Revue de presse du 22 juin 2026

Soudan : l’ONU alerte sur une « offensive imminente » à El-Obeid et craint une nouvelle catastrophe humanitaire
Le haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU s’est alarmé jeudi 18 juin d’une concentration récente de troupes des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) au Soudan autour d’El-Obeid, laissant craindre une « offensive imminente » sur cette ville de la région du Kordofan. … La ville d’El-Obeid fait l’objet depuis plusieurs mois d’un siège des FSR, en guerre contre l’armée régulière depuis avril 2023. Les combats se sont intensifiés ces derniers mois dans la région du Kordofan et l’Etat du Nil Bleu, près de la frontière éthiopienne, notamment après la prise par les FSR, en octobre dernier, de la ville d’El-Fasher, dernier bastion important de l’armée dans l’ouest du Darfour. Le Kordofan constitue un front crucial, reliant les bastions des FSR au Darfour aux zones contrôlées par l’armée dans l’est du Soudan, et continue d’être le théâtre de violents affrontements. … Et à la suite des exactions rapportées après les offensives sur la ville d’El-Facher en octobre et le camp de Zamzam en avril l’an dernier, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme estime que « le risque d’exécutions sommaires, d’enlèvements, de détentions arbitraires et d’autres violences contre les civils est élevé et doit être prévenu ». Le Monde avec AFP

Niger : le GSIM revendique l’attaque contre l’aéroport de Niamey
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), a revendiqué l’attaque menée jeudi 18 juin contre l’aéroport de Niamey, au Niger. Selon un bilan provisoire communiqué par le ministère de la défense nigérien, l’assaut a fait au moins 11 morts parmi les soldats et deux parmi les civils, ainsi que quatre blessés. Le Niger est dirigé depuis près de trois ans par une junte qui peine à endiguer les violences djihadistes qui frappent le pays. Fin janvier, l’aéroport de Niamey ainsi que la base militaire attenante avaient déjà été pris pour cible par une attaque de l’Etat islamique au Sahel (EIS) repoussée par l’armée nigérienne et ses partenaires russes. Cette fois, ce sont les djihadistes du GSIM, l’autre groupe particulièrement actif au Sahel, qui ont revendiqué une « attaque-suicide » contre l’aéroport. … Les tirs sont intervenus au niveau d’un poste de contrôle, sur la seule route d’accès à l’aéroport, à quelques centaines de mètres de l’entrée de l’aérogare, mais les djihadistes ont été repoussés par les forces de sécurité. Le Monde avec AFP

Les forêts au Sahel: plus que des refuges, de véritables bases d’opérations jihadistes
Le long de la Nationale 6, axe stratégique reliant Bamako au centre du Mali, l’armée a remodelé le paysage ces dernières semaines : la végétation de la forêt classée de la Faya a été rasée près de la chaussée pour anticiper les embuscades des jihadistes. Les massifs forestiers sont utilisés à la fois comme des refuges mais aussi des bases par les insurgés pour lancer leurs attaques meurtrières sur les routes du Sahel. Au Mali, les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) opèrent ainsi depuis l’immense forêt de 80.000 hectares de la Faya, située à une quarantaine de kilomètres de la capitale, pour mener leurs attaques contre des postes de péage et des véhicules de transport en commun ou de marchandises. … Les forêts et parcs concernés couvrent un arc géographique très large, reliant les régions de l’ouest, près du Sénégal et de la Mauritanie, à celles en périphérie de Bamako, puis au centre et au sud jusqu’aux frontières avec la Guinée et la Côte d’Ivoire. « Ce sont de grands espaces naturels qui ne sont parfois pas très bien maîtrisés par l’État. Il n’y a pas d’habitations permanentes dans plusieurs de ces zones, pas d’infrastructures, et les commissariats ou les bases militaires sont ailleurs », décrit Franklin Nossiter, analyste Sahel chez International Crisis Group (ICG), une ONG de prévention et d’aide à la résolution des conflits. « Alors, c’est devenu plus facile pour les groupes jihadistes de circuler, de s’y implanter, et c’est plus compliqué de les pousser dehors », relève le chercheur. AFP

Niger-Bénin : Niamey pose des conditions à la réouverture de la frontière
Le ministre nigérien de l’Intérieur, le général Mohamed Toumba, a rencontré, samedi 20 juin à Cotonou, au Bénin, le comité d’experts en charge du dossier de la réouverture de la frontière commune aux deux pays, au moment où ces derniers amorcent une décrispation de leurs relations. Le ministre a évoqué deux conditions préalables à cette réouverture : « la signature d’un accord de défense » et celle d’un « accord de sécurité qui pose le principe intangible de la non-utilisation du territoire de l’un contre l’autre ». … Cette frontière est fermée depuis bientôt trois ans, peu après l’arrivée au pouvoir à Niamey, en juillet 2023, du régime militaire, qui accusait son voisin béninois de chercher à le déstabiliser avec l’appui de la France. Mais la visite du nouveau président du Bénin, Romuald Wadagni, début juin, au Niger a marqué le dégel des relations très tendues entre les deux pays, confrontés à des violences jihadistes récurrentes de groupes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Le ministre nigérien de l’Intérieur, figure importante de la junte, a également demandé samedi la « création opérationnelle d’une cellule bilatérale de fusion de renseignements » afin que les armées du Bénin et du Niger « cessent de lutter seules contre un ennemi qui ne connaît pas les frontières ». Jeune Afrique avec AFP

Éthiopie: le parti du Premier ministre Abiy Ahmed remporte largement les législatives
Le Parti de la prospérité du Premier ministre sortant Abiy Ahmed a sans surprise largement remporté les législatives du 1er juin en Éthiopie, raflant 90% des sièges de la chambre basse du Parlement, a annoncé samedi la commission électorale (Nebe). La nouvelle Chambre des réprésentants du peuple (HoPR) élira le Premier ministre à l’ouverture de la session parlementaire, entre fin septembre et début octobre. Il fait peu de doutes que M. Abiy sera candidat à sa propre succession à la tête de l’exécutif du deuxième pays le plus peuplé d’Afrique (environ 130 millions d’habitants), déchiré par des conflits armés. Salué à son arrivée au pouvoir en 2018 pour sa politique d’ouverture et la libération de prisonniers d’opinion et de journalistes, celui-ci est aujourd’hui de plus en plus critiqué à l’extérieur pour sa répression des voix dissidentes et des journalistes sont à nouveau derrière les barreaux. … L’Éthiopie n’a jamais connu d’élections réellement libres et équitables. Et depuis la chute du régime militaro-marxiste du Derg en 1991, les détenteurs du pouvoir ont toujours été largement reconduits, sur fond d’accusations de fraudes. … La Nebe avait indiqué que 143 bureaux de vote n’avaient pas ouvert le jour de l’élection en raison de « problèmes de sécurité » et que le vote avait été « interrompu » dans plusieurs autres bureaux en Amhara et en Oromia, sans autres détails. AFP

Ethiopie: le CPJ demande la libération d’une journaliste détenue sans inculpation
Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a exhorté les autorités éthiopiennes à libérer la journaliste Salsawit Baynesagn, détenue sans inculpation depuis le début du mois de juin, selon sa famille. L’Éthiopie, géant d’Afrique de l’Est de plus de 130 millions d’habitants, est dirigé depuis 2018 par le Premier ministre Abiy Ahmed. Après de premiers signes d’ouverture, avec la libération d’opposants et de journalistes, son exercice du pouvoir est de plus en plus critiqué par les ONG de défense des droits humains. Reporters sans frontières (RSF) classe le pays au 148e rang sur 180 en matière de liberté de la presse en 2026, soit un recul de trois places en un an. Les autorités n’ont pas donné de précisions sur d’éventuelles charges ou accusations précises à son encontre. Selon la famille de la journaliste, sa détention est liée à des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, dans lesquelles elle critiquait le gouvernement et le silence de l’opinion face aux violences récentes dans l’État très peuplé d’Oromia. AFP

En RDC, l’Église rejette la réforme de la Constitution
Jusqu’ici porté essentiellement par l’opposition politique, le rejet d’un changement de la Constitution reçoit désormais l’appui de la Cenco, une institution dont la parole conserve un poids important dans l’opinion publique. Pour l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Cenco, la réforme constitutionnelle qu’envisage le pouvoir n’est pas nécessaire, urgent et opportun. « Aux Ecclésiastiques et Agents pastoraux, de faire large diffusion de ce message et d’éveiller, de diverses manières, la conscience de nos fidèles ainsi que celle des hommes de bonne volonté, afin de résister aux manipulations visant le changement de la Constitution. Nous nous réservons le droit de revenir à vous pour vous annoncer, le moment venu, quelques actions concrètes à mener. » Les prélats semblent surtout vouloir peser dans le débat politique en mettant en garde contre ce qu’ils considèrent comme des initiatives susceptibles de fragiliser davantage le pays dans un contexte déjà marqué par l’insécurité dans l’Est et les tensions sociales. … Si la Cenco ne dispose d’aucun pouvoir institutionnel pour bloquer une éventuelle réforme, son poids social, politique et diplomatique demeure considérable. DW

RDC : Le maire de Beni promet des poursuites contre les auteurs d’attaques visant les équipes de riposte contre Ebola
Le maire de la ville de Beni (Nord-Kivu), Jacob Nyofondo Te Kodale, hausse le ton après l’agression d’une équipe de riposte contre Ebola en pleine intervention dans le quartier Mambango. Au lendemain de cet incident, le maire de la ville, l’autorité urbaine, a annoncé des poursuites judiciaires contre toute personne entravant les activités des équipes sanitaires et des services de sécurité. Dans une déclaration adressée à la population samedi 20 juin, le maire a rappelé que la maladie à virus Ebola demeure une réalité et continue de représenter une menace pour les communautés affectées. « J’informe toute la population de la ville de Beni et ses environs que la maladie à virus Ebola existe bel et bien. Je mets en garde toute personne ou tout groupe d’individus qui tentera d’empêcher les équipes de la riposte d’exercer leurs activités. La police est instruite de l’arrêter et de le traduire en justice », a insisté M. Nyofondo. Le maire a également dénoncé les actes de certains groupes de jeunes qui barricadent des rues et avenues, compliquant le travail des forces de sécurité. … Les autorités sanitaires attribuent en partie ces violences à la circulation persistante de rumeurs et de fausses informations autour de l’épidémie d’Ebola. Cette désinformation alimente la méfiance de certaines communautés envers les personnels médicaux et complique les efforts de surveillance et de prise en charge des cas suspects. Radio Okapi

RDC: le président du Burundi reçu en visite d’État
Le président burundais est en République démocratique du Congo (RDC) pour deux jours. Évariste Ndayishimiye, qui est en outre président en exercice de l’Union africaine, est arrivée ce 22 juin pour une visite d’État à Kinshasa. Au menu de ce déplacement : les questions sécuritaires liées aux conflits dans l’est de la RDC, mais aussi l’épidémie d’Ebola, ou encore la campagne pour le secrétariat général de la Francophonie. Le chef de l’État burundais a été accueilli à sa descente d’avion par son homologue Félix Tshisekedi. … Évariste Ndayishimiye arrive avec deux casquettes si l’on peut dire puisqu’il est aussi le président en exercice de l’Union africaine pour cette année 2026. Du point de vue bilatéral, au cœur de cette visite, il y a les questions sécuritaires. Gitega est un allié de Kinshasa sur le plan diplomatique, mais aussi et surtout sur le plan militaire. Des forces burundaises sont engagées dans les combats contre les groupes armées dans la province du Sud-Kivu, notamment contre l’AFC/M23 et les Twirwaneh, une milice locale alliée au mouvement politico-militaire. Côté Union africaine, il sera davantage question des processus de paix, au point mort ces dernières semaines. Mais aussi de la réponse à la crise Ebola qui sévit en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. RFI

Ghana: un sommet pour faire avancer les réparations liées à l’esclavage
Le sommet international sur les réparations liées à l’esclavage s’est tenu du 17 au 19 juin à Accra au Ghana. Ce sommet faisait suite à l’adoption par l’ONU d’une résolution historique, qualifiant l’esclavage de crime le plus grave contre l’humanité. Il réunissait l’Afrique et sa diaspora, notamment sa diaspora caribéenne. L’esclavage est au cœur d’un débat mondial sur la justice réparatrice. Récemment, ce combat a pris une nouvelle dimension avec une résolution historique des Nations unies, qualifiant l’esclavage de crime le plus grave contre l’humanité. Cette reconnaissance ouvre la voie à des actions concrètes pour réparer les torts du passé. « Aujourd’hui, nous devons passer de la reconnaissance à la mise en place d’un cadre institutionnel pour la justice réparatrice » John Dramani Mahama, président due la République du Ghana Adopté le 25 mars, le texte de la résolution ARES 80 250 des Nations unies marque un tournant dans la reconnaissance des atrocités de l’esclavage. Parmi les mesures proposées figurent des excuses officielles, la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU, ainsi que des allégements ou restructurations des dettes des pays affectés. Pour préciser les demandes des pays africains et caribéens, trois comités de travail ont été créés. Leurs revendications seront présentées lors de la quatre-vingt-deuxième Assemblée générale de l’Union européenne en septembre 2027. TV5