Soudan : le bilan de l’attaque sur un hôpital du Darfour monte à 70 morts, selon l’OMS
Le bilan de l’attaque de vendredi contre l’hôpital universitaire d’El-Daein, au Soudan, dans l’est du Darfour, est passé de 64 à 70 morts, a déclaré, mardi 24 mars, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), déplorant une attaque « contre la possibilité même de survivre ». Selon l’OMS, 146 personnes ont également été blessées. … C’est « une attaque atroce », a réagi Hala Khudari, représentante adjointe de l’OMS au Soudan et responsable des urgences sanitaires de l’agence de l’ONU dans le pays. Elle a précisé que l’on comptait parmi les morts sept femmes, 13 enfants, un médecin et deux infirmières. … C’était le centre de soins pour plus de deux millions de personnes dans la ville d’El-Daein et quelque neuf localités de l’Etat du Darfour-Est. La population devra désormais parcourir 160 kilomètres pour parvenir à l’hôpital le plus proche, a souligné Mme Khudari. Le Monde avec AFP
Tchad : relocalisation urgente de réfugiés à la frontière soudanaise
Le Tchad a entamé samedi une relocalisation d’urgence de quelque 2 300 réfugiés stationnés à sa frontière avec le Soudan, dont plus de la moitié sont des femmes et des enfants, dans un contexte de tensions croissantes. Les opérations, pilotées par la Commission nationale d’accueil et de réinsertion des réfugiés et des rapatriés (CNARR), visent à éloigner les populations des zones frontalières où l’armée tchadienne se déploie après une attaque transfrontalière ayant fait 17 morts, parmi lesquels des personnes assistant à des funérailles. Le président Mahamat Idriss Déby a ordonné à l’armée de se tenir prête à d’éventuelles représailles, signalant une escalade de la situation dans cette région instable. La frontière orientale, fermée le mois dernier à la suite d’affrontements ayant coûté la vie à cinq soldats tchadiens, reste toutefois le point d’arrivée de nombreux réfugiés fuyant la violence côté soudanais. Depuis avril 2023, le conflit au Soudan oppose l’armée régulière aux Forces de soutien rapide (RSF), entraînant un débordement sporadique de la violence sur le territoire tchadien. Les populations locales témoignent de pertes humaines et de dégâts matériels, illustrant l’impact durable de la guerre soudanaise sur les communautés frontalières tchadiennes. Africanews avec AFP
Le Tchad envoie des forces de sécurité pour lutter contre les gangs en Haïti
N’Djamena va déployer 750 membres de ses forces de sécurité dans le cadre de la Force de répression des gangs (FRG) en Haïti, supervisée par les Nations unies. … Les gangs, qui contrôlent la quasi-totalité du territoire de la capitale Port-au-Prince « ont étendu leur influence au-delà de la capitale » ces 12 derniers mois, selon l’ONU. … Le Tchad est lui-même confronté à plusieurs menaces, dont la guerre au Soudan voisin, qui déborde régulièrement sur son territoire, au point que la frontière commune est fermée depuis le 23 février. Le pays accueille par ailleurs près d’un million de réfugiés soudanais. L’armée tchadienne est également mobilisée par la persistance des combats avec des groupes rebelles, qui ont fait plusieurs morts dans le Sud à la mi-janvier, ainsi que par la menace des groupes jihadistes dans la région du Lac Tchad. … Les violences perpétrées par les gangs et les attaques visant ces derniers en Haïti ont fait plus de 5 500 morts entre mars 2025 et mi-janvier, selon un nouveau rapport du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme publié mardi. Jeune Afrique avec AFP
Au moins 14 morts dans une attaque djihadiste au Burkina
Une attaque djihadiste contre un poste militaire a fait au moins 14 morts parmi les soldats dans le nord du Burkina Faso, où la violence s’est intensifiée ces dernières semaines, ont déclaré mardi des responsables de la sécurité à l’AFP. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), a revendiqué l’attaque perpétrée samedi à Bagade. Le Burkina Faso, dirigé par une junte militaire depuis un coup d’État en 2022, subit depuis plus d’une décennie des attaques meurtrières perpétrées par des djihadistes. … Un responsable de la sécurité, qui a souhaité rester anonyme, a donné un « bilan provisoire » faisant état de « 14 soldats tués et de nombreux autres portés disparus » après la dernière attaque. … WAMAPS, un groupe de journalistes ouest-africains spécialisés dans l’actualité sécuritaire au Sahel, a indiqué que « près de 20 » soldats et combattants civils volontaires soutenant l’armée (VDP) auraient trouvé la mort. Il a précisé que le JNIM avait diffusé « une vidéo choquante montrant une quinzaine de soldats morts, dont certains avaient été brûlés vifs ». Les VDP, ou « Volontaires pour la défense de la patrie », sont des auxiliaires civils de l’armée engagés dans la lutte contre les extrémistes. En février, le JNIM a revendiqué plusieurs attaques contre des soldats et des VDP. Plus de 130 personnes ont été tuées en l’espace d’une dizaine de jours, selon l’ACLED, une ONG qui recense les victimes de conflits à travers le monde. Africanews avec AFP
L’expert des Nations unies sur les droits humains au Mali pointe une «escalade autoritaire»
L’expert indépendant mandaté par les Nations unies sur les droits humains au Mali présentera l’après-midi de ce 25 mars son rapport annuel lors de la 61ème session du Conseil des droits de l’homme à Genève. Le rapport d’Eduardo Gonzalez couvre la période du 4 avril au 31 novembre 2025. Ce document très dense aborde les questions politiques, civiques et sécuritaires, revenant notamment sur les violences des groupes armés jihadistes ou indépendantistes, ainsi que sur les exactions de l’armée malienne et de ses partenaires russes de Wagner puis de l’Africa corps. Dans ses conclusions, l’expert onusien met en exergue « l’escalade autoritaire » du régime de transition et l’aggravation de la situation sécuritaire et humanitaire dans le pays. … L’expert exprime aussi sa préoccupation sur les « lois draconiennes sur les activités politiques, l’instrumentalisation de la justice, le harcèlement judiciaire et extrajudiciaire des personnes perçues comme critiques » de la Transition, ainsi que sur les « risques pesant » sur les ONG. RFI
Au Mali, un journaliste condamné à deux ans de prison pour un article critiquant la junte au Niger
Un journaliste malien a été condamné, lundi 24 mars, à deux ans de prison ferme par un tribunal de Bamako pour avoir publié un article critiquant le chef de la junte au pouvoir au Niger, voisin, dans un contexte de rétrécissement des libertés dans ce pays dirigé d’une main de fer par des militaires. Youssouf Sissoko, chef de la publication du journal malien L’Alternance, a publié un article le 2 février reprochant au chef de la junte du Niger, Abdourahamane Tiani, d’avoir accusé la France, la Côte d’Ivoire et le Bénin d’être impliqués dans une attaque contre l’aéroport de Niamey à la fin de janvier, revendiquée par le groupe Etat islamique. L’article, signé par un autre journaliste, accusait M. Tiani de mensonge et de faire du Niger, où une junte a pris le pouvoir en 2023 et s’est rapprochée de la Russie, un « laboratoire pour une expérimentation politique toxique ». M. Sissoko a été arrêté le 5 février et placé en détention pour « diffusion de fausses informations, atteinte à la réputation de l’Etat et insulte à l’égard d’un chef d’Etat étranger », avait fait savoir l’Association de la presse privée. Lundi, le tribunal du pôle national de lutte contre la cybercriminalité a condamné le journaliste à deux ans de prison ferme et au paiement d’un million de francs CFA (1 500 euros) de dommages et intérêts. Le Monde avec AFP
RDC : RSF accuse le M23 d’avoir détenu des civils dans des conteneurs
Un groupe rebelle de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a détenu des civils, dont deux journalistes, dans des conteneurs métalliques dépourvus d’éclairage et de ventilation, a déclaré mardi une organisation de défense des droits humains. Reporters sans frontières (RSF) a indiqué que le M23, soutenu par le Rwanda et qui contrôle certaines parties de l’est de la RDC, avait utilisé ces conteneurs dans la ville de Goma comme cellules de détention de fortune, dans des conditions « inhumaines » et « dégradantes ». S’appuyant sur des témoignages, des images satellites et des photos recueillies en 2025, RSF a indiqué qu’au moins deux journalistes figuraient parmi les personnes détenues dans ces conteneurs, qui avaient été installés dans l’enceinte de l’assemblée législative provinciale à Goma. L’identité des témoins n’a pas été divulguée pour des raisons de sécurité. Jusqu’à 80 détenus à la fois étaient placés à l’intérieur d’un conteneur, sans lumière ni ventilation, et n’étaient autorisés à sortir qu’une fois par jour. Les témoins ont déclaré ne recevoir qu’une ration minimale de nourriture, tandis que certains ont rapporté des passages à tabac réguliers. Selon les témoignages, les conditions étaient extrêmes — une chaleur étouffante le jour et le froid la nuit — et des décès ont été signalés. Les survivants étaient souvent détenus pendant des semaines avant d’être transférés vers d’autres lieux. Africanews avec AFP
Premier ministre algérien à Niamey : « La sécurité de l’Algérie est la sécurité du Niger et la sécurité du Niger est la sécurité de l’Algérie »
Le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb est arrivé à Niamey le 23 mars accompagné d’une délégation d’une dizaine de ministres et d’hommes d’affaires pour coprésider la commission mixte de coopération Niger-Algerie. « Les deux parties ont réaffirmé leur volonté commune de visser leur partenariat à un niveau stratégique encore plus élevé, en accordant une priorité particulière à leur coordination sécuritaire », ont-elles dit dans un communiqué. L’Algérie et le Niger, qui partagent une frontière longue de 959 km en plein désert, entendent notamment renforcer leur coopération dans la lutte contre « la menace terroriste », la criminalité transfrontalière et l’essor du commerce illicite. « Nous avons considéré que la sécurité de l’Algérie est la sécurité du Niger et la sécurité du Niger est la sécurité de l’Algérie », a déclaré Sifi Ghrieb lors de la clôture des travaux de la Commission de coopération. La ville nigérienne d’Assamaka (nord) subit des attaques jihadistes à seulement 15 kilomètres de l’Algérie. Important carrefour migratoire, la zone est une plaque tournante de la criminalité transfrontalière et du commerce illicite. Les deux pays veulent également développer leurs relations économiques et commerciales, en « accélérant » les projets de gazoduc transsaharien, de la route transsaharienne ou de liaison par fibre optique transfrontalière. Jeune Afrique avec AFP
Le Ghana et l’UE signent leur premier partenariat pour lutter contre l’insécurité régionale
L’accord, signé le 24 mars à Accra par la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, et la vice-présidente du Ghana, Jane Naana Opoku-Agyemang, vise à renforcer la coopération dans des domaines tels que la lutte contre le terrorisme, le partage de renseignements et la gestion des crises. Il intervient alors que les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, dont le Ghana, cherchent à empêcher la propagation de la violence depuis les pays du Sahel où des groupes armés ont intensifié leurs attaques ces dernières années. Le Sahel, « épicentre » du « terrorisme », concentre pour la troisième année consécutive près de la moitié des décès liés à ces violences dans le monde en 2025, selon le dernier Indice mondial du terrorisme publié la semaine dernière. … Cet accord s’inscrit dans le cadre d’un programme de soutien plus large de l’UE démarré en 2023, d’un montant de 50 millions d’euros, comprenant la fourniture d’équipements de sécurité et de renseignement au Secrétariat du Conseil national de sécurité du Ghana. À l’issue de la signature, l’UE a remis au Ghana du matériel militaire dont des drones de surveillance, des canons anti-drones et des motos. … Si le Ghana a largement échappé aux attaques majeures, les autorités ont mis en garde à plusieurs reprises contre les risques liés à l’infiltration d’extrémistes et aux réseaux criminels transnationaux opérant dans toute la région. Jeune Afrique avec AFP
Espagne-Sénégal: premier jour de la visite d’État à Madrid du président Diomaye Faye
Après sa participation en juin 2025 à la 4ème Conférence internationale sur le financement du développement à Séville, le président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye est arrivé ce mardi et restera jusqu’au jeudi 26 mars à Madrid. Il doit y rencontrer le couple royal et le chef du gouvernement socialiste Pedro Sanchez. Madrid veut renforcer son alliance avec Dakar, rapporte notre correspondant à Madrid, François Musseau. C’est une volonté exprimée depuis plusieurs mois et que cette visite d’État du chef de l’État sénégalais en Espagne entend concrétiser. Le président Bassirou Diomaye Faye sera reçu ce mercredi 25 mars dans la salle la plus prestigieuse du Palais d’Orient de Madrid, en présence du roi Philippe VI. C’est dire l’importance qu’on entend donner ici à cette rencontre qui doit resserrer les liens politiques et économiques bilatéraux. … Ce 24 mars, les chefs de la Diplomatie des deux pays ont signé un nouvel accord-cadre de partenariat pays pour les quatre ans à venir. Accord qui comprend une l’enveloppe de 180 millions d’euros, soit 118 milliards de francs CFA. … L’Espagne est le 4ème pays le plus important pour le Sénégal en terme d’échanges commerciaux derrière la Chine et la France notamment. Le Président Diomaye Faye se rendra le 26 mars à un forum des entreprises organisé par la Chambre de commerce espagnole avant de déjeuner avec le roi et la reine d’Espagne. RFI
