Au Mali, l’attaque meurtrière de Dioura révèle les failles du dispositive sécuritaire
Une série d’attaques meurtrières a de nouveau endeuillé le Mali ces dernières semaines. Le 10 septembre, le camp de Dioura, dans la région de Mopti, a été pris pour cible par les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), usant de la tactique habituelle de submersion éclair. Des dizaines de combattants ont déferlé par l’ouest et par l’est, afin de prendre ce poste militaire isolé en tenaille. Selon le dernier bilan, plus d’une centaine de soldats des Forces armées maliennes (Fama) et cinq paramilitaires russes de l’Africa Corps ont été tués, ce qui en ferait le raid le plus sanglant au Mali depuis le samedi noir du 25 avril, lorsque jihadistes et rebelles ont allié leurs forces pour attaquer six villes à travers le pays. Les combattants du Jnim en ont profité pour amasser un butin de guerre conséquent, qu’ils ont exposé dans des vidéos de propagande, ainsi que des dizaines de prisonniers Fama. … Hormis Dioura, le Jnim a multiplié les assauts visant un autre poste stratégique. À 125 km à l’est de l’emprise-martyre, le 19 septembre, le Jnim a attaqué, à l’aide de mortiers et de canon antichar SPG-9 (similaires à ceux capturés à Dioura), la zone aéroportuaire de Sévaré où sont stationnés des éléments de l’Africa Corps. Le groupe armé terroriste a affirmé avoir détruit « quatre drones Bayraktar (TB2) et Akinci, ainsi que plusieurs hélicoptères de combat, la tour de contrôle du réseau de drones et le radar de la base aérienne. Jeune Afrique
Niger : Des militaires tués lors d’un accrochage avec des combattants armés à Tillabéri
Plusieurs militaires nigériens ont été tués mercredi lors d’un affrontement avec des hommes armés dans la région de Tillabéri, dans l’ouest du pays, non loin de la frontière avec le Mali. Le ministère de la Défense, qui a annoncé ces décès, n’a fourni aucun bilan chiffré. L’accrochage s’est produit vers 06h30 près de Fartel, à environ 22 kilomètres à l’est d’Abala. Les soldats participaient à une opération visant à récupérer du bétail signalé comme volé lorsqu’ils ont croisé une importante colonne de combattants circulant à motos, selon un communiqué relayé par la télévision nationale. … Depuis le renversement du président Mohamed Bazoum en juillet 2023, le Niger est dirigé par un régime militaire qui a fait de la lutte contre les groupes armés l’une de ses principales priorités. Malgré les opérations sécuritaires, les attaques attribuées aux organisations liées à Al-Qaïda et à l’Etat islamique continuent de peser lourdement sur plusieurs régions du pays. Sahel Intelligence
La guerre reprend dans le nord de l’Ethiopie
Après des affrontements sporadiques ces derniers mois, la situation a dégénéré ce mercredi. Des combats ont repris entre les forces alliées au TPLF (le Front de libération du peuple du Tigré) et les forces fédérales. … Les deux camps s’accusent d’avoir déclenché cette nouvelle guerre : d’un côté, le TPLF, redevenu la force dominante au Tigré depuis la fin du précédent conflit en 2022 et de l’autre, le gouvernement fédéral du Premier ministre Abiy Ahmed. Des combats auraient éclaté dans la région voisine d’Afar entre les forces du Tigré et les troupes fédérales éthiopiennes. Ethiopian Airlines a suspendu ses vols à destination de Mekelle, Shire et Axoum, invoquant la « situation actuelle dans la région du Tigré ». Dimanche, le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et six autres groupes opposés au gouvernement fédéral d’Addis Abeba ont annoncé s’allier. Parmi ces groupes se trouvent aussi des milices amhara Fano ou encore l’Armée de libération oromo. Leur objectif commun : « renverser » le gouvernement d’Abiy Ahmed. DW
A Madagascar, un an de rapprochement avec Moscou
Entre les livraisons d’armes russes, sa réception par Vladimir Poutine et l’ouverture d’un centre culturel par la Russie, le nouveau dirigeant militaire de l’île de l’océan Indien, Michaël Randrianirina, a multiplié en un an les signes de rapprochement avec Moscou. Son unité avait précipité en octobre la fuite puis la destitution du président Andry Rajoelina, perçu comme proche de Paris, en se ralliant aux jeunes manifestants du mouvement Gen Z. Conscient peut-être de la fragilité de sa position à Madagascar où les renversements sont fréquents, il recevait deux mois plus tard drones, fusils d’assaut et armes de poing russes, livrés dans les valises du général du renseignement militaire russe (GRU), Andreï Averianov. Ce dernier est aussi le superviseur présumé d’Africa Corps, organisation paramilitaire héritière de Wagner et active dans plusieurs pays d’Afrique, dont des juntes du Sahel. … African Initiative a déjà organisé deux voyages à Moscou pour des personnalités des médias malgaches, dont un en août réunissant 13 influenceurs cumulant plus de 3,5 millions d’abonnés Facebook. Avant les influenceurs, le colonel Michaël Randrianirina avait effectué en février une visite bilatérale officielle en Russie, la première d’un chef d’Etat malgache depuis le président marxiste Didier Ratsiraka en 1978, souligne Ketakandriana Rafitoson. Il a reçu le chargé d’affaires russe la semaine passée pour évoquer les « préparatifs pour le sommet Russie-Afrique », prévu les 28 et 29 octobre à Moscou. AFP
Afrique du Sud: l’activiste anti-occidental Kemi Seba mise sur le Niger pour éviter l’extradition au Bénin
La défense de Kemi Seba et le parquet ont tous les deux demandé ce 23 septembre 2026 un report de l’audience, que la juge a donc accepté. L’étude de la demande de libération sous caution de Kemi Seba et de ses co-accusés a été renvoyée au 6 octobre. Une course contre-la-montre semble se dessiner dans ce dossier, avec d’un côté l’avocat de Kemi Seba qui explique attendre un document crucial de la part de l’ambassade du Niger, puisque l’influenceur anti-occidental est conseiller spécial du chef de la junte et a obtenu un passeport diplomatique nigérien en 2024. Sa défense cherche donc à faire reconnaître ce statut de diplomate sur le sol sud-africain, pour convoquer l’immunité diplomatique de Stellio Gilles Robert Capo Chichi – de son vrai nom – et ainsi demander la libération de ce dernier. Côté parquet, la procureure a demandé un report concernant l’examen de son extradition vers le Bénin. Demande dont l’évaluation a été renvoyée au 20 novembre. Selon le parquet, la demande d’extradition a bien été reçue par l’Afrique du Sud, mais le feu vert de la ministre sud-africaine de la Justice manque au dossier. Elle est la seule à pouvoir autoriser cette extradition. … Recherché par le Bénin, son pays d’origine, qui l’accuse d’avoir soutenu la tentative de coup d’État de décembre 2025, l’activiste aux 1,5 million d’abonnés sur les réseaux sociaux possède un passeport diplomatique nigérien, octroyé par la junte au pouvoir issue du coup d’État de 2023. RFI
Soudan du Sud: le parti de Riek Machar dénonce la dissolution du gouvernement par Salva Kiir
La dissolution du gouvernement de transition et la formation d’un gouvernement intérimaire par le président Salva Kiir le 22 septembre, afin d’organiser des élections fin décembre, suscite de forts remous au sein de la scène politique sud-soudanaise. C’est un rejet total du processus électoral tel qu’annoncé selon le parti de Riek Machar, démis de ses fonctions de vice-président lors de cette dissolution. La possibilité de la tenue d’un scrutin crédible dans moins de trois mois suscite de nombreuses interrogations, tout comme la concentration du pouvoir entre les mains du président. Privé de liberté depuis mars 2025, accusé de crimes de guerre et jugé à Juba par un tribunal spécial, voilà Riek Machar désormais exclu du gouvernement. Six années après son retour à Juba pour partager le pouvoir avec Salva Kiir en vertu de l’accord de paix de 2018, son parti dénonce ce mercredi les réformes « unilatérales » prises pour organiser les premières élections du pays. La formation dit « rejeter dans son totalité tout processus électoral mené dans ce cadre vicié » et renchérit : « poursuivre une telle démarche revient tout droit à replonger le pays dans la violence ». RFI
Elections législatives au Maroc : la coalition sortante sort vainqueure d’un scrutin au taux de participation d’à peine 38 %
Les trois partis formant la coalition gouvernementale sortante au Maroc ont dominé les élections législatives, marquées par un taux de participation d’à peine 38 %, au plus bas depuis près de vingt ans, selon des résultats annoncés jeudi 24 septembre. Le Parti Authenticité et modernité (PAM) remporte 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants. Sans majorité absolue, il devra former une nouvelle alliance avec d’autres partis. Le Rassemblement national des indépendants (RNI), dont est issu l’actuel chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, arrive deuxième avec 66 députés. Le Parti de l’Istiqlal, également présent dans l’actuelle coalition, est troisième avec 65 sièges. Quoi qu’il en soit, le futur chef du gouvernement sera issu des rangs du PAM. Le Monde avec AFP
Nigeria : la NDLEA démantèle un cartel nigérian-mexicain de méthamphétamine
L’Agence nationale de lutte contre la drogue (NDLEA) du Nigeria a annoncé jeudi le démantèlement d’un réseau nigérian-mexicain de trafic de stupéfiants et la découverte d’un laboratoire clandestin de méthamphétamine dans l’État d’Enugu. L’opération, menée par une unité des opérations spéciales de la NDLEA après plusieurs mois de renseignement et de surveillance, a conduit à l’arrestation de deux présumés chefs du réseau, Chukwu Obumneme Christopher, alias Brown, 45 ans, et Chukwu Georginus Monday, alias George, 60 ans, selon un communiqué de l’Agence signé par son directeur des médias et du plaidoyer, Femi Babafemi. Les deux hommes sont poursuivis devant le Tribunal fédéral de grande instance d’Enugu pour cinq chefs d’accusation portant notamment sur l’association de malfaiteurs, l’organisation, la gestion et le financement d’un réseau de trafic de stupéfiants ainsi que la possession illégale de précurseurs chimiques destinés à la production de méthamphétamine. Ils auraient exploité le laboratoire clandestin d’Eziama, dans la communauté d’Obeagu, zone de gouvernement local d’Awgu, en partenariat avec Rodriguez Villanueva, présenté par la NDLEA comme un membre d’un cartel mexicain basé à Mexico. APA
A l’ONU, Évariste Ndayishimiye appelle à des « solutions africaines » aux crises du continent
Le président burundais Évariste Ndayishimiye a plaidé mercredi 23 septembre, à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, pour le renforcement des capacités africaines à répondre aux conflits et aux crises qui touchent le continent. Le chef de l’État burundais s’exprimait lors de la deuxième journée du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU, qui se tient du 22 au 26 septembre et le 28 septembre. Dans son intervention, Évariste Ndayishimiye a évoqué notamment la situation dans les Grands Lacs, au Soudan, au Sahel et en Somalie. Il a insisté sur les conséquences des conflits, notamment les déplacements de populations et la destruction des infrastructures. « Nous réaffirmons notre engagement en faveur de la recherche de solutions africaines aux problèmes africains, dans le respect des droits internationaux et de la Charte des Nations unies », a-t-il déclaré. Le président burundais a également appelé au renforcement du partenariat entre l’Union africaine et les Nations unies dans la prévention, la médiation et le règlement pacifique des conflits. Radio Okapi
ONU : Ruto réclame un siège africain permanent au Conseil de sécurité
Le président kényan William Ruto a appelé à une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies, dénonçant l’absence de représentation permanente de l’Afrique au sein de cette instance. Lors de son discours devant l’Assemblée générale de l’ONU, le chef de l’État kényan a souligné que l’Afrique représente plus d’un quart des États membres de l’organisation, tout en restant exclue des sièges permanents du Conseil de sécurité. Selon William Ruto, cette situation reflète une architecture internationale héritée d’une époque où la plupart des pays africains n’étaient pas encore indépendants et n’avaient donc pas participé à la création des institutions chargées de garantir la paix et la sécurité internationales. « Le monde s’est depuis transformé. Le Conseil de sécurité, lui, ne l’a pas fait », a-t-il déclaré, estimant qu’il est impossible de répondre aux mutations actuelles avec des institutions qui ne se réforment pas. Le président kényan dénonce également le paradoxe d’un continent régulièrement au cœur des discussions et des décisions du Conseil de sécurité, sans disposer d’une voix permanente dans leur élaboration. William Ruto plaide ainsi pour une meilleure représentation de l’Afrique afin d’adapter le fonctionnement du Conseil de sécurité aux réalités géopolitiques actuelles. Africanews
