Revue de presse du 25 août 2025

L’Afrique, terrain d’essai pour l’Initiative pour la sécurité mondiale de la Chine
Lancée par le président chinois Xi Jinping en 2022, l’Initiative pour la sécurité mondiale (ISM) fait partie d’une série d’initiatives chinoises visant à remodeler les structures de gouvernance mondiale afin de créer un environnement propice à la résurgence de la Chine en tant que grande puissance. Bien que présentée comme un cadre axé sur la sécurité coopérative, la non-ingérence et la défense de la Charte des Nations unies – des thèmes qui trouvent un écho en Afrique et dans l’ensemble du monde en développement – l’ISM est fermement ancrée dans les concepts chinois de sécurité nationale…Les gouvernements africains perçoivent plusieurs avantages à l’adoption de l’ISM, notamment un meilleur accès à l’aide économique et au financement des infrastructures, ainsi qu’un matériel de sécurité plus abordable et de meilleure qualité. Certains dirigeants africains partagent d’ailleurs l’importance que la Chine accorde à la sécurité et à la continuité du régime plutôt qu’à la sécurité des citoyens. D’autres leaders d’opinion africains mettent toutefois en garde contre les risques liés à l’adoption de certains aspects de l’ISM, telles que le « contrôle absolu du parti au pouvoir sur le « travail de sécurité nationale ». L’expérience amère de l’Afrique en matière de dictature d’un parti unique et de régime militaire alimente ces préoccupations. Il s’agit notamment de saper les normes des relations démocratiques entre civils et militaires et le principe de professionnels de la sécurité non partisans au service de la constitution, et non d’un parti au pouvoir. Certains craignent également que les pays africains ne soient entraînés dans les courants de la concurrence géopolitique, étant donné que la lutte contre l’influence occidentale est au cœur des récits et du cadrage stratégique de l’ISM. Cela risque d’ébranler la tradition de non-alignement de l’Afrique. Centre d’études stratégiques de l’Afrique

Au Soudan, plus de 150 personnes sont mortes du choléra au Darfour du Sud depuis la fin mai
Au moins 158 personnes sont mortes du choléra depuis la fin du mois de mai dans l’Etat du Darfour du Sud, dans le sud-ouest du Soudan, ont déclaré, samedi 23 août, les autorités sanitaires locales, alors que le pays est déjà ravagé par la guerre et la famine. Médecins sans frontières (MSF) alertait à la mi-août sur « la pire épidémie de choléra que le pays ait connue depuis des années ». Le ministère de la santé de l’Etat du Darfour du Sud a annoncé dans un communiqué samedi « une augmentation des cas de choléra, avec 2 880 cas enregistrés dont 158 décès depuis l’apparition du premier cas de la maladie » à la fin mai. Selon le communiqué, 42 nouveaux cas de choléra et deux décès ont été recensés vendredi. Cette maladie diarrhéique, transmise par l’eau et la nourriture contaminées, peut tuer en quelques heures sans traitement. Elle peut être soignée par une simple réhydratation orale, mais la guerre, qui oppose depuis avril 2023 l’armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), a fragilisé le système de santé, rendant ces traitements souvent inaccessibles. Depuis l’été 2024, environ 100 000 cas de choléra ont été recensés au Soudan, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Plus de 2 400 décès ont été enregistrés sur la même période, d’après l’Unicef. La situation est particulièrement critique au Darfour, où les populations sont confrontées, outre la guerre, à un manque d’eau potable, d’hygiène et de soins. Plus de 50 % des décès dus au choléra au Darfour ont été enregistrés au Darfour du Sud, a fait savoir l’OMS, vendredi. Le Monde avec AFP

Au Soudan, au moins 89 civils ont été tués par les paramilitaires depuis dix jours, selon l’ONU
Au moins 89 civils ont été tués en dix jours au Darfour-Nord, dans l’ouest du Soudan en guerre, lors d’attaques des paramilitaires, a déclaré, vendredi 22 août, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH). Ces violences ont visé El-Fasher, capitale du Darfour-Nord, assiégée depuis le mois de mai par les Forces de soutien rapide (FSR), et le camp de déplacés adjacent Abou Chouk, touché par la famine. Les FSR, en conflit avec l’armée régulière depuis avril 2023, cherchent à s’emparer de cette ville, dernière capitale du Darfour à leur échapper. « Entre le 16 et le 20 août, au moins 32 civils ont été tués. Au moins 57 civils ont été tués lors des attaques précédentes du 11 août », a déclaré Jeremy Laurence, porte-parole du HCDH, précisant que le bilan réel pourrait être plus lourd. Depuis la reprise de Khartoum par l’armée en mars, les FSR se sont repliés vers l’ouest, intensifiant leurs offensives au Darfour, qu’elles contrôlent presque entièrement. En avril, une attaque des FSR contre le camp voisin de Zamzam avait poussé des centaines de milliers de personnes à fuir. Beaucoup ont trouvé refuge à El-Fasher, où près de 40 % des enfants de moins de cinq ans souffrent désormais de malnutrition aiguë, dont 11 % sous forme sévère, selon le Programme alimentaire mondial (PAM). La famine a été déclarée en 2024 dans trois camps autour de la ville, dont Abou Chouk. Aucun chiffre officiel n’est disponible pour El-Fasher. Le Monde avec AFP

RDC: de violents combats ont opposé l’armée congolaise à l’AFC/M23 au Sud-Kivu durant tout le week-end
Dans l’est de la RDC, de violents combats ont été signalés durant tout le week-end entre les rebelles de l’AFC/M23 et l’armée congolaise appuyée par les wazalendo dans le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu. Ils ont aussi provoqué un déplacement massif de populations. Pendant 48 heures, des accrochages d’une grande intensité ont notamment eu lieu dans trois villages du secteur d’Itombwe, selon l’administrateur du territoire de Mwenga. D’autres combats ont également été signalés un peu plus au nord, dans la région de Katasomwa, dans le territoire de Kalehe. Affrontements qui ont repris ce matin du lundi 25 août entre les rebelles de l’AFC/M23 et les forces gouvernementales et leur alliés, dans plusieurs villages du territoire de Mwenga. Dans la journée du samedi 23 août, toujours dans le territoire de Mwenga, des affrontements ont aussi été signalés dans les villages de Kadjoka et de Lubumba, une zone montagneuse stratégique située près des territoires d’Uvira et de la route qui conduit à la ville d’Uvira située à 80 km de là. À noter que de violents affrontements sont également signalés dans la province voisine du Nord-Kivu, dans le territoire de Masisi. Ds combats entre l’AFC/M23 et des combattants wazalendo. Ces combats – dont les deux parties se rejettent mutuellement la responsabilité – se déroulent alors que l’AFC/M23 et les autorités congolaises sont en ce moment à Doha pour poursuivre leurs négociations de paix sous l’égide du Qatar. RFI

RDC : la peine de mort requise contre l’ancien président Joseph Kabila pour « crimes de guerre », « trahison », et « organisation d’un mouvement insurrectionnel »
La peine de mort a été requise, vendredi 22 août, à Kinshasa contre l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila, jugé par contumace pour complicité avec le groupe armé M23 soutenu par le Rwanda. Le général Lucien René Likulia, représentant du ministère public, a appelé les juges de la Haute Cour militaire à condamner « à la peine de mort » Joseph Kabila pour « crimes de guerre », « trahison », et « organisation d’un mouvement insurrectionnel », ainsi qu’à vingt ans de prison pour « apologie de crimes de guerre » et quinze ans de prison pour « complot ». Un moratoire sur l’exécution de la peine capitale est en vigueur depuis 2003 en RDC, et a été levé en 2024. Aucune exécution n’a cependant eu lieu depuis. Joseph Kabila, qui vit à l’étranger depuis plus de deux ans, était apparu fin mai à Goma, une ville sous contrôle du groupe antigouvernemental M23, où il avait mené des consultations avec des représentants politiques et de la société civile en vue, selon lui, de « contribuer au retour de la paix » en RDC. Il n’a pas été revu dans le pays depuis, et son procès s’est ouvert le 25 juillet à Kinshasa en son absence, devant la juridiction militaire. Pour l’accusation, Joseph Kabila est l’un des initiateurs de l’Alliance fleuve Congo (AFC), branche politique du M23. C’est dans ce contexte qu’il est accusé notamment de cas d’homicides et de viols commis par des hommes de la coalition AFC/M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu…« C’est un procès politique, le régime cherche à dissimuler son échec diplomatique et militaire », a déclaré vendredi à l’Agence France-Presse Ferdinand Kambere, secrétaire général adjoint du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), le parti de Joseph Kabila, à l’issue du réquisitoire. Pour M. Kambere, cette condamnation revient à « persécuter un opposant, car les conditions actuelles ne garantissent pas un procès équitable ». Le Monde avec AFP

Mali: les civils fuient en masse les localités de la région de Ségou attaquées par les jihadistes
Près d’une semaine après l’attaque de la localité de Farabougou et de plusieurs positions de l’armée malienne aux environs de Ségou, à environ 300 km au nord de Bamako, les jihadistes du JNIM règnent en maîtres absolus dans la région. Alors que dans plusieurs localités, les troupes régulières sont toujours aux abonnés absents, les civils, pris de panique face à l’insécurité, ont décidé de fuir. À pied ou à bord de charrettes surchargées, ils quittent notamment Farabougou et les villages environnants à l’instar de cet homme joint par la rédaction de RFI en fulfulde et en mandenkan…Pendant ce temps là, dans les localités dont ils se sont emparés, les jihadistes paradent après avoir mis la main sur le matériel de l’armée et avoir enlevé ou tué des militaires, aux côtés des civils. Dans la région, il s’agit d’une première ou presque : la junte au pouvoir à Bamako abandonne des positions attaquées sans tenter rapidement de les reprendre. Alors que les interprétations à ce propos vont bon train, de nombreux élus de la région ne cachent pas leur inquiétude et espèrent une prochaine opération militaire pour rassurer les populations. Il y a cinq ans environ, les jihadistes avaient déjà installé un blocus autour de Farabougou. Il avait fallu l’intervention de religieux maliens dans les négociations pour qu’ils acceptent de desserrer l’étau. RFI

Au Nigeria, 76 personnes kidnappées ont été libérées lors d’une opération de l’armée de l’air
L’armée de l’air du Nigeria a secouru 76 personnes, dont des femmes et des enfants récemment kidnappés par des gangs criminels dans l’État de Katsina, dans le nord-ouest du pays, ont déclaré dimanche 24 août les autorités locales. Le sauvetage a eu lieu après une frappe aérienne menée par l’armée de l’air dans le cadre de la traque d’un « chef de bande notoire » et de son gang, soupçonnés d’être à l’origine de l’attaque perpétrée la semaine dernière contre une mosquée et des villages voisins, qui a fait 50 morts. Lors de ce raid aérien mené samedi à Pauwa Hill, dans la région de Kankara, l’armée « a sauvé 76 victimes d’enlèvement, dont des femmes et des enfants », a déclaré dans un communiqué le commissaire à la sécurité de l’État de Katsina, Nasir Mu’azu. « Malheureusement, un enfant a perdu la vie au cours de cette opération », a-t-il ajouté. Les enlèvements massifs avec demandes de rançons sont courants dans les États du nord-ouest et du centre du Nigeria, où des gangs lourdement armés prennent pour cible des villages isolés afin de les piller et d’enlever leurs habitants dont ils monnayent la libération. Ces milices n’ont pas orientation idéologique et sont motivées par l’appât du gain. Mais les responsables et les analystes expriment leur inquiétude face à l’alliance pragmatique qu’elles font de plus en plus avec les mouvements jihadistes du nord-est du pays. Jeune Afrique avec AFP

Nigeria : un chef de gang chinois recherché expulsé vers la Chine
Le Nigeria a annoncé le 24 août avoir extradé un chef de gang chinois recherché par Pékin, dans le cadre d’une opération menée avec l’organisation internationale de police criminelle Interpol. Il a été arrêté dans la capitale nigériane, Abuja, le 8 août. Dai Qisheng est « un chef de gang notoire recherché dans la province chinoise du Guizhou pour avoir orchestré et dirigé des crimes violents. Il avait fui son pays natal en 2024 après qu’un mandat d’arrêt avait été émis à son encontre par le Bureau de la sécurité publique du comté de Zhijin », a indiqué la police nigériane dans un communiqué. La porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Mao Ning, a déclaré à la presse que Pékin « a toujours exigé des citoyens chinois à l’étranger qu’ils respectent strictement les lois et réglementations locales ». Le Nigeria a déclaré avoir expulsé 102 étrangers depuis le 15 août – dont 60 ressortissants chinois condamnés pour « cyberterrorisme et fraude sur Internet ». Tous font partie des 192 étrangers arrêtés lors d’une vaste opération menée en décembre 2024 dans le quartier de Victoria Island à Lagos, lors de laquelle 792 personnes avaient été appréhendées. Il s’agit de l’un des plus grands groupes de cybercriminels étrangers démantelé au Nigeria, selon la Commission nigériane des crimes économiques et financiers. D’après l’agence, des réseaux criminels étrangers basés au Nigeria enrôlent des complices nigérians pour piéger des victimes en ligne via des techniques d’hameçonnage, ciblant principalement des citoyens américains, canadiens, mexicains et européens. Au cours des derniers mois, la Commission a mené de multiples opérations dans des centres de formation clandestins où de jeunes Nigerians apprennent les rouages de la fraude en ligne. Le Monde avec AFP

En Guinée, la junte suspend temporairement des partis d’opposition
La junte au pouvoir en Guinée a suspendu pour « 90 jours » trois des principaux partis du pays, dont ceux de l’ex-président Alpha Condé et de l’ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, selon une décision consultée ce 23 août par l’AFP. Cette décision du ministère de l’Administration territoriale est rendue publique alors que les principaux partis et organisations de la société civile du pays ont appelé le 10 août à des manifestations à partir du 5 septembre pour dénoncer une volonté de confisquer le pouvoir de la part du chef de la junte le général Mamadi Doumbouya. Les partis concernés par la suspension sont le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) de l’ex-président Condé, l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de l’ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo et le Parti du renouveau et du progrès (PRP) de Rafiou Sow, selon le texte du ministère de l’Administration du territoire…L’opposition guinéenne dénonce la tenue le 21 septembre d’un référendum sur une nouvelle Constitution convoqué par le général Doumbouya, arrivé au pouvoir en septembre 2021 après avoir renversé le président civil Alpha Condé alors au pouvoir depuis plus de 10 ans. Ce texte doit ouvrir la voie à un retour à l’ordre constitutionnel promis par les militaires. Les dispositions de ce projet de Constitution ne permettent pas de savoir de manière explicite si le général Doumbouya pourra ou non se présenter à une prochaine élection présidentielle. Une charte de transition établie par la junte peu après le coup d’État impose qu’aucun membre de la junte, du gouvernement ou responsable des institutions de transition ne se présente aux élections. L’adoption d’une nouvelle Constitution pourrait faire sauter ce verrou. Jeune Afrique avec AFP

Présidentielle en Côte d’Ivoire : Tidjane Thiam dépose sa candidature malgré sa radiation des listes électorales
Même s’il a été radié de la liste électorale par la justice, Tidjane Thiam ne baisse pas les bras. Les soutiens de l’opposant sont venus officiellement déposer son dossier de candidature à la veille de la date limite de dépôt. La scène politique ivoirienne, en effervescence. Tidjane Thiam, figure emblématique de l’opposition, a officiellement déposé sa candidature à l’élection présidentielle du 25 octobre prochain. Un geste qui marque un tournant significatif pour ses partisans, qui voient en lui un symbole d’espoir et de changement, malgré son impossibilité de participer à la course présidentielle ivoirienne d’octobre. Tidjane Thiam, franco-ivoirien, a rencontré des obstacles juridiques en avril dernier lorsque la justice ivoirienne l’a radié de la liste électorale. Une radiation justifiée par les autorités par le fait qu’il n’ait pas renoncé à sa nationalité française suffisamment tôt. Selon la justice, cette « erreur » l’empêche d’être inscrit sur la liste électorale. Face à cette décision, Tidjane Thiam a saisi le Comité des droits de l’homme des Nations unies, qui a exhorté la Côte d’Ivoire à garantir ses droits politiques. Malgré le contexte, les soutiens de Tidjane Thiam ont déposé son certificat de nationalité ivoirienne auprès de la Commission électorale indépendante. Un geste qui a suscité un vif soulagement parmi ses partisans, lassés de Alassane Ouattara…La Commission électorale indépendante devra prochainement se prononcer sur la validité de sa candidature, après l’avis du Conseil constitutionnel. La décision finale des autorités électorales sera déterminante pour les élections à venir. En attendant, Tidjane Thiam et ses soutiens restent mobilisés. TV5

Sénégal: le groupe Futurs médias en difficulté, symbole de la fragilité de la presse du pays
Au Sénégal, le groupe Futurs médias, qui réunit des médias phare comme L’Observateur, RFM et TFM, reconnaît traverser une crise « sans précédent ». Effondrement des recettes publicitaires, chute des ventes papier, charges en hausse et redressements fiscaux, le groupe ne paie plus certains salariés depuis trois mois. La direction estime donc qu’il ne reste que deux choix : la disparition pure et simple de l’entreprise ou sa restructuration. C’est la seconde option qui a été choisie et une procédure est désormais engagée auprès de l’inspection du travail. Des dizaines de postes sont menacés sur plus de 400 salariés permanents. Les délégués du personnel dénoncent une démarche brutale, sans plan de sauvegarde, comme le souligne Mamadou Fall, le secrétaire général du syndicat Synpics section GFM. « Flanquer un communiqué comme ça pour annoncer un plan de redressement, ça nous a pris au dépourvu. Pour nous, c’est brutal, c’est difficile. Nous, tout ce que nous voulons, c’est qu’il n’y ait pas de licenciements à Futurs Médias et qu’on essaie de sauver le maximum d’emplois, si possible, parce que le contexte actuel n’est quand même pas favorable à une perte d’emplois. Et cela pourrait créer un drame social au Sénégal ». GFM n’est pas un cas isolé : toute la presse sénégalaise est frappée par la crise depuis un an, et de nombreux journalistes ont perdu leur emploi. Une assemblée générale est prévue à GFM mardi 26 août, et le Synpics annonce également un rassemblement. RFI

Tunisie : Fermeture discrète de l’Instance d’accès à l’information inquiète
En Tunisie, l’Instance nationale d’accès à l’information a discrètement cessé ses activités, sans déclaration officielle ni communiqué. Une disparition passée sous silence, mais perçue comme un nouveau recul démocratique. Créée en 2017, cette instance permettait aux citoyens et aux journalistes de demander l’accès à des données publiques, souvent difficiles à obtenir via les canaux classiques. Elle représentait un outil clé de transparence, dans un pays où l’opacité administrative reste courante. Sa fermeture, dénoncée par le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), s’inscrit dans un processus plus large de démantèlement des institutions post-révolutionnaires. Le syndicat y voit « une atteinte directe au droit constitutionnel d’accès à l’information », pourtant garanti par la Constitution adoptée en 2022. Composée de neuf membres issus de la société civile, du journalisme, de la magistrature ou encore de la statistique, l’Instance avait vu son mandat expirer sans renouvellement depuis 2023. Elle était dirigée par intérim depuis un an, signe du désintérêt progressif des autorités. L’ONG I-Watch, active dans la lutte contre la corruption, a réagi en dénonçant « la démolition du dernier bastion de la transparence en Tunisie ». Pour elle comme pour de nombreux observateurs, cette fermeture symbolise encore un net durcissement du régime despotique du président Kaïs Saïed ainsi qu’un tournant inquiétant dans la gestion de l’information publique. Sahel Intelligence