Le Mali et le Burkina Faso boycottent le sommet africain sur la défense organisé au Nigeria
Le Mali et le Burkina Faso n’ont pas envoyé de représentants au sommet militaire qui a débuté lundi 25 août au Nigeria, sur fond de tensions persistantes entre les pays du Sahel, dirigés par des juntes militaires, et leurs voisins d’Afrique de l’Ouest. Tout comme le Niger, également dirigé par des militaires, le Mali et le Burkina Faso se sont retirés en janvier de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), après avoir formé leur propre Alliance des États du Sahel (AES) pour lutter contre la menace jihadiste. Le Niger, représenté par le colonel Soumana Kalkoye, attaché de défense à l’ambassade du Niger à Abuja, était le seul pays de l’AES présent au sommet africain des chefs d’état-major de la défense, organisé dans la capitale nigériane. La conférence a réuni des officiers de haut rang de la plupart des pays du continent, venus « discuter de stratégies collectives » et trouver « des solutions locales aux besoins de l’Afrique en matière de défense », selon le programme du sommet. Évoquant les défis sécuritaires qui « ne connaissent pas de frontières », le chef d’état-major nigérian, Christopher Musa, a appelé à « une nouvelle architecture de coopération en matière de sécurité, dirigée par l’Afrique ». « La véritable sécurité ne s’obtient pas dans l’isolement », a déclaré Christopher Musa aux officiers réunis à ce sommet qui doit se maintenir jusqu’au 27 août. Le Monde avec AFP
Mali : des experts de l’ONU exigent la libération « immédiate » d’un militant innocenté
Clément Mamadou Dembélé, président de la Plateforme contre la corruption et le chômage au Mali et ex-candidat à la présidentielle de 2018, est incarcéré au Mali depuis novembre 2023. Plusieurs experts indépendants de l’Organisatoin des nations unies (ONU) ont demandé le 25 août sa « libération immédiate et inconditionnelle ». Il est accusé d’avoir proféré des menaces de mort contre le chef de la junte, le président Assimi Goïta, dans un message audio qui lui a été attribué, diffusé sur les réseaux sociaux. Un expert judiciaire indépendant chargé par la justice d’authentifier l’enregistrement a toutefois conclu que « la voix du vocal incriminé n’est pas celle de l’inculpé. » Le 17 avril, un juge du pôle national de lutte contre la cybercriminalité du Mali a prononcé un non-lieu, mettant ainsi hors de cause Clément Dembélé, et une ordonnance de sa mise en liberté a été émise. Le parquet a depuis fait appel de l’ordonnance de non-lieu. Selon les experts, mandatés par le Conseil des droits de l’homme mais qui ne s’expriment pas au nom de l’ONU, « cette affaire semble avoir des motivations politiques, car Clément Dembélé n’est pas libéré malgré une décision de justice rejetant les charges retenues contre lui pour manque de preuves ». « Son procès et son maintien en détention pourraient constituer une instrumentalisation du système judiciaire par le gouvernement », poursuivent les experts. Le Monde avec AFP
Côte d’Ivoire : Quatre morts et un disparu dans une attaque près de la frontière burkinabè
Quatre villageois ont été tués, un autre est porté disparu, et une femme grièvement brûlée à la suite d’une attaque perpétrée dans la nuit de dimanche à lundi par des « individus armés non identifiés », non loin de la frontière avec le Burkina Faso, a annoncé mardi l’état-major des armées ivoiriennes. L’assaut s’est produit dans le hameau de Difita, à seulement deux kilomètres de la frontière burkinabè, une zone sensible en raison de l’instabilité persistante dans le nord du Burkina Faso, où sévissent plusieurs groupes jihadistes. Selon le chef d’état-major, le général Lassina Doumbia, l’attaque a également entraîné l’incendie de plusieurs cases et le vol de bétail. Les assaillants se sont enfuis avant l’arrivée des forces ivoiriennes, qui ont déployé des moyens aériens et terrestres pour les intercepter. Il s’agit de la première attaque meurtrière enregistrée sur le sol ivoirien depuis 2021. À l’époque, des soldats avaient été tués dans la localité de Kafolo lors de deux attaques distinctes en juin 2020 et mars 2021. Face aux menaces sécuritaires croissantes, le gouvernement ivoirien affirme multiplier les efforts pour renforcer la présence militaire dans le nord. « La Côte d’Ivoire est confrontée à de nombreux défis : terrorisme, criminalité organisée, cybercriminalité, orpaillage illégal… », rappelait récemment le ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, assurant que l’armée « répond avec efficacité » sur tous les fronts. En parallèle des actions militaires, les autorités misent aussi sur la prévention, notamment à travers des programmes de développement destinés à la jeunesse dans les régions frontalières, afin de réduire les risques de radicalisation. Sahel Intelligence
Mali: un tribunal de Grande instance déclare recevable une plainte contre la dissolution des partis politiques
Au Mali, en mai dernier, par décret présidentiel, les quelque 297 formations politiques du Mali avaient été dissoutes par la junte. Les formations politiques, surtout celles de l’opposition, avaient engagé, via des avocats, des procédures pour obtenir l’annulation de cette décision. Lundi 25 août, le tribunal de grande instance de la Commune 1 a rendu sa décision. Contrairement à de précédentes décisions de justice, le tribunal de grande instance de la Commune 1 de Bamako, au Mali, a déclaré recevable la plainte déposée par un collectif d’avocats. La demande d’annulation de la dissolution de tous les partis politiques est désormais juridiquement sur la table. Autre information : le tribunal a estimé qu’avant de se prononcer sur le fond du dossier, il faut un contrôle préalable de la constitutionnalité des décrets contestés. L’affaire est donc, dans un premier temps, renvoyée devant la Cour constitutionnelle. Cette décision du tribunal de grande instance de la Commune 1 de Bamako ne suspend pas à proprement parler les décrets de dissolution des partis politiques, mais les place sous la menace d’une éventuelle annulation lorsque la Cour suprême aura statué sur leur constitutionnalité. Dans un communiqué, l’un des avocats des plaignants, Me Mountaga Tall – lui-même désormais opposant –, affirme que les neuf Sages ont une opportunité historique de réaffirmer que la Cour constitutionnelle est gardienne des libertés et de la légalité républicaine. De son côté, le Front patriotique de résistance (FPR) composé d’opposants en exil forcé, appelle, dans une déclaration, « à la vigilance et à la mobilisation », avant d’ajouter que « le Mali ne retrouvera le chemin de la liberté et de la dignité qu’avec le départ de la junte. » RFI
Passeport diplomatique et storytelling : le Niger s’offre Nathalie Yamb
Les autorités nigériennes ne dédaignent jamais des renforts dans la guerre communicationnelle qui oppose les néosouverainistes à ceux qu’ils qualifient de « valets de l’impérialisme ». C’est ainsi que Niamey vient de s’assurer la bienveillance d’une « influenceuse » de cette sphère panafricaniste, tout à la fois métissée et volontiers anti-occidentale. Le 21 août, selon une source de la branche nigérienne de l’organisation Urgences panafricanistes, l’activiste Nathalie Yamb se serait vu attribuer un passeport diplomatique de ce pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). La décision d’accorder ce sésame à la « dame de Sotchi » s’est, en outre, accompagnée d’une nomination au poste de conseillère spéciale du président Abdourahamane Tiani. Une récompense pour services numériques rendus, autant qu’une invitation à contribuer davantage au storytelling sous-régional ambiant. Yamb ne tarit d’ailleurs jamais d’éloges sur les deux autres pays de la confédération sahélienne où elle est en odeur de sainteté. Le passeport nigérien et ce titre ronflant sont les bienvenus, pour élargir les perspectives de villégiature de l’Helvético-Camerounaise qui a vu récemment la liste de ses destinations potentielles se réduire. Il y a tout juste deux mois, le Conseil de l’Union européenne publiait une résolution visant plusieurs personnalités considérées comme abusivement prorusses. Présente sur la liste publiée, Nathalie Yamb est désormais interdite d’entrée sur le territoire de l’Union européenne et ses avoirs sont gelés…Qu’Urgences panafricanistes se soit fait la porte-parole de la récente promotion de Nathalie Yamb n’est guère une surprise, le passeport diplomatique nigérien de la militante faisant écho à celui que reçut le Béninois Kemi Seba, il y a tout juste un an, quelques semaines après avoir perdu sa nationalité française. Les deux stars autoproclamées de l’activisme panafricain sont des soutiens de longue date du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) qui renversa, le 26 juillet 2023, le président élu Mohamed Bazoum. Jeune Afrique
Togo: trois mois et demi après, le nouveau gouvernement se fait toujours attendre
Les Togolais attendent toujours la formation d’un nouveau gouvernement, après la démission de l’ancienne équipe du 2 mai. La démission a eu lieu à la veille de la prestation de serment de Faure Gnassingbé comme président du Conseil dans le cadre du passage à la cinquième République, toujours contesté par une partie de l’opposition et de la société civile. Deux marches contre le pouvoir ont eu lieu en juin, et une nouvelle est prévue en fin de semaine. Quels ministres seront reconduits ? Qui sera remplacé ? Aucune information officielle, jusqu’à présent, sur la composition du futur gouvernement, le premier de la cinquième République qui a fait passer le Togo d’un régime présidentiel à un régime parlementaire. En attendant, l’équipe sortante gère les affaires courantes, depuis sa démission le 2 mai. La formation du gouvernement revient à Faure Gnassingbé, devenu président du Conseil des ministres, le lendemain. Or, fait-on remarquer dans l’opposition, trois mois et demi plus tard, ces ministres n’ont toujours pas été nommés. Le porte-parole du front « Touche pas à ma Constitution », Nathaniel Olympio, y voit le signe de difficultés à former un nouveau gouvernement. De son côté, le politologue et essayiste Madi Djabakaté pointe des difficultés liées à la grogne que continue de provoquer le changement de Constitution et qui compliqueraient le recrutement de nouveaux visages. « La réalité, c’est que le gouvernement de la quatrième République reste toujours actif », poursuit-il. Interrogé par nos confrères du Point le mois dernier, le ministre sortant du Travail, Gilbert Bawara, estimait que cette situation n’est ni inédite, ni extraordinaire, citant le cas de la Belgique, restée plus d’un an avec un gouvernement chargé d’expédier les affaires courantes. RFI
RDC: les religieux unissent leur voix en vue du dialogue national inclusif
En RDC, les Églises catholique et protestante engagées dans un processus de médiation pour tenter d’enrayer la crise politique et sécuritaire que traverse l’est du pays poursuivent la préparation du dialogue national inclusif qui doit avoir lieu prochainement. Après avoir travaillé pendant plus d’un mois avec la présidence qui leur avait demandé de fusionner leurs propositions avec celles formulées par d’autres confessions, ces dernières se sont associées avec la Plateforme des confessions religieuses au Congo et la Coalition interconfessionnelle pour la nation avec lesquelles elles ont présenté une feuille de route commune pour la suite du processus, ce lundi 25 août. Le document annonce un « mois de la paix » rythmé par des cultes œcuméniques pour instaurer confiance et décrispation, suivi d’un dialogue entre experts pour mobiliser les compétences autour de solutions techniques. Ce n’est qu’ensuite qu’interviendra le dialogue politique proprement dit, dont les parties prenantes seront « la majorité au pouvoir, l’opposition politique non armée, l’opposition armée, la société civile, les autorités coutumières et traditionnelles, la diaspora congolaise et des personnalités indépendantes ou influentes issues du monde académique, culturel, intellectuel et économique », détaille le pasteur Éric Senga, secrétaire général et porte-parole de l’Église du Christ au Congo (ECC). Alors que les religieux souhaitent que les discussions débouchent sur un compromis « patriotique et durable », ceux-ci n’attendent désormais plus que la convocation officielle des assises par le président Félix Tshisekedi pour se mettre au travail, espérant qu’elle interviendra « le plus tôt possible » car « il y a urgence », reprend Éric Senga. RFI
Tunisie : des ONG dénoncent la dissolution de l’Instance d’accès à l’information
L’un des acquis de la révolution de 2011, l’Instance nationale d’accès à l’information (INAI) a été dissoute début août, avec un reclassement de ses salariés dans l’administration. Des ONG tunisiennes dénoncent, lundi 25 août, cette décision qui restreint encore les droits et les libertés en Tunisie. Cet organisme public indépendant avait été créé par une loi organique en mars 2016. Ses membres – neuf personnes –, dont un journaliste, un statisticien et un avocat, avaient été élus par le Parlement en juillet 2017. Elle permettait aux journalistes et aux citoyens de réclamer des données et des informations à toutes les administrations et les institutions de l’Etat. Après cette « fermeture en catimini » de l’INAI, « l’accès à l’information est de plus en plus verrouillé, a déploré Zied Dabbar, président du syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT). On ne peut pas parler de liberté de la presse s’il n’y a pas d’accès à l’information. Il n’y aura désormais que des versions officielles, ce qui aboutira à un travail de propagande ». Cette « violation dangereuse du droit à l’information » représente « une démolition de l’un des éléments fondamentaux de la construction démocratique » du pays, a indiqué le SNJT dans un communiqué, révélant la dissolution de l’INAI…Depuis un coup de force du président Kaïs Saïed, qui s’est octroyé tous les pouvoirs depuis le 25 juillet 2021, des ONG locales et internationales ont dénoncé une régression des droits et des libertés en Tunisie. Le Monde avec AFP
Somalie: accord entre le président et des leaders de l’opposition sur les modalités des prochaines élections
En Somalie, le président et quatre leaders de l’opposition, ont signé le 25 août 2025 un accord sur les modalités des prochaines élections du pays. En octobre 2024, le Parlement avait adopté une nouvelle loi électorale qui instaure le système du suffrage universel pour les échéances électorales de 2026. Une réforme qui a provoqué une levée de boucliers de l’opposition, attachée au système indirect clanique en vigueur. Cet accord représente donc un vrai tournant, en Somalie. « Les portes de la reconstruction de l’État sont désormais ouvertes », s’est réjoui lundi Hassan Cheikh Mohamoud. Il lui aura fallu plus de deux mois de discussions pour arracher cet accord. Le texte prévoit plusieurs points électoraux : d’abord l’élection du président de la République de Somalie par le Parlement. Idem au niveau fédéral, mais les députés, eux, seront élus au suffrage universel. Chaque formation politique ayant recueilli 10% des sièges au Parlement sera aussi de facto reconnue comme un parti. Enfin, les acteurs politiques s’engagent à participer à la transition vers le système « une personne, une voix ». Ce dernier point représente une victoire majeure pour Hassan Cheikh Mohamoud, même si pour cela il a dû faire des concessions. Son projet initial prévoyait en effet l’élection du président de la République et des présidents fédéraux, au suffrage universel. « Il devra désormais composer avec l’opposition », explique une source proche du Parlement. Cet accord a provoqué l’explosion de Forum pour le salut national, principale coalition d’opposition du pays. L’ancien président Sherif Sheikh Ahmed continue de penser que le contexte sécuritaire somalien notamment ne permet pas une réforme électorale de cette ampleur. RFI
Égypte : l’ONU dénonce la « rotation », un outil de détention arbitraire prolongée
Selon Volker Türk, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, ce système est devenu un instrument privilégié du gouvernement égyptien d’Abdel Fattah Al-Sissi, pour réprimer « ceux qui sont perçus comme critiques ou opposants politiques ». Avocats, défenseurs des droits humains, avocats, journalistes, militants ou simples manifestants pacifiques en font régulièrement les frais. « Le gouvernement égyptien doit immédiatement mettre fin à cette pratique de “rotation” et libérer toutes les personnes qui en ont été victimes », a insisté M. Türk dans un communiqué. La méthode est simple et redoutable : dès qu’un détenu arrive au terme de sa peine ou de sa détention provisoire, de nouvelles accusations tombent. Le plus souvent fondées sur des dispositions soit-disant « antiterroristes », ces accusations reprennent les mêmes griefs, rarement étayés, que ceux déjà jugés. Dernière illustration en date : celle du poète Galal El-Behairy. Condamné en 2018 pour des textes satiriques visant le pouvoir, il a terminé sa peine en juillet 2021, mais il n’a jamais recouvré la liberté. Depuis, il est visé par deux nouvelles affaires, l’une en vertu du code pénal égyptien et l’autre d’une loi antiterroriste. Le 19 août, il a encore été interrogé par le parquet suprême de la sûreté de l’État, qui a prolongé sa détention d’au moins quinze jours. ONU Info
Libye: le renforcement des relations entre le maréchal Haftar et la Turquie se poursuit
Le maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle les parties est et sud de la Libye, a reçu ce lundi 25 août dans son quartier général de Benghazi le chef des renseignements turcs, Ibrahim Kalin, arrivé à la tête d’une haute délégation militaire. Pour l’occasion, son hôte était lui entouré de ses deux fils, Saddam et Khaled Haftar, récemment promus à la tête de l’Armée nationale libyenne (ANL) : alors que le premier en a été nommé vice-commandant général, le second en est devenu le chef d’état major. Si cette visite – la première d’un responsable turc de ce niveau depuis 2020 – n’avait pas été annoncée au préalable, le compte rendu qui en a été fait ne permet pas non plus de savoir quel était son objectif réel. Comme d’habitude en effet, le communiqué du commandement général de l’ANL se distingue par sa brièveté : tout juste se borne-t-il à indiquer que « les deux parties ont discuté [de leurs] intérêts communs » et des moyens « de les développer ». Ce qu’elle confirme en revanche, c’est que la Turquie, alliée traditionnelle de l’ouest libyen, cherche bien à renforcer ses liens avec le camp de l’est et à tourner la page de ses relations compliquées avec lui, comme l’avaient illustré les virulentes critiques qu’avait adressé il y a cinq ans au chef de l’ANL le même Ibrahim Kalin, qui occupait à l’époque le poste de porte-parole de la présidence turque. Initié en avril dernier avec la réception à Ankara de Saddam Haftar qui avait alors rencontré le chef de l’armée turque en personne, ce rapprochement pourrait déboucher, à terme, sur une plus grande coopération économique, politique et militaire entre les deux parties. En ce qui concerne les questions de défense, des discussions ont d’ailleurs eu lieu hier entre Saddam Haftar et la délégation turque à bord de la frégate avec laquelle elle s’est rendue à Benghazi. Alors que pour la Turquie, une plus grande proximité avec le camp Haftar pourrait permettre au pays de renforcer son influence en Libye, le second voit lui d’un bon oeil une possible diversification de ses partenaires, Le Caire et Ankara affirmant par exemple avoir désormais une même vision pour la Libye. RFI
Sénégal : Abass Fall, membre du parti au pouvoir, est le nouveau maire de Dakar
Dakar a un nouveau maire. Déchu fin 2024 de ses mandats électifs en raison de sa condamnation définitive pour un homicide commis en 2011, Barthélémy Dias a été remplacé, lundi 25 août, par un responsable du parti au pouvoir au Sénégal, Abass Fall. C’est la première fois depuis seize ans que ce n’est pas un membre de l’opposition sénégalaise qui dirige la mairie de Dakar. Abass Fall, actuel ministre du travail et responsable du parti au pouvoir, Pastef, a remporté la majorité des voix requise pour être maire, lors d’une réunion du conseil municipal sous haute surveillance policière. Lundi, la Cour suprême a rejeté le recours déposé par le maire déchu Barthélémy Dias demandant la suspension de l’élection qu’il jugeait illégale, selon la presse locale. Elu maire début 2022, Barthélémy Dias a été démis de son poste en décembre 2024, un an après la confirmation par la Cour suprême de sa condamnation à deux ans de prison, dont six mois ferme – durée couverte par sa détention préventive –, pour un homicide commis en 2011 dans un contexte de violences politiques. Cette peine, prononcée en 2017, confirmée en appel en 2022 et rendue définitive par la Cour suprême fin 2023, entraîne une inéligibilité de cinq ans. L’ancien maire a aussi déposé un recours demandant à la Cour suprême d’annuler sa destitution. La décision est attendue jeudi 18 septembre. En raison de la même condamnation, l’Assemblée nationale l’a également déchu jeudi 6 novembre de son mandat de député, à la demande du ministère de la justice. Le Monde avec AFP
La France restitue à Madagascar trois crânes de l’époque coloniale, dont celui présumé d’un roi décapité
La France a restitué à Madagascar, mardi 26 août, trois crânes datant de l’époque coloniale, dont le crâne présumé du roi Toera, un roi malgache décapité par l’armée française lors d’un massacre en 1897. Selon l’Agence France-Presse, les trois crânes de l’ethnie Sakalava ont été symboliquement remis mardi aux autorités malgaches lors d’une cérémonie au ministère de la culture français. Ils retrouveront l’île, où ils seront inhumés, le 31 août. Le crâne présumé du roi, réclamé depuis plusieurs années par Antananarivo, était jusque-là conservé au Muséum national d’histoire naturelle à Paris aux côtés de centaines d’autres restes humains malgaches. Le roi Toera avait été tué aux premières heures de la colonisation, lors d’une attaque meurtrière des troupes coloniales françaises à Ambiky, ancienne capitale royale du Menabe, et emporté ensuite comme trophée en France. Cette restitution « marque un événement historique », a salué la ministre de la culture, Rachida Dati. « Ces crânes sont entrés dans les collections nationales dans des conditions qui contreviennent de manière très objective à la dignité humaine et dans un contexte de violences coloniales », a-t-elle explicité devant la presse. La ministre a précisé que le travail des scientifiques, réalisé en amont de la restitution, avait permis d’établir « avec certitude » que ces crânes proviennent de la communauté Sakalava mais qu’on ne pouvait que « présumer » que l’un d’eux était celui du roi Toera. En visite à Madagascar en avril, Emmanuel Macron avait appelé de ses vœux cette restitution afin de créer les « conditions » d’un « pardon » face aux « pages sanglantes et tragiques » de la colonisation, de 1897 à l’indépendance en 1960. Le Monde avec AFP
