Revue de presse du 26 juin 2026

Mali: Tombouctou privée d’électricité et d’eau depuis quatre jours, de carburant depuis un mois
Au Mali, les habitants de Tombouctou sont dans l’épreuve. La ville aux 333 saints n’est plus desservie ni en électricité ni en eau depuis mardi 23 juin 2026. En cause : le manque de carburant. Les stations-service sont à sec depuis environ un mois et le marché noir lui-même est de moins en moins bien fourni. « Il fait plus de 40 degrés et nous sommes sans eau ni électricité depuis mardi », résume dans une colère froide un habitant de Tombouctou, au Mali. Selon les nombreuses sources jointes par RFI, la centrale thermique de la ville est à l’arrêt complet, empêchant de faire fonctionner les infrastructures de l’EDM, la société publique d’électricité, et de la Somagep, l’entreprise de gestion de l’eau potable. La ville dispose bien de quelques forages accessibles aux habitants, généralement construits par des ONG, mais ils sont pris d’assaut. … Mais les nombreux Tombouctiens interrogés sont unanimes : « tout est lié à la pénurie de carburant », conséquence de l’embargo décrété par les jihadistes du Jnim, en septembre dernier, qui pénalise en premier lieu les populations civiles. Depuis environ un mois, selon les témoignages recueillis, les stations-service de Tombouctou sont à sec. « Jusqu’ici, la ville était encore approvisionnée par le marché noir, explique une figure de la ville. Les commerçants allaient chercher l’essence en Algérie, mais beaucoup ne partent plus parce qu’ils ont peur des frappes de drones de l’armée. » RFI

Nigéria : le Sénat approuve un projet de réforme majeur de la police
Le Sénat nigérian a approuvé un projet de loi visant à permettre aux États de créer leurs propres forces de police. Après son adoption par la Chambre basse, plus tôt ce mois-ci, cette réforme de la sécurité pourrait constituer un changement d’une portée considérable. Les détracteurs de la police fédérale, fortement centralisée, affirment qu’elle s’est montrée incapable de faire face à la multitude de conflits qui déchirent le pays — des préoccupations qui ont récemment refait surface après un enlèvement massif d’élèves dans le sud-ouest, une région généralement considérée comme plus sûre. Mais les experts mettent en garde contre le fait que confier aux 36 États du Nigeria le contrôle de leur propre police pourrait donner des ailes aux puissants gouverneurs d’un pays où la politique est déjà souvent marquée par la violence. La version de la réforme adoptée par le Sénat devra probablement être harmonisée avec celle votée par la Chambre des représentants il y a deux semaines. S’agissant d’un amendement constitutionnel, elle devra également être approuvée par les deux tiers des assemblées législatives des États nigérians. Le président Bola Tinubu a apporté son soutien à cette réforme alors que l’insécurité secoue le Nigeria à l’approche des élections de janvier, lors desquelles il brigue un second mandat. Africanews avec AP

Ituri, RDC : la dégradation de la route Komanda-Mambasa expose les usagers aux attaques des ADF
La dégradation avancée de l’axe routier Komanda–Mambasa, sur la Route nationale numéro 4 (RN4), expose les usagers à de graves risques sécuritaires, particulièrement aux embuscades des rebelles des ADF. Cette situation paralyse l’activité économique sur cette route hautement stratégique, qui relie les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu, de la Tshopo et du Haut-Uele. Face au danger, la Fédération des opérateurs économiques de Mambasa exhorte le gouvernement à réhabiliter de toute urgence cette infrastructure. Le calvaire des usagers s’accentue au quotidien sur ce tronçon de la RN4 long d’environ 90 kilomètres. L’apparition de multiples bourbiers géants ralentit fortement le trafic, notamment dans la zone de Bahaha. Ce secteur est pourtant connu pour être régulièrement ciblé par des incursions meurtrières des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). En conséquence, des dizaines de véhicules transportant des marchandises et des passagers en provenance de Bunia, Beni, Butembo ou encore de Kisangani, se retrouvent régulièrement immobilisés au milieu de nulle part pendant plusieurs heures, voire des nuits entières, sans aucune possibilité de contourner ces zones impraticables. … Cette détérioration de la RN4 isole un peu plus la région, alors même qu’elle est devenue la seule voie d’accès alternative pour contourner les autres infrastructures routières déjà effondrées dans cette partie du pays. Radio Okapi

RDC : l’OMS lance des essais cliniques de traitements contre Ebola
L’Organisation Mondiale de la Santé a annoncé le lancement d’essais cliniques de deux traitements potentiels pour lutter contre l’épidémie mortelle d’Ebola. Ces tests devraient avoir lieu à partir de la semaine prochaine en République démocratique du Congo où 1 048 cas d’Ebola, dont 277 décès, ont été confirmés depuis que l’épidémie a été déclarée le 15 mai. « L’OMS et ses partenaires travaillent en étroite collaboration avec les communautés afin de les informer et de les impliquer dans ces essais. Nous veillons également à ce que ces communautés aient accès à ces traitements s’ils s’avèrent sûrs et efficaces. L’essai sera mené par un consortium de partenaires, comprenant l’Institut national de recherche biomédicale de la RDC, ALIMA, l’université d’Oxford et l’OMS. », a expliqué Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS. Cette épidémie est due à la souche rare du virus Ebola dite « Bundibugyo », pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement approuvé. Africanews avec AFP

Afrique du Sud : Ramaphosa s’engage à réprimer toute violence anti-immigrés
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa s’est engagé jeudi à réprimer toute tentative visant à déstabiliser le pays lors des manifestations anti-immigrés prévues la semaine prochaine, dans un contexte de vague de xénophobie. Des groupes d’initiatives citoyennes ont fixé au mardi 30 la date limite pour le départ des étrangers en situation irrégulière et ont appelé à des manifestations dans tout le pays contre l’immigration clandestine, marquant ainsi le point culminant de plusieurs mois de mobilisations qui ont parfois dégénéré en violences. Cet ultimatum non officiel a ravivé les craintes d’une recrudescence de la violence xénophobe, qui a déjà coûté la vie à plusieurs personnes par le passé. « Nous ne tolérerons aucune tentative visant à déstabiliser le pays, quelle qu’en soit l’origine, qu’il s’agisse de manifestations ou d’autres moyens », a déclaré Ramaphosa. … La police a annoncé un renforcement des mesures de sécurité dans tout le pays pour le 30 juin, tandis que les responsables gouvernementaux ont intensifié leurs efforts pour garantir le maintien du calme, notamment en rencontrant l’influente maison royale zouloue. Africanews avec AFP

Au Togo, il y a eu «un changement inconstitutionnel de gouvernement» selon la Cour de justice de la Cédéao
Au Togo, plusieurs partis d’opposition et organisations de la société civile ont tenu le 25 juin 2026 un point presse suite à la publication par la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) d’un arrêt rendu fin-janvier. La Cour avait été saisie il y a deux ans par 13 partis et organisations suite au changement de Constitution qui a fait passer leur pays à la Ve République et instauré un régime parlementaire qui supprime l’élection présidentielle au suffrage universel direct. Une nouvelle Constitution adoptée par une Assemblée nationale dont le mandat était expiré. Dans son arrêt, la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) estime que le Togo a violé l’article 23 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Elle souligne le timing, le contenu et l’effet escompté de la modification de la Constitution il y a deux ans et évoque « un changement inconstitutionnel de gouvernement ». L’objectif premier, selon la Cour, était de contourner les limites imposées au mandat présidentiel par la Constitution précédente, permettant au président sortant de conserver le pouvoir sous une nouvelle forme en tant que président du Conseil, doté de pouvoirs exécutifs presque identiques. RFI

Assemblée nationale : Le Sénégal renforce ses engagements internationaux après le vote de quatre projets de loi
L’Assemblée nationale du Sénégal a marqué un tournant important en adoptant quatre projets de loi pour renforcer ses engagements internationaux. Ces ratifications, qui touchent à des domaines cruciaux tels que l’environnement et la justice pénale, témoignent de la volonté du pays d’améliorer la coopération régionale et mondiale. L’Assemblée nationale a adopté, ce jeudi 25 juin 2026 en séance plénière, quatre projets de loi autorisant le Président de la République à ratifier plusieurs accords et conventions internationaux portant sur la protection de l’environnement, la coopération judiciaire, le droit pénal international et la gestion des ressources en eau. Les textes ont été présentés et défendus devant les députés par le ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, Cheikh Niang. … À travers l’adoption de ces quatre textes, le Sénégal réaffirme son engagement en faveur du multilatéralisme et du renforcement de la coopération internationale dans des domaines stratégiques tels que l’environnement, la justice et le développement durable. Sénénews

Sihem Bensedrine, figure de la justice transitionnelle en Tunisie, condamnée à 25 ans de prison
La militante tunisienne des droits humains Sihem Bensedrine, l’une des opposantes les plus connues du pays, a annoncé vendredi à l’AFP avoir été condamnée à 25 ans de prison dans des affaires liées à la justice transitionnelle. « Bien entendu, c’est une décision qui n’a rien à voir avec la justice. Elle a à voir avec un régime totalitaire qui veut éliminer l’héritage de l’IVD », a affirmé la militante, en référence à l’Instance vérité et dignité dont elle a été la présidente et qui a auditionné des milliers de victimes des ères Bourguiba (1957-1987) et Ben Ali (1987-2011). La justice poursuivait notamment Sihem Bensedrine, ancienne journaliste, pour des soupçons de falsification d’une partie du rapport final de cette instance, mise en place après la révolution de 2011. Dans son rapport final publié en 2020, l’IVD, qui a auditionné près de 50 000 victimes présumées et transmis 173 dossiers à la justice, avait appelé à « démanteler un système de corruption, de répression et de dictature » persistant au sein des institutions de l’État. Des ONG locales et internationales et les opposants ont dénoncé une régression des droits et libertés en Tunisie, berceau du Printemps arabe, depuis un coup de force en juillet 2021 du président Kaïs Saïed par lequel il s’est octroyé les pleins pouvoirs. France 24 avec AFP

Trafic de drogue au Maroc : deux personnalités condamnées dans le dossier « Escobar du Sahara »
Après deux ans de procès, la justice marocaine a condamné jeudi 25 juin l’ex-patron du club de football Wydad Casablanca (WAC), Said Naciri, et l’ancien président d’une région de l’est du Maroc, Abdennabi Bioui, respectivement à 10 et 12 ans de prison dans une vaste affaire de trafic de drogue dite « Escobar du Sahara ». Said Naciri et Abdennabi Bioui étaient poursuivis notamment pour « détention, commercialisation et exportation de drogue » ainsi que pour des faits de « corruption », « faux » et « usage de faux ». Cette affaire, qui fait grand bruit dans le pays, a été déclenchée par les révélations d’Ahmed Ben Brahim, dit « Escobar du Sahara », un ressortissant malien incarcéré au Maroc depuis 2019 dans le cadre d’un dossier de trafic international de stupéfiants. C’est la première fois au Maroc qu’un procès implique des figures politiques de premier plan dans une affaire de trafic de drogue. France 24

Mondial 2026 : la Côte d’Ivoire domine Curaçao (2-0) et décroche son billet pour les 16es de finale
La Côte d’Ivoire s’est qualifiée pour les 16es de finale de la Coupe du monde 2026 après sa victoire (2-0) face à Curaçao, ce jeudi 25 juin, lors de la troisième et dernière journée du groupe E au Stade de Philadelphie. Dos au mur après leur défaite contre l’Allemagne (2-1), les hommes d’Emerse Faé n’avaient plus droit à l’erreur. Ils ont parfaitement répondu à l’enjeu en maîtrisant leur sujet face à une équipe de Curaçao qui disputait également une rencontre décisive. L’homme du match se nomme Nicolas Pépé. L’attaquant ivoirien a rapidement mis les siens sur les bons rails en ouvrant le score dès la 7e minute, avant de s’offrir un doublé à la 64e minute pour définitivement mettre les Éléphants à l’abri. Auteur d’une prestation de haut niveau, il a été le grand artisan de cette qualification historique. Avec ce succès, la Côte d’Ivoire boucle la phase de groupes à la deuxième place du groupe E avec six points, à égalité avec l’Allemagne, leader du groupe grâce à une meilleure différence de buts. Les Éléphants valident ainsi leur qualification historique pour les 16es de finale et poursuivent leur parcours dans cette Coupe du monde 2026. Abidjan.net