Revue de presse du 21 septembre 2026

Au Mali, au moins 100 militaires et cinq mercenaires russes tués dans une attaque djihadiste, selon un dernier bilan
Au moins 100 militaires maliens et cinq paramilitaires russes de l’Africa Corps ont été tués le 10 septembre lors d’une attaque djihadiste d’ampleur contre le camp militaire de Dioura (Centre), selon des sources militaires, sécuritaire et locale dans un nouveau bilan à l’Agence France-Presse (AFP) vendredi 18 septembre. Ce bilan revu à la hausse fait de cette attaque, revendiquée par le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), l’une des plus meurtrières subies par l’armée malienne depuis le début du conflit qui ravage le pays d’Afrique de l’Ouest depuis une quinzaine d’années. « L’assaut s’est soldé par un drame d’une ampleur inédite. Il y a eu plus de 100 militaires tués dont deux officiers », a affirmé à l’AFP une source sécuritaire à Mopti s’exprimant sous couvert d’anonymat en raison du contexte. « Les soldats ont manqué de soutien aérien, il y avait beaucoup parmi eux qui étaient à leur premier déploiement sur le terrain », a-t-il ajouté. … Plus tôt dans la semaine, des sources sécuritaires et locales avaient affirmé qu’au moins 50 militaires et cinq mercenaires russes avaient été tués lors de l’attaque, certaines sources évoquant un bilan encore plus lourd. Le Monde avec AFP

L’Ouganda suspend sa coopération militaire avec la Turquie, sur fond de différend concernant un opposant
L’Ouganda a suspendu toute coopération militaire et de défense avec la Turquie, a annoncé samedi le porte-parole de l’armée, une décision faisant suite à la demande du chef de l’armée, Muhoozi Kainerugaba, qu’Ankara extrade un blogueur influent, critique du président Yoweri Museveni. M. Kainerugaba s’est opposé à plusieurs reprises aux autorités turques au sujet de l’extradition de Fred Lumbuye. Ce dernier est visé par 15 chefs d’accusation, notamment incitation à la violence, diffusion de fausses informations et utilisation abusive de systèmes informatiques. … L’Ouganda et la Turquie entretiennent depuis près de dix ans des liens étroits en matière de défense, qui couvrent de la formation militaire, de la fourniture d’armes et d’équipements de surveillance, des transferts de technologie ainsi que de la coopération en matière de lutte antiterroriste et de sécurité. … Le communiqué a été relayé sur X par M. Kainerugaba, fils du président Museveni et considéré comme le successeur probable de son père. Cette décision marque une escalade par rapport aux menaces précédentes d’annuler le contrat de 3 milliards de dollars pour le projet ferroviaire SGR (Standard Gauge Railway) confié à l’entreprise turque de construction Yapi Merkezi, et d’expulser des ressortissants turcs d’Ouganda. AFP

Les guerres d’Ousmane Dillo, opposant tchadien, « général » au Soudan et en quête de justice à Paris
« Je rentrerai au Tchad pour le renversement du régime Mahamat Idriss Déby, ce sera très bientôt. » Il est rare qu’un appel au coup d’Etat soit lancé depuis l’Assemblée nationale française. C’est pourtant par ces mots que l’opposant tchadien Ousmane Dillo, entouré de ses avocats français et du député de La France insoumise (LFI) Aurélien Taché, concluait son récit dans un sous-sol du Palais-Bourbon, le 9 septembre. Fin août, l’ancien officier de l’armée tchadienne, qui a également la nationalité française, avait déjà été vu à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme) aux côtés de Jean-Luc Mélenchon et de l’eurodéputée Rima Hassan à l’université d’été du mouvement « insoumis ». En septembre, à Paris, il est longuement revenu sur le combat judiciaire qu’il mène au nom de son frère défunt, l’opposant Yaya Dillo, tué en plein jour à N’Djamena dans l’assaut du siège de son parti par l’armée, en février 2024. Ousmane Dillo tient Mahamat Idriss Déby, qui a succédé à son père Idriss Déby Itno (1990-2021) à la tête du Tchad, pour responsable de cet assassinat. Ainsi que de celui de sa mère, dans un assaut similaire au domicile de l’opposant trois ans plus tôt, en 2021. … Mais la lutte à distance d’Ousmane Dillo contre son cousin se joue moins dans les cours de justice que sur le front, bien plus dangereux, de la guerre au Soudan. Deux jours après sa courte prise de parole à l’Assemblée nationale, il est reparti dans ce pays voisin du Tchad, où il combat aux côtés de l’armée, les forces armées soudanaises (FAS), depuis octobre 2023, soit six mois après le début de cette guerre destructrice qui a fait 200 000 morts et 14 millions de déplacés. … Cependant, le double objectif d’Ousmane Dillo semble aujourd’hui bien lointain. Non seulement le front demeure figé au Soudan, mais le chef rebelle n’a, pour l’heure, pas les moyens militaires de mener un conflit au Tchad voisin. En attendant, il se contente de s’appuyer sur ses relais politiques en France pour déstabiliser, dans la mesure du possible, le pouvoir de Mahamat Idriss Déby. Le Monde

Au Tchad, la société civile veut élucider les violences
Une cinquantaine d’organisations de la société civile tchadienne lancent un projet de Commission nationale Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation (CNVJR). Leur objectif : établir la vérité sur les répressions violentes et les crises politiques qui ont marqué l’histoire du Tchad depuis son indépendance, notamment les événements meurtriers du 20 octobre 2022. Selon les initiateurs, les travaux de cette future commission devront couvrir l’ensemble des périodes de l’histoire politique du pays, du premier président de la République, François Ngarta Tombalbaye, jusqu’au président actuel, Mahamat Idriss Déby Itno. L’ambition affichée est de documenter les violences politiques, d’identifier les responsabilités, mais aussi de donner une place centrale aux victimes et à leurs familles. Les événements du 20 octobre 2022 devraient notamment occuper une place importante dans les travaux. Ce jour-là, des manifestations organisées par l’opposition et la société civile contre la prolongation de la transition avaient été violemment réprimées. La commission envisage d’entendre l’ensemble des acteurs concernés, explique le pasteur Jonathan Dionlar, l’un des initiateurs du projet. Le dispositif proposé prévoit des auditions publiques et, lorsque cela sera nécessaire, des auditions à huis clos. Victimes et familles, témoins, mais aussi responsables politiques, administratifs et sécuritaires pourraient être entendus. DW

Éthiopie: sept groupes armés hostiles au gouvernement fédéral annoncent la création d’une coalition
Simple initiative symbolique ou véritable menace pour le gouvernement ? En Éthiopie, sept forces d’opposition et groupes armés éthiopiens ont annoncé la formation d’une toute nouvelle alliance baptisée Coalition des forces populaires éthiopiennes pour la survie, dans la soirée du dimanche 20 septembre. Composée du Mouvement national amhara des Fano, de l’Armée de libération oromo (OLA), du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), du Front national de libération de l’Ogaden (ONLF), du Front révolutionnaire d’unité nationale afar, du Mouvement de libération du peuple benishangul et du Mouvement démocratique du peuple gumuz, son objectif est ambitieux, puisqu’il s’agit de « destituer le gouvernement » et d’« établir un gouvernement de transition inclusif ». … Alors que le président du TPLF, Debretsion Gebremichael, avait reconnu il y a quelques jours qu’un rapprochement entre les groupes d’opposition était en cours malgré les clivages régionaux, « le fait que tous mettent de côté leurs divergences est significatif », analyse Yohannes Woldemariam, professeur de relations internationales à l’université du Colorado. RFI

Ethiopie : 12 morts et des dizaines de blessés dans l’ouest
Au moins 12 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées dans des violences survenues le 18 septembre dans l’ouest de l’Ethiopie, près de la frontière avec le Soudan du Sud, a annoncé Médecins sans frontières (MSF). Les affrontements ont eu lieu dans le woreda spécial d’Itang, dans l’Etat régional de Gambella. Les équipes de MSF ont été confrontées à un afflux massif de victimes dans un centre de santé local. Selon l’ONG, 88 personnes blessées lors des violences ont été prises en charge. Huit étaient déjà décédées à leur arrivée, tandis que quatre autres ont succombé à leurs blessures malgré les soins prodigués par les équipes médicales. Le responsable des opérations de MSF en Ethiopie, Gul Badshah, a appelé « toutes les parties impliquées à la retenue » et à prendre les mesures nécessaires pour protéger les populations civiles contre de nouvelles violences. L’organisation n’a toutefois pas précisé l’identité des groupes impliqués ni les circonstances exactes des affrontements. Les violences communautaires sont récurrentes à Gambella, une région qui accueille plus de 400 000 réfugiés, principalement originaires du Soudan du Sud voisin. Ces populations ont fui les conflits qui ravagent le plus jeune État du monde depuis plusieurs années. Sahel Intelligence

Disparition à Djibouti du journaliste sud Africain et Coordinateur d’ICJI Afrique, Roshan Micah Reddy.
À Djibouti, un journaliste d’investigation sud-africain ainsi que son fixeur local sont portés disparus. La famille et les collègues de Micah Reddy sont sans nouvelles de lui depuis le samedi 19 septembre, ainsi que de Kooki Mahmoud qui l’assistait sur place dans son travail. Depuis, des voix s’élèvent pour réclamer des explications de la part du gouvernement djiboutien. Basé en Afrique du Sud, Micah Reddy est le coordinateur pour l’Afrique du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ). Il est connu pour son travail sur les affaires de corruption et de réseaux politico-économiques. Selon ses collègues, ce journaliste n’était pas à Djibouti pour faire du reportage sur le pays, mais pour tenter d’obtenir des informations sur une enquête qu’il menait sur le long terme. Il logeait dans un hôtel de la capitale. Ses proches ont notifié les autorités sud-africaine et britannique de sa disparition puisque qu’il possède la double nationalité. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) appelle Djibouti à confirmer que Micah Reddy et son fixeur sont en sécurité, et à les relâcher s’ils sont en détention. Reporters sans frontières (RSF) demande pour sa part au gouvernement d’ouvrir une enquête, rappelant que cette disparition « intervient dans un contexte de rétrécissement de l’espace de la liberté de la presse à Djibouti ». RFI

Yémen : Plus de 112 000 déplacés et près de 3 000 réfugiés arrivés à Djibouti
La reprise des combats au Yémen a provoqué un important mouvement de population. Plus de 112 000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays depuis le début des affrontements, tandis que près de 3 000 Yéménites ont rejoint Djibouti après avoir traversé la mer Rouge, a indiqué vendredi l’ONU. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), la majorité des déplacements ont eu lieu au cours des deux dernières semaines, notamment dans les zones côtières de l’ouest ainsi que dans les provinces de Taïz et de Lahj. « Plus de 112 000 personnes ont été déplacées », a précisé depuis Aden Abdusattor Esoev, chef de mission de l’OIM au Yémen. Ces déplacements interviennent alors que les combats entre les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, et les forces pro-gouvernementales se sont intensifiés depuis le début du mois de septembre. Les Houthis ont également pris le contrôle, la semaine dernière, de plusieurs secteurs du littoral de la mer Rouge, consolidant leur présence à proximité du stratégique détroit de Bab el-Mandeb, passage maritime majeur entre l’Europe et l’Asie via le canal de Suez. De l’autre côté de la mer Rouge, Djibouti fait face à un nouvel afflux de réfugiés. Près de 3 000 personnes sont arrivées dans le pays en moins d’une semaine, au terme d’une traversée maritime jugée particulièrement périlleuse, selon Sandrine Desamours, représentante du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Sahel Intelligence

Ebola en RDC: MSF lance un projet pour tester l’efficacité d’un vaccin contre le virus Bundibugyo
L’ONG Médecins sans frontières a lancé, samedi 19 septembre, le projet Bravo, afin de récolter les données sur les effets d’un vaccin Evrebo inoculé à 20 000 personnels de santé dans et autour de Bunia. Si l’objectif est la protection des personnes en première ligne dans la lutte contre Ebola, l’étude doit aussi permettre de tester l’efficacité du vaccin contre le virus Bundibugyo. « On veut apporter le maximum de protection aux personnels de première ligne », déclare d’emblée Mathilde Lagarde, coordinatrice du projet « Bundibugyo, répondre avec la vaccination – on est ensemble » (Bravo) impulsé par Médecins sans frontières. Alors que la pire épidémie d’Ebola qu’ai connu la RDC sévit toujours dans l’est du pays, l’objectif de cette étude tend à montrer si le vaccin disponible – efficace contre le virus Ebola Zaïre – « permet de réduire les formes graves de la maladie et s’il permet d’en réduire la mortalité », précise l’humanitaire. Grâce à la vaccination des personnels de santé, en première ligne et souvent premières victimes de la maladie, docteurs et épidémiologistes pourront recueillir des données permettant d’apporter des « informations sur la réalité de ce vaccin qui seront utiles pour cette épidémie et toutes les suivantes », continue Mathilde Lagarde, alors que des vaccins sont pour l’heure en phase de test. Selon un communiqué de l’ONG, le vaccin Evrebo disponible pourrait donc représenter une solution temporaire, dans l’attente des résultats des recherches. RFI

UA : Fathallah Sijilmassi nommé envoyé spécial pour le G20
Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, a nommé l’ambassadeur marocain Fathallah Sijilmassi envoyé spécial pour le G20 et les affaires mondiales, avec pour mission de renforcer la participation africaine aux grandes plateformes internationales, selon un communiqué publié durant le week-end. Dans ses nouvelles fonctions, M. Sijilmassi assistera le président de la Commission dans le renforcement de l’engagement stratégique de l’UA auprès du G20, conformément au cadre de gouvernance de l’organisation continentale pour ce groupe. Il contribuera également à renforcer la participation de l’UA à d’autres instances internationales et multilatérales, en menant notamment des consultations avec les États membres, les partenaires internationaux et les différentes parties prenantes. L’objectif est de favoriser une meilleure coordination des positions africaines sur les dossiers stratégiques pour le continent et de renforcer sa représentation dans les processus de décision internationaux. APA