Burkina Faso : révélations sur la propagande numérique d’activistes pro-Ibrahim Traore
Au Sahel, la guerre se joue aussi sur le terrain de la communication et des réseaux sociaux, avec ses stratèges, ses tactiques et ses soldats envoyés sur le front numérique. Les suites de l’attaque jihadiste qui a visé la ville de Titao, dans le nord du Burkina Faso, samedi 14 février, en ont été une nouvelle illustration. Très vite, des vidéos de propagande du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) ont circulé sur les réseaux sociaux. En réponse, dès le lendemain, le porte-parole des Forces armées nationales a livré une version maîtrisée des faits sur les antennes de la Radio Télévision du Burkina. … Quelques heures plus tôt, en coulisses, une autre offensive se préparait, comme le prouvent des captures d’écran de conversations WhatsApp au sein d’un groupe privé d’activistes burkinabè pro-Ibrahim Traoré – celles-ci ayant fuité sur les réseaux sociaux. … Le groupe, intitulé «BIR-C Unité AIGLE», renvoie aux «Bataillons d’intervention rapide de la communication», qui rassemblent les «Wayiyans» («sortez sur les ronds points»), nom que se donnent les soutiens de la junte. Kassoum Traoré, frère cadet d’Ibrahim Traoré, en est l’un des principaux coordinateurs. Dès les premières heures suivant l’attaque, les échanges montrent une volonté d’occuper le terrain numérique. «L’attaque est confirmée. On m’a dit que le détachement est tombé. Donc il va falloir qu’on commence vite à communiquer pour minimiser cette attaque», écrit l’un des membres, reconnaissant la gravité de la situation. … La stratégie finit par s’organiser en trois axes clairement formulés : un groupe est chargé de démentir, un autre de minimiser les faits, et un troisième de marteler l’idée d’une riposte victorieuse. … Ces échanges privés révèlent un quatrième volet de la stratégie adoptée : la désignation d’un coupable extérieur pour détourner l’attention. Jeune Afrique
Le Ghana et le Burkina Faso renforcent leur coopération sécuritaire et transfrontalière
Le Ghana et le Burkina Faso ont signé plusieurs accords bilatéraux destinés à renforcer leur coopération stratégique et sécuritaire, a indiqué le ministère des Affaires étrangères à Accra dans un communiqué publié samedi 21 février. Lors d’une visite officielle de deux jours, le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a rencontré au Burkina Faso son homologue burkinabè Karamoko Jean-Marie Traoré, ainsi que le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. « L’importance de la coopération en matière de sécurité entre les deux pays a été un sujet central des discussions », indique le communiqué, ajoutant que les deux parties ont « fermement condamné les récentes attaques terroristes dans la sous-région » et exprimé « leurs sincères condoléances aux familles affectées ». Mi-février, une dizaine de civils, dont sept commerçants ghanéens, ont été tués dans une attaque jihadiste visant Titao, une ville stratégique du nord du Burkina Faso. Elle a été revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans. … Les accords signés incluent un protocole sur la coopération transfrontalière et la création d’une commission conjointe pour réaffirmer la délimitation de la frontière. Les deux pays ont également convenu de renforcer la lutte contre le trafic de stupéfiants. Outre la sécurité, le partenariat bilatéral vise à répondre aux défis humanitaires récurrents, notamment les débordements du barrage de Bagré, qui affectent les communautés du nord du Ghana. Les autorités ont prévu « la coordination des alertes précoces et la gestion des crises ». Jeune Afrique avec AFP
Au Nigeria, des écoliers libérés contre une « énorme » rançon aux jihadistes de Boko Haram
Le gouvernement nigérian a versé à Boko Haram une « énorme » rançon de plusieurs millions de dollars pour libérer près de 230 enfants et membres du personnel d’une école catholique enlevés par les jihadistes en novembre 2025, ont révélé à l’AFP des sources au sein des services de renseignement. Deux commandants de Boko Haram ont également été libérés dans le cadre de cet accord, qui va à l’encontre de la loi nationale interdisant tout paiement aux ravisseurs. L’argent a été transporté par hélicoptère jusqu’au bastion de Boko Haram à Gwoza, dans l’État de Borno, dans le nord-est du pays à la frontière avec le Cameroun, et remis à Ali Ngulde, un commandant de la région, ont déclaré trois différentes sources à l’AFP. La région est tellement isolée et la couverture téléphonique tellement mauvaise qu’Ali Ngulde a dû se rendre au Cameroun voisin pour confirmer que la rançon lui avait été livrée et autoriser la libération du premier groupe de 100 écoliers de l’internat catholique de St. Mary de Papiri, selon les mêmes sources. … Les enlèvements de masse ont connu une recrudescence ces derniers mois, touchant en majorité des musulmans, mais celui de St. Mary’s a été le plus médiatisé. Le pays est depuis longtemps en proie à des kidnappings massifs, les criminels et les groupes jihadistes collaborant parfois pour extorquer des millions aux familles des otages, et les autorités semblent impuissantes à les arrêter. En 2022, le Nigeria a adopté une loi criminalisant le paiement de rançons, avec des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 15 ans. Mais des Nigérians continuent de payer pour libérer leurs proches, pendant que les autorités ferment les yeux. Jeune Afrique avec AFP
Nigeria : 38 morts dans une attaque armée dans le nord-ouest
Au moins 38 personnes ont perdu la vie dans la nuit de jeudi à vendredi lors d’une attaque menée par des hommes armés dans le village de Dutse Dan Ajiya, situé dans l’Etat de Zamfara, dans le nord-ouest du Nigeria, rapportent samedi les médias locaux. Les assaillants, arrivés à moto, ont ouvert le feu de manière indiscriminée, tuant des dizaines d’habitants et incendiant plusieurs maisons, précisent les sources locales. Des patrouilles ont été déployées pour retrouver les assaillants. L’armée a été alertée et un avion de chasse mobilisé pour soutenir les opérations. Ces groupes criminels, impliqués dans le vol et le kidnapping contre rançon, disposent de camps situés dans des forêts s’étendant sur plusieurs États du nord du Nigeria, dont Zamfara, Katsina, Kaduna, Sokoto, Kebbi et Niger, à partir desquels ils lancent régulièrement des attaques contre les villages voisins. Malgré des initiatives de réconciliation, comme les amnisties et compensations destinées à stabiliser la région, plusieurs États du nord du Nigeria, dont Zamfara, continuent de subir une recrudescence de la violence des groupes terroristes et des bandits. Sahel Intelligence
Gambie: une « profonde inquiétude » pour les ressortissants qui partent combattre à l’étranger
La Gambie a exprimé sa « profonde inquiétude », vendredi 20 février, concernant ses ressortissants qui partent à l’étranger avec « l’intention de s’enrôler et de participer à des conflits armés ». Dans plusieurs pays d’Afrique, les révélations s’enchainent sur des hommes envoyés à la guerre pour le compte de Moscou. Le gouvernement gambien « a appris avec une profonde inquiétude que certains citoyens gambiens voyagent à l’étranger dans l’intention de s’enrôler et de participer à des conflits armés en cours », indique un communiqué du ministère de l’Information. Il dit disposer d’informations indiquant qu’un certain nombre de ses ressortissants « ont tragiquement perdu la vie dans ces conflits ». « Le gouvernement tient à déclarer sans équivoque qu’il ne soutient ni n’autorise aucun citoyen gambien à s’engager dans des conflits étrangers. Les personnes qui choisissent de se rendre dans des zones de conflit et de participer aux combats le font à leurs propres risques et sous leur entière responsabilité », ajoute le document. Les révélations se multiplient dernièrement sur des Africains enrôlés de force par la Russie sous des prétextes fallacieux pour combattre sur le front ukrainien. … Kiev disait en novembre avoir identifié au moins 1.436 citoyens de 36 pays africains dans les rangs russes. TV5 Monde
Le Tchad ferme sa frontière avec le Soudan à cause d’« incursions répétées »
Le gouvernement tchadien a fermé sa frontière avec le Soudan jusqu’à nouvel ordre, à la suite des « incursions répétées » de groupes armés impliqués dans la guerre qui sévit dans le pays voisin, a-t-on appris, lundi 23 février, de source officielle. « Cette décision fait suite aux incursions répétées et aux violations commises par les forces en conflit au Soudan sur le territoire tchadien », affirme un communiqué du ministre de la communication, Gassim Chérif Mahamat, qui assure vouloir prévenir « tout risque d’expansion du conflit » vers le Tchad. Le Tchad « se réserve le droit de riposter contre toute agression ou violation de l’intangibilité de son territoire et de ses frontières », avertit-il. … Sept soldats tchadiens avaient été tués à la mi-janvier à proximité de la ville frontalière de Tiné dans une altercation avec des éléments des Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire partie prenante au conflit soudanais depuis avril 2023, selon le bilan des autorités. A la fin de décembre, deux soldats tchadiens avaient déjà été tués dans une attaque de drone menée par les FSR à la frontière. Les paramilitaires soudanais ont revendiqué, samedi, la prise de la localité soudanaise d’Al-Tina, dans l’Etat du Darfour du Nord, à la frontière avec le Tchad. Les FSR l’ont annoncé sur leur chaîne Telegram, avec une vidéo montrant des combattants célébrant cette avancée sous une banderole au nom de la ville. Celle-ci était auparavant tenue par les Forces conjointes, alliées de l’armée soudanaise régulière. Le Monde avec AFP
RDC : La frontière entre Uvira et Bujumbura rouvre après presque deux mois de fermeture
La frontière entre Uvira et Bujumbura a rouvert ce lundi 23 février dans la matinée, après presque deux mois de fermeture. Une réouverture sans communication préalable, mais marquée par un engouement certain des populations de part et d’autre de la frontière, entre la République démocratique du Congo et le Burundi. Ce point de passage était resté fermé depuis la séquence sécuritaire qu’a connue la ville d’Uvira. Le 10 décembre 2025, la cité était tombée entre les mains de l’AFC/M23, soutenue par Kigali. Elle a été reprise le 19 janvier 2026, après le retrait du mouvement. Malgré cette reprise, la frontière n’avait pas immédiatement rouvert. Il aura fallu attendre plus d’un mois pour voir les activités transfrontalières reprendre. Selon les chiffres communiqués à RFI ce lundi 23 février à midi par les autorités congolaises, près de 10 000 personnes ont franchi la frontière ce matin. La frontière est ouverte depuis 6 heures. Elle fonctionnera désormais de 5 heures à 17 heures. Si la réouverture intervient aujourd’hui, elle aura pris du temps. Des deux côtés, à Bujumbura comme en RDC, des sources sécuritaires évoquaient la crainte d’un retour de l’AFC/M23 dans la zone ou d’éventuelles infiltrations. Des garanties étaient donc exigées avant toute réouverture. Selon les autorités, la menace, disent-elles, a été significativement réduite grâce à des interventions militaires et diplomatiques. RFI
RDC : à Goma, l’UE exhorte les rebelles congolais à ouvrir des couloirs humanitaires
En visite dans l’est de la République démocratique du Congo, la commissaire européenne à la gestion des crises, Hadja Lahbib, a appelé les groupes armés à garantir un accès sécurisé à l’aide pour des millions de civils. À l’issue de discussions qu’elle a qualifiées de « franches et constructives » avec les dirigeants de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), elle a insisté sur l’impérieuse nécessité de respecter le droit international humanitaire. Goma, épicentre des violences qui ravagent l’est congolais, a servi vendredi de théâtre à un plaidoyer pressant de l’Union européenne en faveur des populations civiles. En mission dans la région des Grands Lacs, Hadja Lahbib a rencontré les responsables de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), coalition rebelle incluant le M23, afin d’obtenir l’ouverture de couloirs humanitaires sécurisés. « Je suis venue à Goma avec un mandat humanitaire. L’aide doit parvenir sans délai aux populations dans le besoin, via des couloirs humanitaires sécurisés », a déclaré la commissaire européenne à la presse, soulignant la nécessité de protéger les civils. « Le droit international humanitaire doit être respecté pour protéger les populations. Il s’agit d’une responsabilité partagée à l’échelle régionale. J’ai porté ce message à Kinshasa, Bujumbura et Kigali. J’ai reçu des engagements de toutes les parties rencontrées et j’espère qu’ils seront mis en œuvre afin que cette mission porte ses fruits. » Africanews avec AFP
Soudan du Sud: «Où est le monde ?», s’alarme le chef des humanitaires de l’ONU
Le secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires, Tom Fletcher, est en visite au Soudan du Sud depuis le vendredi 20 février. Le chef des humanitaires de l’ONU a pu constater par lui-même l’immense impact humanitaire de cette crise qui a fait plus de 280 000 déplacés en quelques semaines. … Dans son plaidoyer, Tom Fletcher a affirmé que de l’aide va arriver. … En visite dans le pays depuis le vendredi 20 février, le secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires s’est rendu dans le nord-est du pays, région ravagée par les combats depuis un an. Après une visite à Malakal, la capitale du Haut-Nil, Akobo a été la deuxième étape de son voyage. C’est ici, dans le nord-est de l’État de Jonglei que, depuis décembre, les affrontements se sont gravement amplifiés. Des combats qui opposent les forces armées du gouvernement de Salva Kiir et celles de l’opposition, composée de fidèles du vice-président Riek Machar, malgré un accord de paix signé en 2018. Impressionné par la résilience dont font preuve les communautés face à l’horreur et la brutalité, il a appelé à l’arrêt des combats. « Les gens ici se demandent : où est le monde ? Et je pose la même question : où est le monde ? RFI
