Au Soudan, l’usage des drones fige les positions et conduit la guerre dans une impasse
Ces dernières semaines, des zones contrôlées par l’armée, notamment autour de la capitale, ont été ciblées par des attaques de drones menées par les Forces de soutien rapide. Ces frappes témoignent de la capacité de nuisance des paramilitaires. Après des mois de calme relatif, Khartoum et ses environs ont de nouveau été visés début mai par des attaques de drones attribuées aux Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohammed Hamdan Daglo, dit « Hemetti ». Le 4 mai, l’une d’elles a visé l’aéroport de la capitale soudanaise, qui a rouvert en février. Deux jours plus tôt, une frappe a touché un véhicule civil dans le sud d’Omdourman, la ville qui jouxte la capitale, faisant cinq morts, d’après Emergency Lawyers, une organisation de défense juridique soudanaise. Entre le 28 avril et le 1er mai, trois attaques de drones des FSR ont aussi ciblé Djebel Aulia, à une quarantaine de kilomètres au sud de Khartoum. Toutes ces frappes ont été menées sur des zones acquises à l’armée, qui contrôle depuis le 26 mars 2025 Khartoum et ses environs. De leur côté, les paramilitaires dominent la quasi-totalité de la région du Darfour, à l’ouest du pays, une grande partie du Kordofan (Sud) et certaines zones de l’Etat du Nil-Bleu, proches de la frontière éthiopienne. Le Monde
Ebola en RDC: l’AFC/M23 va-t-il rouvrir l’aéroport de Goma?
Le prix Nobel de la paix Denis Mukwege a appelé mardi 19 mai le groupe armé AFC/M23 à rouvrir l’aéroport de Goma pour faciliter la réponse à l’épidémie d’Ebola. Cet appel illustre une réalité concrète : depuis la prise de Goma par l’AFC/M23 en janvier 2025, cet aéroport, hub humanitaire majeur de l’est de la RDC, est fermé. Va-t-il le rester ? Il y a déjà un cas confirmé à Goma et ses contacts, alors que deux autres ont été signalés à Butembo. Pour un seul cas Ebola, il faut tous les piliers de la riposte : surveillance épidémiologique, recherche active des contacts, logistique, équipes spécialisées, modules complets pour les centres de traitement. À ce stade, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) utilise son entrepôt de Goma et ce qu’il y avait dedans. Avec le temps, les acteurs humanitaires assurent que la situation deviendra intenable. Avec l’aéroport fermé, tout arrivera par la route depuis Kigali, via Nairobi notamment pour l’OMS. L’AFC/M23 autorise par moments des hélicoptères, comme lors de la visite de James Swan, chef de la Monusco, mais pour les avions cargo, c’est non. Les dirigeants de la rébellion accusent ceux qui appellent à la réouverture de l’aéroport d’instrumentaliser la riposte pour obtenir ce qu’ils n’ont pas obtenu ni par les négociations ni sur le terrain militaire. Et leur réponse prend une autre forme : l’AFC/M23 va mettre en place sa propre task force de riposte… Pour débloquer la situation, les humanitaires estiment qu’il faudrait une pression forte du Conseil de sécurité, ou des pays qui ont de l’influence sur Kigali et sur l’AFC/M23. RFI
QR : le M23 agit-il en toute impunité à l’est de la République démocratique du Congo ?
Pourquoi les conflits à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) persistent depuis plus de 30 ans ? Aujourd’hui, la situation reste critique puisque depuis plus d’un an, les combattants du M23 occupent de vastes territoires dans les deux provinces au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, à l’est du Congo. La situation humanitaire ne fait que s’aggraver.… Et ces rebelles sont soutenus militairement par le Rwanda, comme le documentent plusieurs rapports de l’ONU. Kigali accuse les autorités congolaises de ne pas agir contre la menace de groupes armés hutus rwandais – à l’idéologie génocidaire – et même de s’appuyer sur eux pour combattre le M23, ce qui est avéré. Le M23 compte aujourd’hui 38.000 hommes, auxquels s’ajoutent quelques 5000 soldats rwandais, sur le sol congolais, ce qui représente une violation flagrante de la souveraineté de la République démocratique du Congo. Ces groupes armés sont accusés de commettre des crimes, au même titre que d’autres groupes armés, alliés aux forces congolaises.… Les rebelles du M23 et le Rwanda, tirent profit de l’instabilité de la zone, pour exploiter les richesses minières, dont regorge l’est du Congo. La diplomatie internationale cache – en réalité – de nombreux intérêts économiques. Tandis que la faiblesse de l’Etat congolais favorise les prédations. Pour y mettre fin, il faudrait une véritable mobilisation internationale, avec des sanctions effectives et des poursuites judiciaires. RTBF
Les pirates font leur retour au large de la Somalie, à la faveur de la guerre au Moyen-Orient
En 2026, 14 attaques de navires ont été recensées par le déploiement militaire naval de l’Union européenne. Depuis 2024, la reconfiguration des routes maritimes liée aux risques sécuritaires dans le golfe d’Aden fait figure d’opportunité pour les groupes criminels. C’est l’un des effets secondaires du désordre qui perturbe le trafic maritime autour de la péninsule Arabique, entre blocage du détroit d’Ormuz et menaces des rebelles houthistes au large du Yémen. La piraterie fait son retour près des côtes somaliennes, dans l’océan Indien et dans le golfe d’Aden. Quatorze attaques ont été recensées depuis le 1er janvier par l’opération « Atalante », le déploiement militaire naval de l’Union européenne chargé de la sécurité maritime dans la région, dont huit depuis la mi-avril. Le niveau des détournements est encore loin du pic enregistré entre 2008 et 2012, au cours duquel plus de 600 attaques avaient été menées, rapportant 400 millions de dollars (345 millions d’euros) aux groupes de pirates. L’agence de sécurité maritime britannique a cependant relevé le niveau de la menace à « grave » et conseille désormais aux bateaux de « naviguer avec prudence et signaler toute activité suspecte » au large de la Somalie. Le Monde
L’armée malienne escorte des camions de moutons vers Bamako
A l’approche de la fête de Tabaski, l’armée malienne a sécurisé l’acheminement de moutons vers la capitale. Une réponse aux attaques des terroristes du Jnim. Au Mali, la ville de Bamako est désormais approvisionnée en moutons pour la fête de la Tabaski. Les animaux sont visibles en abondance sur les bords des boulevards, ou sur les terrains de football. Une amélioration, alors que, jusqu’à présent, les livraisons étaient bloquées par le blocus du Jnim, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans. Pour la plupart, ces moutons sont arrivés dans des convois escortés par l’armée malienne. Toutefois, plusieurs camions n’ayant pas bénéficié de cette protection ont été incendiés par des combattants djihadistes, ce qui a fait monter le prix du mouton sur le marché. Le trajet Ségou-Bamako est devenu, depuis fin avril, un chemin risqué pour les voyageurs. Sur cette voie, la route nationale 6, longue de plus de 200 kilomètres, les djihadistes du Jnim, affilié à Al Qaïda, incendient les véhicules de transport, mais aussi les véhicules personnels, en application de ce qu’ils appellent, le « blocus sur Bamako ». DW
Présidentielle en Zambie: Hakainde Hichilema favori, mais des inquiétudes croissantes pour la démocratie
La campagne présidentielle s’ouvre officiellement, ce jeudi 21 mai 2026, en Zambie. Quatre ans après son arrivée au pouvoir, le président Hakainde Hichilema apparaît comme le favori du scrutin prévu le 13 août prochain. Mais plusieurs ONG, militants et électeurs dénoncent un durcissement du climat politique et des réformes adoptées à toute vitesse.… À Lusaka, plusieurs habitants interrogés par RFI décrivent un climat plus tendu qu’en 2021. « Avant, nous avions la liberté d’expression, mais aujourd’hui il n’y en a plus », affirme un chauffeur rencontré dans la capitale. « Les gens ont peur de s’exprimer. Des lois sont votées au Parlement sans même consulter la population. » Plusieurs organisations de la société civile dénoncent elles aussi un rétrécissement progressif de l’espace démocratique. En cause notamment : de nouvelles lois sur la cybersécurité ainsi que plusieurs textes votés dans l’urgence avant la dissolution du Parlement le 15 mai dernier. Le gouvernement rejette ces accusations et affirme vouloir moderniser les institutions et renforcer la sécurité nationale. RFI
Mozambique: dans le Cabo Delgado, l’insécurité alimentaire s’ajoute aux violences
Dans le Cabo Delgado, cette région au nord du Mozambique qui subit depuis près de dix ans le conflit qui oppose les Shebabs, le conflit génère une grande insécurité alimentaire, alors que le Cabo Delgado est aussi une région très agricole.… Lors de leurs attaques, les Shebabs pillent. Eduardo Caponde, du Noyau pour le développement communautaire du Cabo Delgado (Nudec), décrit une stratégie de harcèlement : « Durant la saison des pluies, les communautés sèment. Alors, les hommes armés n’attaquent pas. Mais dès que la terre donne des cultures, ils attaquent. Le Cabo Delgado manque de nourriture. On vit une situation terrible. Une situation de faim. » Selon les Nations unies, dans le Cabo Delgado, plus de 1 600 personnes ont dû fuir leur village, rien qu’au mois d’avril.
Bénin : après 10 ans de pouvoir, Patrice Talon fait ses adieux à la Nation
Après dix années à la tête du Bénin, le président sortant Patrice Talon a adressé jeudi un message d’adieu à la nation, à quelques jours de l’investiture de son successeur Romuald Wadagni. Le président béninois sortant, Patrice Talon, a officiellement pris congé de ses compatriotes jeudi, à l’approche de la passation de pouvoir avec son successeur désigné, Romuald Wadagni, dont l’investiture est prévue dimanche 24 mai.… Cette transition politique intervient à l’issue d’un scrutin présidentiel largement remporté par le tandem Wadagni–Chabi Talata. Selon la décision rendue le 16 avril, le duo présidentiel a obtenu 4 515 449 voix, soit 94,27 % des suffrages valablement exprimés, avec un taux de participation définitif de 63,57 %. Malgré les performances économiques mises en avant par le pouvoir, le bilan de Patrice Talon demeure contesté par une partie de l’opposition et des organisations de la société civile. Les critiques se sont notamment cristallisées autour de l’exclusion du parti d’opposition Les Démocrates de la présidentielle de 2026 pour défaut de parrainages, ainsi qu’autour de la réforme constitutionnelle adoptée en novembre 2025, instaurant un mandat présidentiel de sept ans. AfricaNews/AFP
Madagascar: l’Office malagasy des droits d’auteur monte au créneau contre l’IA
À Madagascar, de plus en plus de contenus artistiques sont modifiés à l’aide de l’intelligence artificielle puis diffusés, d’après l’Office malagasy des droits d’auteur (OMDA). Le problème est que les auteurs des œuvres originales, principalement des musiques, n’ont le plus souvent pas donné leur accord pour que leur art soit ainsi transformé et retransmis. Face à ce constat, l’OMDA demande aux radios et télévisions de tout le pays une plus grande vigilance quant aux contenus mis à l’antenne.… L’Office malagasy des droits d’auteurs (OMDA) est chargé de rémunérer les artistes à partir de la diffusion de leurs titres sur les chaînes audiovisuelles. « On a une atteinte grave au respect de l’intégrité de l’œuvre, au droit fondamental de l’auteur. 100% des auteurs et 100% des interprètes qui sont en contact avec nous se plaignent de cette pratique. Il y a une perte de reconnaissance et de légitimité de ceux qui créent vraiment à partir de l’esprit, explique Lady Harris Fiarenana, la directrice des affaires juridiques de l’Office. RFI
Coupe du monde 2026: les Léopards de la RD Congo privés de stage à Kinshasa à cause d’Ebola
Les Léopards ne se rendront pas à Kinshasa, avant de partir à la Coupe du monde aux États-Unis, le lundi 25 mai. En cause l’épidémie d’Ebola. La Fédération de football, la Fécofa, a décidé d’annuler le voyage à Kinshasa pour ne prendre aucun risque. Cela devait être une fête, une communion avec le public, un moment d’encouragement, 52 ans après la dernière participation des Léopards à la Coupe du monde. La Fédération avait organisé une séance d’entraînement ouverte au public au stade Tata Raphaël. L’équipe nationale devait être ensuite accueilli par le président Félix Tshisekedi, suivie d’un remise du drapeau national au capitaine Chancel Mbemba. Tout donc a été annulé. Le gouvernement américain a annoncé ce lundi 18 mai un nouveau renforcement des contrôles sanitaires avec une interdiction d’entrée sur le territoire pour les ressortissants étrangers ayant voyagé en Ouganda, en République démocratique du Congo ou au Soudan du Sud au cours des 21 derniers jours. TV5Monde
