Revue de presse du 23 octobre 2026

Éthiopie : des affrontements meurtriers à Moyale
Des affrontements entre les communautés oromo et somalie ont fait plusieurs morts dans la ville frontalière de Moyale, dans le sud de l’Éthiopie, tandis que les violences ont provoqué la fuite de centaines de personnes vers le Kenya, ont rapporté jeudi plusieurs sources locales. Les combats se concentrent dans la zone de Borana, en région d’Oromia. Ils auraient été déclenchés par un différend autour du hissage du drapeau de la région Somali, avant de s’intensifier après le meurtre d’une adolescente de 13 ans, Diqqoo Jaataan Aagga, le 18 octobre. Les violences ont notamment touché la localité de Jamuq, où des bâtiments auraient été incendiés et des biens appartenant à des civils pillés. Elles se sont ensuite étendues à plusieurs localités du sud de l’Oromia, dont Malab, Chamuk, Bole, Kebele 01 et Waqo Dogo, selon des témoignages recueillis par APA. … La situation suscite des inquiétudes quant à la sécurité des populations civiles dans cette zone frontalière. La Croix-Rouge kényane et des responsables locaux ont signalé jeudi que des centaines d’Éthiopiens avaient fui vers le Kenya pour échapper aux violences. APA

Le Tchad appelle à une enquête après une frappe de drone meurtrière à la frontière avec le Soudan
Selon le représentant du gouvernement dans la province tchadienne de Wadi Fira, quatre personnes ont été tuées dans une frappe de drone lundi 19 octobre à Bamina, une localité frontalière du Soudan. Quatorze blessés ont également été admis à l’hôpital. L’attaque n’a pas été revendiquée et le gouvernement a demandé une enquête pour en déterminer l’origine. Côté soudanais, la société civile indique cinq morts – trois réfugiés soudanais et deux bénévoles appartenant aux cellules d’urgence, un réseau d’entraide communautaire. La guerre au Soudan, qui oppose l’armée soudanaise aux paramilitaires des Forces de soutien rapide, déborde régulièrement sur le territoire tchadien. Selon une source locale, des drones prennent régulièrement pour cible des véhicules tout-terrain qui quittent le Soudan pour rejoindre le Tchad. En mai dernier, une attaque de drone avait frappé la ville frontalière de Tiné, causant la mort d’au moins 14 personnes. RFI

Deux ex-otages européennes enlevées au Niger en 2025 ont été libérées
L’Autrichienne Eva Gretzmacher et la Suisso-Nigérienne Claudia Abbt, enlevées au Sahel en 2025, ont été libérées dans la nuit du mercredi 21 au jeudi 22 octobre 2026. Elles ont pu regagner leurs pays d’origine après un passage à Benghazi, en Libye. L’annonce a été confirmée ce jeudi 22 octobre grâce à des images des deux ex-otages arrivées à Benghazi. Car c’est par l’entremise de l’homme fort de l’est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, que l’Autrichienne Eva Gretzmacher et la Suisso-Nigérienne Claudia Abbt ont recouvré la liberté. La première avait été enlevée le 12 janvier 2025 à Agadez, dans le nord du Niger, et la seconde trois mois plus tard. Elles étaient probablement aux mains des jihadistes du groupe État islamique au Sahel. … Il n’y a jamais eu de revendications pour les deux rapts, mais tous les regards se sont tournés vers l’État islamique, très actif dans la région. Dans la même période, quatre transporteurs marocains avaient aussi été kidnappés au Niger, avant de réapparaître six mois plus tard à Bamako, aux côtés du président Assimi Goïta, qui désignait l’État islamique comme responsable des enlèvements. RFI

Sahel: lancement d’Anndal, un groupe de réflexion pour promouvoir la démocratie
L’Alliance des démocrates du Sahel a lancé à Paris l’Institut Anndal (« le savoir » en fulfulde), un nouveau groupe de réflexion réunissant une vingtaine de chercheurs et d’experts du Sahel. Sa présidente, la professeure de science politique Nadine Machikou, revient sur le plateau de TV5MONDE sur les objectifs de cette initiative: réhabiliter les valeurs démocratiques et rendre les analyses académiques accessibles au plus grand nombre grâce à leur diffusion en langues locales. TV5 Monde

Crise au Sahel : l’information, facteur de paix
Dans un contexte ouest-africain marqué par les tensions, la désinformation contribue à accentuer les crises. Pour y faire face, les médias ont un grand rôle à jouer et peuvent contribuer à la paix et à la cohésion sociale. C’est ce qu’estiment plusieurs spécialistes dont le journaliste sénégalais Martin Faye, qui connaît bien les pays du Sahel et la place des médias dans les conflits. Martin Faye en est convaincu : « la bonne information est une denrée de première nécessité en période de crise ». Pour lui, les populations vivant dans une zone touchée par un conflit ont davantage besoin d’être bien informées. « D’abord pour leur propre sécurité, ensuite pour pouvoir prendre elles-mêmes les décisions qui les concernent et enfin pour se rassurer », explique cet expert des médias à Ouestaf News. … Selon lui, des allégations de fausses attaques, par exemple, sont véhiculées pour nuire à la quiétude des populations et alimenter les tensions entre communautés voisines. Cette désinformation est alimentée, en Afrique de l’Ouest et dans le Sahel en particulier, par des acteurs aux intérêts divergents, souligne, de son côté, Bah Traoré Legrand, chargé de recherche Sahel à Wathi. Ce centre de recherche citoyen, basé à Dakar, est spécialisé dans les enjeux politiques, économiques, sécuritaires et sociaux dans l’espace ouest-africain. Parmi ces acteurs, Bah Traoré Legrand cite des États, des groupes armés ou encore des organisations non étatiques. Ouestaf

Afrique de l’Ouest : les contrôles déplacent les routes migratoires
Le renforcement des contrôles migratoires au Maroc, en Mauritanie et au Sénégal contribue à déplacer vers le sud les points de départ des migrants ouest-africains qui tentent de rejoindre l’Europe. La Gambie s’affirme dans cette recomposition des itinéraires vers les îles Canaries, tandis que les opérations de sauvetage et les naufrages témoignent des risques associés à ces traversées, a constaté APA. Selon des données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) publiées le 14 octobre 2026, les arrivées en Europe de migrants originaires d’Afrique de l’Ouest ont diminué de 59 % au premier semestre 2026, par rapport à la même période de 2025, pour s’établir à 4 566 personnes. Cette baisse concerne notamment les ressortissants du Mali, du Sénégal, de la Guinée et de la Gambie. Cette diminution des arrivées s’accompagne d’une évolution des itinéraires. Les ressortissants ouest-africains représentent désormais 21,9 % des arrivées sur la route de la Méditerranée occidentale, contre 15,6 % auparavant. Sur la route atlantique vers les Canaries, les arrivées ont reculé de 62 % entre 2024 et 2025, mais le nombre de morts et de disparus est passé de 1 172 à 1 215. APA

Côte d’Ivoire: l’opposition propose une nouvelle instance électorale
[Vidéo] En Côte d’Ivoire, plusieurs partis d’opposition ont présenté leurs propositions au gouvernement pour remplacer la précédente commission électorale, dissoute en mai dernier. Ils suggèrent la création d’une « Autorité électorale nationale indépendante » (AENI), caractérisée par un collège électoral dont les membres effectueraient un mandat de sept ans sous de strictes conditions de neutralité politique. TV5

Ebola au Nigeria: une course contre-la-montre pour identifier les contacts du premier cas détecté
Le Nigeria est en état d’alerte après l’annonce mardi soir d’un premier cas d’Ebola Bundibugyo sur son territoire. La personne infectée est une femme arrivée d’Ouganda par avion. Une course contre-la-montre s’est engagée pour identifier au plus vite tous les cas contacts potentiels : 44 ont déjà été détectés jusque-là, notamment les personnels de santé qui ont côtoyé cette patiente, ces dernières semaines. Le ministre de la Santé du Nigeria dit travailler main dans la main avec le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), l’Ouganda et l’Éthiopie, pour établir un itinéraire complet de cette personne. Il s’agit maintenant de déterminer l’origine de cette contamination, qui serait « importée » et non la conséquence d’une transmission « communautaire ». D’après de nouvelles informations, la patiente traitée à Abuja serait la femme d’un diplomate basé dans la capitale nigériane. Avant de tomber malade, celle-ci a passé environ deux semaines et demie de vacances à Kampala, en Ouganda, le pays dont elle est originaire. RFI

Le Cameroun auditionné par le comité des droits de l’homme des Nations unies
Le Cameroun de nouveau interpellé sur sa situation en rapport aux droits de l’homme, dans le cadre d’une audition ce jeudi 22 octobre à Genève devant le comité des Nations unies chargé du suivi du pacte international relatif aux droits civils et politiques. Les préoccupations de ce comité ont porté entre autres sur l’efficacité de la lutte contre la corruption, les violences dans les régions anglophones et l’Extrême-Nord, les détentions arbitraires, les procès de civils devant les juridictions militaires, l’affaire Martinez Zogo ou encore la situation des droits des personnes homosexuelles. … Sur la question précise des juridictions militaires devant lesquelles sont poursuivis des civils, la délégation a défendu le caractère légal de ces tribunaux et a ajouté que les civils y sont jugés quand les faits impliquent la participation présumée des éléments des forces de défense et de sécurité, comme dans le cas précis de l’affaire Martinez Zogo ou l’usage des armes à feu. … Les autres réponses du Cameroun seront apportées au cours de la session de ce vendredi, qui marque la fin de l’audition de la délégation camerounaise. RFI

RDC: L’ONG BADILIKA alerte sur le recrutement et l’exploitation d’enfants par les groupes armés via les réseaux sociaux
L’ONG de lutte pour les droits humains BADIIKA, appelle le gouvernement congolais à renforcer la protection des enfants contre les violations facilitées par les technologies numériques en période de conflit armé. Cette organisation réagit à l’adoption, le 19 octobre 2026, de la résolution 2832 du Conseil de sécurité des Nations unies. La résolution 2832, adoptée à l’unanimité, appelle les États à protéger les enfants touchés par les conflits armés contre les violations facilitées par les technologies numériques, notamment le recrutement par les groupes armés, le harcèlement et l’exploitation en ligne. Elle encourage également le renforcement de l’éducation au numérique et la collecte de bonnes pratiques pour mieux prévenir ces abus et protéger les enfants. Selon son coordonnateur, Kambale Nguka Patrick, les réseaux sociaux, les plateformes de messagerie, sont de plus en plus utilisés dans l’est de la République démocratique du Congo pour recruter, manipuler et exploiter des enfants au profit de groupes armés. Radio Okapi

Somalie : plus de 800 000 personnes menacées de déplacement par les inondations
En Somalie, des pluies supérieures à la normale sont attendues d’ici à la fin de l’année. Elles risquent de chasser de chez elles des centaines de milliers de personnes déjà éprouvées par la sécheresse et les déplacements à répétition. Les rivières montent et le temps presse. Plus de 800 000 personnes pourraient être déplacées au cours des trois prochains mois, en grande majorité à cause des inondations, a averti mercredi l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les premiers signes sont déjà visibles. À Baidoa, de fortes pluies ont endommagé des habitations et forcé des familles à fuir plusieurs quartiers. À Dollow, le fleuve Jubba approche du seuil de crue. À Jowhar, le Shabelle monte vers le haut de ses berges. « Des centaines de milliers de personnes pourraient perdre leur maison en l’espace de quelques semaines. Beaucoup de ces familles ont déjà été déplacées et n’ont plus que très peu de choses sur quoi s’appuyer », a déclaré Manuel Marques Pereira, chef de mission de l’OIM en Somalie. « Il est encore temps de réduire l’impact, mais cette fenêtre se referme. » ONU Info