Revue de Presse du 21 juin 2018

Au moins 32 jihadistes tués par l’armée égyptienne dans le Sinaï
Trente-deux jihadistes ont été tués dans le Sinaï égyptien « au cours des derniers jours », dans le cadre de l’opération lancée en février contre la branche locale du groupe Etat islamique. Trente-deux « takfiris » ont été tués ces derniers jours dans le cadre des opérations destinées à « nettoyer le nord et le centre du Sinaï du terrorisme », a indiqué l’armée dans un communiqué, utilisant un terme désignant les jihadistes du groupe « Province du Sinaï », la branche locale de l’EI. En outre 12 « takfiris » ont été détenus et des armes et munitions saisies par les forces de sécurité dans des « repaires et dépôts » appartenant aux jihadistes. L’armée mène depuis le 9 février une vaste opération antijihadiste baptisée « Sinaï 2018 », alors que la péninsule est le théâtre d’une insurrection de l’EI. VOA

Double attaque suicide dans le nord-est du Nigeria
Au moins 15 personnes ont été blessées par deux femmes kamikazes qui ont tenté d’attaquer un marché proche d’une base militaire du nord-est du Nigeria. Des soldats ont tiré sur une femme qui tentait d’entrer dans le marché qui jouxte la base d’artillerie de Maiduguri, berceau du groupe jihadiste nigérian Boko Haram, mercredi soir. Un porte-parole de l’Etat de Borno, Edet Okon, a expliqué que les explosifs qu’elle portait ont détonné lorsqu’elle a été touchée par les tirs des soldats. A proximité, une autre femme s’est fait exploser dans un rickshaw, a-t-il ajouté. « Les deux femmes sont mortes sur le coup et quinze personnes ont été blessées et transférées à l’hôpital », a indiqué le porte-parole. VOA

Soudan du Sud: Salva Kiir et Riek Machar se rencontrent en Ethiopie
C’est la première rencontre en deux ans entre Salva Kiir et Riek Machar. Alors que depuis 2013 la guerre civile fait rage au Soudan du Sud, le président sud-soudanais et son principal opposant se sont entretenus mercredi soir 20 juin à Addis-Abeba. Un face à face en compagnie du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, qui préside l’Igad, l’autorité sous-régionale médiatrice de la crise sud-soudanaise. Le contenu des échanges n’a pas filtré, mais ces négociations directes entre les deux rivaux suscitent de l’espoir alors que le dialogue entre les deux camps est au point mort. Pour l’organisation CEPO, cette rencontre est positive et apporte l’espoir d’un règlement du conflit. L’ONG sud-soudanaise demande à Riek Machar et Salva Kiir de laisser leurs intérêts personnels de côté et de se réconcilier, au nom des millions de Sud-Soudanais en souffrance. RFI

« Un rapprochement avec l’Éthiopie permettrait à l’Érythrée de sortir de son statut d’État voyou »
Le président érythréen Issaias Afeworki a accepté mercredi l’offre du Premier ministre éthiopien, qui souhaite mettre fin au conflit qui oppose les deux pays depuis 18 ans. Des négociations sont annoncées sous peu. Un vent d’apaisement souffle sur la Corne de l’Afrique. Le président érythréen Issaias Afeworki, au pouvoir depuis 1993, a annoncé mercredi 20 juin l’envoi « prochain » d’une délégation en Éthiopie pour discuter les termes d’une paix avec son ennemi juré. Une première, depuis la fin de la guerre fratricide entre les deux pays qui a fait, selon les estimations, entre 54 000 et 137 000 victimes de mai 1998 à juin 2000, et a abouti un statu quo de « ni paix, ni guerre ». « Comme c’est le cas en Érythrée, les Éthiopiens apprécient aussi de vivre en paix et en harmonie avec leur voisin […]. Les signaux positifs émis ces derniers jours peuvent aussi être perçus comme une expression de ce choix populaire », a déclaré le président érythréen. France24

En Côte d’Ivoire, les inondations meurtrières, la corruption et “l’anarchie destructrice”
Emportées par des pluies torrentielles, dix-huit personnes ont été tuées à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, dans la nuit du 18 au 19 juin. Cet éditorialiste ivoirien dénonce l’inaction des responsables de l’urbanisme. Nos prières ont porté. Il a plu dru sur Abidjan [sur la côte] et sur Bouaké [dans le centre du pays] dans la nuit de lundi à mardi. Si à Bouaké, on jubile car il y a un déficit en eau potable dans le barrage de la Loka qui pourvoit depuis des décennies Bouaké en eau, à Abidjan [métropole de 5 millions d’habitants], la pluie a semé la désolation. Il y a 18 morts. Les dégâts matériels sont pour l’heure non chiffrés. On tente encore de sauver ce qui peut l’être, les pieds dans les eaux. À qui la faute ? Dans le flot des larmes, on nous recommandera de finir le deuil avant d’épiloguer, puis quelques semaines plus tard, d’oublier et de reprendre notre train de vie, comme si de rien n’aura été. Courrier International

RDC: incendies mystérieux dans des appartements d’activistes
On ne connaît toujours pas encore l’origine de l’incendie qui s’était déclaré le 15 juin 2018 à l’appartement de Joseph Kinzo, membre du Collectif d’actions de la société civile congolaise (CASC), au quartier Socimat, dans la commune de la Gombe, à Kinshasa. Si aucune perte en vies humaines n’a été enregistrée, des dégâts matériels étaient importants. Joseph Kinzo n’était pas présent au moment du drame : il se trouvait encore à Goma où il a participé aux obsèques de l’activiste Luc Nkulula, mort dans un autre incendie. Le Collectif d’actions de la société civile congolaise a organisé une conférence de presse ce mercredi 20 juin 2018 pour demander une enquête impliquant la mission onusienne en RDC pour élucider ces deux incendies. Martin Milolo est un des porte-paroles du CASC. Il répond aux questions de RFI. RFI

Plus d’un demi-million de réfugiés vivent en RDC, selon le HCR
La République démocratique du Congo héberge à ce jour plus d’un demi-million de réfugiés, a affirmé mercredi 20 juin le Représentant régional adjoint du HCR en RDC, Olivier Beer. Par ailleurs, le nombre des réfugiés congolais se trouvant dans les pays africains ne fait qu’augmenter, selon lui. Olivier Beer explique l’augmentation du nombre des réfugiés en RDC par la situation critique qui prévaut dans plusieurs pays voisins : « Il y a aujourd’hui plus d’un demi-million de réfugiés en République démocratique du Congo, 544 000 si j’arrondis, parmi lesquels, 219 000 Rwandais, 176 200 Centrafricains, 92 700 Sud-Soudanais, 45 000 Burundais. Ça fait beaucoup ! C’est 62 000 de plus que l’année passée. » A ceux-là s’ajoutent près de 398 000 autres réfugiés qui vivent hors des sites du HCR. Alors, l’agence onusienne félicite la RDC pour l’accueil généreux de ces réfugiés. Radio Okapi

Cameroun: un plan d’urgence pour soutenir les régions anglophones
Au Cameroun, le Premier ministre a décliné mercredi 20 juin devant la presse un plan d’urgence pour soutenir les régions anglophones, en proie à des violences depuis octobre dernier. Le gouvernement annonce plusieurs mesures, qui devraient coûter près de 12 milliards de FCFA. Mais l’annonce de ce plan d’urgence était l’occasion pour le gouvernement de pointer du doigt les violences, commises selon Yaoundé par les séparatistes anglophones. Ce plan d’urgence, c’est avant tout l’occasion pour le gouvernement, de dénoncer un « climat de peur », entretenu, selon lui, par les groupes séparatistes armés autoproclamés des deux régions anglophones du Cameroun. Le gouvernement pointe du doigt 14 personnes établies à l’étranger. Yaoundé les accuse de procéder à des collectes de fonds pour acheter des armes et « financer des activités terroristes ». RFI

Pourquoi le Cameroun limite l’usage des réseaux sociaux
Le personnel de la gendarmerie nationale camerounais devra obtenir l’autorisation de leur hiérarchie militaire avant de pourvoir utiliser les réseaux sociaux tels que WhatsApp, Facebook et Twitter. Par ailleurs, l’usage des téléphones portables est proscrit pour les gendarmes camerounais en exercice. Les forums militaires hébergés sur les réseaux sociaux devront également être désinstallés. Le gouvernement demande aussi aux gendarmes de supprimer les profils personnels identifiants leur statut militaire. Cette mesure prise par le ministre de la Sécurité nationale vise à réduire le risque de publication de documents officiels et /ou confidentiels sur la toile. BBC

Burkina Faso: inculpation de Naïm Touré, la réaction du gouvernement
En attendant son procès, l’activiste et lanceur d’alerte Naïm Touré reste en détention à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (Maco). Sur sa page Facebook, il s’était indigné du sort d’un gendarme qui était toujours en attente d’une évacuation sanitaire près d’un mois après avoir été blessé lors d’une opération antiterroriste. Mardi, Naïm Touré a été formellement inculpé, notamment pour « appel à former un complot contre la sûreté de l’Etat » et « participation à une entreprise de démoralisation des Forces de défense et de sécurité ». Des chefs d’inculpation jugés « excessifs » par son avocat qui dénonce « une atteinte grave à la liberté d’expression ». RFI

Tunisie: une commission propose de vastes réformes sociétales
Une commission tunisienne a proposé mercredi une panoplie de vastes réformes de société, parfois inédites dans le monde arabe, sur l’égalité dans l’héritage ou encore la dépénalisation de l’homosexualité, lançant des débats de fond dans un contexte politique tendu. Cette « Commission des libertés individuelles et de l’égalité » (Colibe) a été créée en août 2017 par le président Béji Caïd Essebsi. Il avait alors chargé un panel d’experts de proposer des réformes pour mettre l’arsenal juridique en conformité avec la Constitution de 2014 sur ces sujets. Après d’amples consultations, la Colibe a remis au président, le 8 juin, 230 pages de propositions modifiant notamment des principes inspirés du Coran. Ces propositions, saluées par des défenseurs des droits de l’Homme, ont été qualifiées de « terrorisme intellectuel » par une fédération d’associations religieuses, tandis que des observateurs ont dit craindre leur instrumentalisation dans un contexte économique et politique tendu. RTBF

Darfour : la Procureure de la CPI dénonce le refus du gouvernement du Soudan de coopérer
La Procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a constaté mercredi devant le Conseil de sécurité que 13 ans après le renvoi de la situation au Darfour (Soudan) à la CPI, les victimes de crimes attendent toujours que les auteurs comparaissent en justice. Elle a déploré qu’en dépit de la résolution 1593 (2005) du Conseil de sécurité, le gouvernement du Soudan refuse non seulement de coopérer avec la Cour, mais la dénonce aussi publiquement en formulant des allégations sans fondement dans le but de détourner l’attention des véritables enjeux et de son échec à honorer ses obligations. ONU Info

Algérie : Ouyahia soutient la candidature de Bouteflika à un cinquième mandat
Ahmed Ouyahia, secrétaire général du RND (Rassemblement national démocratique) et Premier ministre depuis l’été 2017, a annoncé que son parti soutiendra officiellement la candidature du président Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat. « Je suis heureux de constater notre Conseil national entend appeler le moudjahid Abdelaziz Bouteflika à poursuivre sa mission et son sacrifice au service de l’Algérie. » Le Premier ministre algérien a fait cette annonce en ouverture des travaux d’une session ordinaire du Conseil national du RND. Jusque-là réservé sur la question, Ahmed Ouyahia a précisé que « le temps était venu de se positionner clairement et publiquement » dans la perspective de l’élection présidentielle prévue au printemps 2019. Jeune Afrique

La révision des listes électorales boycottée par l’opposition ivoirienne
Alors que la commission électorale (CEI) a entamé une opération de recensement dans tout le pays, une partie de l’opposition a appelé les Ivoiriens à ne pas se faire enrôler sur les listes électorales. Elle remet en cause l’indépendance de la CEI. Au compte-goutte, les Ivoiriens viennent s’inscrire sur les listes électorales. Depuis le début de la semaine, une opération de recensement est organisée dans près de 10 500 bureaux de vote sur tout le territoire – contre 2 000 sites pour la précédente révision. Objectif : motiver les quelque 2 millions d’Ivoiriens en âge de voter à s’inscrire. Mais cette opération est boycottée par une partie de l’opposition, et notamment par le Front populaire ivoirien (FPI), qui remet en cause l’indépendance de la commission électorale indépendante (CEI). Elle s’appuie sur une décision de la Cour africaine des droits de l’Homme, qui appelle à une réforme de cette CEI. France24



Photo: Adam Jones