Mali : deux Emiratis et un Iranien enlevés près de Bamako
Deux ressortissants émiratis et un Iranien ont été enlevés cette semaine au Mali près de la capitale par des « hommes armés », a appris jeudi 25 septembre l’Agence France-Presse (AFP) auprès de sources locales et sécuritaires. Le Mali, dirigé par une junte, est confronté depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire nourrie notamment par les violences de groupes affiliés à Al-Qaida et à l’organisation Etat islamique (EI) ainsi que de groupes criminels communautaires. Elle s’ajoute à une grave crise économique. Ces enlèvements n’avaient pas été revendiqués jeudi en fin de journée. « Deux Emiratis et un ressortissant iranien ont été enlevés à une cinquantaine de kilomètres de Bamako par des hommes armés », a confirmé à l’AFP un élu local malien sous le couvert de l’anonymat. « Les trois étaient dans une plantation agricole qui appartient à l’un d’eux », a-t-il ajouté.Un conseiller local de Sanankoroba, ville où a eu lieu l’incident, raconte que le propriétaire des lieux est un Emirati installé dans la communauté « depuis plus de quinze ans ». « Sur le site, les assaillants ont brûlé beaucoup de matériels, y compris de nombreuses motos », poursuit cet élu local, qui évoque une disparition « terrifiante ». … Ces rapts surviennent dans un contexte de recrudescence des attaques djihadistes au Mali et d’une dégradation de la situation sécuritaire hors de Bamako. Le Monde avec AFP
Guinée : l’ONU réclame la levée des interdictions visant les partis d’opposition et les médias
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé jeudi les autorités de transition en Guinée à garantir que tous les électeurs, les candidats et les partis politiques puissent participer de manière significative aux élections présidentielle et législatives prévues en décembre. Le Haut-Commissaire s’exprimait à la suite du référendum constitutionnel du 21 septembre, entaché par l’interdiction de partis politiques et de médias, ainsi que par des informations faisant état d’arrestations et de détentions arbitraires, de même que de disparitions forcées. « Il est essentiel, à l’avenir, que les autorités de transition veillent à ce que les processus visant à rétablir l’ordre constitutionnel soient conduits conformément aux normes et standards internationaux en matière de droits humains, notamment en ce qui concerne la participation du public, l’inclusivité et la transparence », a déclaré M. Türk dans un communiqué de presse. « Les autorités militaires en Guinée doivent avant tout lever les interdictions, tout simplement inacceptables, visant les partis politiques et les médias ». Les autorités de transition ont interdit trois principaux partis d’opposition dans le cadre de la campagne précédant le scrutin, les empêchant de mener leurs activités. Elles ont également suspendu plusieurs organes de presse, parmi lesquels Guineematin, presseinvestigation.com, West Africa TV, Sweet FM, Espace FM, Sabari FM et Sab TV. Ces interdictions s’inscrivent dans le cadre d’une atteinte plus large aux droits fondamentaux en Guinée depuis le coup d’État de septembre 2021. ONU Info
Cameroun: l’opposant Maurice Kamto renonce à donner une consigne de vote pour la présidentielle
L’opposant camerounais Maurice Kamto, dont la candidature à la présidentielle du 12 octobre a été rejetée, a annoncé vendredi dans une vidéo sur sa page officielle Facebook qu’aucune coalition n’avait pu être formée parmi les candidats de l’opposition, appelant les électeurs à « voter librement ». « Malgré la décision inique et ignoble de rejeter ma candidature, de nombreux Camerounais ont continué de penser que je pouvais encore jouer un rôle important quant à l’issue de ce scrutin », a déclaré M. Kamto à la veille du lancement officiel de la campagne électorale. Il a ajouté avoir « écouté leurs appels réitérés » et tenté de répondre à leurs attentes, sans succès. Le 16 septembre, l’ex-candidat du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) avait lancé un appel à l’union des onze candidats de l’opposition, proposant une candidature unique ou une coalition, notamment entre les deux anciens ministres démissionnaires Bello Bouba Maïgari (UNDP) et Issa Tchiroma Bakari (FSNC). Selon lui, une telle alliance aurait pu « déclencher une dynamique populaire nationale » et maximiser les chances de victoire face au président Paul Biya, 92 ans et au pouvoir depuis près de 43 ans au Cameroun. M. Kamto a indiqué avoir rencontré sept des onze candidats, ainsi que des personnalités de la société civile, mais ses efforts sont restés vains. Il a regretté que « l’engagement tardif » des deux candidats du Grand Nord n’ait pas permis une préparation suffisante. À la veille de l’ouverture de la campagne, il a constaté des divisions persistantes entre les partisans de l’UNDP et du FSNC, ainsi que « la perspective d’un éparpillement des voix », risquant de compromettre les chances de l’opposition. Il a donc décidé de ne donner aucune consigne de vote, appelant les Camerounais à « voter librement en âme et conscience ». AFP
Cyberarnaques sentimentales et « sextorsions » : 260 arrestations en Afrique, annonce Interpol
Arnaques sentimentales et « sextorsions » en ligne sont en « forte augmentation » en provenance d’Afrique, où 260 suspects ont été arrêtés durant l’été dans 14 pays et où 81 réseaux cybercriminels ont été démantelés, a annoncé vendredi 26 septembre l’Organisation internationale de police criminelle (OIPC), communément appelée Interpol. Dans cette opération baptisée « Contender 3.0 » (« prétendant 3.0 »), les polices africaines se sont principalement concentrées sur deux secteurs, écrit Interpol, qui a coordonné leurs enquêtes et interventions, menées sur deux semaines entre juillet et août. Le premier concerne les « escroqueries sentimentales », quand les arnaqueurs nouent et « entretiennent des relations [amoureuses] en ligne » avec des « personnes vulnérables » pour leur extorquer de l’argent, en utilisant des « faux profils », des « identités usurpées » ou bien « imitant des célébrités ». Pour ce dernier cas de figure, Interpol cite en exemple, sans le détailler, le démantèlement d’un réseau au Sénégal qui a donné lieu à 22 arrestations. L’autre secteur est le chantage sexuel suivi d’extorsion, appelé « sextorsion ». Au Ghana, par exemple, « point marquant de l’opération » avec 68 arrestations, ou en Côte d’Ivoire (24 interpellations), les escrocs ont « secrètement enregistré des vidéos intimes lors de discussions en ligne », puis exigé des paiements pour ne pas les diffuser publiquement. … Les 14 pays compris dans l’opération de police sont l’Angola, le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Kenya, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, l’Afrique du Sud, l’Ouganda et la Zambie. Le Monde avec AFP
A Madagascar, des gaz lacrymogènes envoyés sur des manifestants dénonçant les coupures d’eau et d’électricité
Gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc, domiciles de deux personnalités politiques pris pour cible : la tension est vive, jeudi 25 septembre, dans la capitale malgache, Antananarivo, où les forces de sécurité tentent d’empêcher un mouvement de protestation contre les coupures incessantes d’eau et d’électricité. Reprenant à leur compte le drapeau pirate tiré de la série japonaise One Piece, signe de ralliement de mouvements de contestation du pouvoir, y compris en Indonésie ou au Népal, les manifestants répondent à un appel à manifester lancé sur les réseaux sociaux. Le rassemblement avait été interdit mercredi sur ordre du préfet d’Antananarivo, arguant du risque de troubles à l’ordre public. La capitale vit depuis jeudi matin au son des détonations de grenades lacrymogènes et des sirènes des forces de l’ordre. Malgré des richesses naturelles exceptionnelles, Madagascar reste l’un des pays les plus pauvres de la planète. Près de 75 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté en 2022, d’après la Banque mondiale. A la mi-journée, la maison de la sénatrice Lalatiana Rakotondrazafy, nommée au Sénat début 2025 par le président malgache Andry Rajoelina, a été incendiée par les manifestants à Antananarivo. Les pompiers sont parvenus à maîtriser l’incendie tout en étant la cible de jets de pierres par des manifestants en colère. Un peu plus tard, c’est le domicile d’un député de la capitale qui était saccagé. Le Monde avec AFP
Présidentielle en Centrafrique : l’opposition dénonce une impasse politique
Une « impasse politique » : à trois mois de l’élection présidentielle prévue le 28 décembre prochain en Centrafrique, l’opposition accuse les autorités de blocage et de « liquider la démocratie et le pluralisme ». Le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution de mars 2016 (BRDC), plateforme de partis d’opposition et d’associations de la société civile, a exprimé ses craintes lors d’une conférence de presse à Bangui. Leurs dirigeants estiment que le processus électoral est « tronqué » et s’opposent à la possibilité pour le président sortant, Faustin-Archange Touadéra, de briguer un troisième mandat, comme le permet la nouvelle Constitution adoptée en 2023. Les leaders du BRDC ont conditionné leur participation au scrutin de décembre à la tenue d’un dialogue politique préalable avec les autorités sous l’égide d’une institution internationale. Le président avait initialement affiché son ouverture à un dialogue en mars, avant de durcir sa position lors du congrès de son parti, le Mouvement Cœurs Unis (MCU), en juillet. Une réunion inaugurale a cependant eu lieu le 2 septembre en présence du chef du gouvernement, de ministres, du BRDC et de membres de la Communauté italienne catholique Sant’ Egidio, imposés par les autorités. Aucun calendrier pour la poursuite des discussions n’a été proposé depuis par le gouvernement, alimentant les accusations de « duplicité » portées contre le président Touadéra. Le dépôt des candidatures pour les élections présidentielles débutera le 2 octobre, selon le calendrier électoral. Anicet-Georges Dologuélé, principal opposant au président Touadéra, a renoncé en août à sa nationalité française pour se conformer aux conditions imposées par la Constitution de 2023 qui exclut les binationaux du scrutin à la magistrature suprême. Jeune Afrique avec AFP
Gabon: la campagne pour les élections législatives et locales touche à sa fin dans la sobriété
Au Gabon, environ 900 000 électeurs sont appelés aux urnes ce 27 septembre 2025 dans le cadre du 1er tour des élections législatives et locales jumelées. Les Gabonais iront donc voter ce samedi pour élire leurs futurs députés, conseillers municipaux et départementaux. Les conseillers éliront à leur tour les maires et les sénateurs au suffrage indirect. Démarrée le 17 septembre dernier, la campagne électorale prend fin ce vendredi à minuit. Une campagne qui a démarré assez timidement sans véritablement s’animer. Les candidats du Parti démocratique gabonais (PDG), l’ancien parti au pouvoir, autrefois habitué à organiser des méga-meetings, ont plutôt été discrets. Ceux de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), le parti fondé il y a trois mois par le chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema, ont également mené une campagne sobre. Ils n’ont pas envahi les médias d’État comme dans le passé. RFI
Niger: 40 civils tués dans un raid aérien de l’armée dans la région de Tillabéri
Au Niger, le bombardement d’Injar, village de Kourfeye, date du lundi 22 septembre, mais il a fallu trois jours pour qu’apparaissent les premiers témoignages, du fait du silence des autorités nigériennes. Ces premiers témoignages racontent à RFI que le village accueillait sa foire hebdomadaire, avant que plusieurs grosses détonations ne retentissent à la mi-journée. Un raid aérien de l’armée nigérienne qui poursuivait des terroristes, en déduisent les témoins, comme cet habitant du village d’Injar. « Avant cette frappe, des militaires étaient venus inspecter le marché. Ils ont fait le tour de chaque recoin, surtout dans l’espace réservé aux mécaniciens et aux motos. En même temps, un avion de l’armée survolait le village. Après l’inspection, les militaires ont quitté le village. C’est dans les environs de 13h que la frappe s’est produite. C’était la débandade dans le marché ». La violence des bombardements apparait dans des vidéos filmées par les commerçants, la caméra déambulant au milieu des dépouilles éparpillées et des véhicules calcinés. Les villageois affirment avoir dénombré une quarantaine de morts, tous civils. Ce n’est pas un cas isolé. L’ONG ACLED estime que 629 villageois ont péri dans la région de Tillabéri entre juillet 2023 et novembre 2024, victimes de frappes de drones sur des marchés, des sites d’orpaillage et des transports en commun. RFI
L’Éthiopie et la Russie s’accordent pour construire une centrale nucléaire
La Russie et l’Éthiopie ont signé jeudi un accord préliminaire pour la planification et la construction d’une centrale nucléaire en Afrique de l’Est. Ce projet est porté par Rosatom, la société nucléaire russe, en partenariat avec la Compagnie d’électricité éthiopienne. L’objectif est d’étoffer le secteur énergétique en Éthiopie et d’étendre l’influence de Moscou en Afrique. D’autres pays, comme le Niger et l’Égypte, ont également montré leur intérêt pour le nucléaire civil. L’accord prévoit la rédaction d’un plan détaillé de construction et d’une « feuille de route ». Il inclut aussi un accord intergouvernemental pour assurer la réalisation du projet. Les deux parties travailleront sur les aspects techniques et économiques. Le texte évoque également la formation du personnel et le développement du secteur nucléaire en Éthiopie. Par ailleurs, le Niger envisage la construction de deux réacteurs, en partenariat avec Rosatom. Aujourd’hui, l’Afrique du Sud est le seul pays africain à exploiter une centrale nucléaire. L’Égypte poursuit également ses propres projets. Africanews
Au Sénégal, un ex-ministre de l’ancien président Macky Sall libéré sous contrôle judiciaire
La justice sénégalaise a accordé, jeudi 25 septembre, une liberté sous contrôle judiciaire à Amadou Mansour Faye, inculpé et placé en détention provisoire le 23 mai pour corruption et détournement dans la gestion d’un fonds anti-covid, a annoncé son avocat à l’Agence France-Presse (AFP). Cette décision fait suite à des « contestations sérieuses » dans le dossier, a expliqué à l’AFP son avocat, Amadou Sall, sans plus de précisions. Ministre du développement communautaire sous la présidence de Macky Sall (2012-2024), dont il est le beau-frère, M. Faye fait partie des cinq anciens membres du gouvernement qui ont été inculpés par la commission d’instruction de la Haute Cour de justice, une juridiction spéciale. … Selon un rapport parlementaire, M. Faye est soupçonné de « complicité de détournement de deniers publics » après des dépenses d’« un surplus global de 2,7 milliards de francs CFA » (quelque 4,1 millions d’euros) dans des achats de riz destiné aux populations pendant la pandémie de Covid-19. Trois autres ministres de l’ancien président ont été également inculpés pour des malversations présumées en lien avec ce dossier de plusieurs centaines de milliards de francs CFA. Un quatrième a été inculpé pour tentative de corruption dans une affaire distincte. Parmi les cinq ex-ministres, quatre ont été libérés sous condition. Le Monde avec AFP
