusien veut également débloquer la situation dans le Sud-Kivu, à Mnembwe, pour permettre aux vols humanitaires de reprendre. … À son arrivée à Goma, James Swan a insisté sur un préalable, à savoir la sécurité de l’espace aérien. Il évoque notamment le brouillage GPS des drones qui rend les vols risqués. De son côté, l’AFC/M23 accuse Kinshasa de poursuivre les bombardements dans la zone. Le groupe armé estime que ces opérations doivent cesser et appelle les médiateurs de Doha et Washington ainsi que les Nations unies à faire pression en ce sens. Autre point évoqué, celui du blocage sur le protocole humanitaire entre Kinshasa et l’AFC/M23, ainsi que le rôle attendu de la Monusco dans le mécanisme de suivi du cessez-le-feu. Et sur ce mécanisme, un élément illustre le retard : à l’issue des discussions de Montreux, en Suisse, les deux parties s’étaient donné six jours pour lancer les premières réunions. Le délai a expiré hier. Aucune rencontre n’a encore eu lieu. RFI

Au Burundi, Évariste Ndayishimiye désigné candidat pour la présidentielle de 2027
Le chef de l’État du Burundi, Évariste Ndayishimiye, a été désigné sans surprise, dimanche 26 avril, candidat par le parti au pouvoir pour la présidentielle de 2027, pour laquelle il fait d’ores et déjà figure de grandissime favori. Évariste Ndayishimiye, 57 ans, avait pris les rênes du Burundi en juin 2020 après le décès de son prédécesseur, Pierre Nkurunziza, dont il fut un homme clé du régime. Le nouveau président a montré dans les premiers temps des signes d’ouverture, marquée notamment par la libération de journalistes, avant d’être accusé de réprimer les voix dissidentes. Le chef de l’État, ancien secrétaire général du CNDD-FDD, parti au pouvoir depuis 2005, fait d’ores et déjà figure de grandissime favori pour un nouveau mandat de sept ans. Il avait été élu en mai 2020 lors d’une présidentielle marquée par des accusations de fraudes et après l’invalidation de la candidature de son principal opposant. Depuis son accession au pouvoir, Évariste Ndayishimiye, fervent catholique, oscille entre signes d’ouverture du régime, qui reste sous l’emprise de puissants généraux, et ferme contrôle du pouvoir, marqué par des atteintes aux droits humains dénoncées par des ONG et l’ONU. Jeune Afrique avec AFP

Nigeria: 14 partis d’opposition promettent de s’unir en vue des élections générales de 2027
Réunis ce week-end à Ibadan, dans le sud-ouest du Nigeria, 14 partis d’opposition ont promis d’unir leurs forces en vue des élections générales de 2027 pour contester la domination du Congrès des progressistes (APC) au pouvoir. Cette initiative intervient alors que ces derniers mois, plusieurs gouverneurs, parlementaires et élus locaux ont rejoint l’actuelle majorité présidentielle, accréditant l’idée que le président Bola Ahmed Tinubu pourrait émerger comme un candidat de consensus à la présidentielle de 2027 et remporter le scrutin sans opposition – une perspective à laquelle les 14 formations en question se refuse. Dans ce qu’elles appellent la « Déclaration d’Ibadan », ces dernières accusent l’APC de porter atteinte au multipartisme et entendent s’opposer à ses vélléités de toute puissance en présentant des candidats à tous les niveaux des élections générales prévues l’an prochain. Des discussions sont même en cours afin de présenter un candidat unique à la présidentielle, soutenu par l’ensemble de la coalition. RFI

Taïwan dénonce des pressions de la Chine sur des pays africains après que son président a été contraint de reporter sa visite en Eswatini
Le ministre des affaires étrangères taïwanais, Lin Chia-lung, en visite en Eswatini, a dénoncé, dimanche 26 avril, des pressions de la Chine sur plusieurs Etats africains pour qu’ils révoquent les autorisations de survol de l’avion du président taïwanais, qui a dû en conséquence renoncer à un voyage dans ce petit pays enclavé d’Afrique australe. Le président taïwanais, Lai Ching-te, a été contraint la semaine dernière de reporter un voyage officiel en Eswatini, seul allié diplomatique de Taipei en Afrique, après que les Seychelles, Maurice et Madagascar eurent révoqué leurs autorisations « de manière inattendue et sans préavis » à la suite de pression de Pékin, selon la présidence taïwanaise. M. Lin, qui est arrivé samedi dans le royaume d’Eswatini, a assisté au 40ᵉ anniversaire de l’accession au trône du roi Mswati III en tant que représentant du président Lai. « Peu importe comment la Chine utilise son pouvoir politique pour s’ingérer dans les opérations de l’aviation civile internationale, politiser et instrumentaliser les informations de vol (…). Cela ne fera pas plier Taïwan », a écrit M. Lin sur Facebook. « Aucun blocus ou pression déraisonnable ne peut ébranler notre détermination et notre volonté de préserver notre dignité et nos liens avec la communauté internationale », a-t-il ajouté. Le Monde avec AFP

Comores: un forum économique cherche à lier entrepreneurs et investisseurs de l’océan Indien
Le Forum économique des îles de l’océan Indien s’est ouvert ce lundi 27 avril sous la houlette de l’Union des chambres de commerce, d’industrie et d’artisanat (Uccia). Pendant trois jours, acteurs publics, investisseurs, bailleurs et chefs d’entreprise de la région vont se retrouver autour de plusieurs dossiers économiques jugés prioritaires. Agriculture durable, intégration et connectivité régionales, innovation, intelligence artificielle ou encore résilience face aux crises internationales, les thématiques annoncées couvrent un large spectre. Entre tables rondes, ateliers et rencontres d’affaires, à Moroni les organisateurs veulent faire de cette 15e édition un évènement et un espace d’échanges, mais aussi de mise en relation concrète entre les acteurs économiques de la région. L’agriculture et sa transformation, notamment autour des huiles essentielles, occupent une place centrale aux côtés des enjeux de normes, de qualité et d’accès aux marchés. Pour les organisateurs, le forum se veut avant tout un espace de travail concret. … Autre priorité affichée : la capacité des économies de la région à faire face aux chocs extérieurs, notamment dans un contexte international incertain. RFI

Le Kényan Sebastian Sawe remporte le marathon de Londres en moins de 2 heures
Le Kényan Sebastian Sawe, 29 ans, est devenu le premier athlète à franchir officiellement la barre des deux heures au marathon, remportant l’épreuve en 1 heure, 59 minutes et 30 secondes. Un exploit autrefois jugé impossible, qui marque un tournant dans l’histoire du sport. En pulvérisant le record du monde masculin de 65 secondes, Sawe a non seulement écrit une nouvelle page de l’athlétisme, mais il a aussi mené une course d’exception. Yomif Kejelcha, l’Éthiopien, a lui aussi franchi la ligne en moins de deux heures (1 h 59 min 41 s) pour son premier marathon, tandis que l’Ougandais Jacob Kiplimo a battu l’ancien record du monde (2 h 00 min 28 s), établi par Kelvin Kiptum en 2023. … Bien qu’Eliud Kipchoge ait déjà franchi la barre des deux heures en 2019 lors du « 1:59 Challenge » à Vienne, cette performance n’avait pas été homologuée en raison des conditions spéciales de la course (circuit optimisé, meneurs d’allure en rotation). Sawe, lui, a réalisé cet exploit sur un parcours officiel, sous un temps sec et ensoleillé, sans assistance particulière. … Chez les femmes, l’Éthiopienne Tigst Assefa a remporté le marathon en 2 h 15 min 41 s, établissant le meilleur temps jamais enregistré dans une course exclusivement feminine. Africanews avec AFP, AP