Les enlèvements au Nigeria ont entraîné le paiement de près de 5 millions d’euros de rançon en un an
Les enlèvements sont devenus une source essentielle de revenu pour les groupes criminels du Nigeria, en particulier pour les djihadistes et les gangs armés de « bandits ». Selon un rapport publié mercredi 26 août par le cabinet de conseil SBM Intelligence, dont le siège est à Lagos, quelque 7,78 milliards de nairas (5 millions d’euros environ) de rançon ont été versés à ces groupes entre juillet 2025 et juin 2026, soit plus du triple des 2,56 milliards de nairas payés sur la même période de l’année précédente. Dans ce laps de temps, au moins 7 825 personnes ont été enlevées, soit 66 % de plus qu’à la période précédente (juillet 2024-juin 2025), selon les chiffres de SBM Intelligence. Au moins 1 142 personnes ont été tuées, dont 895 civils, ajoute le rapport. … Deux enlèvements de masse attribués à l’organisation djihadiste Boko Haram compte pour 7 milliards de nairas (4,5 millions d’euros), soit 90 % du total des rançons payées, selon SBM : le rapt de plus de 400 personnes à Ngoshe, dans l’Etat de Borno, un bastion de l’insurrection djihadiste, et le kidnapping d’environ 300 élèves et membres du personnel de l’école catholique St. Mary, dans le village reculé de Papiri. Le Monde avec AFP
Refondation, mainmise de l’exécutif, légitimation du pouvoir militaire… Ces enjeux derrière le référendum en Guinée-Bissau
Ce dimanche 30 août, les électeurs bissau-guinéens sont appelés à répondre par « oui » ou par « non » à une question unique: approuvent-ils l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution adoptée par le Conseil national de transition? Une consultation qui doit se tenir sur l’ensemble du territoire au suffrage universel direct, secret et personnel. Selon les autorités de transition, le référendum vise à faire basculer le pays d’un système semi-parlementaire vers un régime présidentiel fort, dans lequel le chef de l’État pourrait nommer et révoquer le Premier ministre, contrôler plus étroitement l’exécutif et dissoudre le Parlement. … Le référendum se présente donc comme une tentative de mettre fin à la confusion des pouvoirs qui empoisonne la vie politique bissau-guinéenne depuis des décennies. Une initiative saluée par la CEDEAO, la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, rappelle Allen Yero Emabalo. … Une partie de la classe politique et de la société civile conteste cependant cette réécriture de la Loi fondamentale par un pouvoir de transition non élu. Depuis le 26 novembre 2025, la Guinée-Bissau est dirigée par des militaires qui ont renversé le président Umaro Sissoco Embaló et suspendu le processus électoral. TV5 Monde
Les Houthis yéménites étendent leur influence dans la Corne de l’Afrique, selon un rapport américain
Les Houthis renforcent leurs réseaux sur la rive africaine de la mer Rouge et du golfe d’Aden, en particulier en Somalie et à Djibouti, indique un rapport du groupe de réflexion américain The Century Foundation publié ce lundi 24 août 2026. En Somalie, leur stratégie ne se limite plus à la contrebande d’armes. Selon le rapport, ils cherchent également à nouer des liens avec les shebabs, groupe jihadiste qui contrôle désormais 20% du territoire somalien. Les Houthis leur fournissent des armes et des formations, en échange notamment de relais logistiques, de renseignements et de capacités leur permettant d’étendre leur influence dans le golfe d’Aden. À Djibouti, les Houthis exploitent surtout les infrastructures commerciales et les réseaux de transport pour faire transiter des composants et du matériel militaire vers le Yémen, afin de contourner l’embargo sur les armes. Le port de Djibouti, situé à l’entrée du détroit de Bab el-Mandeb, est devenu une plaque tournante de ce commerce. Les Houthis sont parvenus à y créer une cellule de contrebande : plusieurs sociétés écrans reçoivent les marchandises par conteneurs ou cargos. Elles sont ensuite réexpédiées vers le Yémen à bord de boutres afin de compliquer les interceptions maritimes. Selon The Century Foundation, les Houthis cherchent également à s’implanter au Soudan et en Érythrée, signe de leur volonté de renforcer encore leur influence dans la Corne de l’Afrique. RFI
Ouganda: le fils du président annonce sa candidature à l’élection présidentielle de 2031
En Ouganda, le fils du président Museveni et chef des armées Muhoozi Kainerugaba a annoncé ce mardi 25 août 2026 sur le réseau social X son intention de se présenter pour l’élection présidentielle 2031. Le dauphin de l’actuel chef de l’État, perçu depuis plusieurs années comme son potentiel successeur, prépare le terrain depuis un moment en vue de son accession au pouvoir, avec la bénédiction de son père, affirme-t-il. … Connu pour ses publications polémiques, revendiquant parfois la torture de proches de l’opposant Bobi Wine, le fils de Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 40 ans, avait déjà précédemment annoncé être candidat pour la présidentielle de 2026, avant de se rétracter et de soutenir son père, réélu à un septième mandat au mois de janvier. À 81 ans, ce dernier n’a pas encore affiché ses intentions pour le prochain scrutin. Il n’a pas, non plus, commenté l’annonce de son fils. En Ouganda, le pouvoir politique est déjà de plus en plus organisé autour de Muhoozi Kainerugaba, d’ores et déjà chef des armées et dirigeant du groupe de pression La Ligue patriotique d’Ouganda (PLU). Au mois de juin, le fils du chef de l’État avait suspendu, pendant près d’un mois, le groupe Nation Media, principal groupe de presse indépendant du pays. Cette succession s’annonce comme un test de légitimité pour le fils, moins populaire que le père, à en croire plusieurs études et sondages récents. Même si Muhoozi Kainerugaba semble déjà exercer un forme de pouvoir exécutif, certaines de ses sorties peu orthodoxes ont aussi pu crisper à l’international. RFI
Ebola : l’Ouganda libéré, la RDC toujours confrontée à une flambée meurtrière
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a officiellement déclaré la fin de l’épidémie d’Ebola en Ouganda, après 42 jours sans nouveau cas de transmission. Une victoire sanitaire pour ce pays d’Afrique de l’Est, qui contraste toutefois avec la situation alarmante en République démocratique du Congo voisine. L’épidémie ougandaise, liée au virus Ebola de type Bundibugyo, avait été déclarée en mai 2026 après des cas importés depuis la RDC. Au total, 20 personnes ont été contaminées et deux décès ont été enregistrés. Après la sortie du dernier patient et une période de surveillance renforcée, les autorités sanitaires ont confirmé l’absence de nouvelles chaînes de transmission. Cette annonce marque une étape importante pour Kampala, qui a rapidement contenu la propagation grâce au suivi des contacts, au renforcement des capacités médicales et à la surveillance des zones frontalières. L’Ouganda reste toutefois sous vigilance en raison de la proximité avec l’est de la RDC, où le virus continue de circuler activement. Africanews
Découverte d’une fosse commune en Guinée: la société civile demande à l’ONU de superviser l’enquête
En Guinée, la découverte d’une fosse commune dans la préfecture de Forécariah, lundi 24 août, continue à choquer, notamment au sein des organisations de la société civile, alors que les autorités judiciaires comme le gouvernement n’ont, pour le moment, pas réagi. Pour tenter de faire toute la lumière sur la mort des six hommes retrouvés à l’intérieur – les yeux bandés et les mains attachées dans le dos – par des villageois partis ramasser du bois, l’ouverture d’une enquête a cependant été annoncée. Enquête face à laquelle les associations de défense des droits humains se mobilisent afin qu’elle soit réalisée en toute indépendance. « Nous prenons acte de son ouverture, mais nous exigeons qu’elle soit indépendante, transparente et crédible et qu’elle reçoive l’appui d’experts légistes nationaux et internationaux », affirme ainsi Alseny Farinta, le coordinateur du collectif Tournons la page-Guinée, pour qui le premier objectif est que les investigations aboutissent à l’identification des six victimes. « Nous appelons également le Haut-Commissariat aux droits de l’homme en Guinée à veiller à son bon déroulement », poursuit-il, demandant à l’ONU de suivre l’enquête par souci de transparence. Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), qui documente et dénonce lui aussi toutes les disparitions forcées en Guinée, va pour sa part encore plus loin, exigeant que la découverte de cette fosse commune mette fin à l’impunité dans le pays. … En octobre 2025, en effet, une autre fosse commune avait été découverte dans cette même région de Forécariah. À ce jour cependant, les enquêtes diligentées à l’époque pour déterminer l’identité et les causes de la mort des quatre ou cinq corps qui y avaient été retrouvés n’ont toujours pas abouti. RFI
Sénégal: le Pastef demande au gouvernement de respecter le calendrier électoral des prochaines élections locales
Alors que des élections locales doivent être organisées en janvier prochain au Sénégal, le Pastef met la pression sur le gouvernement et réclame le respect du calendrier électoral. S’appuyant sur le fait que les maires et les conseillers départementaux actuels ont été élus le 23 janvier 2022 pour un mandat de 5 ans, le parti majoritaire à l’Assemblée nationale vient en effet de publier un communiqué dans lequel il assure – plusieurs articles du code électoral à l’appui – que les prochaines élections locales devraient donc se tenir au plus tard le dimanche 17 janvier 2027. Or pour l’heure, aucun décret fixant la date du scrutin n’a été publié par le chef de l’État. Comme il en est de même concernant la caution électorale dont le montant doit, en théorie, être fixé au plus tard 150 jours avant la date du vote, rappelle le Pastef – un délai aujourd’hui dépassé -, celui-ci s’inquiète et interpelle le ministère de l’Intérieur et la commission électorale : « le respect du calendrier électoral est une obligation légale qui s’impose à tous », leur rappelle-t-il dans son communiqué. Mais si la formation accorde une si grande importance à ces élections locales, c’est aussi en raison du contexte de divorce entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre et chef du Pastef, Ousmane Sonko. Alors que, depuis des mois, leur rupture divise profondément le parti au pouvoir, le doute s’est insinué ces derniers jours sur la possibilité que le chef de l’État puisse chercher à reporter un scrutin que le Pastef considère comme un premier test électoral qu’il est en mesure de remporter. RFI
Maroc: les données de 70 000 agents de la police et du renseignement publiées après une nouvelle cyberattaque
Revendiquée par le groupe de hackers Jabaroot qui se présente comme un soutien d’Alger, la fuite, jugée au moins en partie authentique par d’ex-membres du renseignement du royaume, est un « cadeau » fait à l’Europe après la crise migratoire de Ceuta à la fin du mois de juillet, affirment les pirates. Ces derniers accusent des responsables sécuritaires marocains d’avoir facilité le passage vers l’enclave de milliers de migrants, ce qui n’a pas été prouvé jusqu’à présent. Déclarant avoir agi pour dénoncer l’implication de hauts responsables sécuritaires dans la crise migratoire de Ceuta à la fin du mois de juillet – ce qui n’a pas été prouvé à ce stade -, le groupe de hackers baptisé Jabaroot a affirmé, lundi 24 août, avoir rendu public les données personnelles de 70 000 agents des services de sécurité et du renseignement du Maroc. S’il est pour l’instant difficile d’être certain de la véracité de l’ensemble des informations contenues dans la liste, celle-ci comporte toutefois des informations crédibles alors que d’ex-membres du renseignement marocain interrogés par la presse internationale la jugent, eux, au moins en partie authentique. RFI
L’Angola et la RDC signent un contrat de concession pour la ligne ferroviaire Dilolo-Sakania
En RDC, le corridor de Lobito pourrait enfin devenir une réalité grâce à un joint-venture entre Kinshasa et Luanda. Les deux capitales ont signé mercredi le contrat de concession de la ligne ferroviaire Dilolo-Sakania dans le sud-est congolais à l’occasion d’une visite de travail du président angolais Joao Lourenco à Kinshasa. Le projet est stratégique pour relier le sud-est de la RDC au port angolais de Lobito et faciliter les échanges. La concession prévoit la réhabilitation, la modernisation, l’extension et l’exploitation de la ligne entre Dilolo, dans le Lualaba et Sakania, dans le Haut-Katanga, pendant trente ans. L’État conservera la propriété de l’infrastructure et au moins 10% du capital de la société du projet. Au terme de cette période, les infrastructures doivent revenir à l’État congolais. Le financement et les risques liés au trafic seront entièrement assumés par le concessionnaire, sans garantie souveraine ni subvention d’exploitation de la part de la RDC. … Le corridor doit permettre d’acheminer non seulement les minerais, mais aussi les produits agricoles, les intrants industriels, les hydrocarbures, les conteneurs, les biens de consommation et les voyageurs. Kinshasa et Luanda prévoient par ailleurs d’harmoniser leurs opérations ferroviaires, leurs tarifs et leurs procédures douanières. Le projet dont le coût est estimé à 1,2 milliard, doit être accompagné de routes transfrontalières, de plateformes logistiques et d’infrastructures énergétiques. Les deux pays veulent enfin relancer leur coopération dans les hydrocarbures et accélérer l’interconnexion électrique, notamment pour approvisionner la région du Katanga. RFI
En Algérie, douze morts dans des feux de forêt
Douze personnes sont mortes et des dizaines d’autres ont été blessées, mercredi 26 août, lors de feux de forêt dans le nord-est de l’Algérie, ont annoncé le ministère de l’intérieur et la protection civile. Des dizaines de personnes ont été évacuées devant la progression des incendies jusque dans des zones résidentielles dans plusieurs wilayas (préfectures), dont Béjaïa et Jijel, selon différentes sources. Les ministres de l’intérieur et de la santé, Saïd Sayoud et Mohamed Seddik Aït Messaoudène, se sont rendus à Béjaïa afin de « s’enquérir sur le terrain du déroulement des opérations d’extinction des incendies, des efforts déployés par les équipes d’intervention, ainsi que de l’état de santé des blessés », a fait savoir l’agence officielle APS. Le ministre de l’intérieur a précisé à la télévision nationale que « cinq décès ont été enregistrés dans la wilaya de Jijel, quatre dans la wilaya de Béjaïa et trois dans la wilaya de Tizi Ouzou ». Selon des informations de Radio Soummam, un média local, parmi les victimes dans la zone de Béjaïa figurent un garçon de 8 ans et une jeune femme de 22 ans. D’après le ministre, « 54 cas de brûlures [ont été recensés] à l’hôpital de Souk El-Tenine [à Béjaïa] ; six des personnes concernées sont dans un état grave ». A 20 heures, heure locale (21 heures à Paris), 69 incendies étaient en cours et combattus par les pompiers dont 18 à Béjaïa et sept à Jijel, selon la protection civile. Le Monde avec AFP
