Les conflits qui s’entrechoquent en Afrique aggravent la crise des déplacements forcés
Avec la régionalisation croissante des conflits en Afrique, les populations déplacées de force sont de plus en plus confrontées à la situation difficile de devoir fuir vers des pays voisins qui connaissent également des conflits.On estime à 45,7 millions le nombre d’Africains déplacés de force – réfugiés, déplacés internes ou demandeurs d’asile. Cela représente 3 % de la population du continent. Ce schéma, qui continue depuis 15 ans, prolonge la tendance d’augmentation constante du nombre de personnes déplacées de force. L’Afrique reste le continent qui compte le plus grand nombre de personnes déplacées de force, soit 43 % du total mondial. 69 % de ces 45,7 millions de personnes sont des déplacés internes (PDI) dans leur propre pays. Cependant, la part des personnes déplacées à l’extérieur de leur pays a augmenté de manière significative au cours de l’année écoulée, en grande partie en raison de l’augmentation des flux de réfugiés en provenance du Soudan, du Burkina Faso, de la République démocratique du Congo (RDC) et du Mali. 97% des personnes déplacées de force en Afrique cherchent à se réfugier sur le continent. 96 % des populations déplacées de force sont originaires de pays en proie à un conflit armé, ce qui souligne le rôle central de la guerre dans le déplacement des populations. Centre d’études stratégiques de l’Afrique
Nigeria : l’armée annonce des avancées après la série d’enlèvements
À la suite d’une vague d’enlèvements visant des centaines d’élèves, des enseignants et des fidèles dans le nord et le centre du Nigeria, les dirigeants militaires ont rencontré dimanche le président Bola Tinubu à Abuja. L’armée affirme avoir enregistré des progrès dans plusieurs États, tandis que les opérations de recherche se poursuivent. L’attaque la plus importante a touché l’école catholique St. Mary’s, dans l’État du Niger, où 303 élèves et 12 enseignants ont été kidnappés. …[L]e Major General Waidi Shaibu, chef d’état-major de l’armée, a annoncé que « plus de cinquante enfants ont pu s’échapper et retrouver leurs familles ». Il a ajouté que « des progrès substantiels ont été réalisés dans l’État de Kebbi, où 25 élèves avaient été enlevés quelques jours plus tôt, et toutes les forces de sécurité demeurent déployées dans un cordon de protection couvrant la zone ». Dans l’État de Kwara, les 38 fidèles enlevés lors de l’attaque d’une église ont également été libérés. Le Major General Shaibu a souligné que « nous recevons de très bonnes nouvelles de l’État de Kwara, où les 38 personnes enlevées ont retrouvé leur famille ». Ces enlèvements s’inscrivent dans un contexte d’insécurité durable, les écoles étant considérées comme des cibles « stratégiques » par les groupes armés. Africanews avec AP
Présidentielle en Guinée-Bissau : Dias et Embaló revendiquent la victoire
En Guinée-Bissau, des tensions persistent autour de la proclamation des résultats de la présidentielle. À l’issue du scrutin de ce week-end, le candidat indépendant Fernando Dias et le camp du président sortant Umaro Sissoco Embaló revendiquent chacun la victoire, alors que la commission électorale appelle à la patience et met en garde contre toute annonce prématurée. Fernando Dias, principal adversaire du président sortant, a salué la mobilisation des électeurs, la qualifiant de démonstration de la volonté de changement, tout en dénonçant de possibles tentatives d’interférence dans le comptage des votes. Il bénéficie du soutien de l’ancien Premier ministre Domingos Simões Pereira, disqualifié cette année pour dépôt tardif de sa candidature. De son côté, Oscar Barbosa, porte-parole de la campagne d’Embaló, a déclaré à la presse à Bissau que leur candidat avait remporté le scrutin et qu’« il n’y aurait pas de second tour ». La commission électorale a promis d’annoncer le résultat final d’ici jeudi et a mis en garde électeurs, candidats, partis politiques, coalitions électorales et médias contre toute publication de résultats avant l’officialisation. Africanews avec AP
Tanzanie : Suluhu Hassan annule les célébrations de l’indépendance
Contre toute attente, la présidente Samia Suluhu Hassan a annulé les célébrations de la fête nationale initialement prévues le 9 décembre prochain. Raison évoquée : l’allocation des fonds à la reconstruction des infrastructures endommagées par l’une des plus meurtrières crises post-électorales qu’a connu la Tanzanie ces dernières années. Cette annonce intervient alors que la jeunesse et des partis d’opposition projettent d’organiser une manifestation géante en mémoire de tous les disparus de ce sanglant épisode et dénoncer les meurtres de masse perpétrés par les forces de l’ordre. En effet, le nombre de morts reste la grande équation pour le pouvoir de Dar Es Salam, qui a annoncé l’ouverture d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur ces événements. Le pouvoir de Samia Suluhu Hassan est accusé d’avoir fait disparaître de nombreux corps ce qu’il dément, dimanche le porte-parole du gouvernement a parlé de couverture biaisée de plusieurs médias, mais se refuse à publier ses propres chiffres. Africanews
L’Union européenne octroie 10 millions d’euros aux FARDC
Dans un communiqué rendu public lundi 24 novembre, l’Union européenne (UE) annonce l’octroi de 10 millions d’euros supplémentaires pour l’acquisition d’équipements militaires non létaux, destinés à améliorer les capacités opérationnelles de l’armée congolaise. … Ces équipements incluront des outils pour le commandement et le contrôle, l’amélioration des conditions de déploiement, l’assistance médicale, ainsi que des moyens pour effectuer des patrouilles de surveillance le long des frontières fluviales. Les premières livraisons sont prévues avant la fin de 2026. Il s’agit de la deuxième mesure d’assistance accordée aux FARDC par l’Union européenne. La première, adoptée en 2023, visait à soutenir la 31e Brigade de réaction rapide basée à Kindu. Avec cette nouvelle aide, le total des contributions du Mécanisme européen pour la paix aux FARDC s’élève désormais à 30 millions d’euros. Ce soutien s’inscrit dans le cadre des efforts de l’UE pour accompagner la réforme du secteur de la sécurité en RDC et appuyer les FARDC dans leurs missions de protection des civils et de rétablissement de l’autorité de l’État, tout en contribuant au processus de paix. Radio Okapi
Progression du M23 à Shabunda : les villages Kimbili et Nyalubemba occupés
Les rebelles de l’AFC-M23 ont étendu leur progression dans le territoire de Shabunda, au Sud-Kivu en occupant les villages Kimbili et Nyalubemba à la suite d’une offensive menée le 20 novembre contre les positions avancées des Forces armées de la RDC (FARDC) et des combattants Wazalendo, rapportent des sources concordantes. Cette prise s’ajoute à celle du village Maimingi conquis le 16 novembre, marquant la première incursion de la rébellion dans ce territoire jusque-là exempt de sa présence. Ces villages occupés sont situés dans le groupement Bamuguba Sud, en chefferie de Bakisi. La progression des rebelles a provoqué le déplacement d’environ 1769 ménages vers le nord, en direction de Isezya, Lutika, Kiluma, Mitala et Kigulube, tandis que certains habitants se réfugient dans la brousse. A l’issue des affrontements entre les belligérants, le centre de santé de Nyalubemba à Kimbili est débordé par les blessés civils et militaires, selon la société civile locale. Le territoire de Shabunda est stratégique du fait de son immensité et ses riches ressources minières et forestières, ce qui accentue les tensions sécuritaires. Depuis le début de l’année 2025, les rebelles de l’AFC-M23 occupent la ville de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu. Dès lors, ils ont toujours mené des attaques pour étendre leur présence dans cette province. Radio Okapi
Burkina Faso: la fille de l’ex-ministre en exil Djibrill Bassolé libérée après plus d’un an en prison
Au Burkina Faso, Yasmine Bassolé a été remise en liberté. La fille de Djibrill Bassolé, ex-ministre sous la présidence de Blaise Compaoré, a passé plus d’un an en prison. … Yasmine Bassolé a été relâchée cette nuit après plus d’un an de détention par les autorités burkinabè, sans qu’aucune inculpation officielle contre elle ne lui ait été signifiée. … Yasmine Bassolé, juriste à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) dont le siège de la commission est à Ouagadougou, avait été arrêtée dans des conditions rocambolesques le 16 septembre 2024. Arrestation alors qu’elle subissait des soins dans un hôpital de la capitale burkinabè. Elle a été interpellée sans mobile apparent si ce n’est celui d’être la fille de l’ex-ministre des Affaires étrangères et de la Sécurité, le général Djibrill Bassolé. … En 2019, il a été condamné à dix ans de prison pour son rôle présumé dans une tentative ratée de coup d’État en 2015, des accusations qu’il réfute et une condamnation dont il a fait appel. Début 2020, il a été autorisé à venir en France pour se soigner et n’est pas retourné depuis dans son pays, qui a connu deux coups d’État ces dernières années. RFI
A Niamey, le journaliste Serge Mathurin Adou condamné à deux ans ferme pour « atteinte à la sûreté de l’État »
Un tribunal de Niamey a condamné vendredi 21 novembre à deux ans de prison ferme le journaliste nigéro-ivoirien Serge Mathurin Adou pour « atteinte à la sûreté de l’État », dans une affaire de « déstabilisation » au Burkina Faso voisin, ont indiqué ce 24 novembre des sources proches du dossier et du journaliste. Serge Mathurin Adou a disparu à Niamey le 1er septembre 2024, après avoir indiqué à son épouse qu’il devait répondre à une convocation de la police. Quelques semaines plus tard, le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, l’accusait d’être impliqué dans un « complot » et dans « plusieurs tentatives de déstabilisation » visant son pays – qui compose, avec le Niger et le Mali, l’Alliance des États du Sahel (AES). … Les relations entre la Côte d’Ivoire et son voisin burkinabè sont tendues depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré par un coup d’État, en septembre 2022. Résident au Niger depuis une vingtaine d’années, Serge Mathurin Adou a travaillé comme journaliste, notamment à la télévision privée Canal 3 à Niamey. Jeune Afrique avec AFP
Or au Mali : Barrick évite le divorce avec Bamako
La junte au pouvoir au Mali et la compagnie aurifère canadienne Barrick ont annoncé le 24 novembre avoir mis fin à leur différend de plusieurs mois, sur l’un des plus importants gisements aurifères au monde, le complexe de Loulo-Gounkoto (Ouest), dont Bamako avait obtenu la mise sous administration provisoire en juin. Au nom de la souveraineté économique du pays, le Mali, a récemment réformé son code minier. Il réclamait des centaines de millions de dollars d’arriérés d’impôts à Barrick. Le placement sous administration provisoire de Loulo-Gounkoto, décidé par un tribunal de Bamako, sera terminé et « les opérations de contrôle sur le complexe seront restituées à Barrick », dit la compagnie basée à Toronto (Canada) dans ce communiqué selon lequel cela « va ouvrir la voie » à un dialogue constructif entre les deux parties. En outre, « toutes les charges contre Barrick, ses [sociétés] affiliées et ses employés, seront levées » et des démarches judiciaires seront menées pour obtenir la libération de quatre employés de Barrick en détention depuis novembre 2024, ajoute le communiqué. Le groupe annonce aussi qu’en lien avec cet accord, ses filiales « retireront la plainte en arbitrage » déposée au Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements [Cirdi] », une organisation de la Banque mondiale basée à Washington. Jeune Afrique
Tunisie : deux humanitaires condamnés mais libérés après un procès inédit sur l’aide aux migrants, non-lieu pour trois autres
Cinq travailleurs humanitaires, dont un Tuniso-Suisse ancien haut cadre de l’ONU, étaient jugés, lundi 24 novembre, à Tunis, pour avoir facilité l’entrée illégale de migrants dans le pays. Il s’agissait du premier procès de ce type en Tunisie. Deux des prévenus ont été condamnés à des peines plus légères que prévu, et les trois autres ont bénéficié d’un non-lieu, selon des sources judiciaires. … Les deux détenus, Mustapha Djemali et Abderrazek Krimi, ont été condamnés à deux ans de prison, mais, ayant effectué l’essentiel de leur peine après environ vingt mois de détention, ils « vont être libérés dès ce soir », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) leur avocate, Mounira Ayadi. Les trois autres employés du CTR ont bénéficié d’un non-lieu, selon Mᵉ Ayadi. Les avocats ont tous plaidé en expliquant que le CTR travaillait en « partenariat exclusif » et dans le cadre d’une « convention légale » avec le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) en Tunisie afin de trouver des hébergements d’urgence aux demandeurs d’asile et aux réfugiés. … Les ONG tunisiennes et étrangères ont déploré une régression des droits et des libertés en Tunisie depuis un coup de force du président, Kaïs Saïed, à l’été 2021, par lequel il s’est emparé des pleins pouvoirs. Le Monde avec AFP
Cameroun: appel à mieux protéger les populations après l’enlèvement de prêtres dans la région du Nord-Ouest
Au Cameroun, nouvel appel de l’archevêque de Bamenda à mettre un terme à la crise dans les deux régions anglophones. La semaine passée a encore été marquée par des enlèvements de prêtres et de laïcs dans la région du Nord-Ouest. Dans une communication diffusée le 23 novembre, Andrew Nkea, par ailleurs président de la Conférence des évêques du Cameroun, demande au personnel religieux de la circonscription concernée de se préparer à partir, faute de garantie de sécurité. … Si d’ici demain, le père John n’est pas libéré, l’archevêque de Bamenda, demande aux prêtres et personnels religieux du doyenné de Ndop de partir en fermant paroisses et écoles, jusqu’à nouvel ordre. Les prêtres devront retirer le Saint Sacrement des Églises, chapelles et oratoires et laisser tous les tabernacles ouverts. Une mesure justifiée par le prélat par le fait que la sécurité des prêtres et du personnel religieux n’est pas garantie dans ce doyenné. … « Les populations du Nord-ouest et du Sud-ouest ont assez souffert ». L’archevêque demande aux militaires d’assurer la sécurité avec professionnalisme et éthique. Il appelle une nouvelle fois au dialogue pour mettre un terme à une crise dans les deux régions anglophones du pays entrée dans sa neuvième année. RFI
