Revue de presse du 25 février 2026

Guerre en Ukraine: à Kyiv, le Ghana demande la libération de ses ressortissants
Le ministre des Affaires étrangères du Ghana, Samuel Okudzeto Ablakwa, lors d’une rare visite en Ukraine mercredi, a exhorté le président Volodymyr Zelensky à libérer deux prisonniers de guerre ghanéens capturés alors qu’ils combattaient pour la Russie. L’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 a attiré des mercenaires et des combattants étrangers des deux côtés du conflit, notamment de plusieurs pays africains. L’Ukraine a déclaré mercredi que plus de 1 780 citoyens de 36 pays africains, dont le Ghana, avaient été identifiés dans les rangs russes et que certains d’entre eux avaient été capturés. « Nous sommes assez optimistes quant au succès de cette visite et pensons que lors de mes discussions ultérieures avec le président Zelensky, celui-ci fera preuve de magnanimité et de compassion et, pour des raisons humanitaires, nous libérera ces deux Ghanéens », a déclaré le ministre ghanéen lors d’une conférence de presse avec son homologue ukrainien à laquelle ont assisté des journalistes de l’AFP. « Ils sont victimes de manipulation, de désinformation et de mésinformation de la part de réseaux criminels de trafic », a-t-il déclaré à propos des citoyens ghanéens attirés pour combattre aux côtés de la Russie. Il a remercié l’Ukraine d’avoir veillé au respect du droit international dans le traitement des détenus. … Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiga, a déclaré que les deux parties avaient discuté « franchement » du retour des prisonniers au Ghana. Il a également exhorté Accra à renforcer les mesures visant à empêcher le recrutement de citoyens africains par la Russie. Africanews

Guerre en Ukraine : la Russie renforcerait ses troupes en recrutant des soldats africains via de fausses annonces d’emploi
Selon plusieurs rapports et témoignages, la Russie recruterait des soldats en Afrique pour partir au front en Ukraine. Une information démentie par le Kremlin. … Le 18 février, le gouvernement kényan a officiellement réagi. Un rapport du service national de renseignement du pays estime que plus de 1000 Kényans auraient été recrutés pour combattre en Ukraine. Devant le Parlement, le chef de la majorité, Kimani Inchung’wah, accuse des agences de recrutement « de cibler d’anciens militaires, d’anciens policiers ainsi que des civils âgés de la vingtaine à la cinquantaine qui cherchent désespérément des opportunités d’emploi à l’étranger ». Selon le rapport, ces agences promettent des salaires élevés et, à terme, la citoyenneté russe. Le rapport du groupe d’investigation All eyes on Wagner évoque un phénomène continental. Il recense au moins 1400 combattants formellement identifiés au sein des forces armées russes et des sociétés militaires privées associées, originaires de 35 pays africains. … Selon le rapport de All eyes on Wagner, la Russie utiliserait des publicités dans plusieurs langues, sur les réseaux sociaux et via des numéros WhatsApp partagés en ligne. D’après l’AFP, les agences de recrutement promettraient des emplois rémunérateurs, avec des salaires allant de 920 à 2400 euros par mois. L’intitulé du poste mentionne des jobs de vendeurs ou encore d’agents de sécurité. RTBF

Soudan: les FSR prennent le contrôle de Mostariha, ville de l’ex-chef des miliciens janjawid Moussa Hilal
Au Soudan, les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) ont attaqué dimanche 22 février une nouvelle localité au Darfour du Nord, située non loin de la frontière tchadienne. Il s’agit de Mostariha, qui, comme Tiné, attaquée samedi, échappait encore au contrôle des FSR. La localité est le quartier général de Moussa Hilal, l’ancien chef des Janjawid soudanais – devenus plus tard les FSR. Moussa Hilal préside le Conseil révolutionnaire de la Sahwa (Eveil), il s’est rangé avec sa force aux côtés de l’armée soudanaise. Il a pu fuir la ville mais son fils aurait été tué par les FSR. … L’attaque a été lancée par des frappes de drones qui ont visé, entre autres, le seul centre médical de la ville. Les assaillants sont ensuite entrés dans la ville par trois axes, puis ont pillé et brûlé les habitations. L’une de ces vidéos tournées par les FSR montre la maison de Moussa Hilal complètement dévalisée. Le réseau des médecins soudanais a fait état de 28 morts civils, dont dix femmes, ainsi que d’une quarantaine de blessés. Des combattants des FSR ont brandi dans une vidéo la bande comportant le nom du fils de Moussa Hilal, Abdelbaset Hilal, qui figurait sur son treillis militaire. Moussa Hilal est du clan Mahamid et Hemedti, le chef des FSR, appartient lui au clan Maheriya. Ils sont cousins et appartiennent à la même tribu, Rizeigat, mais ils s’opposent fortement et se concurrencent depuis longtemps pour diriger la tribu. RFI

Soudan : L’ONU sanctionne quatre chefs des FSR pour des atrocités à El-Facher
Le Conseil de sécurité des Nations unies a annoncé l’imposition de sanctions contre quatre hauts responsables paramilitaires soudanais, accusés d’exactions commises lors de la prise, en octobre dernier, de la ville d’El-Facher, au Darfour. Les officiers visés appartiennent aux Forces de soutien rapide (FSR), auxquelles la mission indépendante d’établissement des faits de l’ONU sur le Soudan attribue des « actes de génocide » perpétrés durant le siège et la chute de cette capitale régionale. Sont concernés le général des FSR Elfateh Abdullah Idris Adam, alias ‘’Abou Loulou’’, ainsi que Gedo Hamdane Ahmed Mohamed et Tijani Ibrahim Moussa Mohamed, tous deux commandants d’unités lors de l’offensive sur El-Facher. Abdelrahim Hamdane Daglo, frère du chef des FSR, figure également sur la liste des personnes sanctionnées. … Le Conseil de sécurité affirme que le frère du chef des FSR apparaît dans « des ordres directs à ses combattants de ne pas faire de prisonniers mais de tuer tout le monde ». Déjà visé par des sanctions américaines, britanniques et européennes, il voit désormais ces mesures renforcées au niveau onusien. Les trois autres officiers avaient été sanctionnés la semaine précédente par les Etats-Unis pour leur rôle présumé dans des « tueries ethniques, actes de torture et violences sexuelles » commis à El-Facher. Sahel Intelligence

Dans le ciel du Soudan, l’inquiétante escalade de la guerre des drones
Le conflit entre l’armée et les paramilitaires au Soudan a connu ces derniers mois une intensification des frappes de drones contre des positions militaires mais aussi des maisons, des écoles, des marchés ou des hôpitaux. Cette guerre entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR) a fait des milliers de morts et des millions de déplacés depuis avril 2023, plongeant le pays dans une crise humanitaire majeure. Plus précisément, le Haut commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, Volker Türk, a récemment déploré « les conséquences dévastatrices pour les civils de cette escalade dans l’usage des systèmes de drones ». Des médias proches de l’armée ont quant à eux rapporté que les forces régulières avaient détruit des drones utilisés par les FSR, tandis que les paramilitaires annoncent régulièrement la destruction de drones turcs dans les zones de combats. … Les Émirats arabes unis ont notamment été accusés à plusieurs reprises d’armer les FSR, des accusations qu’Abou Dhabi dément farouchement. L’Égypte, l’Arabie saoudite, l’Iran et la Turquie soutiennent, eux, le général Abdel Fattah al-Burhane, commandant de l’armée régulière et dirigeant de facto du pays depuis le coup d’État de 2021. Les deux camps sont donc parvenus à s’équiper, notamment en matière de drones. Jeune Afrique avec AFP

Le président israélien en visite en Éthiopie, un partenaire clé sur le continent africain
Le président israélien Isaac Herzog est arrivé ce 24 février en Éthiopie pour une visite de deux jours. Au menu notamment, une rencontre avec son homologue éthiopien Taye Atske-Selassie, mais aussi avec le Premier ministre Abiy Ahmed. Pour Israël, dont les relations avec ses partenaires africains se sont délitées depuis le 7-Octobre, l’Éthiopie reste un partenaire clé sur le continent. La visite du président israélien Isaac Herzog est avant tout géopolitique. L’Éthiopie est en effet un partenaire clé de Tel Aviv, qui cherche à s’imposer dans la Corne de l’Afrique. Fin décembre, Israël est devenu le premier pays à reconnaître l’indépendance du Somaliland. Cette région autonome de la Somalie est également soutenue par les Émirats arabes unis, partenaire privilégié de l’Éthiopie. La venue d’Isaac Herzog est aussi l’occasion pour Addis-Abeba de consolider son partenariat sécuritaire avec Israël. D’après Benjamin Augé, chercheur à l’Ifri, l’Institut français des relations internationales, l’État hébreu cherche en effet « à vendre des technologies de surveillance » à l’Éthiopie. Il souhaite aussi « conclure des accords, dans l’objectif de rendre les renseignements éthiopiens plus efficaces ». Le gouvernement éthiopien, de son côté, cherche plutôt à renforcer son arsenal sécuritaire. RFI

La Sierra Leone et la Guinée s’accusent mutuellement d’incursions militaires sur leur territoire
Mardi 24 février dans l’après-midi, le gouvernement de Sierra Leone a accusé l’armée guinéenne d’avoir franchi lundi sa frontière nord, et d’y avoir interpellé des soldats et policiers sierra-léonais et saisi « leurs armes et munitions » après « un affrontement », selon un communiqué de son ministère de l’Information. … Dans un communiqué mardi soir, l’état-major général des armées de Guinée a de son côté fait état d’une incursion de militaires sierra-léonais sur le territoire guinéen, survenue selon l’état-major dimanche dans la préfecture de Faranah. … La Guinée et la Sierra Leone partagent plus de 700 km de frontière. En avril-mai 2025, une nouvelle montée de tensions a eu lieu après des mouvements militaires des deux côtés de la frontière dans une autre région, près de la localité de Yenga (nord-est de la Guinée), générant panique et inquiétude au sein des populations locales. Dans cette zone frontalière, le village de Yenga est contesté depuis plus de vingt ans. Ce territoire est revendiqué par la Sierra Leone, mais des solders guinéens y sont encore présents. L’incident de ces derniers jours dans le quartier de Falaba reflète une augmentation des tensions quotidiennes au niveau de la frontière. Dans cette zone, les déplacements de personnes, l’accès aux cultures et le commerce local ont été perturbés. Jeune Afrique avec AFP

L’ONG Mercy Ships annonce le retour régulier de ses navires-hôpitaux à Dakar
La présidente directrice générale (PDG) de Mercy Ships annonce le retour régulier des navires-hôpitaux dans le cadre d’un nouveau partenariat avec les autorités en charge de la Santé, ajoutant qu’un de ces navires arrivera prochainement à Dakar, sans préciser de date. Michelle White l’a dit au micro de la RTS, la Télévision publique, mardi, au sortir d’une audience avec le chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye, au palais de la République. L’entrevue a porté sur le nouveau partenariat liant Mercy Ships, ONG internationale offrant des soins chirurgicaux gratuits en Afrique, aux autorités sanitaires. “Nous sommes ici pour remercier le président pour son soutien au partenariat. Nous sommes ici pour […] cristalliser un nouveau partenariat avec la République du Sénégal dans lequel nous comptons ramener notre navire-hôpital le plus rapidement possible, mais le ramener régulièrement”, a notamment déclaré docteur Michelle White. Elle a ajouté que cette nouvelle collaboration va aussi favoriser des séjours répétés des navires-hôpitaux de Mercy Ships – Global Mercy et Africa Mercy – au Sénégal, et un transfert de compétences aux praticiens locaux. … L’organisation humanitaire, dont le nom signifie “Navires de la miséricorde” en français, est intervenue à trois reprises au Sénégal depuis 2019. APS

Le pape Léon XIV se rendra en Algérie le 13 avril, première étape de sa tournée africaine
Le pape se rendra en Algérie, au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale dès la mi-avril. Première étape de ce voyage qui durera 10 jours, les villes d’Alger et Annaba du 13 au 15 avril 2026. Ce déplacement constituera la première visite d’un pape en Algérie, pays où l’islam est religion d’État. En décembre dernier, le pape Léon XIV avait confié vouloir se rendre en Algérie « pour visiter les lieux de vie de Saint-Augustin mais aussi pour poursuivre le dialogue et tisser des liens entre les mondes chrétien et musulman ». … Le pape se rendra ensuite à Yaoundé, Bamenda et Douala au Cameroun du 15 au 18 avril ; puis à Luanda, Muxima et Saurimo en Angola du 18 au 21 avril. Les deux pays traversent des crises politiques majeures avec une importante contestation populaire. La venue de Léon XIV sera l’occasion d’appeler à la paix, sur fond de paysage religieux en profonde recomposition, a fait savoir un communiqué du Vatican. Léon XIV terminera sa tournée africaine à Malabo, Mongomo et Bata en Guinée équatoriale du 21 au 23 avril 2026. RFI