Revue de presse du 25 août 2026

Deux casques bleus éthiopiens tués dans une embuscade au Soudan du Sud, selon l’ONU
Deux casques bleus éthiopiens de la Mission de l’ONU au Soudan du Sud (Minuss) ont été tués, lundi 24 août, dans une « embuscade » tendue à une patrouille dans le Jonglei, un Etat du centre du pays, ont annoncé la Minuss et le secrétaire général de l’ONU, sans identifier les responsables. Dans un communiqué reçu à Nairobi, la Minuss « condamne fermement l’embuscade tendue, aujourd’hui, par des individus armés non identifiés, à une de ses patrouilles se déplaçant vers Pajut dans l’Etat du Jonglei ». « Deux casques bleus ont été tués (…) et plusieurs personnes blessées, dont trois casques bleus, deux membres de la police du Soudan du Sud et deux employés civils » de l’ONU, ajoute la Minuss, rappelant que les attaques contre les casques bleus sont susceptibles de constituer des crimes de guerre. … Depuis plusieurs mois, les combats ont repris au Soudan du Sud entre les forces gouvernementales fidèles au président sud-soudanais Salva Kiir, et des milices d’opposition loyales à son rival Riek Machar, vice-président déchu placé en résidence surveillée. Les violences sont particulièrement intenses dans le Jonglei. Le Monde avec AFP

Guerre au Soudan: Washington propose d’étendre l’embargo de l’ONU sur les armes à tout le pays
Mise sur la table par Washington lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies lundi 24 août, la mesure vise à répondre au risque d’une régionalisation du conflit qui oppose l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR). Elle pourrait toutefois se heurter à l’opposition de la Russie. Plus de trois ans après le début de la guerre au Soudan, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est une nouvelle fois réuni, dans la soirée du lundi 24 août, pour évoquer la situation dans le pays. À l’ordre du jour notamment : le risque d’une régionalisation du conflit que Lars Lokke Rasmussen, le ministre danois des Affaires étrangères dont le pays préside le Conseil jusqu’au 31 août, veut à tout prix éviter. « Soyons clairs sur ce qui est en jeu : la guerre au Soudan n’est jamais restée confinée à ses propres frontières. Elle déstabilise les pays voisins et l’ensemble de la région. Elle attire les armes de l’étranger et les réseaux criminels », a-t-il notamment déclaré. Face à cette perspective et alors que le soutien des Émirats arabes unis et de l’Arabie saoudite aux belligérants a été documenté, les États-Unis, dont le secrétaire d’État Marco Rubio avait présenté la guerre au Soudan comme une « guerre par procuration » au début du mois de juin, ont donc fait une proposition : étendre à l’ensemble du territoire soudanais l’embargo des Nations unies sur les armes instauré en 2004 au Darfour, une province aujourd’hui contrôlée par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). RFI

Soudan: la société civile rejette le dialogue national proposé par le général al-Burhan
Une réunion de forces politiques et d’organisations de la société civile soudanaise opposées à la guerre dans leur pays s’est achevée, dimanche 23 août, à Addis-Abeba, en Éthiopie. Celles-ci ont alors annoncé leur rejet du dialogue national proposé par le général Al Burhan, le chef de l’armée, dans lequel elles ne voient qu’une mascarade, les Forces de soutien rapide du général Hemedti n’y étant pas conviées. « Nous ne participerons pas au dialogue convoqué par le général al-Burhan et n’en reconnaîtrons pas les conclusions », peut-on lire dans le communiqué final de la la rencontre d’Addis-Abeba qui a réuni ce week-end en Éthiopie des membres du parti du Congrès national, le mouvement Umma, la coalition pacifiste Summud ainsi que des organisations de la société civile soudanaise. … « Aucun processus ne saurait être crédible sans arrêt des combats », a rappelé, dimanche 23 août, l’ancien Premier ministre Abdallah Hamdok. Ensuite, les partis et les organisations réunies dans la capitale éthiopienne estiment que ce dialogue n’est rien d’autre qu’un simulacre destiné en fait à légitimer l’autorité du commandant de l’armée arrivé au pouvoir par un coup d’État. … En lieu et place, les acteurs réunis à Addis-Abeba proposent une feuille de route pour la paix articulée autour de trois grands axes : la définition d’un couloir humanitaire d’urgence d’une part, un cessez-le-feu permanent de l’autre, et enfin une gouvernance définie par la société civile. RFI

RDC: à Minembwe, le mécanisme de vérification du cessez-le-feu à l’épreuve du terrain
Dans l’est de la RDC, le mécanisme chargé de vérifier le cessez-le-feu entre Kinshasa et l’AFC/M23 passe pour la première fois à l’épreuve du terrain. Une mission s’est déployée ce lundi à Minembwe, dans le Sud-Kivu, avec l’appui logistique de la Monusco. Le déploiement d’une mission du mécanisme est une étape qui était attendue depuis des mois alors que les combats et les accusations réciproques se poursuivent. … Le mécanisme, lui, revient de loin. Prévu par le cessez-le-feu conclu à Doha en octobre 2025, ses termes de référence ont été adoptés en février. Le mémorandum permettant son opérationnalisation n’a été signé qu’en avril. Et les trois officiers désignés par Kinshasa n’ont rejoint Goma qu’en juillet. Il s’agit donc aujourd’hui d’un premier test dans une zone où les armes continuent de parler. … Et politiquement, tout n’est pas réglé. Le texte publié après les discussions en Suisse parle d’une feuille de route. Selon nos sources, aucune n’a pourtant été formellement signée : chaque partie a posé ses réserves. Une nouvelle rencontre pourrait avoir lieu en octobre. Mais avant cela, il faudra encore s’entendre sur les protocoles restant à négocier. RFI

Présidentielle en Zambie: au dernier jour du dépôt des contestations, les autorités ordonnent de fermer les tribunaux
En Zambie, les autorités ont donné l’ordre de fermer les tribunaux et toutes les institutions judiciaires ce lundi 24 août, dernier jour autorisé pour le dépôt par l’opposition d’un recours en contestation de la victoire du président sortant Hakainde Hichilema à la présidentielle du 13 août dernier. Pour justifier cette décision, les autorités zambiennes brandissent une nouvelle fois l’argument sécuritaire, si l’on en croit une directive signée par l’administrateur en chef du pouvoir judiciaire largement diffusée. À la suite de la fermeture des tribunaux pour « raisons de sécurité », le texte ordonnait au personnel de la Justice de ne pas se rendre au travail ce lundi, décision assortie du déploiement des forces de sécurité autour de la Haute Cour de Lusaka, de la Cour suprême qui abrite la Cour constitutionnelle et de plusieurs tribunaux locaux pour en boucler l’accès, selon des témoins sur place. … « La fermeture de toutes les cours de justice du pays, sous la surveillance de la police et de l’armée, n’a aucune place dans une démocratie constitutionnelle gouvernée par la séparation des pouvoirs et le respect de la loi », affirme ainsi l’avocate et défenseuse des droits humains zambienne Linda Kasonde. … La semaine dernière, le candidat de l’opposition à la présidentielle, Brian Mundubile, qui a recueilli 38% des suffrages, avait fait part de son intention de déposer une pétition devant la justice pour contester la réélection – avec 60% des voix – d’Hakainde Hichilema au cours d’un scrutin marqué, selon lui, par des irrégularités. Celui-ci avait sept jours après l’annonce des résultats du vote pour passer à l’acte, donc avant ce mardi 25 août, alors qu’aucune date n’a été communiquée sur la réouverture des tribunaux en Zambie. RFI

Mali: en visite en Algérie, le Premier ministre veut confirmer le réchauffement entre Bamako et Alger
C’est une visite qui vise à réchauffer les relations entre le Mali et l’Algérie. Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, est arrivé ce lundi 24 août 2026 du côté d’Alger pour réaliser une visite de travail, planifiée au début du mois d’août. Accompagné de plusieurs de ses ministres, Abdoulaye Maïga a pu également se rendre au palais présidentiel pour s’entretenir avec le président algérien, Abdelmadjid Tebboune. L’objectif de cette visite du Premier ministre malien Abdoulaye Maïga en Algérie vise à consolider les relations bilatérales entre les deux pays, et à privilégier le dialogue direct sur plusieurs problématiques-clé. Arrivé à Alger ce lundi 24 août 2026, le Premier ministre souhaite notamment réaffirmer le réchauffement des relations entre les deux pays, après plusieurs mois de brouille diplomatique. … L’Algérie espère retrouver un rôle de médiateur, dans le Nord du Mali, plus de deux ans après la fin de l’Accord d’Alger pour la paix et la réconciliation signé par le gouvernement malien et les groupes indépendantistes, en 2015. Bamako avait invoqué notamment l’instrumentalisation de cet accord par les autorités algériennes. Sur le volet économique, les deux pays entendent réactiver la coopération notamment dans le domaine des hydrocarbures. La finalisation de la route transsaharienne qui traverse le Mali a aussi vraisemblablement été abordée. RFI

Gaza : vers un possible déploiement de troupes ougandaises et burundaises ?
Des responsables militaires ougandais et burundais se sont rendus en Israël la semaine dernière pour discuter du déploiement de troupes à Gaza. Ces contingents interviendraient dans le cadre d’une force de sécurité internationale envisagée par le Conseil pour la paix du président américain Donald Trump dédié à garantir le fragile cessez-le-feu. Un responsable du Conseil pour la paix a déclaré sous couvert d’anonymat à l’Associated Press que des responsables ougandais s’étaient joints à une délégation militaire burundaise, et que l’Ouganda était en train de finaliser les détails de sa participation après que son parlement eut approuvé l’envoi de troupes ce mois-ci. Rien n’a encore été finalisé avec le Burundi. On ignore encore ce que l’Ouganda ou le Burundi pourraient proposer, ni ce qu’ils pourraient recevoir en échange. Les porte-paroles de leurs armées respectives n’ont pas répondu aux demandes de commentaires. Les progrès concernant la force internationale ont été lents. Si le Burundi donne son feu vert, ces pays africains seraient les derniers à rejoindre la force internationale pour Gaza, après que le Maroc, le Kosovo, le Kazakhstan et l’Albanie se sont engagés. L’Ouganda s’est engagé à fournir environ 1 200 militaires, et le Maroc jusqu’à 500. Africanews avec AP

Togo: un des journalistes-réalisateurs français arrêtés « suit des soins » dans un hôpital du pays
Un des journalistes-réalisateurs français suit, ce lundi 24 août, des soins dans un hôpital au Togo, selon l’Agence France-Presse. Il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire, ce vendredi 21 août, après avoir été interpellé le 27 juillet, dans le nord du Togo. Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, ainsi que leur collaborateur togolais Fred Vedomey ont été arrêtés alors qu’ils tournaient un épisode de l’émission « Les routes de l’impossible », une série documentaire diffusée sur France Télévisions. Ils ont ensuite été transférés à Lomé, la capitale togolaise. Ils ont été entendus par la police judiciaire jusqu’au 17 août, avant d’être présentés au procureur. Les deux français sont accusés d’avoir fait de « fausses déclarations » lors de leur entrée sur le territoire togolais. Selon leur avocat, Martial Akakpo, le journaliste français libéré souffre de graves problèmes de santé. Après sa libération sous contrôle judiciaire, son passeport lui a été confisqué, l’empêchant de quitter le territoire togolais pour rentrer en France, où il souhaite être soigné et opéré. Il assure, tout comme la société de production avec laquelle ils travaillent, que les réalisateurs disposaient d’une autorisation pour tourner au Togo et conteste les accusations portées contre eux. Les autorités togolaises reprochent notamment aux trois hommes d’avoir utilisé un drone et d’avoir tourné dans des zones où les autorisations ne leur permettaient pas de travailler. Le nord du pays est particulièrement sensible en raison d’attaques djihadistes récurrentes. TV5 Monde

La mort de douze migrants tunisiens en mer, reflet de la crise économique et sociale qui sévit en Tunisie
En Tunisie, la mort de douze jeunes Tunisiens candidats à l’exil lors d’un naufrage de leur embarcation irrégulière vendredi a profondément ému l’opinion publique. Sur les réseaux sociaux, beaucoup d’internautes rattachent ce drame à la crise économique et sociale qui sévit dans le pays. Un bateau transportant quinze migrants tunisiens a fait naufrage dans la nuit de vendredi à samedi. Une seule personne a été secourue et deux autres sont toujours portées disparues. Quatorze des migrants étaient originaires de Ben Gardane, une ville marginalisée près de la frontière libyenne. Samedi soir, des habitants ont manifesté après l’annonce du naufrage, bloquant des routes et incendiant des pneus. De nouvelles tensions nocturnes ont éclaté lundi 24 août. Mais le drame de Ben Guerdane en dit long sur l’état de cette région frontalière, célébrée en 2016 pour avoir résisté à une attaque jihadiste, mais très marginalisée sur le plan socio-économique, selon Romdhane Ben Amor, militant de la société civile et expert sur la question migratoire. « Il n’y a pas de marché d’offres d’emplois, ce qui a poussé ces jeunes-là à se baser, pour gagner leur vie, sur le commerce frontalier, la contrebande à Ben Gardane. Mais l’État et les autorités libyennes ont fait des restrictions contre cette forme de commerce sans que l’État tunisien ne propose d’alternatives, ce qui a créé cette envie de quitter Ben Gardane, et de quitter la Tunisie, pour ces jeunes », explique-t-il. RFI

Madagascar: les craintes de la population grandissent après l’assassinat de deux jeunes filles
Les corps de deux adolescentes disparues vendredi ont été retrouvés dimanche à Ambohimanga Rova, à Madagascar. L’État promet 50 millions d’ariary (10 000 euros), pour retrouver les auteurs. Cette nouvelle affaire relance les craintes de la population seulement quelques semaines après la crise des dizaines d’enlèvements qui avait déjà secoué la capitale. … Vendredi, les deux jeunes filles avaient quitté leur domicile pour aller au cinéma. Le soir venu, ne les voyant pas revenir, leurs proches s’inquiètent. Leurs corps ont été retrouvés sans vie, deux jours plus tard. Ni la famille en deuil, ni la brigade criminelle en charge de l’enquête ne souhaitent s’exprimer auprès des médias pour le moment. Seul le chef de l’administration du quartier a accepté de témoigner. … Un mois après la crise des dizaines d’enlèvements qui avait déjà secoué la capitale et conduit à une journée de deuil national, ce nouveau drame relance les mêmes questions sur la capacité des autorités à protéger la population. RFI