Des centaines de civils tués en 48H: pourquoi le Soudan sombre dans la guerre des drones
L’armée soudanaise est accusée d’avoir mené plusieurs frappes de drones qui auraient tué plus de 150 personnes dans l’État du Kordofan occidental. En deux ans, les attaques de drones de l’armée soudanaise et des Forces de soutien rapide (FSR) ont été multipliées par trois. Une escalade nourrie par l’ingérence de puissances étrangères dans le conflit. … En trois ans, les attaques de drones se sont multipliées par trois au Soudan, selon Acled. En 2025, l’ONG a documenté plus de 450 attaques de grande ampleur de drones militaires contre 150 en 2023. Les victimes sont essentiellement des civils. … Même si aucun bilan précis du conflit n’est disponible, les travailleurs humanitaires estiment à plus de 200.000 le nombre de personnes tuées dans le pays depuis le début de la guerre, qui a aussi chassé plus de 14 millions de Soudanais de leurs foyers. L’ONU parle de « la plus grave crise humanitaire en cours » pour qualifier cette guerre. Et dans ce conflit entre l’armée soudanaise régulière de Abdel Fattah al-Burhane et les Forces de soutien rapide, les FSR du général Mohamed Hamdan Daglo, alias Hemedti, le drone armé est devenu une arme privilégiée. C’est ce que souligne le journaliste et expert nigérien Seidik Abba, spécialiste de Boko Haram et des conflits armés au Sahel, interrogé par TV5MONDE. « C’est une arme qui permet de surveiller, de contrôler des grandes zones reculées et accidentées sans forcément envoyer des hommes sur le terrain. » … L’emploi massif des drones est en très grande partie dû à l’ingérence de puissances étrangères dans le conflit, décrit Abba. TV5Monde
Soudan : à Genève, l’ONU cherche une issue à la guerre
Alors que les violences se poursuivent et que la crise humanitaire s’aggrave au Soudan, l’ONU et la Suisse réunissent à Genève des représentants de puissances régionales et internationales pour tenter de faire avancer les efforts de paix. L’objectif : coordonner les initiatives diplomatiques et élaborer des solutions concrètes pour mettre fin au conflit, qui ravage le pays depuis avril 2023. Mercredi 21 octobre, l’envoyé spécial de l’ONU pour le Soudan, Pekka Haavisto, et des responsables suisses ont ouvert une nouvelle réunion réunissant 27 délégations. Les discussions visent à rapprocher les initiatives internationales et à définir une approche commune pour sortir de la guerre.… Mais l’absence des deux principaux camps armés constitue un obstacle majeur. Sans leur participation directe, la mise en œuvre d’un éventuel accord reste incertaine. Alors que les violences se poursuivent sur plusieurs fronts, la question demeure de savoir si cette nouvelle initiative diplomatique permettra de rapprocher les parties et d’ouvrir la voie à une paix durable. AfricaNews/AP
Bénin : les risques d’une nouvelle zone de conflit aux frontières du Niger et du Nigéria
L’intensification des activités de groupes armés dans le nord-est du Bénin et les zones frontalières du Niger et du Nigéria fait craindre l’émergence d’un nouveau foyer d’insécurité en Afrique de l’Ouest, selon les conclusions d’un atelier organisé les 17 et 18 juin 2026 à Cotonou.… Les départements béninois de l’Alibori et du Borgou, la région de Dosso au Niger ainsi que les États nigérians de Kebbi, Kwara et Niger sont confrontés aux activités de groupes armés tels qu’Ansaru, Lakurawa, Mahmuda et Jama’at Nasr al-Islam wal Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda, selon les conclusions de l’atelier.… Les participants ont relevé le manque de données fiables sur les groupes armés présents dans cette zone, une lacune qui complique l’analyse de leurs dynamiques et l’élaboration de réponses adaptées.… Les modes opératoires recensés comprennent principalement les engins explosifs improvisés, les enlèvements et les vols de biens et de bétail. Ces activités menacent la sécurité des populations vivant le long de la frontière entre le Niger et le Bénin.… Les participants ont enfin souligné que les inégalités structurelles, la marginalisation et l’accès limité aux services publics favorisent l’implantation des groupes armés dans les régions frontalières. À cet égard, l’Agence béninoise pour la gestion intégrée des zones frontalières (ABeGIEF) intervient pour s’attaquer à ces facteurs et renforcer la résilience des communautés. APA
Tanzanie : un deuxième responsable de l’opposition inculpé pour trahison
Un haut responsable du principal parti d’opposition tanzanien, Chadema, a été inculpé mercredi pour trahison, une infraction passible de la peine de mort. Membre du conseil national de Chadema et ancien dirigeant de la branche jeunesse du parti, John Pambalu est accusé d’avoir voulu « inciter le public à entraver les élections générales » de 2025, selon l’acte d’accusation.… Il est le deuxième responsable de Chadema poursuivi pour trahison, après le chef du parti, Tundu Lissu. Son procès, considéré par des observateurs comme largement politique, devrait s’achever prochainement.… Le parti avait finalement été exclu du scrutin d’octobre 2025, remporté par la présidente Samia Suluhu Hassan avec 98 % des voix. Selon l’opposition et des organisations de défense des droits humains, environ 2 000 personnes ont été tuées par la police et les forces de sécurité lors des manifestations qui ont suivi l’élection. AfricaNews/AFP
Kenya, Nigeria: deux nouveaux pays touchés par l’épidémie d’Ebola dus aux failles de la riposte sanitaire de l’Afrique?
Le virus Ebola s’est propagé à deux nouveaux pays non frontaliers de la RD Congo, épicentre de l’épidémie qui a fait au moins 4.381 victimes dans ce pays. Face à ce constat, tous les ministres de la Santé du continent sont convoqués pour une réunion virtuelle par l’agence de santé de l’Union africaine (Africa CDC) le 28 octobre.… Causée par le virus Bundibugyo, une souche rare d’Ebola pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement homologué, les premières infections ont été détectées à la mi-mai dans la province de l’Ituri, dans le nord-est de la RDC frontalière avec l’Ouganda, une région où opèrent des groupes armés et où les infrastructures sanitaires sont défaillantes.… Le syndicat des médecins au Kenya a fait part de ses préoccupations concernant des « défaillances » constatées à plusieurs postes-frontières – notamment avec l’Ouganda et la Tanzanie voisins – ainsi qu’à l’aéroport principal du pays.… Un des freins majeurs à l’enrayement de la propagation du virus est certainement le manque de connaissance sur le virus et aussi les soupçons auxquels sont confrontés les acteurs engagés dans la riposte.… Pour les professionnels de santé, la confiance des communautés reste essentielle afin de faciliter la sensibilisation, la prise en charge des malades et le travail des équipes déployées sur le terrain. En RD Congo, à Béni, des malades échappent au suivi, rentrent chez eux, et contaminent d’autres personnes sans le savoir. TV5Monde
RDC : La grève des transporteurs sur la RN27, la société civile redoute une crise humanitaire en Ituri
Le trafic routier est interrompu depuis six jours sur la Route nationale 27 (RN 27), reliant Bunia à Mahagi, dans la province de l’Ituri. Les transporteurs et camionneurs observent depuis le samedi 17 octobre 2026, un mouvement de débrayage généralisé pour protester contre la récurrence des embuscades, des tueries et des extorsions attribués aux groupes armés. Face à ce blocage qui entraîne déjà une hausse des prix des denrées sur les marchés, la société civile du Congo (SOCICO), sous-coordination de Ngote, appelle les autorités provinciales à instaurer des escortes sécuritaires et à accélérer le désarmement des milices.… Au-delà du déploiement urgent de convois militaires sécurisés pour escorter les véhicules de marchandises, la SOCICO exige l’accélération du processus de désarmement et de démobilisation des milices locales qui écument la zone depuis la résurgence des conflits armés en décembre 2017. La structure citoyenne prévient que la paralysie prolongée de la RN 27 dépasse désormais le seul cadre sécuritaire pour devenir une menace socio-économique et humanitaire. La rupture de la chaîne d’approvisionnement provoque déjà une flambée des prix des produits de première nécessité sur les marchés locaux, exposant les populations vulnérables de l’Ituri à une crise alimentaire imminente. Radio Okapi
Libye : Le Parlement de l’Est et la Turquie signent un accord de délimitation de leurs frontières maritimes
Mardi 20 octobre, l’Est libyen contrôlé par le maréchal Haftar a fini par ratifier un accord de délimitation des frontières maritimes avec la Turquie, texte à travers lequel les deux pays se partagent les eaux de la région. L’accord délimite notamment leurs espaces maritimes respectifs et leurs zones économiques exclusives qui leur donnent des droits d’exploitation des ressources du fond marin et de son sous-sol… mais sans tenir compte des revendications de la Grèce et de l’Égypte. La délimitation mise en œuvre empiète en effet sur les espaces revendiqués par Le Caire et Athènes, la Turquie estimant, en particulier, que les îles grecques ne doivent pas entraver son accès aux espaces maritimes situés plus au sud – une revendication qu’elle justifie par la longueur de son littoral méditerranéen qu’elle présente comme le plus étendu des pays riverains de la région. La Grèce, qui ne l’entend pas de la même oreille, n’a évidemment pas tardé à dénoncer une violation du droit international, déclarant que cet accord porte atteinte aux droits souverains des États de la région et « demeure [donc] illégal, nul et non avenu ». Cet accord marque en outre un retournement complet des relations entre l’Est libyen du maréchal Haftar et Ankara.… Depuis, les deux parties étaient en rupture diplomatique, si bien que seules les autorités de Tripoli avaient signé l’accord. Toutefois, une offensive diplomatique turque auprès du camp Haftar a ensuite permis d’améliorer nettement les relations entre les deux camps et donc de déboucher sur la ratification du texte à l’unanimité par le Parlement de Benghazi qui refusait jusque-là de l’approuver. RFI
Cybercriminalité : 19 pays africains mobilisés, 1 462 suspects arrêtés
Une opération internationale de lutte contre la cybercriminalité, coordonnée par INTERPOL, a permis l’arrestation de 1 462 suspects, le démantèlement de 10 909 réseaux malveillants et la récupération de plus de 105 millions de dollars de fonds illicites dans 21 pays, dont 19 pays africains, a annoncé l’organisation policière internationale. Baptisée Serengeti III, l’opération s’est déroulée du 29 juin au 31 août 2026. Elle a ciblé notamment les escroqueries en ligne, les rançongiciels, les fraudes à l’investissement, la compromission de messageries professionnelles et l’extorsion numérique.… En Ouganda, les forces de l’ordre ont démantelé deux réseaux transnationaux de fraude et arrêté 365 ressortissants étrangers impliqués dans des escroqueries en ligne aux placements et aux pensions… En Angola, deux centres illégaux de minage de cryptomonnaies ont été démantelés… Au Nigéria… une enquête distincte sur des escroqueries internationales à l’investissement a mis au jour des transferts de plus de 2,4 millions de dollars de fonds présumés criminels, en partie blanchis au moyen de cryptomonnaies. D’autres opérations ont permis de démanteler un système frauduleux de prêts mobiles en Tanzanie, de perturber un réseau de fraude à l’importation de véhicules au Gabon et d’arrêter 30 suspects en République du Congo. APA
Mauritanie: un parti d’opposition manifeste contre un éventuel troisième mandat de Mohamed Ould Ghazouani
En Mauritanie, le parti du Rassemblement national pour la réforme et le développement Tawassoul a tenu le 21 octobre des sit-in dans les trois régions de Nouakchott pour contester un éventuel troisième mandat du président. Pour marquer sa rentrée politique, Tawassoul lance sa campagne sous le signe des « trois non » : non à un troisième mandat, non aux restrictions et aux atteintes aux libertés, et non à la corruption. Un rassemblement largement suivi par les militants du parti dans plusieurs communes de la capitale. Dans le département d’Arafat, à Nouakchott-Sud, les partisans de Tawassoul étaient en file indienne le long de la route nationale. Certains distribuaient des affiches aux passagers des voitures qui passaient devant eux.… Plusieurs responsables ont pris la parole. Ils dénoncent les restrictions et les atteintes aux libertés publiques et qualifient l’action du pouvoir de mauvaise gouvernance.… Ce rassemblement fait suite à des appels à un troisième mandat lancés par des partisans du pouvoir, dont certains membres du gouvernement en place, remanié il y a une semaine. RFI
L’Ouganda, pilier de la reconquête diplomatique d’Israël en Afrique
Dans son discours devant une Assemblée générale des Nations unies presque vide le 24 septembre, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, n’a remercié qu’un seul pays : l’Ouganda.… Les autorités ougandaises, dirigées depuis quarante ans par Yoweri Museveni, assument leur parti pris. Membre de l’Organisation de coopération islamique et président du Mouvement des nonalignés, le pays n’en reste pas moins un fervent défenseur de l’Etat hébreu. Quant à Benyamin Nétanyahou, il peut compter sur son allié ougandais pour mener à bien son entreprise de reconquête diplomatique sur un continent où l’image d’Israël se trouve sérieusement écornée depuis la guerre dans la bande de Gaza en 2023. La relation s’avère mutuellement bénéfique : les autorités israéliennes ont rapidement misé sur Yoweri Museveni dès les années 1980 pour tourner la page du règne du dictateur Idi Amin Dada (1971-1979), fervent soutien de la cause palestinienne. Depuis, l’Ouganda est devenu un marché prospère pour les sociétés israéliennes. «Beaucoup d’acteurs de la sécurité y investissent de longue date avec l’assentiment des autorités de Tel-Aviv, assure un chercheur israélien qui souhaite garder l’anonymat. Cela permet en plus à l’Etat israélien de capitaliser politiquement.» Une coopération qui s’est encore renforcée avec la signature, en 2022, d’un accord de défense entre les deux pays. Le Monde
L’Afrique francophone en quête d’une nouvelle voie
Dakar abrite, depuis ce 20 octobre 2026, un forum régional consacré à l’avenir de la recherche en Afrique francophone. Étalée sur 4 jours (du 20 au 23 octobre), la rencontre organisée par le Laboratoire d’analyse des sociétés et pouvoirs/Afrique-Diasporas (Laspad) et le Global développent network (Gdn), ambitionne de repenser les modèles de financement et de renforcer l’autonomie des institutions scientifiques entre autres.… Ouverte, hier, sous l’égide du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, la rencontre initiée par le Laboratoire d’analyse des sociétés et pouvoirs /Afrique-Diasporas (Laspad) et le Global développent network (Gdn), ambitionne d’échanger sur les transformations des systèmes de recherche en Afrique francophone et sur les leviers nécessaires pour mieux les financer, renforcer leurs capacités et favoriser les coopérations régionales.… Les travaux devraient déboucher sur une feuille de route régionale 2026-2030 et l’adoption d’une Déclaration dite de Dakar. Présidant la cérémonie officielle d’ouverture, le directeur général de la Recherche et de l’innovation, le Pr Hamidou Dathe, a souligné la pertinence de cette initiative dans un contexte marqué, dit-il, par la volonté du Sénégal de faire de la recherche un moteur de développement économique. Le Soleil
Le Ghana veut interdire les exportations de matières premières d’ici à 2030
[…] Le président ghanéen a fait plusieurs déclarations mercredi 21 octobre, notamment en annonçant son souhait d’arrêter les exportations de matières premières d’ici à 2030. John Dramani Mahama cherche à développer la transformation locale de ces minerais, soit un changement de stratégie dans la région. Bauxite, manganèse, lithium, fer : le président ghanéen entend développer la transformation locale de ces minerais pour créer plus d’emplois et retenir davantage de richesse dans le pays. Le Ghana a déjà interdit les exportations de ferraille et de métaux non ferreux. Même ambition pour l’or, dont le pays est le premier producteur du continent : Accra veut développer le raffinage sur son territoire pour capter davantage de valeur ajoutée. Autre pilier de l’économie, le cacao. Le Ghana veut désormais transformer sur place au moins une fève produite sur deux, contre 30 % à 40 % actuellement.… Mais encore faut-il disposer des capacités industrielles nécessaires de transformation. Le gouvernement veut moderniser la filière aluminium, développer la sidérurgie et fabriquer davantage de produits semi-finis et finis pour faire de la transformation des matières premières un moteur d’industrialisation. RFI
