Ouganda : Bobi Wine refuse d’engager un bras de fer judiciaire
La scène politique ougandaise traverse une nouvelle zone de turbulences après la réélection du président Yoweri Museveni pour un septième mandat consécutif. … Dans une décision symboliquement forte, Bobi Wine – qui s’est placé en tête de la contestation ces dernières années – a annoncé qu’il ne saisirait pas les tribunaux pour contester les résultats. Depuis un lieu tenu secret, il a expliqué qu’il n’avait aucune confiance dans la justice ougandaise, qu’il juge » capturée » et contrôlée par l’exécutif. L’opposant affirme avoir été contraint de s’enfuir après un raid de la police contre son domicile, où sa famille serait restreinte dans son accès à la nourriture et surveillée de près. Les forces de sécurité auraient également coupé l’électricité et neutralisé les caméras de surveillance. Cette situation, selon lui, illustre la nature profondément verrouillée du système politique ougandais. Malgré son refus d’engager un bras de fer judiciaire, Bobi Wine assure qu’il ne renonce pas. Il appelle ses partisans à poursuivre la mobilisationpar des moyens pacifiques et » toutes les voies légales » disponibles hors du cadre judiciaire. DW
Ouganda : inquiétude autour de la santé de l’opposant Kizza Besigye, détenu depuis plus d’un an
Figure emblématique de l’opposition ougandaise, Kizza Besigye, 69 ans, est détenu depuis plus d’un an. Son parti affirme que son état s’est brusquement dégradé. Dans la nuit de lundi 19 à mardi 20 janvier, il a été transféré de la prison de Luzira vers une structure médicale à Bugolobi, avant d’être ramené en cellule tard dans la nuit, sous fort dispositif sécuritaire. Mercredi, il devait comparaître devant la Haute Cour de Kampala, dans son dossier de trahison mais, selon ses avocats, il était trop malade pour s’y rendre. L’inquiétude grandit au sujet de son état de santé. C’est sa femme qui a lancé l’alerte. Dans un communiqué publié de mardi 20 janvier, Winnie Byanyima, par ailleurs directrice exécutive d’Onusida, écrit : « Quand je l’ai vu, le Dr Besigye était extrêmement faible. Il tremblait, avait une forte fièvre et souffrait de violentes douleurs abdominales ». Son parti, le Front populaire pour la liberté (People’s Front for Freedom – PFF), parle d’une dégradation « critique ». L’épouse de l’opposant ougandais Kizza Besigye affirme n’avoir reçu aucune alerte des autorités pénitentiaires, et dénonce leur silence sur l’état de son mari. RFI
Soudan : plus de huit millions d’enfants privés d’école pendant près de 500 jours
« Plus de huit millions d’enfants – près de la moitié des 17 millions en âge d’être scolarisés – ont passé environ 484 jours sans franchir le seuil d’une salle de classe », a indiqué dans un communiqué l’organisation humanitaire de défense des enfants. Il s’agit de « l’une des plus longues fermetures scolaires au monde », a alerté l’ONG britannique. Elle dépasse les interruptions enregistrées pendant la pandémie de Covid‑19, notamment aux Philippines. … « De nombreuses écoles sont fermées, d’autres ont été endommagées par le conflit ou servent d’abris » pour les quelque sept millions de déplacés à travers le pays, souligne l’ONG. Le Darfour-Nord, dans l’ouest du pays, est l’Etat le plus touché: seules 3% des plus de 1.100 écoles y fonctionnent encore. Le Kordofan-Ouest, le Darfour-Sud et le Darfour-Ouest suivent, avec respectivement 15%, 13% et 27% d’écoles en activité, selon le communiqué, qui ajoute que de nombreux enseignants abandonnent leur emploi faute de salaires versés. RTBF avec AP
Nigeria : 62 otages libérés dans le nord‑ouest, 8 soldats tués par Boko Haram
Dans l’État de Zamfara, une opération menée par l’armée a permis de prendre d’assaut une cache de bandits et de libérer 62 otages, tous placés en sécurité et en attente de retrouvailles avec leurs familles. Dans le district d’Augie, à la frontière entre Kebbi et Sokoto, une embuscade a été tendue à des combattants Lakurawa, deux militants ont été tués. Le nord‑ouest du Nigeria connaît une recrudescence d’enlèvements et d’attaques contre villages, écoles et lieux de culte. Le 18 janvier, plus de 160 fidèles avaient été enlevés dans deux églises de Kaduna. … Dans le nord‑est, la violence persiste. Au moins huit soldats nigérians ont été tués et cinquante autres blessés lorsqu’un groupe de Boko Haram a attaqué une formation militaire dans l’État de Borno. Africanews
La Somalie signe un accord de défense avec le Qatar
La Somalie a signé, lundi 19 janvier 2026, un accord de défense avec le Qatar, une semaine après avoir suspendu toute coopération avec les Émirats Arabes Unis. L’accord prévoit de renforcer les liens militaires bilatéraux entre Mogadiscio et Doha, en particulier le développement de la formation des forces armées somaliennes ainsi que l’échange d’expertise militaires et les capacités de défense. Après la reconnaissance par Israël du Somaliland, la Somalie resserre ses alliances régionales. pour consolider sa position internationale. Dans cette logique, Mogadiscio s’est déjà rapprochée de plusieurs partenaires, comme la Turquie, l’Arabie saoudite, l’Égypte, et désormais le Qatar. Doha a déjà soutenu des programmes de formation sécuritaire pour les forces somaliennes, ainsi que des actions humanitaires, via des ONG qatariennes. Ce nouveau partenariat de défense est donc un renforcement des relations déjà existantes entre les deux pays. RFI
Burkina Faso : au moins 11 policiers tués dans une attaque djihadiste
Au moins 11 policiers ont été tués lors d’une attaque djihadiste perpétrée ce week-end dans l’est du Burkina Faso. L’attaque révélée par une source sécuritaire à l’AFP a été revendiquée le jour même par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans JNIM affilié à al-Qaïda. Plusieurs centaines de djihadistes ont attaqué un détachement à Balga, dans la province de Gourma. Le Burkina Faso est confronté depuis 2015 à une vague d’attaques perpétrées par des groupes armés liés à l’État islamique. Les militaires au pouvoir dirigés par le capitaine Ibrahim Traoré, qui a pris le pouvoir lors d’un coup d’État en septembre 2022, ne donnent plus de détails sur les attaques djihadistes meurtrières et affirme avoir « reconquis » près des trois quarts du pays. Mais ils restent pris dans une spirale de violence qui a coûté la vie à des dizaines de milliers de civils et de militaires depuis 2015, dont plus de la moitié au cours des trois dernières années, selon le groupe de surveillance des conflits ACLED. Africanews avec AFP
Mali : l’annonce d’un rationnement du carburant suscite questionnements et inquiétudes
Au Mali, dans une vidéo diffusée sur la télévision d’État (ORTM), mardi 20 janvier, le gouvernement de Transition annonce la mise en place d’un système de rationnement du carburant, avec un nombre de passages limités dans les stations-service. Ce dispositif est une nouvelle réponse à l’embargo sur les importations de carburant décrété par les jihadistes du Jnim (Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans) début septembre. Un embargo dont les conséquences ont été limitées depuis plusieurs semaines par le renforcement des escortes militaires, mais qui continue de perturber fortement l’approvisionnement du pays. … L’annonce suscite surtout une certaine inquiétude : de nombreux interlocuteurs maliens joints par RFI y voient une forme d’ « aveu » des autorités de transition, qui se préparent à ce que la crise du carburant dure encore longtemps. « Tant que les citernes continueront de venir par convois, le problème continuera », confie une source douanière, faisant le même constat que tous les Maliens : les risques pris et les sacrifices consentis par les transporteurs et par les soldats maliens sont inestimables, mais ne permettent pas d’assurer un approvisionnement en carburant comparable à celui d’avant la crise. RFI
Est de la RDC: plus de 370 civils tués en décembre dans le Kivu, selon le Baromètre sécuritaire régional
Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le mois de décembre 2025 a été particulièrement meurtrier selon le Baromètre sécuritaire du Kivu. Plus de 370 victimes civiles ont été recensées par ce programme qui document les incidents dans l’est du pays depuis 2017. Après plusieurs mois d’interruption, le baromètre a repris sa collecte de données et l’on constate une dégradation sécuritaire ces derniers mois. … Ce mois de décembre 2025 a été le plus meurtrier du troisième trimestre dans le Kivu, selon ce rapport. Cette tendance s’étale uniquement sur les derniers mois, parce qu’après la prise de Goma et de Bukavu, le Baromètre sécuritaire du Kivu a dû interrompre son travail et se réorganiser. Ce que nous disent ces nouvelles données, c’est que la situation sécuritaire dans l’est de la RDC est loin de s’améliorer : 379 civils tués – et l’on ne parle que des victimes documentées – 129 civils enlevés, 274 incidents sécuritaires et 141 affrontements enregistrés. Quasiment tous ces chiffres ont une tendance à la hausse. La majorité des décès ont été enregistrés dans le Sud-Kivu. Ce qui correspond à la nouvelle offensive lancée début décembre par le Groupe armée AFC/M23 soutenu par les forces rwandaises sur la ville d’Uvira. RFI
En Guinée-Bissau, la junte fixe au 6 décembre 2026 la date de la présidentielle et des législatives
Deux mois seulement après le putsch du 26 novembre dernier, alors qu’allaient être proclamés les résultats officiels du double scrutin (législatives et présidentielle) qui s’était tenu trois jours plus tôt, le major général Horta N’Tam, désormais président de la transition en Guinée-Bissau, a rendu publique la date des futurs scrutins. Dans un décret présidentiel daté du 21 janvier, que Jeune Afrique a pu consulter, « se référant à la Charte politique de la transition approuvée le 27 novembre 2025 » et « considérant que les conditions nécessaires à la tenue d’élections libres, justes et transparentes sont réunies », Horta N’Tam indique que la date des élections législatives et présidentielle est fixée au 6 décembre 2026. Le 10 janvier 2026, Julius Maada Bio, le président de la Sierra Leone, qui assure la présidence tournante de la Cedeao, et son homologue sénégalais Bassirou Diomaye Faye, avaient discuté avec la junte d’un calendrier portant sur la transition politique et sur la possible libération des prisonniers d’opinion. Les médiateurs avaient alors plaidé pour une transition courte et transparente afin de rétablir au plus vite l’ordre constitutionnel. Jeune Afrique
À Brazzaville, un sommet extraordinaire de la Cemac sur fond de tensions économiques
Ce jeudi 22 janvier se tient à Brazzaville un sommet extraordinaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Le Fonds monétaire international (FMI) a alerté dans un courrier les États d’Afrique centrale. En début de présidence à la tête de l’organisation régionale d’Afrique centrale, le président congolais Denis Sassou-Nguesso doit gérer une situation économique régionale compliquée. Il y a d’abord le problème de l’érosion des réserves de change régionale pour les pays d’Afrique Centrale. Elles sont évaluées à peine plus de quatre mois. La raison principale de cette érosion est une réduction des recettes du fait notamment de la baisse des cours des matières premières, principale source d’entrée de devises pour de nombreux États de la région. L’autre raison, c’est que les budgets des États sont en augmentation. Certains analystes parlent même d’« indiscipline budgétaire ». Gabon mais aussi Tchad ou Guinée équatoriale marquent des déficits budgétaires au-delà de la norme communautaire. En plus de budgets trop élevés face à leurs revenus, les gouvernements sont confrontés aux remboursement de leurs dettes. Des échéances importantes sont attendues cette année, et vont mettre la pression sur les capacités régionales. RFI
