Revue de presse du 25 juin 2026

Soudan : l’escalade des violences à El Obeid menace l’aide et accroît le risque d’épidémies
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’insécurité et l’escalade de la violence à El Obeid, capitale de l’Etat du Kordofan du Nord, ont de graves répercussions sur l’accès des populations à l’aide humanitaire et aux services vitaux. … Cette situation fait craindre une aggravation de la crise humanitaire dans cette région déjà fragilisée par le conflit qui oppose depuis plus de trois ans les forces armées soudanaises (FAS) et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Le lundi 22 juin, des frappes de drones auraient visé deux sites accueillant des personnes déplacées, faisant au moins trois morts et quatorze blessés, selon des informations transmises au Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA). Plusieurs abris auraient également été endommagés, aggravant encore les conditions de vie de populations déjà privées d’un accès suffisant aux services essentiels. Les partenaires humanitaires continuent de également de signaler des pénuries de carburant, ainsi qu’une disponibilité limitée de pain, d’eau potable et d’autres denrées alimentaires essentielles à El Obeid. L’OCHA reste préoccupé par le fait que les combats continuent de forcer les habitants à fuir leurs foyers à El Obeid. Dans le Darfour du Nord, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a signalé mardi que 2.200 personnes avaient été déplacées vendredi dernier en raison de l’insécurité dans les villages d’Orschi et de Dou, dans la localité d’Um Baru. ONU Info

Ebola: la RDC et l’Ouganda renforcent leur coopération sanitaire transfrontalière
La République démocratique du Congo et l’Ouganda ont lancé mardi 23 juin leur coopération sanitaire transfrontalière pour faire face à cette épidémie d’Ebola. La décision a été prise à l’issue d’une rencontre entre les autorités de deux pays à Aru-Centre, à environs 300 kilomètres au nord de Bunia (Ituri). Cette mutualisation sanitaire consiste au renforcement de la surveillance et le deploiement de laboratoires mobiles aux postes frontaliers d’Aru et Kasenyi. Dans le mémorandum signé par les autorités congolaises et ougandaise, les deux parties s’engagent à partager régulièrement les données épidémiologiques entre les deux pays, à renforcer la surveillance sanitaire commune et ouvrir des centres de traitements d’Ebola dans les zones frontalières. … Pour l’Institut national de santé publique (INSP), qui a pris part à cette rencontre, cette coopération sanitaire transfrontalière renforce les dispositifs de riposte entre ces deux pays voisins, liés par d’importants échanges commerciaux. Radio Okapi

Au Mali, le blocus jihadiste levé sur la route menant à Mourdiah et Nara
Au Mali, les jihadistes du Jnim ont levé mardi 23 juin 2026 le blocus qu’ils imposaient depuis près de deux années sur la route reliant la capitale Bamako aux localités de Mourdiah et Nara, dans la région de Nara, près de la frontière mauritanienne. En juillet 2024, les jihadistes avaient décrété un blocus sur Mourdiah, attaquant les véhicules tentant de s’y rendre et condamnant de fait l’accès à la ville, plus éloignée, de Mourdiah. Des négociations locales ont permis de mettre un terme à ce blocus. … Selon les sources locales jointes par RFI, les négociations pour mettre fin au blocus des jihadistes du Jnim ont débuté au mois d’avril. Plus d’une quinzaine d’élus et anciens élus locaux, de notables et de membres des sociétés civiles de Mourdiah et de Nara ont participé aux pourparlers avec les jihadistes. « Tout le monde est fatigué, on n’en peut plus, témoigne une figure de la région. C’est pourquoi nous voulions ces négociations. » Un accord a finalement été conclu à la mi-juin. En contrepartie du libre accès à Mourdiah et Nara, les jihadistes ont posé une exigence : « permettre le retour de tous ceux qui avaient fui leurs villages à cause des exactions de l’armée malienne et que les civils puissent vivre en paix », selon les termes rapportés par l’un des négociateurs. RFI

Burkina Faso: deux ans après l’enlèvement du journaliste Atiana Serge Oulon, un site d’info publie ses enquêtes
Au Burkina, le directeur de publication du journal l’Événement n’a plus jamais donné signe de vie depuis son enlèvement le 24 juin 2024. Les autorités du Burkina Faso affirment l’avoir réquisitionné et envoyé au front pour combattre les jihadistes. En mai, Reporters sans frontières (RSF) révélait toutefois qu’il avait en réalité été séquestré et torturé dans une prison secrète située dans le quartier Ouaga 2000. Aujourd’hui, les défenseurs de droits humains appellent à sa libération et le site d’information Sahel Horizon lui rend hommage, grâce à une initiative comprenant « beaucoup de lettres venues d’un peu partout, de défenseurs, de journalistes, d’investigation, mais aussi surtout, la publication des enquêtes sur lesquelles Serge avait travaillé », explique Sadibou Marong, responsable RSF pour l’Afrique de l’Ouest. « Certaines de ces enquêtes-là lui ont valu un peu l’animosité du capitaine Ibrahim Traoré, en tout cas des autorités militaires », ajoute-t-il. RFI

Niger: l’ONU juge la détention de Moussa Tchangari «arbitraire» et appelle à «libérer» le militant
L’ONU a requalifié la détention du militant des droits humains Moussa Tchangari comme disparition forcée. Dans un rapport rendu public ce mardi 23 juin, le Groupe de travail sur la détention arbitraire estime que son emprisonnement est « arbitraire » et appelle les autorités nigériennes à faire respecter le droit international. L’arrestation du militant pour les droits humains nigérien Moussa Tchangari est arbitraire, juge l’ONU. Ce sont les conclusions d’un rapport de 12 pages adopté du côté de Genève le 23 mars dernier. Le groupe de travail sur la détention de Moussa Tchangari s’est intéressé de près à l’arrestation, au procès et à la détention du secrétaire général de l’ONG Alternative Espaces Citoyens (AEC), et conteste explicitement l’ensemble du déroulé. Ce dernier ne respecterait pas le droit international. Le groupe de travail estime que « la privation de liberté de Moussa Tchangari est arbitraire » et demande au gouvernement nigérien de prendre des mesures compatibles avec les normes du droit international. Il préconise également de libérer immédiatement le militant et de lui accorder le droit d’obtenir réparation. … Moussa Tchangari, arrêté le 3 décembre 2024 et détenu actuellement à la prison de Fillingué, est notamment poursuivi pour apologie du terrorisme, atteinte à la sûreté de l’État et à la défense nationale. RFI

Kenya : Nairobi fortement sécurisé pour les 2 ans du soulèvement de la Gen Z
La police kényane a déployé jeudi un important dispositif de sécurité afin d’empêcher les manifestations qui marquent le deuxième anniversaire d’un soulèvement historique de la génération Z. Des milliers de Kenyans sont descendus dans la rue en juin 2024, pour dénoncer les difficultés économiques et la corruption. Ils avaient fini par prendre le Parlement d’assaut pour forcer l’annulation de nouvelles taxes. Ce mouvement a marqué l’union des jeunes kenyans qui ont mis de côté les clivages ethniques traditionnels pour faire cause commune. Le 25 juin est devenu une journée annuelle de manifestation alors que la frustration à l’égard du gouvernement du président William Ruto persiste. Toutefois, ils en ont payé le prix fort : au moins 127 personnes ont été tuées au cours de ces deux années de manifestations, selon un organisme de surveillance de la police, les forces de sécurité ayant tiré sur la population en toute impunité. La police n’a donc pris aucun risque ce jeudi en installant de nombreux barrages routiers, en bloquant la circulation sur les axes principaux autour de Nairobi, tandis que les écoles et les commerces étaient fermés. Des journalistes de l’AFP ont pu observer de longues files de fourgons de police, des patrouilles à cheval, des barbelés autour des bâtiments gouvernementaux et un grand nombre d’agents en civil. Africanews and AFP

Éthiopie: des ONG s’inquiètent de possibles conscriptions forcées au Tigré
Human Rights Watch (HRW) fait part de sa profonde inquiétude après la promulgation, au début du mois, d’une nouvelle loi par les autorités du Tigré, au nord de l’Éthiopie. Cette mesure accroît les pouvoirs du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) – à la tête d’une région ravagée par une guerre entre 2020 et 2022 – dans le but de contraindre les Tigréens au service militaire. Et ce, alors que les tensions avec le gouvernement fédéral ne cessent de s’intensifier. « Chaque Tigréen dont l’âge et la santé le permettent a le devoir national de se joindre à l’appel à la résistance. » Depuis plusieurs semaines, dans le cadre de la nouvelle loi, une campagne de conscription intensive est en cours dans plusieurs zones du Tigré. Pour Human Rights Watch (HRW), elle présente même des similitudes avec le système « abusif » de service national en Érythrée, pays voisin dirigé d’une main de fer depuis 1993 par Issayas Afewerki. Le 30 mai notamment, des centaines de jeunes ont été enlevés par des hommes armés dans plusieurs bars de Shire, ville du centre du Tigré, alors qu’ils regardaient la finale de la Ligue des champions. D’après l’ONG éthiopienne Human Rights First-Ethiopia, des civils ont également été enrôlés de force sur des sites d’extraction d’or ou dans des lieux saints. Toujours selon l’ONG, toute personne jugée apte physiquement au combat est ensuite envoyée dans un camp d’entraînement militaire. RFI

Tanzanie: au Parlement européen, la sœur d’un porté disparu dénonce «enlèvements et violences» des autorités
La pression internationale se maintient sur le gouvernement de Samia Suluhu Hassan en Tanzanie. Le 22 juin, la sœur de l’ancien ambassadeur Humphrey Polepole, disparu après avoir critiqué le gouvernement, a témoigné de l’état de droit dans le pays au Parlement européen. Des dénonciations du non-respect des droits humains en Tanzanie alors que de nouvelles manifestations y sont prévues le 7 juillet. « Je vous demande aujourd’hui de vous mettre du côté de la vérité, de la justice et du côté du peuple de Tanzanie. » C’est la voix tremblante et remplie d’émotions qu’Agness Lerdorf raconte devant la commission des droits humains du Parlement européen l’épreuve que traverse sa famille. Son frère, l’ancien ambassadeur de Tanzanie à Cuba, Humphrey Polepole, était rentré au pays pour faire part de son désaccord avec le fait d’écarter toute opposition en amont des élections générales d’octobre 2025. Il a depuis disparu, ajoutant son nom à la longue liste de personnes enlevées ces dernières années. … La Tanzanie avait sombré dans plusieurs journées de violences, marquées par d’importantes répressions policières, le 29 octobre 2025, jour d’élections législatives et présidentielle jugées frauduleuses par des observateurs internationaux. Plus de 2 000 personnes, dont des manifestants hostiles au pouvoir, avaient été tuées par les forces de sécurité, selon l’opposition. Une commission d’enquête mise en place par le pouvoir a recensé en avril 518 morts et 2 390 blessés. RFI

Zimbabwe: le Sénat adopte la réforme constitutionnelle prolongeant le mandat du président
Après l’Assemblée nationale, c’est le Sénat zimbabwéen qui a approuvé mercredi à une écrasante majorité la réforme constitutionnelle prolongeant de deux ans le mandat du président actuel Emmerson Mnangagwa qui pourra donc rester au pouvoir jusqu’en 2030. Cette révision d’ampleur, entamée en février dernier, changera également le mode de scrutin du président et des députés. « Soixante-quinze sénateurs ont voté en faveur du projet de loi et quatre se sont prononcés contre », a déclaré à la télévision nationale la présidente du Sénat, Mabel Chinamona. Après son adoption sans difficulté par l’Assemblée nationale le 18 juin dernier, la réforme constitutionnelle doit maintenant être signée par le président pour entrer en vigueur. Emmerson Mnangagwa, 83 ans, arrivé au pouvoir en 2017 à la faveur d’une révolution de palais soutenue par l’armée qui a renversé Robert Mugabe, passera donc douze ans à la tête du pays au terme de ses deux mandats. Le projet de loi, qualifié de coup d’État constitutionnel par l’opposition, prévoit également de supprimer le suffrage direct pour les élections présidentielles instauré en 1987. Ce sont les parlementaires, dont le mandat augmentera aussi de deux ans, qui désigneront le futur chef d’État. RFI

Coupe du monde 2026 : l’Afrique du Sud qualifiée
Jamais les Bafana Bafana (« les garçons » en swahili) ne s’étaient extraits d’une phase de groupes à la Coupe du monde. C’est désormais chose faite, à la faveur de la victoire des Sud-Africains, mercredi, face à la Corée du Sud. Après avoir entamé la soirée en ultime position de leur groupe, les coéquipiers de Thapelo Maseko, unique buteur de la partie (63e), ont surpris des Coréens passés à côté du rendez-vous, pour décrocher la deuxième place du groupe A. Le Monde