Revue de Presse du 22 février 2018

Nigeria : des lycéennes portées disparues ont été secourues
Plusieurs lycéennes enlevées cette semaine dans le nord-est du Nigeria après une attaque de combattants de Boko Haram ont été « secourues », a annoncé jeudi une source officielle locale. « Certaines » des 111 jeunes filles portées disparues dans un internat du village de Dapchi ont été retrouvées et mises en sécurité par les forces nigérianes, a assuré le porte-parole du gouverneur de l’État de Yobe. Les jeunes filles avaient été enlevées lors d’une attaque de la Girls Science Secondary School, qui compte 926 élèves, des jeunes filles à partir de 11 ans. Beaucoup s’étaient enfuies et s’étaient cachées pour échapper aux assaillants, mais 111 avaient été portées disparues. Le Point

Boko Haram, de la secte islamiste au groupe armé
Le groupe jihadiste Boko Haram, qui a attaqué lundi un internat pour filles à Dapchi, dans le nord-est du Nigeria, mène une lutte armée dans la région du lac Tchad depuis 2009 et s’est affilié au groupe Etat islamique (EI) en 2015. Ses offensives ne se cantonnent pas au Nigeria dont il est originaire, mais se prolongent au carrefour du Niger, du Tchad et du Cameroun. A l’origine de nombreux raids et attentats-suicides souvent menés par de jeunes adolescentes, Boko Haram utilise aussi les kidnappings de masse comme mode de recrutement. TV5

Seize Erythréens emprisonnés en Israël
Les autorités israéliennes ont emprisonné 16 demandeurs d’asile érythréens, qui ont rejeté une offre d’expulsion vers le Rwanda. Ce sont les premiers demandeurs d’asile à être détenus dans le cadre du plan d’expulsion de ressortissants africains vers le Rwanda et l’Ouganda. Quelque 600 demandeurs d’asile ont déjà reçu des avis d’expulsion des autorités israéliennes. Environ 35.000 demandeurs d’asile risquent d’être expulsés par Israël, selon l’organisation israélienne de défense des réfugiés. RFI

RDC: Mohammed Kayira, l’un des chefs des ADF, tué par l’armée congolaise
En RDC, selon l’armée, l’un des principaux chefs des Allied Democratic Forces (ADF) a été tué par les Forces armées de la République du Congo (FARDC) lundi 19 février dans la vallée de Mapobu, dans la zone d’influence du groupe rebelle ougandais. Les FARDC mènent une série d’offensive contre les ADF, au cours de laquelle Cheikh Mohammed Kayira est mort. Selon les forces congolaises, il était l’un de principaux chefs du mouvement. Pourtant, peu d’informations existent sur le personnage. RFI

Soldats français tués au Mali: l’EI dans le Grand Sahara, cible de Barkhane
Deux soldats français ont été tués et un autre blessé mercredi dans l’explosion d’une mine artisanale dans le nord-est du Mali, une zone frontalière du Niger réputée servir de refuge à des groupes jihadistes que la force conjointe du G5-Sahel s’est donnée pour mission de chasser. Sur place, le responsable d’un groupe armé signataire de l’accord de paix de 2015 a précisé que l’attaque s’était produite «sur l’axe Ansongo-Menaka, à hauteur d’Indelimane», une information ensuite confirmée par les Forces armées maliennes (FAMa). RFI

Ibrahim Boubacar Keïta : « Pas question de négocier avec les djihadistes »
Le Mali vit sous la menace des groupes djihadistes présents dans le nord et au centre du pays. Cinq ans après le déclenchement de l’opération française « Serval », le G5 Sahel, qui doit regrouper à terme 5 000 soldats de cinq pays du Sahel (Mali, Mauritanie, Burkina Faso, Niger et Tchad), est censé compléter le dispositif constitué par l’opération française « Barkhane » (4 000 hommes) et la mission de maintien de la paix de l’ONU au Mali, la Minusma (12 000 militaires). Une réunion, vendredi 23 février à Bruxelles, doit aider à alimenter le budget de la force du G5 Sahel , alors que l’Union européenne vient d’annoncer un doublement de sa contribution, portée à 100 millions d’euros. Au pouvoir depuis 2013, le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, 73 ans, entretient le mystère sur son intention de briguer ou non un second mandat à l’élection présidentielle du 29 juillet. Le Monde

Burkina : Yacouba Isaac Zida dans le viseur des autorités canadiennes
L’ancien Premier ministre burkinabè, en exil au Canada depuis janvier 2016, fait l’objet d’une enquête portant sur des mouvements de fonds suspects après que son épouse a été interceptée avec 208 000 euros en espèce à l’aéroport d’Ottawa. Installé à Ottawa depuis janvier 2016, l’ex-Premier ministre burkinabè Yacouba Isaac Zida fait l’objet d’une enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Dans une lettre dont Jeune Afrique a obtenu copie, datée du 23 novembre 2017 et adressée à Athanase Boudo, l’ambassadeur du Burkina au Canada, un inspecteur de la GRC sollicite « l’assistance » du gouvernement burkinabè afin de retracer l’origine de « transactions financières suspectes ». Jeune Afrique

Conférence à Bruxelles pour muscler le soutien au G5 Sahel
Une vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernement se réunissent vendredi à Bruxelles pour renforcer leur soutien politique et financier au G5 Sahel qui lutte contre la menace persistante des groupes djihadistes dans la région sahélienne. Lors de cette conférence de haut niveau, le président français Emmanuel Macron — très engagé sur le dossier — et la chancelière allemande Angela Merkel seront aux côtés des chefs d’Etat des cinq pays du G5 Sahel: Mali, Niger, Burkina Faso, Mauritanie et Tchad. Au total, cette conférence des donateurs rassemblera 18 dirigeants européens, présents à Bruxelles pour un sommet informel de l’Union européenne programmé l’après-midi, et une dizaine de ministres des Affaires étrangères, dont ceux du Sénégal, d’Arabie saoudite, de Tunisie, du Maroc ou de Norvège. VOA

Les bons et les mauvais élèves de la lutte contre la corruption en Afrique
Le secrétaire général du parti présidentiel en République démocratique du Congo, Henri Mova Sakanyi, a été nommé vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur par le président Joseph Kabila, a annoncé mardi soir la télévision d’Etat. Le secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la dDans certaines zones du monde, la situation semble s’améliorer, mais la corruption demeure globalement un problème de taille sur le continent africain. Le rapport annuel de Transparency International établit un classement mondial de la perception de la corruption dans 180 pays, sur une échelle allant de 0 (où le pays est perçu comme très corrompu) à 100 (où le pays est perçu comme très peu corrompu). Transparency note les Etats du monde en rassemblant les avis d’experts d’organisations telles que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement ou la Fondation allemande Bertelsmann. VOA

Cobalt: Kinshasa joue avec les nerfs des marchés
Promulguera, promulguera pas? Le président congolais Joseph Kabila joue avec les nerfs des marchés et des lobbies en faisant durer le suspense autour de la réforme du Code minier qui envisage de multiplier par cinq une taxe sur le cobalt. Officiellement, le projet de loi portant réforme du Code minier de 2002 se trouve sur la table du chef de l’État depuis fin janvier après son adoption définitive par le Parlement. Le texte instaure une redevance sur les « métaux stratégiques », dont la liste sera définie par le Premier ministre, avec un taux à 10%. L’industrie minière ne doute pas que le cobalt, métal rare très demandé dont la RDC a fourni en 2017 les deux tiers des exportations mondiales, en fera partie. Le cobalt et le cuivre sont taxés à 2% dans l’ancien code. Slate

Cameroun : Ekok, la ville que l’armée ne voulait pas laisser aux sécessionnistes
Ekok pourrait être un poste-frontière parmi tant d’autres entre le Nigeria et le Cameroun. Pourtant, la ville est au centre des combats entre les sécessionnistes et l’armée camerounaise, qui veut à tout prix éviter qu’elle ne devienne une base sécessionniste. Le lundi 19 février dernier, le secrétariat à la défense (SED) a été clair : dans un message radio-porté aux autorités du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, il demandait aux troupes du Bataillon d’intervention rapide (BIR) de maintenir une surveillance et une alerte maximale sur la zone d’Ekok, située dans le département du Manyu et la région du Sud-Ouest, à la frontière avec le Nigeria. Jeune Afrique

Burkina : les États-Unis placent Ansarul Islam sur leur liste noire des groupes terroristes
Le département d’État américain a placé mardi 20 février le groupe jihadiste burkinabè sur sa liste noire des organisations terroristes. Une mesure symbolique qui vise à réduire ses capacités, à l’heure où le G5 Sahel entend accélérer le déploiement de sa force conjointe aux frontières du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Dans un communiqué publié le 20 février, le département d’État américain a annoncé avoir placé Ansarul Islam sur sa liste noire des groupes terroristes. Depuis fin 2016, ce groupe jihadiste burkinabè a mené de nombreuses attaques dans le nord du Burkina, contre des forces de défense et de sécurité, mais aussi des civils. Jeune Afrique



Photo: Adam Jones