Revue de presse du 26 mars 2026

Soudan : au moins 28 morts dans deux frappes de drones
Deux frappes de drones au Soudan, l’une sur un marché au Darfour et l’autre le long d’une route au Kordofan, ont tué au moins 28 civils, s’ajoutant à un bilan des attaques de drones qui a déjà dépassé les 500 victimes cette année. Des travailleurs de la santé dans deux villes distantes de 800 kilomètres ont signalé les derniers décès à l’AFP jeudi, via une connexion internet par satellite, afin de contourner une coupure des communications. Les appels répétés des Nations unies à limiter les frappes de drones et à protéger les civils sont restés lettre morte, alors que les deux camps en guerre au Soudan — l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR) paramilitaires — lancent des attaques quasi quotidiennes, faisant des dizaines de morts à chaque fois. Mercredi, une de ces frappes a touché un marché dans la ville de Saraf Omra, dans l’État du Darfour du Nord, tuant « 22 personnes, dont un nourrisson, et blessant 17 autres », a indiqué à l’AFP un agent de santé d’une clinique locale. … À des centaines de kilomètres à l’est, loin des bastions des FSR au Darfour, une autre frappe de drone a incendié un camion circulant sur une route du Kordofan du Nord, en territoire contrôlé par l’armée. Africanews avec AFP

Le Soudan accuse l’Éthiopie d’appuyer les paramilitaires FSR dans l’État du Nil Bleu
Au Soudan, les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) ont annoncé ce 24 mars avoir pris la ville d’al-Kurmuk dans l’État du Nil Bleu au sud-est du pays, à la frontière avec l’Éthiopie. Elles sont soutenues par le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLP-N) dirigé par Abdelaziz el Hilu. L’armée soudanaise s’est retirée dans sa base arrière à Damazin, capitale du Nil Bleu. La prise de cette ville stratégique a relancé les accusations envers l’Éthiopie d’être impliquée au Soudan aux côtés des FSR. Les affrontements ont commencé le 22 mars et ont permis aux FSR de prendre plusieurs autres villes. C’est un développement qui change le rapport de force dans l’État du Nil Bleu au sud-est du Soudan. Il constitue une avancée stratégique pour les FSR, mais ravive les accusations envers l’Éthiopie. Le gouvernement du Nil Bleu affirme dans un communiqué que les forces qui mènent cette offensive sont « parties de l’intérieur du territoire éthiopien » et que « des véhicules militaires sont venus de l’aéroport d’Arosa ». … Véritable site stratégique, Kurmuk est située en hauteur sur une zone clé qui lie plusieurs régions soudanaises. Elle lie également le Soudan à l’Éthiopie et au Soudan du Sud. Kurmuk est proche du bassin du barrage Roseires. Elle est riche en ressources naturelles, notamment en eau. Sa position permet de contrôler les routes entre l’État du Nil Bleu et l’État de Sinnar. RFI

Soudan du Sud: l’ex-chef rebelle et vice-président déchu Riek Machar en détention depuis un an
Au Soudan du Sud, il y a un an, le premier vice-président du pays, Riek Machar, était arrêté et placé en résidence surveillée, faisant voler en éclat un accord de partage du pouvoir. Aujourd’hui, l’opposant est toujours détenu, son procès est en cours. Et huit ans après la fin de la guerre civile, le pays menace de sombrer à nouveau dans le chaos. … Il est accusé d’avoir orchestré trois semaines plus tôt des attaques contre l’armée nationale dans la province du Haut-Nil. Il est inculpé de trahison et de crimes contre l’humanité avec sept hauts responsables de son parti, The Sudan People’s Liberation Movement-in-Opposition (SPLM-IO). Ses partisans dénoncent un procès politique pour l’évincer. L’élection présidentielle, prévue par l’accord de paix de 2018 et repoussée à plusieurs reprises, est en effet programmée pour la fin de 2026. … En attendant la tenue d’un éventuel scrutin, de violents combats ont repris ces derniers mois entre forces gouvernementales et milices proches de l’opposition, principalement dans l’État du Jonglei. L’ONU met en garde contre un risque de retour à la guerre civile, sur fond de rivalité entre les deux hommes. RFI

Guerre en Ukraine : 15 Zimbabwéens morts sur le front pour la Russie
Le Zimbabwe a déclaré mercredi que 15 de ses ressortissants ont été tués après avoir été recrutés dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine, alors que les autorités mettent en garde contre des stratagèmes frauduleux visant à attirer des recrues de plusieurs autres pays africains dans ce conflit qui dure depuis quatre ans. Le ministre de l’Information, Zhemu Soda, a indiqué aux journalistes dans la capitale, Harare, que le gouvernement intensifie ses efforts diplomatiques pour rapatrier 66 autres Zimbabwéens encore en vie. Outre le Zimbabwe, des pays africains comme l’Afrique du Sud, le Kenya et le Nigeria ont signalé des cas similaires de leurs ressortissants trompés et envoyés en Russie avec de fausses promesses d’emploi, avant de se retrouver en première ligne du conflit. Zhemu Soda a expliqué que les victimes zimbabwéennes avaient reçu des offres d’emploi trompeuses et lucratives de la part d’agences de recrutement « frauduleuses », utilisant « les plateformes de réseaux sociaux comme principal terrain de chasse ». Il a précisé que ce « schéma » implique que les victimes se voient promettre des salaires attractifs et des conditions de travail sûres, mais qu’elles finissent privées de leurs documents de voyage et « contraintes de participer activement aux combats ». Africanews avec AP

La CEDEAO fait un pas en faveur de la reprise du dialogue avec l’AES
La communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest a désigné mercredi un médiateur afin de rétablir le dialogue avec le Niger, le Mali et le Burkina Faso. … Lansana Kouyate, ancien Premier ministre guinéen et ex-secrétaire exécutif de la CEDEAO, a été nommé « négociateur en chef auprès des pays de l’AES ». … En juillet 2024, la CEDEAO avait nommé le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye comme médiateur pour ramener les juntes sahéliennes au sein du bloc, mais en vain. Le président ghanéen John Dramani Mahama s’était rendu dans les trois pays en mars 2025 dans une nouvelle tentative, également infructueuse, de les persuader de revenir. Africanews avec AFP

Violences et menaces contre les journalistes en hausse dans l’est de la RDC, selon RSF
Dans une enquête publiée le 24 mars, l’ONG Reporters sans Frontières (RSF) alerte sur une dégradation majeure des conditions de travail des journalistes dans l’est du pays, sous l’influence de l’AFC/M23. « La totalité des journalistes de l’est de la RDC interrogés par RSF rapporte que, depuis la prise de Goma en janvier 2025, leurs méthodes de travail ont radicalement changé », indique l’organisation dans un rapport publié ce 26 mars. « Au moins huit journalistes ont été enfermés par le M23 ou par les renseignements militaires de l’armée régulière durant plusieurs jours » depuis janvier 2025, selon RSF. Les rebelles de l’AFC/M23 ont pris les grandes villes de Goma en janvier 2025 et Bukavu en février 2025, installant une administration parallèle dans les zones sous leur contrôle. Deux journalistes ont été enfermés par le M23 dans ces conteneurs transformés en geôle, où s’entassent jusqu’à 80 détenus, selon une enquête publiée par RSF le 26 mars. … Le M23 a imposé une « formation à l’idéologie » à au moins quatre journalistes, censuré des programmes dans les radios locales, ou y a imposé certaines d’émission ou des éléments de langage. … Environ 90 journalistes des provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu ont été contraints de fuir leur domicile entre 2023 et début 2025, selon l’Union nationale de la presse congolaise (UNPC). Jeune Afrique avec AFP

Un nouveau gouvernement à Madagascar, et toujours pas de représentants de la Gen Z
Les services du nouvel homme fort de Madagascar ont annoncé la composition du nouveau gouvernement, dont plus de la moitié des membres ont été reconduits, et toujours en l’absence de représentants de la Gen Z. Le colonel Michaël Randrianirina, qui a pris le pouvoir en octobre dans la foulée d’un vaste mouvement de contestation, avait procédé au limogeage de son premier gouvernement le 9 mars, sans donner d’explications. Il avait désigné le 15 mars son nouveau nouveau Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, un ancien officier de gendarmerie qui dirigeait depuis 2021 le Service de renseignement financier de Madagascar (Samifin). … Le secrétaire général de la présidence malgache a annoncé la nomination d’une équipe d’une trentaine de ministres, dont 17 ont été reconduits, y compris à la tête de ministères clés comme l’Intérieur, l’Economie, la Justice et la Refondation. Jeune Afrique avec AFP

Madagascar : Washington évalue ses capacités de sécurité
Les États-Unis ont lancé une évaluation de leurs capacités en matière de sécurité à Madagascar, afin de déterminer comment renforcer et élargir leur assistance à l’île dans les années à venir. Une équipe du Commandement américain pour l’Afrique (USAFRICOM) s’est jointe cette semaine à l’ambassade américaine à Madagascar pour mener l’évaluation des capacités sécuritaires, à Mahajanga, selon un communiqué publié mercredi. L’évaluation vise à analyser les institutions de défense et de sécurité malgaches, identifier leurs lacunes et définir les domaines nécessitant une coopération plus étroite. « Cet effort permettra de mieux comprendre les rôles et responsabilités des institutions locales, d’évaluer leurs capacités et de repérer les défis sécuritaires communs », précise le communiqué. Les États-Unis fournissent depuis plusieurs années une assistance sécuritaire à Madagascar, incluant formation, surveillance maritime et échanges militaires, pour aider le pays à lutter contre le trafic, la piraterie et d’autres menaces transnationales dans le canal du Mozambique. APA

Plus de 900 migrants africains morts en mer Rouge en 2025
Le nombre de migrants morts sur la « route orientale » reliant la Corne de l’Afrique à la péninsule Arabique a doublé pour atteindre un niveau record de 922 l’an dernier, a annoncé mercredi l’agence des Nations unies pour les migrations. Des dizaines de milliers de migrants originaires d’Éthiopie, de Somalie et de pays voisins empruntent chaque année cette route à travers la mer Rouge, principalement de Djibouti vers le Yémen, à la recherche de travail comme ouvriers ou employés de maison dans les riches pays du Golfe. « 2025 a été l’année la plus meurtrière jamais enregistrée sur la route migratoire orientale… avec 922 personnes mortes ou portées disparues — soit le double du nombre de l’année précédente », a déclaré à l’AFP Tanja Pacifico, cheffe de mission de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) à Djibouti. La majorité des victimes étaient originaires d’Éthiopie, le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique avec plus de 130 millions d’habitants. Le pays est marqué par de multiples conflits internes et une profonde pauvreté. Africanews avec AFP

L’Assemblée générale de l’ONU proclame la traite des esclaves africains «plus grave crime contre l’humanité»
L’Assemblée générale de l’ONU a proclamé ce mercredi 25 mars la traite des esclaves africains comme le crime le plus grave contre l’humanité, un combat porté par le Ghana qui espère ouvrir la voie vers des excuses et la justice. La résolution adoptée par 123 voix pour, 3 contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions (dont le Royaume-Uni et les États membres de l’Union européenne), déclare « la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains » comme « les plus graves crimes contre l’humanité », condamnant cette « injustice la plus inhumaine et la plus persistante commise contre l’humanité ». C’est d’ailleurs le principal point d’achoppement : certains ont argué qu’il ne pouvait y avoir de hiérarchie entre les crimes contre l’humanité et n’ont donc pu voter pour, rapporte notre correspondante à New York, Carrie Nooten. … La résolution appelle aussi les États à s’engager dans un processus de justice pour réparer les torts du passé. Washington a affirmé que des pays modernes ne pouvaient être les bénéficiaires de réparations pour des victimes du passé. RFI