Revue de Presse du 24 octobre 2018

Centrafrique: début d’un désarmement de groupes d’ici la fin de l’année annonce l’ONU
Le gouvernement centrafricain procédera avant la fin de l’année au désarmement de plusieurs groupes dans l’Ouest de la Centrafrique, a indiqué mardi au Conseil de sécurité l’émissaire de l’ONU pour ce pays, Parfait Onanga-Anyanga. « Depuis l’établissement de la Minusca (force de Casques bleus) en 2014, nous avons beaucoup progressé dans les efforts pour éteindre les flammes du conflit intercommunautaire dévastateur dans lequel était engouffré la République centrafricaine », a souligné le responsable de l’ONU. « Fait très important, un processus de paix a sérieusement été engagé sous les auspices de l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine », a-t-il aussi affirmé. « Ces progrès réalisés ensemble me permettent d’espérer avoir jeté les bases nécessaires à la construction d’une paix durable ».  TV5

Burundi : le gouvernement absent aux pourparlers « de la dernière chance » à Arusha
Le gouvernement burundais a annoncé qu’il serait absent de la dernière session du dialogue de sortie de crise au Burundi, prévue à partir de mercredi 24 octobre à Arusha, en Tanzanie. L’objectif affiché de ces discussions était l’organisation d’élections « inclusives » en 2020. « Le mois d’octobre étant un mois de deuil au Burundi, le gouvernement a suggéré un report de la session que la facilitation a convoqué ce 24 octobre et garde l’espoir que cette dernière s’associe, comme d’accoutumée, aux Burundais dans ces moments de tristesse», a annoncé mardi 23 octobre le gouvernement sur son compte Twitter, pour justifier son absence à la dernière séance de dialogue qui doit démarrer mercredi à Arusha. Jeune Afrique

Cameroun : « Maurice Kamto veut s’affirmer comme le leader de l’opposition face à Paul Biya »
Après la proclamation de la victoire de Paul Biya à la présidentielle au Cameroun, Maurice Kamto conteste toujours les résultats du scrutin. Une façon pour le candidat battu d’asseoir sa légitimité comme principal opposant au pouvoir. Les multiples recours de Maurice Kamto devant le Conseil constitutionnel n’y ont rien changé. Malgré les dénonciations de “fraude massives” et des cas présumés d’irrégularités, c’est encore Paul Biya, 85 ans dont 35 au pouvoir, qui a remporté pour la septième fois la présidentielle. Avec 71,28 % des suffrages, le président sortant écrase le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto, arrivé deuxième avec un score de 14,23%.  France 24

Maghreb : l’onde de choc Khashoggi
Jamal Khashoggi est désormais un nom, un symbole, un combat. Son visage est connu du monde entier. Cet opposant au régime saoudien, celui des ben Salmane père et fils, n’avait de cesse de mettre à terre le village Potemkine dressé par MBS à l’intention des Occidentaux. Ce n’était pas un révolutionnaire, mais un critique venu de l’intérieur du système des Saoud. Depuis, le système est devenu un cachot pour toute voix dissonante. Qu’on soit une féministe de la société civile ou une des plus grandes fortunes au monde, le traitement est brutal. Prison, racket… Nouvelle escalade : l’assassinat dans un consulat. On a troqué la convention de Vienne pour le cimetière. Dans son dernier article, posthume, le journaliste notait qu’au sein du monde arabe seule la Tunisie était considérée comme « libre ».  Le Point

RCA: à l’ONU, dissensions toujours vives sur le rôle joué par la Russie
Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni mardi 23 octobre sur la situation en Centrafrique. A trois semaines du renouvellement du mandat de la Minusca qui ne devrait pas évoluer en terme numérique mais se recentrer sur l’aide à la stabilisation politique, les diplomates ont fait part des progrès réalisés. La situation sécuritaire reste cependant très fragile en raison des violences perpétrées par les groupes armés. Mais les discussions ont aussi exposé les dissensions toujours aussi vives sur le rôle joué par la Russie auprès du gouvernement Touadéra. RFI

Algérie : « La crise au Parlement est liée à la succession de Bouteflika »
Dès mercredi, l’Assemblée populaire nationale pourrait avoir deux présidents à sa tête. Des députés majoritaires ont en effet décidé de désigner un nouveau président alors même que l’actuel chef, Saïd Bouhadja, refuse de céder le pouvoir. Rien de ne va plus au sein du Parlement algérien. Depuis fin septembre, l’opinion publique algérienne assiste, médusée, à la plus grave crise politique depuis l’élection du président Abdelaziz Bouteflika il ya presque 20 ans. En effet, les députés de l’Assemblée populaire nationale (APN) ne veulent plus de l’actuel président Saïd Bouhadja et ont décidé de désigner, mercredi 24 octobre, un nouveau chef de la Chambre basse. De son côté, Saïd Bouhadja n’envisage pas de démissionner. France 24

Nigeria: mystère autour du parcours du leader indépendantiste Nnamdi Kanu
Au Nigeria, la réapparition du leader du mouvement indépendantiste biafrais soulève quelques interrogations. En fin de semaine dernière, une vidéo devenue virale montrait un homme lui ressemblant fortement, priant au pied du mur des Lamentations. Beaucoup se demandent comment Nnamdi Kanu a pu échapper aux autorités nigérianes. La dernière fois que Nnamdi Kanu a été vu en public au Nigeria, c’était le 14 septembre 2017. Jour où les forces de l’ordre ont mené un raid contre sa maison dans le sud-est. Depuis, plus de trace du leader indépendantiste biafrais. Etait-il mort où bien en vie ? En mars dernier, la presse nigériane annonçait l’avoir vu en compagnie de sa femme à Accra, la capitale ghanéenne. Démenti des militants qui affirmaient alors que Nnamdi Kanu était détenu au secret voire qu’il avait été tué par les forces de sécurité, ce qu’elles ont toujours réfuté. RFI

RDC: une marche de l’opposition autorisée à Kinshasa pour vendredi
La mairie de Kinshasa a autorisé une marche de l’opposition prévue vendredi pour exiger l’abandon de l’utilisation de machines à voter, à deux mois des élections en République démocratique du Congo, a-t-on appris mercredi d’un responsable d’opposition. « L’hôtel de ville nous a écrit pour prendre acte de l’organisation de la marche contre la machine à voter ce vendredi », a déclaré à l’AFP l’opposant Vital Kamerhe, un des 21 candidats à la présidentielle prévue pour le 23 décembre 2018 en RDC. « Nous, organisateurs, sommes invités à une séance de travail avec l’hôtel de ville de Kinshasa ce mercredi pour des dispositions pratiques de sécurisation de notre marche », a-t-il ajouté. TV5

Un mort et une « tentative d’assassinat » du chef de l’opposition en Guinée
Un jeune homme de 18 ans a été tué à Conakry mardi, journée de manifestations organisée par l’opposition guinéenne, dont le chef s’est dit lui-même victime d’une « tentative d’assassinat » par les forces de l’ordre, qui ont formellement démenti cette accusation. Mamadou Samba Diallo, un apprenti plombier, a été tué en début de soirée par les forces de l’ordre, a affirmé son oncle, Cellou Binani Diallo, un photographe de presse travaillant notamment pour l’AFP. « Mon neveu a été tué parballes par des soldats dans le quartier de Cosa. Dès qu’ils ont tiré sur lui, il est tombé, ils se ont arrêtés à côté de lui et lui ont donné des coups de pieds. C’est lorsqu’ils se sont rendus compte qu’il avait rendu l’âme qu’ils sont remontés à bord de leur pick-up et ont continué » leur route, a précisé M. Diallo. VOA

L’opposition togolaise accuse le pouvoir de « violer » les décisions de la Cédéao
La principale coalition de l’opposition togolaise a accusé mardi une nouvelle fois le pouvoir de « violer » les décisions de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) concernant le processus électoral au Togo. Le dialogue politique initié pour trouver une issue à la crise qui dure depuis plus d’un an entre le régime du président Faure Gnassingbé et l’opposition réclamant sa démission n’a pas permis d’apaiser les tensions, alors que des élections législatives et locales sont prévues en décembre. La coalition de 14 partis politiques à l’origine des manifestations qui secouent le pays dénonce des irrégularités dans l’organisation du scrutin et au sein de la Commission électorale, et dit craindre des fraudes. VOA

Sénégal: Au moins 226 pécheurs artisans disparus ces deux dernières années 
Au Sénégal, au moins 226 pertes en vie humaines et portés disparus en mer, ont été enregistrés ces deux dernières années. Devant cette hécatombe, l’organisation Greenpeace Afrique pointe du doigt la rareté des ressources et invite l’État à stopper cette saignée en renforçant la sécurité des acteurs de ce sous-secteur qui contribue à plus 40% que la pêche industrielle. Les eaux sénégalaises, jadis premières poste de production de richesses du pays, sont-elles devenues des mouroirs ? La question s’impose vu le nombre effroyable de pêcheurs ayant perdu la vie ces deux dernières années. Dans un documentaire inédit sur les nombreux cas de disparition de pêcheurs artisans dans les eaux sénégalaises, rendu publique ce mardi 23 octobre à Dakar, Greenpeace Afrique tire la sonnette d’alarme pour attirer l’attention des autorités sénégalaises. allAfrica

Des blessés lors d’une tentative de destitution du président de la Céni au Mali
Au moins quatre personnes ont été légèrement blessées mardi à Bamako lors d’une bousculade au siège de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), au lendemain de la destitution contestée du président de cette institution chargée de veiller au bon déroulement des élections au Mali. « Le Président destitué de la Céni voulait tenir une conférence de presse et nous voulions participer à cette conférence. Il y a eu refus, il y a eu cohue, et il y a eu des blessés, dont moi », a déclaré à l’AFP un membre de la Céni, Sanogo Issiaka, qui a été touché par des éclats de verre. Les autres blessés sont des membres du service d’ordre, selon le correspondant de l’AFP. Lundi soir, une réunion plénière de la Céni avait décidé le « retrait des responsabilités de Président à M. Amadou Bâ et de premier questeur à M. Beffon Cissé » pour « violation du principe de bonne conduite de la Céni ».  VOA

Niger: 10 millions d’euros d’aide française pour détourner les jeunes du djihad
Le projet prévoit notamment la mise en place de formations professionnelles et la créations d’emplois pour améliorer les « perspectives de vie » des jeunes de la région. La France va financer un projet de 6,5 milliards de francs CFA (10 millions d’euros) destiné aux jeunes de Diffa, dans le sud-est du Niger, dont certains ont rejoint le groupe djihadiste Boko Haram, a indiqué ce mardi l’ambassade de France à Niamey. Ce projet inédit de l’Agence française de développement (AFD), dénommé « Jeunesse Diffa » vise à « lutter contre le terrorisme par le développement » et doit « contribuer à l’amélioration des conditions » et des « perspectives de vie » des jeunes de cette région aride et pauvre, proche du nord-est du Nigeria, berceau de Boko Haram, selon un communiqué de l’ambassade de France. L’Express

Difficiles conditions de vie dans les prisons malgaches
Amnesty met en garde contre les conditions de détention déplorables dans les prisons de Madagascar. Amnesty International indique qu’une succession de dysfonctionnements dans la chaîne pénale malgache a entraîné la mort de plusieurs personnes en détention préventive en raison des conditions épouvantables dans lesquelles elles étaient détenues. « Les conditions misérables dans lesquelles les personnes en détention préventive sont maintenues constituent clairement un traitement cruel, inhumain et dégradant », peut-on lire dans le rapport intitulé « Puni pour être pauvre » et basé sur des visites effectuées dans neuf établissements pénitentiaires. BBC



Photo: Adam Jones