Africa Corps, Sadat… Au Togo, l’opposition s’alerte de la présence présumée de paramilitaires russes et turcs dans le Nord
L’opposition togolaise a exprimé ses préoccupations concernant la présence présumée de « forces étrangères » dans le nord du pays, évoquant notamment des mercenaires russes du groupe paramilitaire Africa Corps et des forces turques de la société militaire privée Sadat, dans un communiqué daté du lundi 20 juillet. Depuis fin 2021, l’extrême-nord de ce pays est en proie à des incursions de groupes djihadistes. Ils minent le Sahel voisin depuis une décennie et s’étendent progressivement aux pays côtiers, comme le Togo. … Aucune source officielle n’a confirmé la présence présumée de ces forces étrangères dans le nord du pays. En 2021 toutefois, Lomé avait signé un accord-cadre de coopération militaire avec la Turquie. … Par ailleurs, Sadat est une société privée de sécurité proche du président turc Recep Tayyip Erdogan. Selon une enquête du journal Le Monde en juin 2024, Sadat est introduit dans le Sahel, notamment au Niger et au Mali, où il tente de rivaliser avec les paramilitaires russes de Wagner. Le Togo a également signé un accord de coopération militaire avec la Russie en 2025, permettant à Moscou de faire venir des instructeurs, des navires et des aéronefs militaires. Ce pays est devenu ces dernières années un terrain fertile pour l’expansion de Moscou, qui ambitionne d’en faire son point d’ancrage dans le golfe de Guinée après le Sahel où sont déployés ses soldats de l’Africa Corps, directement sous contrôle du ministère russe de la Défense. TV5 Monde
Au Congo, les paramilitaires russes d’Africa Corps assurent la sécurité du président Denis Sassou Nguesso
En République du Congo, les paramilitaires russes d’Africa Corps ont rejoint les effectifs de la garde présidentielle de Denis Sassou Nguesso dès 2025. Ces hommes, directement rattachés au ministère russe de la Défense, dispensent également des formations à l’armée congolaise. … Dans les casernes, la présence de paramilitaires russes est connue depuis au moins janvier 2025. D’autres sources militaires congolaises confirment à TV5MONDE leur présence depuis décembre 2024, dans un camp de la Direction générale de la Sécurité présidentielle (DGSP) à Igné, à la sortie Nord de Brazzaville. À cette époque, un soldat s’en fait l’écho sur les réseaux sociaux. Il est rapidement arrêté et mis en prison. Et plus personne n’en parle. Jusqu’au défilé du 15 août. Leur présence a été établie plus récemment par nos confrères du magazine français Le Point, lors de l’élection présidentielle de mars 2026. Des Russes étaient alors observés dans Brazzaville, lunettes de soleil et foulard sur la tête leur camouflant le visage. Interrogés, ils ont affirmé être venus « assurer la sécurité du président » pendant le scrutin du 12 mars et les semaines qui l’ont précédé. TV5
Sahel: l’ONG Acled analyse la concurrence des groupes armés et des forces régulières pour l’exploitation minière
« Extraction sous le feu : comment l’exploitation minière redéfinit les conflits au Sahel central » : c’est le titre du rapport publié ce mercredi 22 juillet par l’ONG Acled, spécialisée dans la veille sécuritaire. Ce travail très dense retrace l’évolution des batailles que se livrent les groupes armés jihadistes – en premier lieu le Jnim puis l’État islamique au Sahel –, les groupes indépendantistes – comme le FLA dans le nord du Mali –, les milices pro-gouvernementales – notamment les VDP au Burkina Faso – ainsi que les armées régulières du Burkina, du Mali et, dans une moindre mesure, du Niger, appuyées par leurs partenaires russes de l’Africa Corps. En jeu : le contrôle des mines, d’or principalement, et de tout leur écosystème économique. Acled a étudié les violences liées à 44 mines, industrielles et artisanales. Au Burkina Faso, le rapport s’attarde notamment sur Inata, Boungou, Solhan et le corridor de la route nationale N3. Au Mali, il met en avant les sites d’orpaillage de Talhandak, Tinzaouatène ou Intahaka dans le Nord, ainsi que les nombreuses zones minières des régions de Kayes à Sikasso dans le Sud. Au Niger, les mines de Samira, Komabangou et M’Banga sont, elles aussi, mises en exergue. Le rapport enseigne d’abord que près de 90 % des conflits liés à l’exploitation minière se jouent en dehors des concessions elles-mêmes, dans un rayon d’une dizaine de kilomètres, affectant notamment les routes, les villes voisines et les marchés afférents. RFI
Nigeria: deux chefs jihadistes d’Ansaru condamnés à la prison à vie, les autorités sécuritaires font appel
Au Nigeria, le Département des services de sécurité (DSS) annonce faire appel de la peine de prison à perpétuité prononcée lundi 20 juillet 2026 par la Haute Cour fédérale d’Abuja contre deux hauts commandants de l’organisation terroriste Ansaru. Mahmud Muhammad Usman, autoproclamé émir d’Ansaru, et Abubakar Abba ont plaidé coupable des 32 chefs d’accusation retenus contre eux. C’est en vertu de la loi nigériane de 2015 sur l’administration de la justice pénale (ACJA) que le juge Emeka Nwite a condamné à la prison à vie ces deux cerveaux d’Ansaru, arrêtés et incarcérés depuis août 2025. Les charges portent notamment sur l’orchestration de plusieurs attentats et enlèvements majeurs, dont celui, en 2013, de l’ingénieur français Francis Collomp, ainsi que sur l’entretien de liens avec des groupes terroristes opérant dans les régions du Sahel et du Maghreb. Ce sont notamment ces accusations que Mahmud Usman et Abubakar Abba ont reconnus avant d’être condamnés ce lundi 20 juillet. … Pendant des mois, Mahmud Usman, alias Abu Bara’a, autoproclamé émir d’Ansaru, et Abubakar Abba, alias Malam Mamuda, ont nié les charges retenues contre eux. Un premier rebondissement intervient le 9 juillet, lorsque Abubakar Abba revient sur son plaidoyer de non-culpabilité. Puis, ce lundi 20 juillet 2026, les deux hommes plaident finalement coupable. En vertu de l’article 274 de la loi de 2015 sur l’administration de la justice pénale, cette nouvelle stratégie de défense conduit le juge Nwite à les condamner à la prison à vie. RFI
Tchad : les conditions de détention difficile des opposants
Ils sont tous membres du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), la principale coalition d’opposition du pays. Ils avaient été arrêtés fin avril dernier. Plusieurs voix dénoncent leurs conditions de détention jugées déplorables, pour ces opposants, pour la plupart d’un âge avancé. Ces personnalités de l’opposition ont été condamnés le 8 mai 2026 à huit ans de prison ferme. Elles ont été reconnues coupables d’avoir fomenté une insurrection alors qu’ils cherchaient à organiser une marche pacifique. À la veille de leur arrestation, leur regroupement a été dissous par la Cour suprême. Si quatre des condamnés, à savoir Bidi Valentin, Kelou Bombaye, Avocksouma Djona et Bokori Ahmed, ont obtenu une liberté provisoire en raison de la dégradation de leur état de santé et de leur âge avancé, quatre autres, dont les plus virulents, Max Kemkoye et Nassour Koursami, demeurent derrière les barreaux, malgré un état de santé également détérioré. » Je me suis rendu à la Maison d’Arrêt il y a quelques semaines pour leur rendre visite, et j’ai constaté que leurs conditions de détention sont exécrables » a assuré à la DW Sosthène Mbeurnodji, le coordonnateur du Mouvement citoyen pour la préservation des libertés (MPCPL). … Sosthène Mbeurnodji « implore donc la clémence des autorités, et notamment du Président de la République, afin qu’ils soient libérés. » Outre ces opposants du GCAP, l’ancien premier ministre Succès Masra condamné à 20 ans de prison en août 2025 pour complicité de meurtre, association de malfaiteurs et diffusion de messages à caractère haineux, raciste et xénophobe voit aussi sa santé se dégrader selon ses proches. DW
La CEDEAO demande la libération des détenus politiques en Guinée-Bissau
Le Sénégal a été désigné médiateur en Guinée-Bissau par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. La décision a été prise à la faveur du sommet de l’organisation régionale en Sierra Leone. La Guinée-Bissau est dirigée par les militaires depuis le coup d’État de novembre 2025. Le pays doit organiser un référendum constitutionnel le 30 août, suivi d’élections législatives le 6 décembre 2026, pour un retour à l’ordre constitutionnel. Reste à garantir la transparence et l’inclusion des scrutins à venir. C’est dans cette optique que la CEDEAO a demandé la libération de tous les prisonniers politiques, dont le chef de l’opposition, Domingos Simões Pereira. L’ancien Premier ministre est en détention préventive depuis le 10 juillet, alors qu’il était en résidence surveillée depuis février. Il est accusé de crimes économiques et d’implication dans une prétendue tentative de coup d’État en octobre 2025. Africanews avec AFP
CEDEAO : la monnaie Eco pourrait voir le jour en 2027
Les chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont confirmé leur objectif de lancer la monnaie unique ECO en 2027, tout en optant pour une mise en œuvre progressive. Réunis à Lungi, en Sierra Leone, les dirigeants ont convenu que seuls les pays satisfaisant aux critères de convergence macroéconomique intégreront, dans un premier temps, le nouveau système monétaire. Les autres États bénéficieront d’un accompagnement afin de remplir progressivement les conditions requises. Présenté comme un levier essentiel d’intégration régionale, l’ECO doit faciliter les échanges commerciaux, renforcer la stabilité économique et favoriser une croissance plus résiliente en Afrique de l’Ouest. Cette nouvelle feuille de route marque un changement d’approche par rapport au sommet d’Abuja de décembre 2025, où les difficultés à atteindre les objectifs de convergence avaient conduit les États membres à revoir leur calendrier. Les dirigeants ont également salué les progrès techniques réalisés, notamment les consultations entre la Commission de la CEDEAO et les banques centrales de la région, ainsi que l’enregistrement officiel de la marque « ECO » auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI). La Guinée a par ailleurs rejoint la Task Force présidentielle chargée de piloter le projet. Africanews avec AFP, AP
Sud de la RDC: la société civile pointe la présence persistante de militaires sur des sites miniers illégaux
Le commandant de la 22e région militaire basée dans le Katanga a annoncé le retrait de soldats d’un site minier, situé non loin de Kolwezi, suite à l’instruction donnée le 10 juillet par le président de la RDC sur ces installations illégales. Mais, sur le terrain, des sources locales affirment qu’aucun soldat n’a quitté les lieux. Depuis 2019, plusieurs décisions ont été prises par les autorités congolaises pour retirer les forces armées des périmètres miniers, sans résultat effectif. Les militaires sont souvent accusés non seulement de participer aux activités d’extraction illégale mais aussi de violation des droits humains. Dans une vidéo partagée sur WhatsApp, le général Eddy Kapend, commandant de la 22e région militaire dans la région du Katanga, dans le sud de la RDC, déclare avoir ordonné l’évacuation des soldats du site minier de Kisankala. Ce périmètre appartenant à la société Comide du groupe kazakh Eurasian Resources Group (ERG) est l’un de ceux exploités illégalement par des expatriés, protégés par des militaires. … Sur place à Kisankala, des sources locales indiquent que les militaires n’ont pas bougé d’un trait. RFI
Ebola : le bilan de l’épidémie dépasse désormais les 1 000 morts en RDC et en Ouganda, selon l’OMS
L’épidémie de maladie à virus Ebola a fait 1 001 morts en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, selon un dernier bilan communiqué, mercredi 22 juillet, par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui s’appuie sur des données des autorités sanitaires congolaises. Au total, 999 morts et 2 473 cas confirmés ont été recensés en RDC depuis le début de l’épidémie déclarée mi-mai, selon un point de situation daté du 20 juillet. Le bilan est maintenu à deux morts pour 20 cas confirmés en Ouganda voisin, où les autorités ont affirmé la semaine dernière ne plus compter de malades. Le pays doit attendre encore un mois sans nouveau cas pour être officiellement considéré comme débarrassé du virus. … Le foyer de la crise, dont l’ampleur réelle est encore difficile à mesurer et qui pourrait durer plusieurs mois, se situe en Ituri, province du nord-est congolais frontalière du Soudan du Sud et de l’Ouganda. La province concentre 89,1 % des cas et 83,9 % des décès, selon l’OMS. Le virus est aussi présent dans quatre autres provinces, dont celles du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les capitales provinciales et de larges pans de territoire sont contrôlés par le groupe armé antigouvernemental M23. Le Monde avec AFP
Madagascar: la société civile exige «de vraies enquêtes» suite à deux nouveaux décès inexpliqués
À Madagascar, deux nouveaux décès inexpliqués sèment l’effroi. Le corps d’une femme de 27 ans a été retrouvé le 21 juillet dans la région Fianarantsoa, au lendemain de la découverte le 20 juillet de la dépouille d’un étudiant de 22 ans dans une rivière en périphérie d’Antananarivo. Leurs proches avaient signalé leurs disparitions sur les réseaux sociaux. Dans ce contexte, de nombreuses voix de la société civile ont pris la parole mardi, reprochant à l’État son impuissance face à la vague de disparitions et de crimes qui touche Madagascar depuis début juillet. Ny Aina Andrimasinavalona préparait un mémoire d’informatique. Hortensia Mandrosovoatra venait, elle, de soutenir une thèse de médecine. Leurs décès, dans des circonstances encore à éclaircir, ravivent peur et colère à Madagascar. Elliot Randriamandrato, porte-parole de la Gen Z, lance : « Je suis complètement indigné. Les jeunes sont en danger quasiment tous les jours, en allant étudier, en allant travailler ou ne serait-ce qu’en sortant. On demande le minimum : être protégés en tant que jeunes, pour qu’on puisse profiter de nos libertés, aller travailler, juste vivre tranquillement. On exige d’avoir de vraies enquêtes sur ces affaires de disparitions, et non de s’adonner simplement à des discours politiques en disant qu’il s’agit d’une déstabilisation. On veut savoir qui sont les responsables, retrouver les meurtriers, avoir une vraie justice, des procès transparents. » RFI
