Revue de Presse du 21 mars 2016

« Super sunday » en Afrique
Au Niger, le président sortant, Mahamadou Issoufou est largement favori du second tour de la présidentielle en l’absence du candidat d’opposition. A Niamey, la plupart des bureaux ont pu ouvrir sans problème, parfois avec un peu de retard. La mobilisation est moins importante que lors du premier tour même s’il y a des queues devant certains bureaux. Le chef de l’Etat sortant, qui brigue un deuxième quinquennat a obtenu 48,43% au premier tour et négocié le ralliement de plusieurs candidats. Deutsche Welle

Bénin: le Premier ministre Zinsou reconnaît la victoire de l’homme d’affaires Patrice Talon
Le Premier ministre sortant du Bénin, Lionel Zinsou, a reconnu dans la nuit de dimanche à lundi sa défaite à l’élection présidentielle face à l’homme d’affaires et « roi du coton » Patrice Talon. Les résultats officiels n’ont pas encore été annoncés, mais « les résultats provisoires font apparaître une victoire très nette de Patrice Talon », a déclaré M. Zinsou par téléphone à l’AFP. « L’écart est significatif, la victoire électorale (de M. Talon) est certaine. » Le Premier ministre n’a pas souhaité communiquer de chiffres concernant le scrutin, mais la Commission électorale (Céna) pourrait annoncer des résultats provisoires « probablement dans la journée de lundi », a-t-il précisé.  TV5

Présidentielle au Niger: les électeurs ont boudé les urnes
Au Niger, le scrutin laisse peu de place au suspense. Les bureaux de vote ont fermé vers 18h30 heure locale. Premier constat : la mobilisation a été timide dans la capitale à Niamey et l’opposition a respecté l’appel au boycott. Retour sur cette journée de vote. « Je suis le partisan du candidat Taraya, c’est pour cela que je suis venu faire mon devoir », a déclaré Hamidou. A l’école Terminus, cet électeur était venu voter parmi les premiers pour son candidat : le président Issoufou. Autour de lui, d’autres Nigériens, « Taraya 100% », comme ils se décrivent, ont voté pour le parti au pouvoir. Les opérations de vote se sont déroulées dans le calme, en l’absence des représentants de Hama Amadou qui boycottaient le scrutin.  RFI

Cap-Vert: victoire du principal parti d’opposition aux élections législatives (résultats partiels)
Le Mouvement pour la démocratie (MPD) a remporté la majorité absolue aux élections législatives qui se tenaient dimanche au Cap-Vert, selon des résultats portant sur 90% des suffrages. Avec 53% des voix devant le Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert (PAICV), au pouvoir depuis 2001, il formera le prochain gouvernement de cet archipel d’Afrique de l’Ouest doté d’un régime semi-parlementaire.  RFI

Privé d’internet et de téléphone, le Congo vote pour élire son président
Le gouvernement a coupé totalement les communications pendant 48 heures, officiellement pour empêcher la publication de résultats « illégaux ». L’opposition fulmine, alors que les habitants s’apprêtent à voter ce dimanche. C’est jour d’élection ce dimanche au Congo. Mais la tension est grande dans le pays, après l’annonce du gouvernement de couper totalement les communications pendant 48 heures, officiellement pour empêcher l’opposition de publier des résultats « illégaux ». Un choix qui intervient alors que le président Denis Sassou Nguesso met tout en oeuvre pour tenter de briguer un nouveau mandat face à huit candidats. L’Express

Congo : le président Denis Sassou-Nguesso, seul face à son peuple
Denis Sassou-Nguesso, dit-on, rêvait de marquer l’histoire du continent africain, de laisser de lui l’image d’un architecte de la stabilité, d’un « homme de paix ». Mais le chef d’Etat congolais, qui veut aussi se succéder à lui-même lors de l’élection présidentielle de ce dimanche 20 mars, se retrouve pris dans le piège de son propre système, aveuglé par le pouvoir et la nécessité de le garder. La constitution qui l’empêchait de se représenter ? La voilà changée en octobre 2015 lors d’un référendum contesté par tous, sauf par lui et son parti. Il passe en force. Et c’est bien là la principale faiblesse de cet ancien général putschiste devenu chef de guerre et président. L’alternance réclamée par une partie des Congolais ? Il n’en veut pas, pour le moment. Lui seul décidera quand le moment sera venu. Le Monde

Faible affluence au Sénégal pour la réforme de la Constitution
L’affluence était faible dans la matinée après l’ouverture à 08H00 (locales et GMT) des bureaux de vote, qui devaient fermer à 18H00, les premiers résultats officiels étant attendus lundi au plus tôt. La campagne express d’une semaine a été émaillée d’accusations de corruption, de trafic d’influence, de désinformation et même de violences, dans un pays réputé pour sa stabilité et présenté comme une démocratie modèle en Afrique, au point que plus de 3.000 policiers ont été appelés « en renfort pour sécuriser le vote », selon le quotidien L’Obs. Le débat s’est cristallisé sur le retrait par M. Sall, sur avis du Conseil constitutionnel, de la disposition portant sur l’application du quinquennat au mandat en cours, signifiant qu’il irait donc jusqu’au bout de son septennat en 2019. VOA

Congo-Niger-Bénin: Attention, urnes piégées!
Le poète a toujours raison. « Il n’y a pas d’amour, écrivit un jour Pierre Reverdy ; il n’y a que des preuves d’amour. » L’aphorisme vaut pour le libre-arbitre du citoyen : il n’y a pas de démocratie ; il n’y a que des preuves de démocratie. A première vue, ce 20 mars -premier jour du printemps- devait consacrer en Afrique l’éternelle renaissance de l’idéal pluraliste. Voyons : le même dimanche, deux ballottages -l’un au Niger, l’autre au Bénin- livreront leur verdict ; quant au Congo-Brazzaville, il sera le théâtre du premier tour d’un scrutin présidentiel. Cette conjonction, avancent les Candide, atteste la vitalité des pratiques électorales au sud du Sahara. L’Express

Sahara occidental : des membres de la Minurso ont commencé à quitter la région
À la demande du Maroc, des dizaines de membres de l’ONU stationnés au Sahara occidental ont quitté la région. Ce départ fait suite aux tensions récentes entre Rabat et Ban Ki-moon, accusé par le royaume d’avoir dérapé sur ce dossier. L’évacuation des 84 membres de la Minurso (mission de l’ONU au Sahara occidental) a débuté. Plusieurs dizaines d’entre eux ont déjà quitté la région après la décision prise par le Maroc de les expulser en réaction aux propos tenus par le secrétaire général de l’ONU et jugés inacceptables par le royaume chérifien. France 24

La Tunisie lance une campagne contre l’extrémisme religieux
Confrontée à un essor de la mouvance jihadiste, la Tunisie lance dimanche une campagne destinée en particulier aux jeunes pour tenter de contrer l’extrémisme religieux, qui a poussé des milliers d’entre eux à rejoindre des organisations comme le groupe Etat islamique (EI). Cette initiative gouvernementale a été saluée comme étant le signe d’une « prise de conscience » du phénomène par les autorités. Mais alors que le pays a été frappé par quatre attentats majeurs en un an, tous perpétrés par des jihadistes tunisiens, des analystes ont aussi réclamé une approche globale contre le terrorisme, religieuse mais aussi sociale, économique et politique. Ces dernières années, des milliers de Tunisiens, en majorité des jeunes, ont rejoint des groupes extrémistes comme l’EI en Syrie, en Irak et en Libye, constituant l’une des principales menaces à la sécurité du pays selon les autorités. VOA

L’ancien président tunisien Ben Ali condamné à dix ans de prison par contumace
Le président tunisien déchu Zine El-Abidine Ben Ali, en exil en Arabie saoudite depuis 2011, a été condamné par contumace à dix ans de prison par le tribunal de première instance de Tunis pour « abus de pouvoir » dans une affaire liée à une agence publicitaire. Il a été reconnu coupable d’avoir « usé de sa qualité afin de procurer des avantages injustifiés, causant un préjudice à l’administration », selon le porte-parole du parquet. Selon des journaux tunisiens, l’ancien président était intervenu personnellement pour que l’Office de tourisme tunisien accorde à une agence de publicité détenue par un de ses proches un marché à l’étranger. Le quotidien Al-Maghreb précise que l’agence a été rémunérée sans même honorer son contrat. Le Monde

En Gambie, la « République islamique » dont personne ne veut
Au Happy Corner ce soir, c’est rumba et pas question de charia. « Il ne peut pas nous faire ça. Le tourisme, nous n’avons que ça ! », s’exclame Lamine (tous les prénoms ont été modifiés), le serveur, chemise blanche et large sourire, en prenant à témoin la terrasse du restaurant remplie d’Anglais venus tromper le froid de février en s’offrant des vacances dans l’ancienne colonie britannique. Musique sous les palmiers, alcool, sexe bon marché pour quinquagénaires esseulé(e)s. Le long de l’océan où se concentrent hôtels de luxe et villas sécurisées, dans la toute nouvelle République islamique proclamée en décembre 2015 par l’homme fort du régime Yahya Jammeh, rien ne semble avoir changé. « Regardez, je ne suis pas voilée. Ici, ce n’est pas l’Egypte », veut rassurer Amie, une vendeuse de colliers, en montrant ses bras nus. « Même les fonctionnaires, elles sont pas obligées. » Le Monde

Génocide au Rwanda : Ladislas Ntaganzwa remis par Kinshasa à l’ONU
Le génocidaire rwandais présumé Ladislas Ntaganzwa, détenu par Kinshasa, a été remis dimanche au Comité de suivi des tribunaux pénaux internationaux de l’ONU par les autorités de la République démocratique du Congo et conduit au Rwanda. Âgé de 53 ans, Ladislas Ntaganzwa, ancien maire de Nyakizu, dans le sud du Rwanda, est un des neuf génocidaires rwandais présumés recherchés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), créé pour juger les responsables du génocide de 1994 au Rwanda qui, selon l’ONU, a fait 800 000 morts, principalement Tutsi. « M. Ladislas Ntaganzwa, accusé d’avoir participé au génocide au Rwanda, est entre les mains de nos services depuis décembre 2015, nous avons décidé de le remettre au Mécanisme de suivi des tribunaux pénaux de l’ONU », a déclaré à la presse le ministre congolais de la Justice Alexis Thambwe Mwamba. Jeune Afrique

Tchad: début de la campagne électorale avant la présidentielle, Deby promet un « premier tour K.O. »
La campagne électorale pour la présidentielle du 10 avril a débuté dimanche au Tchad, avec un meeting du président sortant Idriss Deby Itno, candidat à sa propre succession, qui a promis de gagner dès le premier tour, a constaté un correspondant de l’AFP. « Nous avons un programme politique et nous avons des acquis. Nous avons aujourd’hui un pays stable, un pays en paix, un pays tourné vers l’émergence », a déclaré le président Deby lors d’un grand meeting à N’Djamena, promettant aux milliers de partisans présents un « premier tour K.O. » face à ses adversaires de l’opposition. En cas de réelection, le chef de l’Etat, au pouvoir depuis 26 ans, s’est engagé à fournir « l’accès à l’eau, à la santé de qualité, au logement décent » pour tous. « La lutte contre la pauvreté sera au coeur de mon action », a-t-il ajouté, assurant que « des routes, des chemins de fer et des édifices publics seront construit au cours du prochain quinquennat ». TV5

Côte d’Ivoire : des Américains visés lors de l’attaque de Grand-Bassam ?
Dimanche 13 mars, une colonne d’une dizaine de véhicules quittait en trombe le quartier France de Grand-Bassam (40 km à l’est d’Abidjan). Cette évacuation, trois heures après le début de l’attaque terroriste sur le littoral de la cité balnéaire ivoirienne, concernait une délégation américaine en visite au musée des costumes de la ville, situé tout près de l’hôtel Koral Beach, l’un des trois établissements visés par les assaillants. Au sein de la délégation se trouvait le sous-secrétaire américain au commerce, à l’industrie et aux analyses, Marcus Jadotte. Selon l’ambassade des Etats-Unis à Abidjan, M. Jadotte achevait, le 13 mars, une visite en Côte d’Ivoire. Il était à la tête d’une délégation de représentants de vingt-cinq facultés et universités américaines, dans le cadre d’une mission commerciale sur l’éducation. Le matin de l’attaque, le groupe s’était rendu à l’université internationale de Grand-Bassam. Le Monde

Le Sénégal :un pays en voie de «défrancophonisation»
C’est au Sénégal, il y a juste deux cents ans, qu’est née l’école publique et laïque en langue française en terre africaine. L’établissement n’avait évidemment pas pour vocation de former des élites et il fallut plus d’un siècle pour que l’école française produise son premier bachelier sénégalais. Jusqu’a la deuxième guerre mondiale l’autorité coloniale n’encouragera pas, c’est le moins qu’on puisse dire, les jeunes africains à accéder à l’université ;comme l’illustrent les parcours chaotiques d’un Mamadou Dia,d’un Assane Seck ou d’un Amadou Mahtar Mbow…Néanmoins le français avait pris racine au Sénégal ,il était parlé notamment dans les « Quatre Communes »,c’était la langue des assemblées ou des conseils locaux .De David Boilat à Ousmane Socé Diop en passant par Mapathé Diagne, les Sénégalais seront parmi les premiers africains à traduire en langue française leurs rêves ou leur imagination… Seneplus



Photo: Adam Jones