Revue de presse du 26 octobre 2026

Éthiopie : plus de 40 personnes tuées par des hommes armés en Oromia
Plus de 40 personnes ont été tuées par des hommes armés qui ont attaqué samedi plusieurs villages dans la vaste région éthiopienne de l’Oromia, ont annoncé lundi à l’AFP trois résidents, dont une autorité religieuse. Dans le district de Shirka, à environ 270 kilomètres au sud de la capitale, Addis Abeba, des hommes armés ont attaqué une église orthodoxe, ainsi que les « maisons environnantes », a déclaré Kebede (son prénom a été modifié, comme pour les autres témoins interrogés par l’AFP), un résident qui ajoute que son père a été tué dans l’attaque.… L’Oromia est la région la plus peuplée d’Éthiopie, avec quelque 40 millions d’habitants. L’Armée de libération oromo (OLA), une organisation classée « organisation terroriste » par Addis Abeba, y combat depuis plusieurs années les forces fédérales. Des conflits armés de plus ou moins grande intensité, aux dynamiques et revendications diverses, se déroulent également dans d’autres Etats régionaux de cet immense pays d’Afrique de l’Est, le deuxième le plus peuplé du continent avec quelque 130 millions d’habitants. Al-Ahram

Soudan: les paramilitaires ciblent cinq centrales électriques avec des drones
Les paramilitaires soudanais des Forces de soutien rapide (FSR) ont mené lundi une attaque coordonnée par drones visant cinq centrales électriques, provoquant d’importantes coupures de courant dans un pays déjà confronté à la plus grave crise alimentaire au monde. Les drones ont ciblé deux installations dans chacun des États d’Al-Jazira et de Gedaref, ainsi qu’une cinquième dans celui du Nil-Blanc, « provoquant des coupures de courant dans de vastes zones de ces trois États », a déclaré à l’AFP un responsable gouvernemental sous couvert d’anonymat. Ces régions sont sous le contrôle de l’armée, en guerre contre les FSR depuis avril 2023. L’ONU a averti à plusieurs reprises que ces frappes répétées contre les infrastructures énergétiques menaçaient la santé et l’accès aux services essentiels de millions de personnes.… Lors de précédentes attaques de drones menées par les paramilitaires contre des centrales électriques ou des barrages hydroélectriques, les pannes ont souvent duré plusieurs jours, aggravant le calvaire de près de 20 millions de personnes frappées par la faim. La guerre au Soudan se mène désormais principalement à coups de drones. Les deux camps multiplient les frappes à travers le pays, faisant régulièrement des dizaines de victimes civiles.… La majorité des hôpitaux ont dû fermer, au moins huit millions d’enfants sont privés d’école et de vastes régions du pays n’ont plus accès aux services essentiels. TV5Monde

Soudan: un an après la chute d’El-Fasher, une «ville fantôme» à la population brisée
Le 26 octobre 2025, après plusieurs mois de siège, les Forces de soutien rapide (FSR) s’emparaient d’El-Fasher, dans l’ouest d’un Soudan en proie à une violente guerre depuis avril 2023 entre les FSR et l’armée. Le 19 février 2026, une mission internationale indépendante d’établissement des faits mandatée par l’ONU concluait à des « signes distinctifs d’un génocide » sur place. Si, 12 mois plus tard, il est encore impossible de dresser un bilan humain, acteurs humanitaires, observateurs et rescapés s’accordent à décrire la capitale de l’État du Darfour-Nord comme une « ville fantôme ».… Selon l’Organisation internationale des migrations (OIM), près de 100 000 personnes ont réussi à s’enfuir durant l’offensive. À cela s’ajoutent des milliers de civils disparus, morts alors qu’ils tentaient de fuir, ou emprisonnés par les FSR. Aujourd’hui, que reste-t-il d’El-Fasher dont la population était estimée à 300 000 habitants avant l’attaque ?… Près de 6 000 personnes ont été tuées lors de l’attaque, estime le bureau des droits de l’homme de l’ONU ; elles sont mortes dans les bombardements ou volontairement abattues. Mais pour des chercheurs de l’université de Yale – qui s’appuient sur l’analyse d’images satellites – le bilan serait beaucoup plus élevé, avec plusieurs dizaines de milliers de personnes tuées. RFI

Une attaque de « bandits » fait au moins 50 morts dans l’est du Nigeria
Le bilan de l’attaque menée vendredi par des hommes armés contre un village rural de l’est du Nigeria est passé à 50 morts, ont indiqué des survivants à l’AFP dimanche, après la découverte de nouveaux corps. Des hommes armés appartenant à un gang criminel présumé, localement appelés « bandits », sont arrivés vendredi à moto et ont déferlé sur Binnari, dans le nord-est de l’État de Taraba, tuant des dizaines de personnes et pillant des magasins. Le nord-est du Nigeria est confronté à une insurrection jihadiste de longue date, tandis que l’État de Taraba, situé dans l’est du pays, fait également face à des bandes de « bandits » motivés par l’argent plutôt que par l’idéologie.… Les bandits sont un problème croissant au Nigeria, notamment dans le nord-ouest et le centre, où des gangs puissants affrontent une police et une armée débordées dans des zones rurales difficiles d’accès. Ils attaquent des villages et imposent des taxes aux agriculteurs et aux exploitations minières dans des zones où la présence de l’État est faible. AfricaNews/AFP

En Tanzanie, l’opposant Tundu Lissu menace d’entamer une grève de la faim pour protester contre ses conditions de détention
L’homme politique de 58 ans, incarcéré depuis un an et demi pour avoir exigé une réforme du système électoral, était retourné dans son pays en 2023 après plusieurs années d’exil. Il risque la peine de mort. Tundu Lissu, opposant tanzanien en détention depuis avril 2025 et poursuivi pour trahison, a menacé d’entamer, lundi 26 octobre, une grève de la faim pour protester contre le refus des autorités pénitentiaires de permettre des entretiens privés avec ses avocats, a affirmé, samedi 24 octobre, son parti, Chadema. Opposant emblématique au mouvement Chama Cha Mapinduzi (CCM), au pouvoir depuis l’indépendance de la Tanzanie, en 1961, M. Lissu, 58 ans, qui a survécu à une tentative d’assassinat en 2017, avait été arrêté l’an passé après avoir exigé une réforme du système électoral. L’opposant, poursuivi pour trahison, risque la peine de mort. Le verdict est attendu le 6 novembre. Selon Chadema, la Haute Cour de Tanzanie a statué la semaine dernière que les droits constitutionnels de l’opposant avaient été violés, les entretiens avec ses avocats n’étant pas privés. Mais ce constat, selon le parti, n’a pas été suivi d’effets. Le Monde

Le parlement algérien approuve l’envoi de troupes au Niger
Les députés algériens ont approuvé, dimanche, l’envoi de troupes au Niger. Ce déploiement sera le premier depuis qu’Alger a envoyé des troupes en soutien à l’Égypte pendant la guerre israélo-arabe de 1973. Les militaires algériens tenteront de protéger le Niger, qui fait face aux exactions des groupes armés, notamment dans les zones proches de la frontière avec l’Algérie. Les deux pays voisins, qui partagent une frontière désertique de 960 kilomètres (600 miles), ont convenu d’approfondir leur coopération contre la violence djihadiste, la criminalité transfrontalière et les trafics. Leur mission intègre aussi la protection des intérêts économiques algériens au Niger. Les deux pays travaillent à la construction du gazoduc transsaharien, projet visant à exporter du gaz naturel vers l’Europe depuis le Nigeria via le Niger. AfricaNews/AFP

Un essai de vaccin contre Ebola débute en République démocratique du Congo, annonce l’Organisation mondiale de la Santé
Le premier essai clinique d’un vaccin contre Ebola dans le cadre de l’épidémie qui frappe la République démocratique du Congo a débuté vendredi, a annoncé le directeur général de l’OMS.… La pire épidémie d’Ebola jamais enregistrée en RDC a dépassé le seuil des 9700 cas, et le nombre de décès a dépassé 4600. Parmi les nombreux défis auxquels la riposte est confrontée figure l’absence de vaccins ou de traitements approuvés contre l’espèce Bundibugyo du virus Ebola responsable de l’épidémie. Ervebo, un vaccin approuvé pour une utilisation contre la souche Zaire, plus courante, du virus Ebola, sera soumis à un essai à grande échelle sur l’être humain en RDC afin de déterminer s’il offre une protection croisée contre Bundibugyo. L’essai « Tumaini » en RDC – un cadre d’essai unique qui peut tester la sécurité et l’efficacité de plusieurs vaccins – devrait également intégrer à terme deux candidats vaccins spécifiques à Bundibugyo, qui progressent dans des essais cliniques plus précoces, de plus petite échelle. RTBF

L’Ouganda renforce les contrôles aux frontières pour lutter contre Ebola
Les Ougandais qui reviennent de République démocratique du Congo devront désormais observer une quarantaine de 21 jours, à leurs frais. Kampala assure que le pays reste, à ce jour, exempt du virus. La mesure a été annoncée dimanche par le ministère de la Santé. En conférence de presse, le ministre Chris Baryomunsi a réaffirmé que l’Ouganda était toujours épargné, et appelé la population à rester informée. Le dépistage est renforcé à l’aéroport d’Entebbe, aux postes-frontières et sur certains points de contrôle routiers. Côté congolais, c’est la pire épidémie à ce jour, selon les autorités : plus de 4 600 morts depuis mai. L’Ouganda, lui, avait été déclaré exempt d’Ebola en août par l’OMS, après vingt cas dont deux décès, presque tous liés à des séjours en RDC. Mais le virus a franchi d’autres frontières. Le Kenya, où deux personnes sont mortes, et le Nigeria ont signalé leurs premiers cas en octobre. À Abuja, le premier cas a été détecté mardi chez une femme arrivée par un vol en provenance d’Ouganda. Un lien que Kampala rejette. AfricaNews/agences

RDC: l’opposant Prince Epenge empêché de voyager puis arrêté par des inconnus
En RDC, Prince Epenge, le porte-parole de la coalition Lamuka formée autour de Martin Fayulu, a été interpellé par le renseignement dimanche 25 octobre dans l’après-midi à l’aéroport international de N’djili, à Kinshasa. L’opposant a été interpellé après avoir été empêché d’embarquer pour Rome, où l’opposition congolaise entame son conclave en vue de s’accorder sur une position commune sur les principaux défis du pays. Son camp exige la confirmation immédiate du lieu où il est détenu, sa libération sans condition et la restitution de son passeport.… Lamuka avait précédemment accusé le Conseil national de cyberdéfense, le service de renseignement de la présidence, à l’origine de plusieurs interpellations spectaculaires d’opposants et d’officiers militaires depuis deux ans, de l’avoir arrêté.… Lamuka affirme que son porte-parole a été interpellé sans ses médicaments, alors qu’il doit les prendre deux fois par jour. La coalition interpelle l’opinion nationale et internationale, les organisations de défense des droits humains et les représentations diplomatiques basées à Kinshasa. RFI

Nigéria : une Sud-Africaine arrêtée avec 36,65 kg de cocaïne à Lagos
Une ressortissante sud-africaine de 34 ans a été arrêtée à l’aéroport international Murtala-Muhammed de Lagos, au Nigéria, en possession de 36,65 kg de cocaïne, a annoncé dimanche l’Agence nigériane de lutte contre la drogue (NDLEA), sur fond d’autres affaires de trafic international de stupéfiants impliquant des passagers dans les aéroports nigérians.… Lors de son interrogatoire, la suspecte a déclaré être arrivée au Nigéria le 30 septembre dans le but de récupérer la cargaison. Elle aurait été recrutée par une autre ressortissante sud-africaine, qui lui aurait promis 20 000 rands après la livraison de la drogue.… Cette affaire rappelle celle de Will Jessica Ann, une autre ressortissante sud-africaine condamnée le 17 septembre 2026 à 40 ans de prison au Nigeria pour l’importation de 5,75 kg d’héroïne.… En juin 2026, une Nigériane de 38 ans avait également été arrêtée à l’aéroport de Lagos avec 7,5 kg de cocaïne dissimulés dans une valise, alors qu’elle s’apprêtait à prendre un vol à destination de Pékin, en Chine. Ces différentes affaires illustrent les tentatives de transport de stupéfiants par voie aérienne et les enquêtes menées par les autorités nigérianes pour identifier les personnes impliquées dans les réseaux de trafic transnational. APA

Le Gabon rétablit les réseaux sociaux après huit mois de suspension
Le gouvernement a également rendu l’identification formelle obligatoire pour tous les usagers gabonais en octobre, mettant ainsi fin à l’anonymat en ligne dans le pays. Les réseaux sociaux, suspendus depuis plus de huit mois au Gabon, ont été rétablis, samedi 24 octobre, a annoncé la Haute Autorité de la communication (HAC). Cet organisme de régulation des médias avait annoncé, le 17 février, cette suspension « jusqu’à nouvel ordre », invoquant notamment la diffusion de « contenus portant atteinte à la stabilité des institutions de la République et à la sécurité nationale ».… Facebook et TikTok, les réseaux sociaux les plus utilisés dans ce pays d’Afrique centrale de près de 3,5 millions d’habitants, ainsi que YouTube et Instagram ont été coupés pendant huit mois, tandis que WhatsApp fonctionnait partiellement. La mesure était toutefois largement contournée par l’usage de réseaux privés virtuels (VPN).… Visée par plusieurs recours en justice, tous rejetés, cette décision avait suscité une vive désapprobation de l’opposition. L’un des plus critiques, l’ancien premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze est en prison depuis avril, pour une affaire liée à une dette contractée en 2008 dans le cadre d’une fonction officielle. La décision de suspendre les réseaux sociaux et l’emprisonnement de cet opposant ont contribué à l’installation d’un climat répressif dans le pays, à rebours de l’espoir démocratique suscité par l’arrivée au pouvoir du président Brice Oligui Nguema, élu en 2025 après avoir accédé au pouvoir par un coup d’Etat, en 2023. Le Monde

Au Gabon, le naufrage d’une plateforme pétrolière fait un mort, quatre personnes portées disparues
Un travailleur d’origine indienne est mort et quatre personnes disparues sont recherchées au large de Mayumba, au Gabon, après le naufrage d’une plateforme pétrolière, ce samedi 24 octobre, selon un communiqué de l’entreprise qui l’exploite. « 115 personnes se trouvaient à bord », précise Borr Drilling.… « D’importantes opérations de recherche et de sauvetage sont en cours », affirme la société dans son communiqué. « L’incident s’est produit vers 20h37 heure locale samedi, impliquant la plateforme de forage Prospector 5 ». Le drame a eu lieu « dans le cadre des préparatifs d’une campagne de forage planifiée ». « Les premières informations indiquent que la plateforme a subi un poinçonnement lors des opérations de préchargement, entraînant une perte de stabilité et le naufrage de la plateforme », a déclaré Borr Drilling.… Le ministère gabonais du Pétrole et du Gaz a annoncé l’activation d’une cellule de crise et le renforcement des opérations de recherche et de sauvetage en mer par la marine. Une enquête technique a également été ordonnée, a précisé le ministre du Pétrole et du Gaz, Clotaire Kondja, dans un communiqué. Aucun rejet de substances nocives n’a été observé, a déclaré le ministère, ajoutant que des ressources de lutte contre la pollution restaient déployées pour protéger le littoral et le parc national de Mayumba voisin. TV5Monde

À Madagascar, le processus de concertation nationale accumule les retards
À Madagascar, la concertation nationale n’a toujours pas débuté contrairement à ce que prévoyait le calendrier officiel publié en août par le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes (FFKM), chargé de piloter le processus. L’organisation fait savoir que des facilitateurs sont en passe d’être déployés sur le terrain pour encadrer les consultations, sans pour autant confirmer la moindre date effective de démarrage. Le processus, qui semble enlisé, est pourtant crucial : il doit directement nourrir un ou plusieurs projets de Constitution censés être soumis aux Malgaches par référendum au plus tard en juillet 2027. RFI

Pourquoi l’État congolais lance la traque des factures non conformes en RDC
[…] Les inspecteurs entrent dans un supermarché de Kinshasa en pleine journée. Autour des caisses, les clients continuent leurs achats tandis que les agents de la Direction générale des impôts (DGI) demandent à consulter les factures remises aux consommateurs. Les vérifications portent sur un document dont la plupart des clients ignorent encore l’importance : la facture normalisée. Depuis plus d’un an, le gouvernement congolais impose progressivement son utilisation aux entreprises assujetties à la TVA afin de mieux tracer les transactions commerciales et de réduire la fraude fiscale. Mais les premiers contrôles réalisés dans des hôtels, restaurants et grandes surfaces de la capitale montrent que la mesure est encore loin d’être appliquée partout. BBC

Tchad : pénurie de pâturages et attaques d’éleveur
Au Tchad, dans la province du Lac, la rareté des pâturages expose de nombreux éleveurs aux attaques de groupes armés, dans une zone régulièrement touchée par l’insécurité. Dans ce champ de Liwa, Mahamat Abakar Adji surveille une parcelle de fourrage. Âgé de 47 ans, marié et père de douze enfants, l’éleveur tchadien explique que cette activité a changé son quotidien. Il explique qu' »avant, c’était difficile. Nous avons perdu beaucoup de bétail à cause du manque d’herbe. » … Grâce à cetteproduction, il réduit les déplacements de son troupeau et limite ainsi les risques liés à l’insécurité, tout en constituant une réserve alimentaire pour la saison sèche.… De son côté, Fidèle Houroupou, agronome au CICR explique que l’objectif de son organisation est d’aider les éleveurs à s’adapter à la diminution des pâturages et aux effets du changement climatique. « L’impact se fait déjà sentir auprès des éleveurs. Avant, il était rare de trouver des compléments alimentaires comme le fourrage. Grâce à cette culture, les éleveurs peuvent nourrir leurs animaux. Cela contribue à augmenter la production de lait, qui peut être donné aux enfants. Ceux qui produisent du fourrage peuvent également en vendre, ce qui constitue une source de revenus. Notre objectif est de promouvoir cette culture dans toute la zone d’intervention du CICR, afin de permettre aux éleveurs de mieux s’adapter au changement climatique et au phénomène El Niño. » DW