Revue de presse du 25 septembre 2026

Nord de l’Ethiopie : intenses combats nocturnes, communications perturbées
L’armée éthiopienne a empêché dans la nuit de jeudi à vendredi, durant d’intenses combats, les combattants des autorités rebelles du Tigré d’entrer dans Abala, ville située de l’autre côté de la frontière avec l’Etat régional voisin de l’Afar, dans le nord de l’Ethiopie, où les hostilités ont récemment repris. Certains réseaux de télécommunications et d’accès à internet étaient par ailleurs coupés vendredi dans le nord de l’Ethiopie, selon l’observatoire international Netblocks et les constatations de l’AFP. Après plusieurs mois de tensions, les combats ont repris mardi entre l’armée fédérale et les troupes du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), formation politique qui dirige le Tigré de fait, mais illicitement selon le gouvernement fédéral du Premier ministre Abiy Ahmed.… Il y a eu « de violents combats pendant la nuit » et les forces fédérales éthiopiennes « ont empêché les rebelles d’entrer dans la ville » d’Abala, située dans l’Etat régional de l’Afar, au sein de massifs marquant la frontière avec l’est de celui du Tigré, a expliqué, sous le couvert de l’anonymat pour des raisons de sécurité, une source humanitaire présente en Afar.… Sept groupes armés opposés aux autorités fédérales, notamment le TPLF, les milices nationalistes amhara Fano et l’Armée de libération oromo (OLA) ont annoncé une alliance pour « renverser » le gouvernement fédéral d’Abiy Ahmed. TV5Monde

Plus de 55000 Soudanais ont fui vers le Tchad depuis janvier, selon l’ONU
Plus de 55000 Soudanais ont fui vers le Tchad depuis le début de l’année, a indiqué ce 25 septembre 2026 le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR). Au cours de la semaine précédente, le rythme des arrivées s’est fortement accéléré, avec plus de 400 personnes par jour franchissant les zones frontalières d’Adré et de Tiné, dans l’est du Tchad, selon un communiqué du HCR. « Le Soudan reste le théâtre de la plus grande crise de déplacements de population au monde, avec quelque 11,3 millions de personnes déplacées de force depuis le début du conflit, dont 6,4 millions à l’intérieur du pays », a précisé le HCR vendredi. RFI

Somalie : la faim menace des milliers de déplacés avant la fin de l’année
Quelque 26.000 personnes déplacées à Baidoa, dans le sud-ouest de la Somalie, pourraient basculer dans la famine d’ici la fin de l’année, alors que de nouvelles inondations liées au phénomène El Niño et le manque de financements humanitaires menacent d’aggraver une crise alimentaire déjà alarmante, ont averti vendredi plusieurs agences des Nations Unies. Selon la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), environ 5 % des personnes déplacées vivant à Baidoa, dans la région de Bay, devraient être confrontées entre octobre et décembre à des niveaux de faim correspondant à la famine, ainsi qu’à un effondrement de leurs moyens de subsistance. L’une des principales villes de Somalie, Baidoa accueille des centaines de milliers de personnes ayant fui les conflits, la sécheresse et la faim.… Quelque 1,92 million d’enfants de moins de cinq ans auront besoin d’un traitement contre la malnutrition aiguë entre juillet 2026 et juin 2027. Parmi eux, 433.000 souffrent de malnutrition aiguë sévère, la forme la plus meurtrière. ONU Info

Est de la RDC: l’évolution de la mission de l’ONU en question
Faut-il réduire les missions de paix de l’ONU ou leur donner les moyens de remplir leur mandat ? La question se pose pour la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco), engagée dans le suivi du cessez-le-feu dans l’est de la RDC. Kinshasa, qui demandait son retrait accéléré en 2023, défend aujourd’hui une autre perspective. À Goma, dans l’est de la RDC, le chef de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco), James Swan, a rencontré le 23 septembre les membres du Mécanisme chargé de vérifier le cessez-le-feu, ainsi que le groupe politico-militaire AFC/M23 qui contrôle des pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. La mission se dit prête à poursuivre son appui, dans les limites de son mandat. La Monusco a déjà apporté un soutien logistique à deux missions de vérification, à Minembwe (Sud-Kivu) et dans le Masisi (Nord-Kivu). Mais avec quels moyens, et pour combien de temps ? RFI

Au Mali, l’amertume des militaires en première ligne contre les djihadistes
Le 10 septembre, l’armée malienne a subi l’un de ses pires revers : au moins 100 soldats sont morts dans l’attaque du camp de Dioura par le GSIM. Une défaite qui met à nouveau sous pression le chef de la junte. Les festivités ont été sobres, moins pompeuses que l’année passée. Pour ce 22 septembre, jour de la fête de l’indépendance du Mali, pas de spectacle de drones esquissant la tête du général Assimi Goïta dans le ciel de Bamako, comme ce fut le cas en 2025, ni de grande parade militaire sur le boulevard de l’Indépendance. Plutôt un défilé classique sur la place d’armes d’un camp de la capitale, en bon ordre et sans fioritures. En faire trop aurait sans doute été mal perçu. Au cours de la semaine précédente, l’armée a été endeuillée par une série d’attaques d’envergure des djihadistes du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM) dans le centre du pays. Parmi elles, l’un des pires carnages qu’elle a subis en près de quinze ans de guerre sur son sol : le 10 septembre, au moins 100 de ses hommes ont été tués dans le camp de Dioura, l’une de ses principales bases dans la région. Comme à son habitude, la junte du général Goïta n’a donné aucun bilan précis, se contentant de reconnaître que l’emprise de Dioura, déjà visée en 2019, 2023 et 2025, avait été attaquée. Le silence sur les pertes s’étend jusqu’à l’état-major. Un officier qui y est affecté va jusqu’à évoquer une « omerta » sur le sujet. Le Monde

Disparition de Moussa Kaka au Niger: Reporters sans frontières réitère son appel à l’ouverture d’une enquête
Au Niger, toujours aucune nouvelle de Moussa Kaka.… Une figure du journalisme au Sahel : c’est ainsi que Reporters sans frontières (RSF) décrit Moussa Kaka, 66 ans, et plus de trois décennies passées à raconter le Niger sur la radio Saraounia qu’il a lancée à Niamey il y a plus de 25 ans, désormais doublée d’une télévision, qui emploient 70 personnes.… Moussa Kaka, poursuit RSF, a subi de nombreuses pressions au fil de sa carrière. Il a passé un an en détention, sous la présidence de Mamadou Tandja, en 2007 et 2008. Il a été interpellé l’année précédente avec cinq autres journalistes, et inculpé de « complicité de diffusion de document de nature à troubler l’ordre public ». Depuis le 31 août au soir, Moussa Kaka n’a plus été vu ni entendu. Parti de son média pour rentrer chez lui, il n’y est jamais arrivé. RSF réitère son appel aux autorités du Niger à ouvrir une enquête. Elles n’ont à ce jour jamais communiqué sur sa disparition. RFI

Wagner : un lanceur d’alerte centrafricain menacé d’expulsion par la France
[Vidéo] Ephrem Yalike-Ngonzo, le journaliste et lanceur d’alerte qui a révélé le système de désinformation mis en place en République centrafricaine par le groupe russe Wagner, vit réfugié en France depuis deux ans. Sa demande d?asile vient d?être refusée malgré les menaces pour sa vie. TV5Monde

Soudan du Sud: Salva Kiir ouvre un dialogue inter-partis après la dissolution du gouvernement
Au Soudan du Sud, le président Salva Kiir a officiellement ouvert ce jeudi 24 septembre un dialogue inter-partis dans la capitale, Juba. Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la dissolution du gouvernement de transition deux jours auparavant et de la formation d’un gouvernement intérimaire chargé d’organiser les élections prévues pour le 22 décembre prochain. Plusieurs groupes d’opposition rejettent ce dialogue et dénoncent une crise constitutionnelle et de légitimité. Ils appellent à une intervention de la communauté internationale. Pas de « négociations » ni de « désaccords », et surtout, pas de retour en arrière sur « ce qui a été mis en place légalement ». C’est ainsi que le président Salva Kiir a posé le cadre de son dialogue inter-partis, ce jeudi dans la capitale sud-soudanaise, face à un parterre d’officiels et de diplomates réunis au Freedom Hall. « L’objectif principal est que nous convenions tous d’une voie menant à une élection pacifique et crédible », a déclaré le président, prévenant d’emblée qu’il ne s’agissait pas « de modifier la direction du chemin que nous avons pris », ni de « nous empêcher d’avancer ». La veille, huit groupes d’opposition en exil ont quant à eux annoncé leur rejet du dialogue et des élections telles que proposées. Ils ont adressé un « appel urgent » aux présidents de l’Union africaine et du groupe régional d’Afrique de l’Est IGAD, constatant « l’effondrement de l’accord de paix », ainsi qu’une « crise constitutionnelle et politique » après une série de mesures prises de façon unilatérale par le président. RFI

Au Maroc, des législatives désertées par la population
Près de 16 millions de Marocains étaient appelés aux urnes mercredi pour élire leurs 395 députés. Le scrutin a été marqué par un taux de participation de 38%, au plus bas depuis deux décennies. Les législatives de mercredi au Maroc ont enregistré un taux de participation de 38,02%, le plus faible depuis presque 20 ans, sur fond de défiance envers la classe politique et d’inquiétudes autour du chômage et des inégalités.… La participation, notamment chez les jeunes, était suivie de près après l’afflux massif de migrants vers l’enclave espagnole de Ceuta fin juillet. Cet épisode avait exposé au grand jour le manque de perspectives d’une partie de la jeunesse, alors même que le royaume affiche une croissance soutenue et multiplie les grands chantiers en vue du Mondial-2030, organisé avec l’Espagne et le Portugal.… Si la crise de Ceuta n’a pas été au coeur de la campagne, les raisons qui l’ont sous-tendue ont en revanche irrigué les débats. «Je ne vais pas voter car j’ai perdu toute confiance dans la classe politique», a déclaré à l’AFP à Rabat Majda Bakatir, 59 ans. «Nous voulons que notre pays aille de l’avant mais les politiques ne semblent pas se soucier de nos problèmes liés à la santé, l’éducation et le pouvoir d’achat», ajoute la quinquagénaire. Le Temps

Madagascar: les autorités commémorent la révolte populaire de 2025, des jeunes appellent à continuer le combat
À Madagascar, une commémoration officielle s’est tenue ce 25 septembre, un an après le soulèvement de la Gen Z ayant conduit à la chute d’Andry Rajoelina. Une stèle a été dévoilée sur les bords du lac Anosy à Antananarivo, haut lieu des manifestations de 2025. Une façon, selon les autorités, de rendre hommage aux 22 personnes mortes durant cette mobilisation (d’après un recensement de l’ONU). Étaient présents les quatre « haut conseillers de la Refondation », le Premier ministre, ainsi que des membres de la Gen Z et des proches de victimes de la répression. Une cérémonie qui a pris des accents très politiques. RFI

Essor de la drogue au Mozambique, pays de transit devenu consommateur
[…] Joaquim fait partie du nombre croissant de toxicomanes dans ce pays d’Afrique australe, dont les autorités affirment qu’il n’est plus seulement un important point de transit dans le commerce intercontinental mais aussi un marché de consommateurs. Les hospitalisations liées aux drogues ont augmenté de 38% l’an dernier pour dépasser les 32.000, selon des chiffres gouvernementaux qui, selon les experts, ne reflètent d’une fraction du problème.… Diplômé de l’université, Paulo Ferrao a pour sa part commencé à se droguer au lycée. Il y a quatre ans, il s’est présenté à un centre de réhabilitation REMAR près de Maputo, « un cadeau d’anniversaire » pour sa soeur.… Désormais en charge des relations publiques de l’établissement, Ferrao explique que les drogues sont devenues beaucoup plus accessibles, y compris le « crystal meth », une drogue de synthèse extrêmement puissante. « Nous recevons de plus en plus de cas d’addiction aux méthamphétamines, ce qui signifie que l’héroïne ne suffit plus aux trafiquants », estime Ferrao. TV5Monde

Ghana: le président autorise le recrutement de 1200 agents antidrogue après la saisie de 3,9 tonnes de cocaïne
Au Ghana, six suspects ont comparu jeudi dans l’enquête sur les près de 3,9 tonnes de cocaïne saisies en France mi-septembre, dans un conteneur parti du port ghanéen de Tema. Parmi eux, quatre agents liés aux douanes. Face aux failles présumées dans les contrôles portuaires, la majorité parlementaire annonce que le président John Mahama a autorisé le recrutement de 1 200 agents supplémentaires pour l’agence antidrogue. Retour sur cette affaire qui défraie la chronique au Ghana. RFI

Sénégal : 4 mises en examen en lien avec les violences politiques de 2021-2024
Au Sénégal, la justice a prononcé, cette semaine, les premières mises en examen en lien avec les troubles politiques qui ont fait des dizaines de morts entre 2021 et 2024. Il s’agit de quatre personnes accusées d’actes de séquestration, d’enlèvement illégal, de torture et de violences intervenus en juin 2023. Des faits en lien avec les manifestations des partisans de l’opposant Ousmane Sonko, sévèrement réprimées par le régime de Macky Sall. Amnesty International salue cette procédure. Les avocats de la partie civile estiment que ces mises en examen marquent « un pas en avant modeste et tardif » et souhaitent qu’elles aboutissent à l’ouverture d’un procès. Au moins 65 personnes ont été tuées entre mars 2021 et février 2024 au Sénégal lors de manifestations organisées par l’opposition, selon un décompte établi par un collectif de journalistes et de chercheurs. Avant de quitter le pouvoir, Macky Sall avait fait adopter une loi d’amnistie visant à apaiser le climat politique. Mais elle ne saurait couvrir les chefs d’accusation spécifiques de « crimes contre l’humanité » ou de « complicité ». AfricaNews