L’expansion de la portée militaire de la Chine en Afrique : des exercices à la puissance expéditionnaire
« Aigles de la civilisation 2026 », le dernier exercice de combat aérien entre la Chine et l’Égypte, marque une avancée significative en matière d’échelle, de complexité et de projection de puissance par rapport aux précédents exercices d’entraînement militaire de la Chine en Afrique, y compris l’exercice Aigles de la civilisation de l’année dernière. … L’exercice sino-égyptien de 2026 a démontré la capacité de l’armée de l’air de l’Armée populaire de libération (PLAAF) à déployer un dispositif de combat intégré sur plus de 6 000 km à travers deux continents et quatre pays en environ 9 heures, avec des ravitailleurs YY-20A assurant le ravitaillement en vol en cours de route. L’Égypte a déployé des Rafales de génération 4,5 fournis par la France face à des J-16 chinois, marquant une nette évolution par rapport à l’exercice de 2025 où les MiG-29 du Caire s’étaient mesurés aux J-10 chinois. Cet affrontement a permis à la PLAAF tester le J-16 face à un chasseur occidental de pointe en dehors du territoire chinois et d’acquérir une meilleure compréhension opérationnelle. Pour la première fois, le président chinois Xi Jinping s’est rendu en Égypte pour une visite d’État pendant l’exercice, accompagné de dirigeants de la Commission militaire centrale du parti au pouvoir (des personnalités qui quittent rarement la Chine), soulignant l’importance géostratégique de ces exercices pour Pékin. … Alors que l’Afrique est de plus en plus considérée comme un théâtre des ambitions géopolitiques croissantes de la Chine, les gouvernements et les armées du continent devront devenir habiles à tirer parti des avantages opérationnels potentiels sans sacrifier la capacité d’action africaine, l’autonomie stratégique ou des partenariats de sécurité équilibrés. Centre d’études stratégiques de l’Afrique
Yémen : l’ONU prévoit 230 000 déplacés et 10 000 réfugiés à Djibouti dans les prochains mois
Quelque 230 000 personnes déplacées au Yémen et 10 000 autres réfugiées à Djibouti devraient avoir besoin d’une assistance humanitaire ces prochains mois, a annoncé, mardi 22 septembre, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Plus de 130 000 personnes ont été déplacées au Yémen, et quelque 3 000 ont fui à Djibouti sous la pression de la reprise des combats, début septembre, entre rebelles pro-iraniens houthistes et forces progouvernementales, soutenues par l’Arabie saoudite. Mais ces chiffres pourraient s’élever, respectivement, à 230 000 et 10 000 ces prochains mois, a déclaré Babar Baloch, porte-parole du HCR, lors d’un point de presse à Genève. Le Monde avec AFP
Nigéria : la NIMASA renforce le contrôle des activités maritimes
L’Agence nigériane de l’administration et de la sécurité maritimes (NIMASA) a lancé à Lagos une opération coordonnée de contrôle maritime destinée à renforcer le respect de la réglementation et la sécurité des activités en mer, en s’appuyant notamment sur le renseignement et les capacités du dispositif Deep Blue. Baptisée « Blue-Green », l’opération lancée à Lagos par la NIMASA a mobilisé les moyens de l’Infrastructure nationale intégrée de sécurité et de protection des voies navigables, connue sous le nom de dispositif Deep Blue, ainsi que des unités spécialisées dans la sécurité maritime. Le dispositif repose sur la collecte et l’analyse de renseignements, l’identification des cibles et la conduite d’opérations coordonnées en mer. Une nouvelle capacité de renseignement, intégrée au système de commandement, de contrôle, de communications, d’informatique et de renseignement (C4i) de la NIMASA et au dispositif Deep Blue, a également été déployée. Cette infrastructure doit permettre d’améliorer l’identification et l’évaluation des navires présentant un intérêt particulier, mais aussi de mieux hiérarchiser les contrôles et de transmettre en temps réel les informations aux équipes engagées sur le terrain. APA
Nigeria : la couverture médiatique des champs de bataille a brisé l’élan de la propagande de Boko Haram (ancien chef d’état-major)
L’ancien chef d’état-major de l’armée de terre, le lieutenant-général à la retraite Tukur Buratai, a affirmé le 18 septembre 2026 à Abuja, que l’ouverture du champ de bataille aux journalistes a aidé l’armée nigériane à briser l’emprise de Boko Haram sur l’information et la propagande du terrorisme. Cité par l’agence de presse nigériane (NAN-anglais) M. Buratai, également ancien ambassadeur du Nigéria au Bénin, a fait cette déclaration lors d’une visite de courtoisie que lui a rendue le comité de la conférence et des prix annuels de l’Association des correspondants de défense du Nigeria (DECAN). L’officier militaire à la retraite a confié que son administration avait délibérément transformé les relations entre l’armée et les médias en emmenant des journalistes sur les théâtres d’opérations afin qu’ils puissent observer et rendre compte des activités militaires de première main, précise la même source. Il justifie cette stratégie par le fait que « les terroristes avaient exploité les médias pour propager leur idéologie, diffuser de la désinformation et démoraliser les citoyens et les troupes ». Ainsi se félicite-t-il, « nous avons brisé le tabou qui empêchait de couvrir les actions militaires au Nigéria », rapporte la NAN. … Cette approche avait par la suite « empêché Boko Haram de détenir le monopole de la diffusion de sa version des faits auprès du public et de la communauté internationale », a précisé Muratai pour qui « des informations opportunes et crédibles restaient essentielles à la stratégie militaire moderne et l’incapacité à communiquer efficacement les activités militaires pouvait compromettre les objectifs opérationnels ». Ouestaf
Le passeport d’un important opposant guinéen révoqué
Le passeport d’un des principaux opposants guinéens vivant en exil, Cellou Dalein Diallo, a été révoqué par les autorités guinéennes, l’empêchant de se rendre lundi à New York à l’Assemblée générale des Nations unies, a-t-il affirmé à l’AFP. Opposant historique dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, M. Diallo vit en exil depuis 2022. Sa formation politique, l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), a été dissoute en mars aux côtés des principaux partis d’opposition, quelques mois après l’intronisation du président Mamadi Doumbouya qui dirige le pays d’une main de fer depuis 2021. Selon un communiqué de l’UFDG publié lundi soir, M. Diallo avait accompli les formalités nécessaires et obtenu sa carte d’embarquement pour un vol d’Ethiopian Airlines à destination de New York lundi. Mais après avoir transmis une copie de son passeport et de son visa aux autorités américaines, la compagnie aérienne lui a notifié qu’elle avait été informée que son passeport avait été « révoqué par les autorités émettrices », selon le communiqué de l’UFDG. … Exclu du fichier électoral, M. Diallo n’avait pas pu se présenter à la présidentielle. Sous le pouvoir de M. Doumbouya, les principaux partis politiques ont été dissous, les manifestations, interdites, sont réprimées et de nombreuses voix dissidentes ont été arrêtées, condamnées, poussées à l’exil ou sont portées disparues. AFP
Disparition de Moussa Kaka au Niger: le président Tiani doit « nous donner des informations concrètes »
Au Niger, cela fait trois semaines de silence autour de Moussa Kaka, qui a raconté l’actualité nigérienne pendant des années sur RFI. Notre confrère n’a plus donné de nouvelles depuis le 31 août au soir, quand il a quitté la Radiotélévision Saraounia (RTS) qu’il dirige à Niamey. Les autorités nigériennes n’ont jamais communiqué sur le sujet. Pour Alioune Tine, du think tank Afrikajom Center, « il faut qu’on sache où se trouve Moussa Kaka, quelle est la situation dans laquelle il vit ». Reporters sans frontières (RSF) évoque une disparition forcée. Des voix s’élèvent pour demander que la lumière soit faite sur la situation de Moussa Kaka. … « Il est inadmissible, inacceptable, que les gens puissent disparaître. Moussa Kaka, tout le monde le connaît. C’est un journaliste professionnel. Du jour au lendemain, qu’il y ait un silence aussi long, cela nous sidère totalement et vraiment. » … En 2007, sous la présidence de Mamadou Tandja, Moussa Kaka avait été arrêté et inculpé de « complicité d’atteinte à l’autorité de l’État » pour des liens supposés avec la rébellion touarègue. Il avait alors passé plus d’un an en détention. RFI
Le Baromètre sécuritaire relève une intensification de l’activisme armé dans l’Est de la RDC en août
Le nombre d’affrontements armés a augmenté en août dans l’est de la République démocratique du Congo, principalement avec la reprise de l’offensive de l’AFC-M23 au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, selon le dernier rapport du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), un projet de l’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence (Ebuteli). Le rapport, parvenu à Radio Okapi le 21 septembre, recense 118 affrontements armés en août, contre 93 en juillet, soit une hausse de 27 %. L’AFC-M23 a été à l’origine de 56 de ces affrontements et a pris le contrôle de 22 nouveaux villages, principalement dans les territoires de Masisi et de Kalehe. Au total, 216 incidents sécuritaires ont été documentés en août, contre 247 le mois précédent, soit une baisse de 13 %. Les données du KST couvrent l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Selon le rapport, l’AFC-M23 a été impliqué dans 85 incidents sécuritaires en août. Le groupe est tenu responsable de la mort de 60 civils. Le KST rapporte notamment plusieurs tueries visant des personnes accusées d’espionner les positions de l’AFC-M23 ou d’appartenir à des groupes armés rivaux. En Ituri, les ADF demeurent le groupe le plus meurtrier envers les civils, selon le rapport. Radio Okapi
Vincent Brown, soupçonné d’avoir participé au génocide des Tutsi au Rwanda, devient le premier inculpé au Royaume-Uni pour ces faits
Il est soupçonné d’avoir participé au génocide des Tutsi au Rwanda en 1994 : un homme de 65 ans, Vincent Brown, aussi connu sous le nom de Vincent Bajinya, a été arrêté et inculpé au Royaume-Uni, lundi 21 septembre, ont annoncé la police et les services du procureur, précisant qu’il s’agissait de la première inculpation dans le pays pour ces faits. Cet homme, originaire de Kigali et résidant à Londres, a été arrêté à l’issue d’une enquête de sept ans, déclenchée par une requête officielle des autorités rwandaises. « Il est soupçonné d’avoir dirigé et incité à commettre des actes de meurtre et de génocide perpétrés par d’autres personnes », a déclaré le procureur Frank Ferguson dans un communiqué. … Vincent Bajinya, qui a changé son nom en Brown et acquis la nationalité britannique, avait déjà été arrêté en 2006, puis en 2013 avec quatre autres hommes à la suite d’un mandat d’arrêt émis par Kigali. En 2015, un tribunal de Londres avait refusé leur extradition. Le Rwanda avait fait appel et, en juillet 2017, un juge de la Haute Cour britannique avait bloqué l’extradition des cinq hommes au motif qu’il existait un risque qu’ils ne puissent pas bénéficier d’un procès équitable. Le Monde avec AFP
Sénégal: nouvelles défections de l’Alliance pour la République en faveur du parti présidentiel Kiiraay
Le parti de l’ex-président sénégalais Macky Sall est touché par une série de défections. Ces dernières semaines, plusieurs maires et élus locaux ont choisi de rejoindre les rangs de Kiiraay, la nouvelle mouvance présidentielle, lancée fin juillet par Bassirou Diomaye Faye pour structurer sa majorité. Derniers départs en date, le week-end dernier : sept maires du département de Fatick dans le centre du pays, bastion historique et terre natale de l’ex-président Macky Sall, ont choisi de venir grossir les rangs de Kiiraay, le nouveau parti du président Bassirou Diomaye Faye lancé fin juillet. Juste avant eux, c’est Abdoulaye Seydou Sow, le maire de Kaffrine dans le centre, vice-président de la fédération sénégalaise de football (FSF), et cadre du parti de Macky Sall, qui a choisi de claquer la porte de l’Alliance pour la République (APR) mi-septembre pour lancer son propre mouvement politique, le « Pacte républicain ». « L’adhésion étant libre, les départs le sont aussi », relativise l’avocat Oumar Youm. Ce pilier de l’APR et ex-ministre sous Macky Sall reconnait que ces derniers mois, sur les quelque 400 et quelques maires que comptait l’APR, plus de la moitié ont rejoint la mouvance présidentielle Kiiraay. Une érosion certaine qui avait valu à l’Alliance pour la République un communiqué salé fin juillet dénonçant « le débauchage des élus locaux (maires, conseillers municipaux, conseillers départementaux et présidents de Conseil départemental) orchestré à travers la mise en place du parti présidentiel ». RFI
Maroc-Mauritanie : accord pour renforcer les liaisons routières
Une convention a été signée entre le Maroc et la Mauritanie pour la réhabilitation et l’élargissement de la route reliant Nouakchott à Nouadhibou, sur 480 kilomètres. L’amélioration des liaisons routières et le développement de projets à dimension stratégique ont été au centre des entretiens tenus lundi à Rabat entre le ministre marocain de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, et son homologue mauritanien chargé de l’Équipement et des Transports, Ely Ould El Veirik. Cette rencontre a été marquée par la signature d’une convention-cadre portant sur le projet de réhabilitation et d’élargissement de la route reliant Nouakchott à Nouadhibou, en passant par le point kilométrique 55. Le projet porte sur une longueur totale de 480 kilomètres et doit contribuer à renforcer la connexion entre les réseaux routiers marocain et mauritanien. Les deux parties ont souligné l’importance de cette infrastructure pour faciliter la circulation des transporteurs et des opérateurs économiques et améliorer la fluidité des échanges commerciaux entre les deux pays. Le projet s’inscrit ainsi dans une volonté de renforcer la coopération économique, commerciale et en matière d’investissement entre le Maroc et la Mauritanie. APA
