Est de la RDC : l’épidémie d’Ebola n’empêche pas une recrudescence des combats entre l’armée et l’AFC/M23
L’est de la RDC est en proie à des violences depuis plus de trente ans. Les combats s’intensifient début 2025 avec la prise, par l’AFC/M23 soutenu par le Rwanda et son armée, des grandes villes de Goma et Bukavu. L’est de la RDC est en proie à des violences depuis plus de trente ans. Les combats s’intensifient début 2025 avec la prise, par l’AFC/M23 soutenu par le Rwanda et son armée, des grandes villes de Goma et Bukavu. La région fait également face à une flambée de maladie Ebola, qui a provoqué 204 décès sur 867 cas suspects, selon un dernier bilan du ministère de la Santé publié le 23 mai, et s’est propagée aux provinces orientales du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, coupées en deux par les lignes de front. Depuis plusieurs jours, de violents combats opposent les autorités congolaises et des milices locales à celles de l’AFC/M23 dans le territoire de Masisi, situé dans la province du Nord-Kivu, où elles se disputent notamment le contrôle de la localité de Katoyi, selon des sources locales et sécuritaires. Dimanche, l’aéroport stratégique de Kisangani, capitale de la province de la Tshopo (nord-est) a été également ciblé par des frappes, dans des circonstances encore indéterminées. … Des combats ont également été signalés par des sources locales et militaires dans plusieurs zones de la province du Sud-Kivu, notamment dans les hauts plateaux à proximité de Minembwe, ainsi que dans le territoire de Kabare. Jeune Afrique avec AFP
Ebola : il y a « 10 pays africains à risque », alerte l’Agence sanitaire de l’UA
Dix pays africains risquent d’être touchés par le virus Ebola, en plus de la RDC – épicentre de l’épidémie – et de l’Ouganda, a mis en garde l’Agence sanitaire de l’Union africaine (Africa CDC) ce 23 mai. « Nous avons dix pays » qui risquent d’être touchés, a affirmé le président de l’Africa CDC, Jean Kaseya, lors d’une conférence de presse. Ces pays sont le Soudan du Sud, le Rwanda, le Kenya, la Tanzanie, l’Éthiopie, le Congo, le Burundi, l’Angola, la Centrafrique et la Zambie. Cette épidémie, la 17e qui touche la RDC, « est la deuxième plus importante que nous connaissons au monde », a également affirmé Jean Kaseya. L’Ouganda, qui a suspendu le 21 mai tous les transports publics à destination de la RDC, avait confirmé le 15 mai la présence d’Ebola sur son territoire après la découverte de deux cas, dont un est décédé. « Trois nouveaux cas ont été confirmés dans le pays, ce qui porte le nombre total à cinq », a révélé un communiqué du ministère de la Santé ougandais diffusé ce 23 mai. Jeune Afrique avec AFP
Romuald Wadagni officiellement investi président du Bénin
Romuald Wadagni, qui aura 50 ans le mois prochain, entre en fonction pour un mandat de sept ans renouvelable. Il succède ainsi à son mentor Patrice Talon qui a passé la main après une décennie au pouvoir. Après avoir été officiellement proclamé élu par le greffier en chef de la Cour constitutionnelle, il a prêté serment ce dimanche 24 mai au matin lors d’une courte cérémonie au palais présidentiel de Cotonou, où aucun chef d’État n’était convié, comme lors des précédentes investitures récentes. … Romuald Wadagni devrait poursuivre les chantiers du développement économique du Bénin lancés par son prédécesseur et dans lesquels, en tant que ministre des Finances, il a eu un rôle prépondérant. Il devra également affronter le défi sécuritaire dans le nord du pays, en proie à des violences récurrentes de groupes jihadistes qui recrutent dans la population béninoise. « Le Bénin ne cédera ni à la peur ni au relâchement. L’État sera ferme face à tout ce qui menace notre cohésion et notre sécurité », a assuré Romuald Wadagni ce 24 mai, appelant à « travailler ensemble » avec les pays voisins. Jeune Afrique avec AFP
Sénégal : le premier ministre, Ousmane Sonko, limogé par le président, Bassirou Diomaye Faye, après des mois de tensions
Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, s’est séparé, vendredi 22 mai dans la soirée, de son premier ministre et ancien compagnon de lutte, Ousmane Sonko, après des mois de tensions entre les deux hommes arrivés au pouvoir en avril 2024, à la faveur d’une immense ferveur populaire. Dans une déclaration lue à la télévision nationale par le secrétaire général de la présidence, Oumar Samba Ba, le président a annoncé avoir « mis fin aux fonctions de M. Ousmane Sonko, premier ministre et, par conséquent, à celles des ministres et secrétaires d’Etat membres du gouvernement ». « Les membres du gouvernement sortant sont chargés d’expédier les affaires courantes », poursuit la déclaration. Aucune précision n’a été donnée quant à la nomination d’un prochain premier ministre. Depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye, les tensions n’ont cessé de monter entre le président et son ancien mentor et charismatique premier ministre, dont l’influence considérable avait contribué à porter le duo au pouvoir. Farouche opposant au président Macky Sall (2012-2024), Ousmane Sonko avait été empêché de se présenter à l’élection présidentielle de 2024 après une condamnation pour diffamation ayant entraîné la perte de ses droits civiques. M. Sonko avait alors désigné Bassirou Diomaye Faye pour le remplacer dans la course. Le Monde avec AFP
Sénégal : Ousmane Sonko élu président de l’Assemblée nationale, quatre jours après avoir été limogé de son poste de premier ministre
L’ex-premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a été élu, mardi 26 mai, président de l’Assemblée nationale, quatre jours après avoir été limogé par le chef de l’Etat, lors d’une réunion boycottée par l’opposition qui dénonce « un coup d’Etat constitutionnel ». Le nouveau chef des députés a été longuement applaudi par les députés de son parti, qui détient 130 des 165 sièges du Parlement, a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP). Il remplace El Malick Ndiaye, qui avait démissionné dimanche. Ousmane Sonko revient donc en force au Parlement, largement élu grâce à la majorité dont dispose son parti, Pastef, malgré ses divergences avec le président, Bassirou Diomaye Faye, issu de la même formation. A la tête de l’Assemblée, M. Sonko devient la deuxième personnalité de l’Etat et se pose désormais la question pour le président de pouvoir gouverner et passer des réformes dans le pays qui fait face à de graves difficultés économiques. … Les députés de l’opposition ont boycotté la séance mardi. Un « coup d’Etat institutionnel » est en préparation avec ce « forcing que la majorité veut imposer », a dénoncé lundi la cheffe des députés de la principale coalition de l’opposition, Aïssata Tall Sall. Le Monde avec AFP
Les Emirats ont recruté des Colombiens pour combattre aux côtés des paramilitaires au Soudan, affirme HRW
Human Rights Watch (HRW) affirme dans un rapport rendu public mardi qu’une société de sécurité basée à Abou Dhabi « semble avoir recruté des contractants militaires privés (CMP) colombiens déployés au Soudan pour combattre aux côtés des FSR » entre 2024 et 2025. Au Soudan, la guerre civile qui oppose depuis avril 2023 l’armée soudanaise aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) a fait des dizaines de milliers de morts – certaines estimations faisant état de plus de 200.000 décès –, déplacé des millions de personnes et déclenché ce que l’ONU qualifie de pire crise humanitaire au monde. … Selon l’ONG de défense des droits humains, « depuis le début du conflit, les FSR ont commis de graves violations et abus dans tout le pays, notamment des exécutions extrajudiciaires massives, des viols, des viols collectifs, l’esclavage sexuel, des pillages et la destruction d’infrastructures civiles ». Et « la fourniture par les EAU d’un soutien militaire aux FSR, notamment le recrutement et l’acheminement de CMP par le biais d’une société agissant comme mandataire pourrait constituer une aide et une complicité, ou une contribution substantielle, à la perpétration par les FSR de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité ». AFP
Tunisie : l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani condamnée à deux ans de prison pour des déclarations sur les prisons du pays
L’avocate et chroniqueuse tunisienne Sonia Dahmani, libérée à la fin de novembre 2025 après avoir passé plus de dix-huit mois en détention, a été condamnée à une nouvelle peine de deux ans de prison pour des déclarations sur la situation pénitentiaire en Tunisie, a affirmé lundi 25 mai à l’Agence France-Presse (AFP) son avocat. Le tribunal de première instance de Tunis a prononcé le verdict lundi après une audience tenue vendredi, a précisé Me Sami Ben Ghazi, ajoutant qu’il avait fait appel. Sonia Dahmani, 60 ans, très critique du président tunisien, Kaïs Saïed, est poursuivie dans cinq affaires, toutes liées à des déclarations ou publications dans les médias. Les poursuites se basent sur le décret 54 sur les « fausses informations » promulgué en 2022 par Kaïs Saïed, un texte fustigé par les défenseurs des droits humains. Cette affaire a été engagée à son encontre à la suite d’une plainte déposée par l’Administration générale des prisons, selon son avocat. Lors d’une intervention radiophonique en 2023, Mme Dahmani avait critiqué la situation des prisons dans le pays. En avril, l’avocate avait été condamnée en appel à dix-huit mois de prison pour une autre intervention radiophonique, dans laquelle elle critiquait l’existence de cimetières et d’autobus réservés aux personnes noires dans certaines régions de Tunisie. Le Monde avec AFP
Soudan du Sud: le gouvernement renonce à détricoter l’accord de paix de 2018
Au Soudan du Sud, le gouvernement fait marche arrière et renonce à supprimer des articles-clés de l’accord de paix de 2018. Sous la pression de la société civile et de nombreuses chancelleries internationales inquiètes de voir s’effondrer le processus de paix et les institutions de la transition, les amendements les plus controversés sont donc finalement retirés d’un projet de loi en cours d’examen au Parlement. C’est à l’issue du conseil des ministres le 22 mai que la volte-face du gouvernement sud-soudanais a été annoncée. Le projet de loi de modification de l’accord de paix ne proposera finalement pas la suppression de deux articles établissant la suprématie de ce texte sur toute autre législation. Edmund Yakani, directeur de l’organisation de la société civile CEPO, salue « la réponse positive » du gouvernement, mais réclame « un engagement à mettre en œuvre les tâches restantes de l’accord de paix ». Signé en 2018, cet accord prévoit l’organisation d’élections pour clore la transition. Mais les importants retards accumulés poussent le gouvernement à chercher des raccourcis. La loi en cours d’examen au Parlement prévoit ainsi de repousser la rédaction de la Constitution permanente ainsi que le recensement de la population à l’après-scrutin. Le parti du vice-président Riek Machar, détenu et toujours en procès à Juba, a réitéré dimanche son rejet du texte, qualifiant de concessions « de façade » le maintien des articles concernant la suprématie de l’accord de paix. RFI
Éthiopie: fin de campagne sous tension avant les législatives du 1er juin
La campagne pour les élections législatives – le scrutin le plus important du pays – touche à sa fin en Éthiopie. Lundi 1er juin, les 50 millions d’électeurs inscrits sur les listes électorales seront appelés aux urnes pour élire leurs députés qui désigneront, à leur tour, le nouveau Premier ministre, poste auquel l’actuel chef du gouvernement, Abiy Ahmed, est candidat pour un troisième mandat de cinq ans. Reste que la tenue du vote ne fait pas consensus dans le pays. La campagne s’est déroulée sous forte pression dans de nombreuses régions éthiopiennes en proie à l’insécurité. Aux yeux de plusieurs partis d’opposition, les conditions ne sont pas réunies pour que le scrutin du 1er juin se tiennent en toute sécurité et sérénité. Dans les deux plus grandes régions du pays, l’Amhara et l’Oromia, des affrontements continuent en effet d’avoir lieu régulièrement entre des milices locales et l’armée fédérale, tandis qu’au Tigré où une guerre a opposé le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) aux forces gouvernementales entre 2020 et 2022, les élections ne pourront pas avoir lieu en raison d’un important regain de tension. Même si 47 partis d’opposition se sont enregistrés pour participer au scrutin et s’y présenteront, pour beaucoup, en coalition pour tenter d’exister face à l’hégémonie du Parti de la postérité d’Abiy Ahmed, de nombreux opposants au régime estiment également que la campagne a été conduite de façon inégalitaire et accusent le gouvernement d’intimidation et de harcèlement. RFI
CAN 2025 : le roi du Maroc, Mohammed VI, gracie les supporteurs du Sénégal emprisonnés depuis la finale pour « des considérations humaines »
Le roi du Maroc Mohammed VI a gracié, samedi 23 mai, pour « des considérations humaines », les supporteurs sénégalais emprisonnés après les violences survenues lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 à Rabat. « Vu les relations fraternelles séculaires qui lient le royaume du Maroc et la République du Sénégal, et à l’occasion de l’avènement d’Aïd-el-Adha », le roi « a bien voulu accorder, pour des considérations humaines, sa grâce royale aux supporteurs sénégalais », selon un communiqué du cabinet royal. Le 18 janvier, lors de la finale de la CAN, le Sénégal s’était imposé 1-0 au terme d’un match chaotique. A la suite d’un penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel de la deuxième mi-temps, juste après un but refusé au Sénégal, des supporteurs sénégalais avaient tenté d’envahir le terrain et lancé des projectiles vers la pelouse. En février, la justice marocaine a condamné à des peines allant de trois mois à un an de prison les 18 supporteurs sénégalais qui étaient détenus au Maroc depuis la finale. A la mi-avril, trois Sénégalais avaient été libérés après avoir purgé leur peine de trois mois. La grâce accordée samedi devrait donc concerner les 15 supporteurs encore détenus. Cette décision « témoigne de la profondeur des liens profonds d’amitié, de fraternité et de coopération » unissant le Maroc et le Sénégal, poursuit le communiqué. Le Monde avec AFP
