Revue de presse du 23 juillet 2026

Des experts de l’ONU dénoncent des violations graves des droits humains dans les zones contrôlées par l’AFC/M23
Alors que les affrontements se poursuivent dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles de l’AFC/M23, des experts indépendants des Nations unies tirent la sonnette d’alarme sur la situation des droits humains dans les territoires sous contrôle du groupe armé. Dans un communiqué publié le 21 juillet à Genève, en Suisse, ces experts dénoncent des violations graves et systématiques commises contre les populations civiles. Ils appellent à une relance urgente du cessez-le-feu et exhortent toutes les parties impliquées dans le conflit à respecter leurs obligations en matière de protection des civils. Selon les experts onusiens, l’AFC/M23 aurait mis en place un véritable système de contrôle fondé sur la peur dans les zones qu’il administre. Le communiqué fait état d’arrestations et de détentions arbitraires, d’actes de torture, y compris de violences sexuelles, ainsi que de cas de travail forcé et de recrutement forcé de civils. Les experts rapportent également des enlèvements, des incendies criminels et des actes de chantage visant les populations locales. Radio Okapi

Nigeria: au moins 40 personnes enlevées dans des attaques de villages dans le nord-ouest du pays
Selon des médias locaux, plus de 40 personnes – en majorité des femmes et des enfants – ont été prises en otages par une bande armée criminelle, lors d’attaques ce week-end-là dans 11 villages de l’État de Zamfara, dans le nord-ouest du Nigeria et frontalier du Niger. Des attaques attribuées à un bandit connu sous le nom de Kachalla Sa’idu. Il y a une semaine déjà, des hommes armés – appartenant au groupe de ce même bandit – avaient tenté d’enlever des habitants du village de Garagi, témoigne auprès d’un média national un habitant de la région, Alhaji Lauwali Abdullahi. Lors de l’attaque, les villageois ont tué un de leurs assaillants et subtilisé son arme. En représailles, rapporte cet habitant, le chef de cette bande armée aurait alors décidé d’attaquer les communautés voisines, poussant certains habitants à fuir. … La violence des bandits dans les États du nord-ouest et du centre du Nigeria n’est qu’un des défis auxquels sont confrontées les forces de sécurité, qui luttent également contre une insurrection jihadiste vieille de 17 ans dans le nord-est, et contre les tensions séparatistes. RFI

Au Burkina Faso, RSF accuse Ibrahim Traoré de posséder une « milice numérique » qui cible les journalistes
Reporters sans frontières (RSF) accuse la junte au pouvoir au Burkina Faso de posséder une « milice numérique » qui mène sur les réseaux sociaux des campagnes de propagande et d’intimidation visant notamment les journalistes, dans une enquête publiée ce 23 juillet. Depuis son arrivée au pouvoir, en septembre 2022, la junte dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré a créé un groupe de cyberactivistes très influents qui relatent la propagande des militaires sur les réseaux sociaux : les Bataillons d’intervention rapide de la communication (BIR-C). Selon RSF, les BIR-C sont une « milice hétéroclite » mêlant « activistes, comptes anonymes, personnalités proches du pouvoir, et même un ministre en exercice », sans citer de nom. « Le groupe occupe le terrain numérique et s’attaque aux voix dissidentes en toute impunité », dit RSF qui l’a qualifié d’« essaim qui pique quiconque ose critiquer le capitaine Ibrahim Traoré ». … Depuis son avènement, le régime militaire a multiplié les mesures répressives contre les libertés : suspension temporaire ou définitive de plusieurs médias étrangers, arrestation ou disparition de nombreuses personnes, dissolution de nombreuses associations. Jeune Afrique avec AFP

Désinformation russe en Angola: deux citoyens condamnés à 8 et 11 ans de prison pour espionnage et terrorisme à Luanda
Deux citoyens russes ont été condamnés en Angola à de lourdes peines de prison ferme. Arrêtés en août 2025 à Luanda, Igor Ratchin et Lev Lakshtanov écopent de 8 et 11 ans pour association de malfaiteurs, espionnage, terrorisme et détention illégale de devises. Officiellement en mission pour ouvrir un centre culturel, ils sont accusés d’avoir voulu peser sur les élections de 2027. Les deux hommes sont liés aux réseaux de désinformation russes. Eux et leurs avocats ont fait appel. Le ministère public également afin que davantage de chefs d’accusations soient retenus. Début août 2025, Luanda vient de connaître de violentes manifestations provoquées par l’augmentation des prix des carburants. … Les autorités les accusent d’avoir recruté des personnes pour produire du matériel de propagande, diffusé de fausses nouvelles et encouragé les manifestations et les pillages. Ils sont présentés comme liés à des « organisations criminelles internationales qui mènent des campagnes de désinformation en Afrique ». … En février 2026, leurs noms apparaissent dans une enquête menée par un consortium de journalistes autour de Forbidden Stories, auquel RFI est partenaire. Cette investigation met au jour un réseau structuré de désinformation piloté depuis la Russie et actif sur plusieurs pays africains. RFI

La cheffe des députés écologistes, Cyrielle Chatelain, saisit Sébastien Lecornu sur le cas d’un lanceur d’alerte centrafricain sur Wagner
La présidente des députés écologistes, Cyrielle Chatelain, a écrit au premier ministre, Sébastien Lecornu, pour lui demander d’intervenir en faveur d’Ephrem Yalike-Ngonzo, selon un courrier consulté jeudi 23 juillet par l’Agence France-Presse. Ce lanceur d’alerte centrafricain qui a contribué à des révélations sur le Groupe Wagner a récemment été débouté du droit d’asile en France. Réfugié en France depuis 2024, M. Yalike-Ngonzo a été à l’origine d’une enquête de Forbidden Stories qui a révélé des opérations de désinformation menées en Centrafrique par le groupe paramilitaire russe Wagner, auxquelles il avait lui-même participé avant de s’en désolidariser. « La France entend lutter contre des opérations de déstabilisation conduites par des puissances étrangères et s’appuie sur les témoignages de personnes qui prennent des risques considérables pour les documenter », écrit la députée dans son courrier. … Entre 2019 et 2022, M. Yalike-Ngonzo a participé à la publication dans des médias centrafricains d’« articles de presse valorisant l’armée centrafricaine et ses nouveaux partenaires russes, à partir d’éléments de propagande fournis par ses commanditaires », selon l’ONG Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique. Il travaillait sous les ordres d’un homme qui a été identifié comme Mikhaïl Prudnikov, une « figure-clé du système d’influence de Moscou en Centrafrique », qui a été placé sous sanctions européennes après ses révélations. Le Monde avec AFP

Burundi: dix ans après la disparition du journaliste d’Iwacu Jean Bigirimana, le mystère reste entier
Le 22 juillet 2016, Jean Bigirimana, journaliste de 37 ans travaillant pour Iwacu, média indépendant emblématique au Burundi, se rend à Bugarama, à 40 km au nord de la ville de Bujumbura, pour y rencontrer un homme qui travaille pour les services de renseignements. Ses collègues, sa femme et ses deux enfants commencent à s’inquiéter en fin d’après-midi en ne le voyant pas revenir. Le journal alerte la police, sans succès. Iwacu va finir par lancer sa propre enquête. « On a découvert qu’il avait été contacté par quelqu’un des services de renseignement », expliquait au micro de RFI en 2024 le fondateur d’Iwacu, Antoine Kaburahe. D’après « un témoin oculaire », indiquait-il, « Jean a été enlevé [de force, NDLR] par un véhicule aux vitres teintées. Ça, c’est un fait qui nous a été communiqué ». « Finalement, les langues se sont déliées, on a appris qu’il a été effectivement emmené et on n’a jamais retrouvé sa trace », ajoute le fondateur d’Iwacu. … Dix ans après sa disparition, aucune enquête sérieuse n’a été initiée par les autorités burundaises jusqu’ici. Antoine Kaburahe, fondateur du média Iwacu, qui vit aujourd’hui en exil depuis 2015, sait qu’il ne faut pas se faire d’illusions : il faudra encore attendre pour connaître la vérité sur ce qui est arrivé à son confrère. RFI

Dans l’est du Tchad, le « cruel » manque d’eau, source de conflits
Dans l’est désertique du Tchad, les habitants souffrent d’un « besoin cruel en eau », véritable source de conflits entre communautés. … Les inégalités entre zones urbaines et zones rurales en termes d’accès à l’eau demeurent importantes dans ce grand pays d’Afrique centrale, et la question du partage des ressources peut être source de conflits. Selon les Nations unies, moins de 10% des ménages du pays avaient accès à une eau courante saine et en continu en 2024. … Le Tchad, considéré par l’ONU comme l’un des pays africains les plus vulnérables au changement climatique, est fréquemment affecté par des épisodes de violences intercommunautaires, notamment dans certaines zones rurales où les conflits liés aux terres, au bétail et à l’accès à l’eau prennent parfois une tournure meurtrière. Fin avril, dans la province du Wadi Fira, une dispute autour d’un puits d’eau a ainsi dégénéré et fait 42 morts et 10 blessés. En novembre 2025, un autre différend concernant l’accès à un puits d’eau avait fait 33 morts dans la province de Hadjer-Lamis, dans le centre du Tchad. AFP

Liberia: saisie de quatre tonnes de cocaïne d’une valeur estimée à 317 millions de dollars
Les autorités libériennes ont annoncé la saisie le 21 juillet 2026 de près de 4 tonnes de cocaïne pour une valeur estimée à plus de 317 millions de dollars et l’arrestation de deux ressortissants étrangers. … De nouveaux éléments leur permettent d’identifier un réseau organisé et complexe, très bien financé, qui opère au Liberia depuis plus de six ans. Via un système de fret organisé à l’aéroport Roberts avec des sociétés de logistique, les cargaisons sont déclarées comme des marchandises ordinaires telles que des épices ou du textile, grâce à des documents falsifiés. Lors de l’opération, plusieurs personnes ont été arrêtées, dont deux ressortissants étrangers. L’un de nationalité serbe, l’autre détenteur de la double nationalité colombienne et espagnole. La lutte contre la drogue est un sujet politique sensible dans le pays, priorité du gouvernement. Après la perquisition en juin, quatre suspects connus de la police avaient pu sortir du pays avant leur arrestation. Plusieurs sénateurs avaient alors dénoncé les failles des autorités, qui permettent aux trafiquants de se servir du pays comme plateforme logistique internationale, entre les pays producteurs d’Amérique latine et les pays consommateurs européens. RFI

Au Kenya, des avocats manifestent contre «une justice corrompue qui refuse de se réformer»
Au Kenya, plusieurs avocats boycottaient les tribunaux ce 22 juillet 2026. L’appel avait été lancé par la Law Society of Kenya, l’association représentant la profession dans le pays pour dénoncer la corruption et les dysfonctionnements qui, selon elle, minent le pouvoir judiciaire, entraînant notamment retards et lenteurs du système. Plusieurs tribunaux ont été affectés. Les avocats ont lancé un appel ferme, notamment à l’encontre de certains juges et magistrats. … Engorgement des tribunaux, retards dans les affaires, manquements à l’éthique : plusieurs avocats renommés se sont rassemblés ce 22 juillet devant la Cour suprême du Kenya pour exprimer leur ras-le-bol. … Les avocats pointent aussi du doigt des entraves aux procédures disciplinaires et enquêtes anticorruption de la part de certains juges et magistrats. … À partir de ce jeudi, la Law Society of Kenya prévoit de poursuivre son boycott en ciblant certains juges et magistrats accusés d’avoir entravé des enquêtes anticorruptions ou des procédures disciplinaires. Parmi eux figure justement la présidente de la Cour suprême, Martha Koome. RFI

Libye : consultations de l’ONU avec une délégation du Fezzan
La Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) a consulté des représentants du Fezzan sur le processus politique, la gouvernance et les priorités de la région du sud du pays. La représentante spéciale adjointe du secrétaire général des Nations Unies pour les affaires politiques, Stéphanie Koury, a rencontré une délégation du Rassemblement politique national du Fezzan, a annoncé la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (Manul). La réunion a notamment porté sur les recommandations du Dialogue structuré et les derniers développements politiques en Libye. La MANUL a présenté cette rencontre comme une étape d’une série de consultations menées auprès de différents segments de la société libyenne. Des personnalités politiques et sociales issues de plusieurs zones du Fezzan ont participé aux échanges. Les discussions ont abordé la représentation des régions dans le processus politique, ainsi que les priorités du sud libyen en matière de gouvernance, de développement et de stabilité. APA